123 - QOC 2002-291 Question de Mme Véronique BALDINI et des membres du groupe "Démocratie libérale et Indépendants", à M. le Maire de Paris concernant l'ouverture des bibliothèques municipales en soirée ainsi que les samedis et dimanches
Libellé de la question :
"Lors de la séance consacrée à la vie étudiante à Paris, Mme Véronique BALDINI avait fait des propositions concernant les bibliothèques municipales.
En effet, il paraissait opportun de permettre aux étudiants qui ne bénéficient pas toujours de bonnes conditions de travail à leur domicile, ou qui ne peuvent s'offrir les journaux et autres livres, d'utiliser ces équipements municipaux. Pour ce faire, il a été demandé que ces bibliothèques soient ouvertes plus largement en soirée ainsi que les samedis et dimanches.
La surveillance pourrait être assurée par des étudiants de 3e cycle souvent à la recherche de tels types d'emplois. Les bibliothèques seraient alors de véritables lieux d'étude, de rencontres et de soutien pour les étudiants parisiens. M. le Maire de Paris avait alors répondu qu'il ferait étudier la question.
Mme Véronique BALDINI et les membres du groupe "Démocratie libérale et Indépendants" souhaiteraient savoir si cette proposition a été étudiée par les services municipaux et quelles sont les conclusions de cette étude."
Réponse (M. Christophe GIRARD, adjoint) :
"Les bibliothèques municipales ont une vocation généraliste et tout public. Dans ce cadre, les étudiants y sont accueillis comme le reste de la population.
Cependant, l'extension des horaires des bibliothèques, même si elle doit être envisagée dans un avenir proche, ne répondrait que partiellement à leur demande généralement liée à des domaines de recherche spécifiques.
A Paris, les étudiants du 1er et 2e cycle ne disposent que de 6.000 places en bibliothèque universitaire (B.U.) soit une place pour 19 étudiants (1 pour 15 sur le plan national) ; le constat le plus préoccupant est dans le secteur tertiaire (langues, sciences humaines, droit et économie) avec une place pour 25 étudiants.
C'est pourquoi, à partir du constat de l'insuffisance de l'offre des bibliothèques de l'enseignement supérieur, il a été établi un schéma de développement dans le cadre du plan Université du troisième millénaire (U3M) qui prévoit notamment de créer des places de lecture et auquel la Ville de Paris apporte tout son soutien.
Parmi les nombreuses opérations en cours tant dans l'Académie de Paris que dans celles de Créteil et de Versailles, le contrat de plan a prévu quatre opérations marquantes.
La première concerne la ré-affectation des locaux de l'ancien collège Sainte-Barbe à usage principal de bibliothèque. Cette opération, pilotée par le Rectorat de Paris, et soutenue aujourd'hui par l'ensemble des universités parisiennes, a été proposée par la Ville de Paris et inscrite dans la convention-cadre sur l'enseignement supérieur. Elle contribuera à combler le déficit en capacité d'accueil des B.U. de Paris en créant 1.200 places de lecture.
Il est prévu, par ailleurs, de mettre en place une bibliothèque du pôle langues et civilisations du monde, pôle à vocation nationale et internationale largement ouvert sur l'étranger. Le projet réunira sur la Z.A.C. "Rive gauche" des centres de recherches spécialisées en langues et civilisations du monde et leurs ressources documentaires, la bibliothèque inter-universitaire de langues et civilisations orientales (B.I.U.L.O.), les fonds spécialisés de certaines B.U. et l'Institut national des langues et civilisations orientales (I.N.A.L.C.O.) dans son ensemble ainsi que des espaces d'exposition et de colloques. La bibliothèque permettra l'installation de 1.500 places de travail.
En outre, la bibliothèque de l'Université de Paris VII-Denis Diderot sera une bibliothèque pluridisciplinaire construite sur 16.500 mètres carrés dans le cadre de l'implantation de l'université. Elle permettra la création de 1.800 places de travail.
La Ville a d'ores et déjà attiré l'attention du Recteur, Chancelier des universités, sur l'importance d'une ouverture tardive le soir des bibliothèques universitaires et inter-universitaires chaque fois que cela est possible.
Enfin, la bibliothèque littéraire Jacques-Doucet actuellement étroitement logée dans une partie du bâtiment Sainte-Geneviève et qui comprend des manuscrits et livres précieux, des revues, des photographies et archives de presse ainsi que des objets d'art constituant un ensemble unique consacré à la littérature française des XIXe et XXe siècles, doit faire l'objet d'un relogement.
La Municipalité parisienne marque ainsi en partenariat étroit avec l'Etat et la Région son attachement profond à l'amélioration des conditions d'étude et de travail des étudiants parisiens.
Cela étant, la gestion des bibliothèques relève directement des établissements concernés, même si la Municipalité ne pourra que se réjouir des solutions qui pourront être trouvées à une extension des possibilités de travail en bibliothèque offertes aux étudiants."