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2021 SG 84 - "Paris 100 % Cyclable". - Communication relative à l’adoption du Plan vélo à Paris (2021-2026). Vœu déposé par le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes relatif à l’entretien des pistes cyclables. Vœu déposé par le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes relatif à l’expérimentation des feux oranges. Vœu déposé par le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes relatif à l’installation d’arceaux vélo. Vœu déposé par le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes relatif à la refonte de la signalétique. Vœu déposé par le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes relatif à la sanctuarisation des trottoirs pour les piétons. Vœu déposé par le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes relatif à la sensibilisation au Code de la route pour l'ensemble des usagers de la voirie. Vœu déposé par le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes relatif à la sécurisation des voies cyclables situées dans les voies de bus. Vœu déposé par le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes relatif à l’augmentation de la visibilité des aménagements cyclables. Vœu déposé par le groupe "Indépendants et Progressistes" relatif à la sécurisation et l’avenir de l’anneau cyclable de Longchamp. Voeu déposé par l'Exécutif. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à l'offre d'un vélo gratuit à chaque jeune Parisien. 2021 DVD 95 - Plan Vélo. - Approbation du plan d'actions 2021-2023 et demande des subventions correspondantes auprès de la R.I.F. Amendement n° 29 déposé par le groupe Changer Paris relatif à la création de 3.500 mètres de linéaire de piste cyclable sur le boulevard Saint-Germain. Amendement technique n° 29 bis déposé par l'Exécutif. Amendement n° 132 déposé par le groupe Changer Paris relatif au recueil de l'avis du maire d'arrondissement. Vœu déposé par le groupe Communiste et Citoyen relatif à l'accessibilité de la pratique du vélo pour toutes et tous. Vœu déposé par le groupe Communiste et Citoyen relatif au dispositif "savoir rouler".


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Nous allons commencer, conformément aux décisions de la conférence d'organisation, par le débat organisé consacré à la communication relative à l'adoption du "Plan Vélo" à Paris 2021-2026. Projet de délibération SG 84 : "Paris 100 % Cyclable". Il a été convenu en conférence, avec les présidents, d'un débat organisé sur ce thème. Ce débat inclura, dans les temps de parole définis, la présentation des amendements et v?ux, avec de nombreuses inscriptions évidemment. Je commence par la communication préalable de ce débat organisé.

Mesdames et Messieurs, chers collègues, je me réjouis de la tenue de ce débat autour du "Plan Vélo" 2021-2026, qui a l'ambition de faire de Paris une ville 100 % cyclable. Encouragée par les efforts que nous avons déployés depuis de nombreuses années, sous l'action de la Maire de Paris Anne HIDALGO, et accélérée par la pandémie, la pratique du vélo est désormais entrée dans les habitudes d'une grande partie des Parisiennes et des Parisiens. Plus pratique, plus rapide et meilleur pour la santé, le vélo a pris une place de plus en plus grande dans notre quotidien.

Au-delà de ces événements conjoncturels, le réchauffement climatique, la pollution de l'air qui, rappelons-le, cause chaque année la mort de 48.000 personnes dans notre pays, rendent nécessaire la transformation de Paris. Cette transition, nous devons la réaliser pour protéger la santé des plus fragiles d'entre nous : les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les malades chroniques. C?est dans ce sens que nous avons lancé le précédent "Plan Vélo", pour lequel nous avons investi près de 150 millions d'euros.

Depuis, 300 kilomètres d'aménagements cyclables ont été réalisés, auxquels il faut ajouter les 52 kilomètres de pistes temporaires. Au total, le réseau cyclable à Paris est aujourd?hui de 1.000 kilomètres. Citons aussi l'aménagement de près de 37.000 places de stationnement supplémentaires, pour un total de près de 63.000 places aujourd?hui. Preuve de cette réussite, la pratique du vélo a doublé, avec désormais plus de vélos que de voitures sur certains axes. C?est parce que notre cap est le bon, mais aussi parce que le temps presse, que nous voulons, avec Anne HIDALGO et David BELLIARD, vous présenter aujourd?hui notre nouveau plan "Paris 100 % Cyclable".

Ce plan vise à rendre la pratique du vélo possible partout, pour en faire un moyen de transport sécurisé, facile et rapide. Grâce à la collaboration des différentes mairies d'arrondissements et la concertation avec les acteurs métropolitains et régionaux, ce plan doit permettre aux habitantes et aux habitants de rouler à vélo dans toutes les rues sans jamais se sentir en danger. C?est ce principe qui guide nos aménagements et fait que l'on voit de plus en plus de jeunes, mais aussi de personnes plus âgées, sur des vélos aujourd'hui. Pour multiplier les pistes cyclables et faire du vélo le moyen de transport le plus simple et le plus rapide, la Ville investira 250 millions d'euros sur la mandature. Nous investirons ainsi 2 fois plus pour les infrastructures que lors de la précédente mandature.

