retour Retour

2009, SG 145 - Rapport annuel de la Commission Communale pour l'Accessibilité aux Personnes Handicapées.


M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, pr�sident. - Nous passons � l'examen du projet de d�lib�ration SG 145 concernant le rapport annuel de la Commission communale pour l'accessibilit� aux personnes handicap�es.

Je donne la parole � Mme Karen TA�EB, pour cinq minutes.

Mme Karen TA�EB. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers coll�gues, chaque Parisien et chaque Parisienne doit pouvoir trouver sa place � Paris, autrement dit, avoir acc�s � la culture, aux loisirs, � l'�cole, au travail, au logement, aux transports en commun, pouvoir se d�placer dans la ville tout simplement.

Et s'il faut se f�liciter de la politique volontariste de notre Municipalit� pour faire de Paris une ville pour tous, sans discrimination, de sa politique ambitieuse pour l'am�lioration des conditions de vie de nos concitoyens en situation de handicap, tant au niveau de l?espace public que des logements sociaux, j?ajouterai que cela est plus que normal dans une soci�t� digne de ce nom.

Ce rapport permet de faire un bilan d'�tape et nous pouvons nous f�liciter des 33.600 abaissements de trottoirs, de l'installation de 6.155 caissons sonores de travers�e pi�tonne ou de la cr�ation de 2.381 places de stationnement d�di�es.

Concernant le cadre b�ti, ce sont plus de 100 �coles rendues accessibles, la r�alisation de sch�mas directeurs et de travaux dans l'ensemble des mairies d'arrondissement et un important r�am�nagement pour l'accessibilit� des parcs et jardins, et des biblioth�ques.

L'effort budg�taire que consacre la municipalit� � l'attention des personnes en situation de handicap est en constante augmentation, passant de plus de 18 millions d?euros en 2003 � plus de 36 millions d?euros en 2008.

En 2009, cet effort concernera l'ensemble des actions men�es par la Ville, qu'il s'agisse de l'action sociale, de l'accueil de la petite enfance, de la scolarit�, de l'acc�s aux loisirs, � la culture et aux transports. Je tiens � saluer le travail effectu� par notre excellente coll�gue V�ronique DUBARRY.

Le travail de la Municipalit� a aussi conduit la Ville � se doter de doctrines claires, codifi�es dans des sch�mas directeurs prescriptifs, celui pour l'accessibilit� � l?espace public adopt� par le Conseil de Paris en 2002 et celui du cadre b�ti, "B�timents pour tous", adopt� en 2004.

Pour la p�riode 2008-2014, l'effort va se poursuivre au-del� m�me des obligations l�gales concernant l'accessibilit�. Les efforts de la Ville en la mati�re ne s'arr�teront pas � la fin de cette mandature, mais notre Municipalit� voit bien plus loin, comme l'accessibilit� de l'ensemble des �tablissements recevant du public en 2015.

En plus du travail g�n�ral de mise en accessibilit� qui concerne les constructions neuves et les r�habilitations, la mandature verra se d�velopper plusieurs grands projets comme le d�ploiement d?Autonomade dans les b�timents de l'ensemble des mairies d'arrondissement en 2009-2010, puis dans d'autres �tablissements recevant du public comme les piscines ou les biblioth�ques.

La r�alisation en 2009 du plan de mise en accessibilit� de la voirie et de l'espace public en lien avec les associations de personnes en situation de handicap qui d�terminera la strat�gie globale de la Ville dans ce domaine. Je tiens � souligner l'importance de la r�flexion men�e avec ces associations, qui apportent l'�clairage n�cessaire pour des r�sultats en accord avec les attentes.

La mise en place des groupes techniques de la Commission communale pour l'accessibilit�, qui permettront un dialogue direct entre les directions de la Ville et les associations de personnes en situation de handicap afin d'�laborer de fa�on conjointe les doctrines et les solutions techniques permettant l'accessibilit� � l'ensemble des usagers.

