retour Retour

2010, Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif à la création de carrés aux biffins dans tout Paris. Vœu déposé par l'Exécutif relatif à l'extension des marchés sauvages dans l'Est parisien.


M. Christian SAUTTER, pr�sident. - Nous arrivons maintenant � l?examen de v?ux qui ne se rapportent � aucun projet de d�lib�ration. Il y a deux v?ux. Soyez tr�s attentifs. Un v?u n� 6 G qui a �t� d�pos� pour le groupe "Les Verts" et un v?u n� 6 G bis qui a deux versions. La bonne version est celle o� il est �crit � la deuxi�me ligne cette phrase tr�s forte : "La crise est pass�e par l�".

Je vais donc donner la parole � M. Sylvain GAREL, et Mme TROSTIANSKY d�fendra le v?u de l'Ex�cutif, avec "La crise est pass�e par l�" et Mme NAMY-CAULIER donnera une explication de vote.

Monsieur GAREL, vous avez la parole.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Pr�sident.

C'est un sujet important, qui est celui de ces march�s de la mis�re qui se sont d�velopp�s ces derni�res ann�es dans Paris. Cela existait, mais c'�tait jusqu'il y a trois ou quatre ans assez marginal et cela a pris des proportions tout � fait importantes.

Nous avons �t� dans le 18e arrondissement confront�s � cette difficult�, autour des Puces au d�part. Trois jours par semaine, les samedi, dimanche et lundi, c?est la pr�sence de personnes souvent en grande marginalit� qui vendent des produits r�cup�r�s dans les poubelles, dans les d�chets, des produits cass�s, des produits qu'on leur donne, des v�tements usag�s.

On s'est aper�u qu'il y avait non seulement de plus en plus de vendeurs mais aussi de plus en plus d'acheteurs. Cette phrase "La crise est pass�e par l�" est un constat, c?est que l?on voit effectivement les effets concrets de la crise. On voit qu'il y a de plus en plus de gens qui, pour survivre, sont oblig�s de vendre des produits usag�s et des acheteurs qui n'ont pas d'autres moyens pour acqu�rir ces objets que d'acheter sur ces march�s de la mis�re.

Au d�part, il y a eu une volont� dans la Municipalit� du 18e arrondissement, avec laquelle nous n?�tions pas d?accord, de r�gler la question par des moyens policiers. Cela ne fonctionne pas. D?abord, car d�s que la police est partie, les gens reviennent, et c'est moralement inacceptable pour une Municipalit� de gauche et �cologiste de s'attaquer � des gens qui sont en tr�s grande marginalit�, qui sont pauvres et qui font tout de m�me un travail social, puisqu?ils permettent � des gens de racheter des objets moins chers et aussi un travail �cologique parce qu?ils recyclent des objets qui finiraient dans nos d�charges.

Nous avons eu cette id�e de dire : au lieu de laisser ce march�, qui g�nait beaucoup de gens, qui posait beaucoup de difficult�s avec les riverains, pourquoi ne pas essayer de l'organiser ? Nous avions un mod�le, qui �tait � la fois fort diff�rent mais qui fonctionnait, qui est celui des artistes peintres de la place Montmartre, qui sont aussi au d�part des gens qui peignaient d?une fa�on sauvage et un march� a �t� organis�. Sur ce mod�le, avec une association d'insertion, nous avons organis� ce Carr� des Biffins � la porte Montmartre.

Depuis, et m�me un peu avant, d'autres lieux de march�s de la mis�re se sont d�velopp�s, � Belleville, � Montreuil et peut-�tre dans d?autres endroits. L� aussi, j'ai cru sentir chez un certain nombre d'�lus la volont� de r�gler la question par la r�pression.

Je pense que la r�pression n'est pas la solution, encore une fois, et qu'elle est moralement inacceptable pour nous. Il faut trouver d'autres solutions. Bien s�r, il n?est pas question d'appliquer stricto sensu ce qu'on a fait � la porte Montmartre, parce qu'il y a des conditions tout � fait particuli�res, qui sont pas forc�ment les m�mes � Belleville ou � la porte de Montreuil.

Mais on peut partir de cet exemple et essayer, en l'adaptant, de trouver des solutions qui permettent, non pas de r�gler tous les probl�mes mais qui permettent de rendre la situation beaucoup plus supportable pour les riverains, et aussi la r�insertion d'un certain nombre de ces vendeurs, qui sans doute aimeraient faire un autre m�tier qui leur apporterait peut-�tre un peu plus de revenus que celui-l�.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, pr�sident. - Monsieur GAREL, je vous ai laiss� parler, alors que normalement la dur�e est d?une minute. Cependant, c?est un sujet important.