Par ailleurs, parce que la pratique du vélo ne s?arrête pas aux seuls déplacements, nous répondrons aux besoins de stationnement qui, eux aussi, ont augmenté. Nous en ferons une composante essentielle de notre politique cyclable, avec un objectif de 130.000 nouvelles places de stationnement dans la mandature, dont une grande partie d'entre elles seront sécurisées. Nous veillerons ainsi à accompagner et à encourager les bailleurs sociaux, les copropriétés privées et les entreprises à créer ces places sécurisées, pour encourager les Parisiennes et les Parisiens à prendre leur vélo. Au total, 30.000 nouveaux arceaux seront installés sur l'espace public, dont 1.000 places prévues pour les vélos cargos. Nous prenons ainsi en compte la diversité des nouveaux usages, la diversité des nouveaux cyclistes en installant de nouvelles infrastructures, mais aussi en aménageant et en adaptant les places de stationnement.

Ce "Plan Vélo" s?inscrit également dans un schéma plus vaste à l'échelle métropolitaine, et même régionale. C?est pourquoi nous voulons mettre l'accent sur les lignes permettant de relier Paris et ses communes riveraines, pour que les Parisiens et les Franciliens puissent faire du vélo leur moyen de transport privilégié au quotidien.

Par ailleurs, les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 seront une chance inédite pour accélérer ces transformations et permettre à tous les visiteurs, comme aux Parisiens, mais aussi aux Franciliens, de se déplacer à vélo. Ainsi, nous nous sommes fixés un objectif de 15 % des déplacements à vélo pendant les Jeux. Plusieurs axes feront l'objet d'aménagements spécifiques à cette fin, dont le réaménagement de la porte de la Chapelle.

Toutes ces mesures doivent se compléter pour nous aider à ancrer durablement la culture du vélo dans le quotidien des Parisiennes et des Parisiens. Nous devons avant tout offrir la possibilité à de nouvelles personnes de se mettre au vélo. Je pense aux personnes âgées et aux enfants, auxquels nous devons faire une place sur les pistes cyclables et leur garantir de rouler en toute sécurité. On sait aujourd?hui que, plus les cyclistes sont nombreux, moins ils sont victimes d'accidents. Continuer à favoriser l'augmentation du nombre de cyclistes contribue à ce cercle vertueux. C?est pourquoi notre plan visera également à apprendre dès le plus jeune âge à faire du vélo et à connaître les règles. Nous généraliserons le programme "Savoir rouler à vélo" dans toutes les écoles élémentaires parisiennes, pour que tous les jeunes sachent faire du vélo lorsqu?ils entrent au collège. Un travail a aussi été amorcé autour d'un Code de la rue pour permettre un meilleur partage de la rue par tous les usagers.

Pour offrir la possibilité à tout le monde d'être cycliste, nous devons leur garantir de pouvoir le faire en toute autonomie. Je pense notamment aux Vélib? et à leur rôle déterminant dans l'essor du vélo à Paris. Ils ont grandement rempli ce rôle pendant les grèves, puis lors de la pandémie, et continuent d'être une porte d'accès au vélo pour les Parisiens de tous âges, mais aussi pour les touristes. Nous encourageons aussi l'autonomie des cyclistes en installant de nouveaux ateliers d'autoréparation, pour permettre à chacune et à chacun de réparer son vélo dès que nécessaire. La Ville de Paris continuera par ailleurs à soutenir les actions associatives liées au cyclisme.

Enfin, pour toujours mieux prendre en compte la diversité des cyclistes, nous porterons une attention particulière aux livreurs cyclistes, de plus en plus nombreux. Je l'ai déjà dit, des aires de livraison spécifiques pour les vélos cargos seront créées à cette fin.

Mesdames et Messieurs, chers collègues, l'urgence climatique et environnementale appelle des actions fortes et ambitieuses. Le "Plan Vélo" 2021-2026 en est un exemple. Il nous aidera à préparer notre ville à mieux l'adapter aux défis de notre temps, à répondre aux aspirations des habitantes et des habitants, à mieux protéger notre santé. C?est à travers ce plan ambitieux et la prise en compte de la diversité des cyclistes, que nous réussirons à faire de Paris une ville 100 % cyclable.

Merci beaucoup à l'ensemble des groupes qui ont travaillé. Merci tout particulièrement à David BELLIARD et à ses collègues de l'Exécutif qui ont préparé ce "Plan Vélo".

Je vous remercie.