L'accessibilit� aux �coles est au coeur de cette politique ambitieuse et diversifi�e. Depuis 2001, la Municipalit� parisienne a eu pour objectif d'am�liorer l'int�gration scolaire pour chaque enfant handicap�, et ce, au travers de ses propres champs de comp�tence.

Face � l'ampleur des efforts � fournir, nous tenons � rappeler le travail commenc� par P�n�lope KOMIT�S et Eric FERRAND, qui ont d�cid� d?engager sans d�lai une programmation par arrondissement. 133 �coles ont ainsi �t� rendues accessibles en 2008, avec une inscription budg�taire exceptionnelle de pr�s de 3 millions d?euros entre 2006 et 2007.

Ce travail, poursuivi par nos coll�gues V�ronique DUBARRY, Pascal CHERKI, et aujourd'hui Colombe BROSSEL, a permis � la Ville de prendre un temps d'avance sans attendre l'engagement financier de l'Etat qui fait, comme dans bien d'autres domaines, cruellement d�faut.

Un effort a �t� �galement fourni en mati�re d'acc�s aux �quipements sportifs. Depuis 2007, chaque arrondissement compte au moins un gymnase, une piscine, ou un stade accessible aux personnes en situation de handicap moteur.

28 bassins de natation ont �t� rendus accessibles aux personnes � mobilit� r�duite.

Concernant l'encadrement en milieu scolaire des enfants en situation de handicap par les auxiliaires de vie scolaire, si l'Acad�mie a fait des efforts, reste � d�plorer des retards dans l'affectation et le temps de pr�sence, qui est insuffisant. Certes, le nombre d?accompagnateurs aupr�s des �l�ves en situation de handicap augmente, mais pr�s de la moiti� d'entre eux ne peut encore en b�n�ficier.

De plus, un contrat moins pr�caire et une meilleure formation permettraient aux A.V.S. une forte reconnaissance de leur travail.

Enfin, il existe une derni�re probl�matique, � savoir le risque de suppression des 37 postes d'enseignants des 11 centres d'adaptation psychop�dagogiques. Il aura fallu une intervention du Maire de Paris aupr�s du Ministre de l'Education nationale pour que soit maintenus ces postes, mais il est � craindre qu'ils le soient provisoirement.

Combien de temps la Ville va-t-elle pouvoir tenir sans un v�ritable engagement financier de l'Etat ? Voil�, il nous reste beaucoup � faire pour am�liorer la qualit� de vie de nos concitoyens en situation de handicap, m�me si la Ville ne rel�che aucun de ses efforts. Il faut dire qu'en 2001, nous partions de loin.

Vous l'aurez compris, le groupe M.R.C. soutient et soutiendra cette politique ambitieuse et volontariste qui n'oublie pas une partie de ses concitoyens et qui honore Paris. Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, pr�sident. - Pour r�pondre, la parole est � Mme DUBARRY.

Mme V�ronique DUBARRY, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Mme TA�EB a bien pr�sent� les choses, � savoir que ce rapport est � la fois un bilan des actions qui ont d�j� �t� men�es, qui est donc un point d'�tape, mais surtout qu'il s'agissait pour la Commission communale d'accessibilit� de voir dans quelle perspective, dans quelle philosophie elle continuait � travailler et ce qu'elle continuait � mettre en place.

Cela r�pond � deux options principales qui nous tiennent tous � c?ur.

D'abord un maillage territorial, de fa�on � ce que les personnes et les familles ayant une personne en situation de handicap puissent trouver au plus pr�s de chez elles une r�ponse adapt�e dans les �coles, les �quipements sportifs, pour l'acc�s � la culture, d'une fa�on g�n�rale l'acc�s au loisir, et surtout, ceci doit se faire dans le plus large partenariat possible.

C'est la raison pour laquelle font partie de la Commission communale d'accessibilit� la plupart des associations pr�sentes sur le territoire parisien et qu'elles sont v�ritablement mises � contribution. Il ne s'agit pas simplement de se r�unir une fois par an et de s'autocongratuler, mais bel et bien d'avoir une r�flexion collective pour voir comment faire encore mieux.