Mme TROSTIANSKY vous r�pond. Je lui donne la parole.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-pr�sidente. - Monsieur le Pr�sident, M. GAREL pr�sente un v?u portant sur l'extension de ce que nous pouvons qualifier de march� de la mis�re.

Au sein de l?Ex�cutif, nous partageons la m�me inqui�tude sur le d�veloppement de cette activit� qui g�n�re de nombreuses nuisances, mais qui est aussi malheureusement, comme il l?a dit, r�v�latrice de la paup�risation d'une partie de la population.

Au-del� de ce constat partag�, nous diff�rons un peu sur la r�ponse imm�diate � apporter. Multiplier maintenant des Carr�s aux Biffins semble pr�matur�. Je crois qu?il ne faut pas que l?on oublie que la cr�ation du Carr� aux Biffins de la porte Montmartre n'a �t� effective qu'apr�s un long travail de collaboration, tant avec les Biffins eux-m�mes, M. GAREL l?a dit, qu'avec les riverains, les associations et les �lus de terrain.

C'est donc un dispositif totalement exp�rimental, que nous avons confi� � l'association "Aurore" et qui doit donner lieu � un bilan au bout d'un an de fonctionnement, comme il est pr�cis� dans la d�lib�ration que nous avons vot�e en septembre 2009.

Avant d'envisager l'organisation de nouveaux carr�s, nous devons imp�rativement avoir un diagnostic social des personnes pr�sentes et examiner les cons�quences d'une �ventuelle implantation sur les territoires concern�s. Nous savons d�j� que, dans les 19e et 20e arrondissements, nous sommes face � des publics et des territoires diff�rents de ceux de la porte Montmartre et que, comme le pr�cise le v?u de l?Ex�cutif, le dispositif confi� � "Aurore" dans le 18e arrondissement, n?est pas dupliquable � toutes les situations.

Je vous propose d'adopter le v?u de l'Ex�cutif, retravaill� avec le groupe "Les Verts", de mani�re � ce que l?on puisse organiser ce diagnostic social et que l'on puisse, � l'issue de cette �tape, �tudier les possibilit�s de prise en charge et de r�gulation de l'activit� de ces vendeurs.

M. Christian SAUTTER, pr�sident. - Merci, Madame TROSTIANSKY.

La parole est � Mme NAMY-CAULIER pour une explication de vote.

Mme Martine NAMY-CAULIER. - Merci, Monsieur le Pr�sident.

En r�ponse � ce v?u n� 6 G demandant la cr�ation de Carr�s aux Biffins dans tout Paris, nous rappelons que chaque arrondissement de Paris a sa sp�cificit�. C'est d?ailleurs une des richesses de la Capitale d'offrir une telle diversit� : diversit� �conomique, diversit� culturelle, diversit� sociologique, diversit� patrimoniale.

Cette originalit� de Paris, cette place � part, conditionne la n�cessit� de mettre ou de ne pas mettre en place des Carr�s aux Biffins. Si la Mairie du 18e arrondissement a mis en place un Carr� aux Biffins pr�s du march� aux Puces, tr�s bien. Mais laissons aux �lus de proximit�, aux maires d'arrondissement, la possibilit� de choisir de cr�er ou de ne pas cr�er de tels lieux.

Cette d�cision rel�ve de la responsabilit� de chaque mairie d'arrondissement, en liaison avec la mairie centrale et en concertation avec les riverains, et ne doit en aucun cas �tre prise pour l'ensemble de Paris de mani�re unilat�rale.

Cette r�flexion am�ne donc le groupe U.M.P.P.A. � voter contre ce v?u.

M. Christian SAUTTER, pr�sident. - Merci, Madame NAMY-CAULIER.

Je me tourne vers M. GAREL. Est-ce que vous avez �t� convaincu par Mme TROSTIANSKY et est-ce que vous retirez votre proposition de v?u n� 6 G ?

M. Sylvain GAREL. - J?ai �t� totalement convaincu par ce qu?a dit Mme TROSTIANSKY. Je suis d'accord et je vais retirer mon v?u.

Je vais juste r�pondre un peu, en revanche, � l?intervention de l?U.M.P.P.A. Ce que vous proposez en fin de compte, revient � dire que chaque maire d'arrondissement fait ce qu'il veut et on voit bien la cons�quence : le maire va demander � la police de chasser les Biffins, qui iront dans l?arrondissement d'� c�t� ou dans la ville d?� c�t�. Et vous, simplement, vous repoussez le probl�me � c�t�.

M. Christian SAUTTER, pr�sident. - Monsieur GAREL, le temps du d�jeuner arrive. On reste bien calme !

La proposition de v?u n� 6 G est retir�e et je mets donc aux voix, � main lev�e, le v?u d�pos� par l'Ex�cutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopt� � l'unanimit�. (2010, V. 16 G).

Mars 2010
Débat
Conseil général
retour Retour