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2010, DASES 104 G - Signature d'une convention avec l'association APTE (Autisme et Piano Thérapie Educative) (15e), pour l'attribution d'une participation pour le "Pôle Répit". - Montant : 35.000 euros.


M. Christian SAUTTER, pr�sident. - Nous passons maintenant au projet de d�lib�ration DASES 104 G. Il s'agit d'une convention avec l'association "Apte" (Autisme et Piano Th�rapie Educative) domicili�e dans le 15e arrondissement, pour une participation pour le "P�le R�pit". Le montant est de 35.000 euros.

M. Gilles ALAYRAC interroge Mme DUBARRY.

Monsieur ALAYRAC, vous avez la parole.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Monsieur le Pr�sident.

Je me suis rendu dans les locaux de l'association "APTE" que pr�side Mme Fran�oise DOROCQ et j?ai pu rencontrer les enfants et jeunes adultes autistes.

Je peux vous dire qu?ils semblaient m�tamorphos�s en prenant des cours de piano qui leur apportaient du plaisir et de la s�r�nit�. Je n'oublie pas ce que m'ont dit leurs parents, qui voient avec cette pratique leurs enfants apais�s, mais aussi le soulagement que cela leur apporte apr�s parfois des ann�es de recherche de soins appropri�s et pour tout dire de solitude face � ce probl�me.

Je ne suis pas pr�t non plus d'oublier cette soir�e o� l?association "APTE" est parvenue � faire monter, sur la sc�ne du th��tre du Palais-Royal, ces �l�ves autistes qui ont surmont� leur angoisse, devant un public nombreux et �mu.

Je ne suis pas un sp�cialiste de ces questions, mais je souhaite simplement dire que ce que j?ai vu, cette m�thode qui vise � apprendre le piano � des personnes autistes d�veloppe leurs facult�s de communication, leur procure du plaisir et, finalement, elle rouvre les portes de la culture.

Cette m�thode est tr�s peu d�velopp�e en France mais je crois qu'elle donne aux malades - il y en a 430.000 dans notre pays - l'envie de communiquer, d'aller vers les autres et leur fournit un �veil b�n�fique.

Install�e depuis 2007 dans le 15e arrondissement, dans un local o� l'on y enseigne le piano, "APTE" a depuis travaill� � tisser un maillage avec toutes les composantes ?uvrant autour de la question de l'autisme sur l'ensemble du territoire francilien. Elle effectue un travail quotidien, en lien avec les cabinets de psychologie, les centres m�dicaux, les associations et les collectivit�s locales.

Le d�veloppement d'"APTE" se poursuit aujourd'hui par l'ouverture d'une nouvelle structure "P�le R�pit" permettant d'aider ponctuellement les familles de personnes autistes dont il faut aussi se pr�occuper, par de l?assistance, de l?aide aux d�marches administratives ou de l?accompagnement physique.

Au-del� du travail effectu� par cette association, il reste � r�aliser un vrai effort d'information et de p�dagogie autour de la question de l'autisme. La Journ�e mondiale de sensibilisation � l?autisme aura lieu cette semaine et diff�rentes campagnes se mettent en place pour encourager les familles � faire d�pister d�s le plus jeune �ge leurs enfants. Mais les choses, h�las, avancent trop lentement dans notre pays : accueil scolaire m�diocre, d�tection et prise en charge pr�coces insuffisantes, �tablissements sp�cialis�s r�serv�s aux patients les moins atteints.

Je suis donc, mes chers coll�gues, tr�s satisfait que notre D�partement contribue � ce combat contre l?autisme en apportant son soutien � "APTE" qui, � travers sa m�thode, permet aux malades d'exprimer leur richesse int�rieure et je suis tr�s favorable � ce que Paris apporte avec ce projet de d�lib�ration une contribution int�ressante � la lutte contre la discrimination dont sont victimes les personnes autistes.

Merci.

M. Christian SAUTTER, pr�sident. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

Mme DUBARRY r�pond � vos propos si enthousiastes.

Mme V�ronique DUBARRY, au nom de la 6e Commission. - Merci beaucoup, Monsieur le Pr�sident.

Effectivement, il est agr�able d'entendre que ce travail men� par la collectivit� parisienne aux c�t�s de diff�rentes associations - fort heureusement, il y en a plusieurs - est ainsi salu�.