C'est d'ailleurs ce que nous avons fait lors d'une pr�c�dente r�union en ce qui concerne l'un des aspects embl�matiques de la politique parisienne en mati�re de d�placement : le tramway. Il s?agissait de r�fl�chir � comment faire encore mieux que le pr�c�dent, comment faire que ce nouveau tramway soit encore plus accessible ?

Cependant, vous avez raison de soulever le point qui peut poser probl�me, � savoir que la vie des personnes en situation de handicap, et d'une certaine fa�on, la meilleure fa�on de changer le regard, c'est un peu la suite de la discussion que nous venons d'avoir sur les conduites discriminantes, c'est bien � l'�cole que cela se passe. C'est � l'�cole, en faisant que les enfants en situation de handicap se retrouvent en milieu ordinaire, que les enfants et les parents puissent constater qu'un enfant en situation de handicap dans une classe, dans une �cole, ne perturbe pas le d�roulement de la scolarit� et, au contraire, cela permet d'apprendre des choses sur le handicap, cela permet aussi de r�fl�chir au temps que l'on passe les uns avec les autres. Je trouve utile que vous ayez insist� sur cet aspect. Cette scolarisation passe par un accompagnement, un accompagnement par des auxiliaires de vie scolaire. Il est vrai que nous n'avons pas tout � fait les bonnes r�ponses de la part de l'Education nationale puisque les chiffres d'enfants demandant des auxiliaires de vie scolaire sont importants, environ 3.000 � Paris.

On voit bien que la r�ponse apport�e par l'Education nationale tarde � venir dans la plupart des cas. L'Education nationale ne r�pond que d'une fa�on partielle � la demande, c'est-�-dire lorsqu'un enfant a besoin d'un A.V.S. � temps complet, c'est difficile, c'est rarement � temps complet, cela prend du temps, etc.

Il y a le probl�me que vous avez soulev�, du turnover de ces personnels qui font cela un temps mais ne rentrent pas dans une fili�re et � qui on n'offre pas un travail p�rennis�.

Tous ces aspects sont encore � travailler. Je ne pense pas que ce soit la Municipalit� parisienne qui ait la r�ponse seule. Cela devra se faire en partenariat. Nous travaillons avec l'Education nationale et d'autres institutions.

Malgr� tout, malgr� les b�mols que vous avez �mis � juste titre, les choses avancent, nous arrivons � trouver des fa�ons d'agir plus simples que les choses qui avaient parfois �t� mises en place et qui �taient un peu des usines � gaz. Il faut t�cher de rentrer dans cette philosophie qui est que chaque personne a un projet de vie, qu?elle soit ou pas en situation de handicap et lorsqu'elle est en situation de handicap, il faut, comme pour chacun d'entre nous, comme pour toutes les personnes ordinaires, faire appel � tous les aspects de la vie pour r�pondre � ce projet, que ce soient les aspects culturels, de loisirs, de scolarisation, � tous les niveaux, etc.

Merci beaucoup de votre int�r�t. Merci � ceux et � celles qui ont particip� � cette C.C.A. et je tiens � le dire aussi, parce que cela doit faire partie des titres de gloire de la Ville de Paris : les multiples directions qui travaillent sur ces questions d'accessibilit� universelle au niveau parisien sont extr�mement impliqu�es, extr�mement sensibilis�es. Elles ont, en plus, de nombreuses id�es ; elles sont tr�s novatrices et proposent des choses qui, l� aussi, contribuent � faire avancer la question et le changement de regard sur le handicap.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, pr�sident. - Merci, Madame, de nous avoir parl� et fait un rapport sur la Commission communale pour l'accessibilit� aux personnes handicap�es. Ce d�bat �tait tr�s int�ressant.

Il n'y a pas de vote puisque c?�tait simplement une communication.

Mai 2009
Débat
Conseil municipal
retour Retour