Monsieur ALAYRAC, puisque vous avez appr�ci� ce moment que vous avez pass� avec l'association, je vous invite � nouveau � voir ces artistes exprimer tout leur talent le 13 avril � l'H�tel de Ville. Je trouve que ce sont des moments importants, vous l'avez dit, dans la vie de l'association, bien �videmment, mais aussi dans la vie des personnes autistes, le fait de pouvoir donner � voir, justement, leur talent et le travail r�alis� par l'association.

D'autres associations, je le disais, travaillent dans la m�me logique : "les Turbulents" parmi peut-�tre les plus connus, le chapiteau Turbulence, install� dans le 17e arrondissement, travaille aussi sur les aspects artistiques qui sont favorables � une autonomisation des personnes autistes.

D'une fa�on g�n�rale, le travail men� par un certain nombre d'associations soutenues par la collectivit� parisienne est tr�s ax� sur l'acc�s aux loisirs, l'acc�s � la culture et l'acc�s aux pratiques artistiques. J'insiste �norm�ment aupr�s des associations - d'ailleurs, je n'ai pas beaucoup � le faire parce qu'elles sont extr�mement enthousiastes elles aussi - sur le fait que les personnes en situation de handicap, autistes et tous handicaps confondus - cela va de soi -, doivent pouvoir entrer dans les lieux de culture, dans les lieux de loisirs mais aussi �tre actrices dans ces m�mes lieux. C'est un travail de longue haleine mais qui re�oit un �cho favorable, y compris de la part d'associations? ordinaires, on va dire.

Vous avez rappel� que, pour cette subvention-ci, il s'agissait de la cr�ation d'un "P�le R�pit" et, l� encore, c'est quelque chose que nous souhaitons d�velopper et d�multiplier, tant pour les parents d'enfants en situation de handicap que pour les fratries, le fait de pouvoir � un moment donn� se reposer sur d'autres, sur un entourage, sur une association pour pouvoir souffler - et "P�le R�pit", cela veut bien dire ce que cela veut dire ! -, pour pouvoir se retrouver soit en couple, soit avec les autres membres de la fratrie. Ce sont des moments extr�mement importants.

Nous avons un autre projet avec une autre association, pour le coup, dans le 3e arrondissement, autour de l?I.M.E. de la Cour de Venise : le d�veloppement de structures en semi-internat fait partie de ces moments de r�pit n�cessaires aux familles. Il ne faut pas se voiler la face : pour l'instant, les efforts faits en mati�re des personnes en situation de handicap, et singuli�rement des enfants en situation de handicap, sont tr�s insuffisants.

Nous avons de grandes craintes, d'ailleurs, sur le devenir d'un certain nombre de projets, puisque jusqu'� pr�sent, c'�taient les D.D.A.S.S. qui portaient les projets. Le passage aux A.R.S., avec des appels � projets, va remettre en cause un certain nombre de choses. Je ne veux pas �tre Cassandre, mais les associations et la Municipalit� parisienne s'inqui�tent de la fa�on dont les choses vont �voluer et de quelle fa�on ces projets n�cessaires seront accompagn�s.

Un dernier mot, Monsieur le Pr�sident, sur le Plan autisme qui avait �t� annonc� avec pertes et fracas, avec beaucoup d'argent, en tout cas sur le papier, et dont on a pu voir que, malheureusement, cela ne suivait pas, qu'il y avait eu, certes, un effort mais je crois qu'il faut tous et toutes �tre bien conscients du fait que nous sommes encore tr�s en de�� de ce qui est fait dans d'autres pays europ�ens et que les efforts que les collectivit�s et les pouvoirs publics auront � faire en mati�re d'accueil et de cr�ation de structures pour les enfants autistes - mais je le redis, c?est beaucoup plus large que cela - sont extr�mement importants et nous sommes loin, loin du compte.

Merci beaucoup.

M. Christian SAUTTER, pr�sident. - Merci, Madame DUBARRY.

Je mets aux voix, � main lev�e, le projet DASES 104 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Ne prend pas part au vote ?

Le projet de d�lib�ration est adopt� � l'unanimit�. (2010, DASES 104 G).

Mars 2010
Débat
Conseil général
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