Nous allons commencer le débat organisé sur ce sujet majeur au quotidien pour les Parisiens. Pour commencer notre débat, la parole est à Mme Mélody TONOLLI, du groupe "Génération.s". Vous avez des temps de parole cumulés par groupe. Nous verrons le décompte des temps en fonction de la durée de vos interventions. Mélody, à vous.

Mme Mélody TONOLLI. - Merci.

Monsieur le Maire, chers collègues, le "Plan Vélo" qui nous est présenté ce jour illustre notre ambition pour transformer la ville, conformément au mandat que nous avons reçu des Parisiennes et des Parisiens.

La réduction de la place de la voiture en ville et le développement de la part d'espace public consacré aux mobilités douces, telle que la marche ou le vélo, sont au c'ur de notre action depuis plusieurs années. Si les pratiques évoluaient déjà fortement avec une augmentation des déplacements à vélo, notamment grâce au développement des pistes cyclables, les grèves - cela vient d'être rappelé - puis la crise sanitaire ont accéléré considérablement la démocratisation du vélo et son ancrage dans les usages quotidiens des Parisiennes et des Parisiens, et plus largement des Franciliens.

C?est pendant cette période de grève et de crise sanitaire que l'on a commencé, pour ceux qui pratiquent le vélo quotidiennement, à découvrir aussi ce qu'étaient les bouchons à vélo sur les pistes cyclables. Même si cela peut être parfois agaçant, c'est formidable de se dire qu'aujourd?hui, notre problématique est d'avoir besoin d'encore plus de pistes cyclables pour répondre à la demande.

Face à cet engouement sans précédent, Paris a renforcé son infrastructure en un temps record, avec l'installation des "coronapistes". Leur pérennisation et amélioration progressive contribuent à sécuriser toujours plus d'espace dans nos rues pour la pratique du vélo et permettent d'accueillir de nouveaux usagers. Ces expérimentations d'aménagements temporaires cyclables nous donnent la possibilité de répondre à l'évolution constante des besoins de mobilité et de prévoir des infrastructures de plus long terme pour une ville plus résiliente. Le cap est clair : une ville 100 % cyclable. Cette politique est l'une des plus structurantes de notre majorité. Elle marque un tournant en termes de transport et d'urbanisme, actant la désuétude des modèles construits sous le règne de l'automobile, visant à augmenter autant que possible la surface disponible pour des modèles de déplacements plus respectueux de l'environnement, contribuant à rendre la ville toujours plus accessible à toutes et tous.

Cette politique volontaire se traduit dans les actes avec la création de nouveaux itinéraires cyclables structurants, pour atteindre un maillage de pistes sur l'ensemble de la Capitale connectées à l'échelle métropolitaine et régionale. Ainsi, en 2021, la ville compte plus de 1.000 kilomètres d'aménagements cyclables, dont plus de 300 kilomètres de pistes, 52 kilomètres de pistes provisoires réalisées à l'issue du premier confinement, en cours de pérennisation, et un projet de réseau d'environ 130 kilomètres qui sera réalisé à partir de 2021, pour atteindre plus de 180 kilomètres de pistes supplémentaires structurantes au cours de la mandature.

Par ailleurs, pour 2026, ces objectifs seront aussi bien d'ordre quantitatif que qualitatif - c'est très important - sur les itinéraires cyclables. Un point qui nous semble fondamental pour la réussite de notre politique vélo, en particulier sur la question de la sécurité. Cela vient d'être rappelé par Emmanuel GRÉGOIRE : il faut que l'on puisse rouler dans toutes les rues sans jamais se sentir en danger. Cette sécurité dépend de la qualité des infrastructures et de leur capacité à absorber le flux en constante évolution. Comme je viens de le dire, on découvre maintenant les bouchons sur les pistes cyclables. La largeur des pistes, leur bonne délimitation et la généralisation des doubles sens, doit nous préoccuper pour garantir des continuités sécurisées. Elles rendent nécessaire un effort très particulier sur certains croisements et le déploiement de carrefours à la hollandaise qui favorisent une meilleure visibilité pour les cyclistes.

La sécurisation doit s?envisager aussi pour le stationnement des vélos. A l'heure où certaines personnes font aussi - c'est bien, il faut l'encourager - le choix de consacrer des moyens croissants dans leur équipement pour un confort d'usage qui permet de privilégier les déplacements cyclables, les arceaux vélos sur notre espace public ne sont aujourd?hui pas suffisants pour répondre aux besoins. Avec ce plan, nous ambitionnons d'en développer toujours davantage. Plus de 130.000 nouvelles places prévues d'ici la fin de la mandature sur l'espace public, en sous-sol, y compris - il faut aussi les mobiliser - les espaces privés. Ainsi, le Plan local d'Urbanisme pourrait être un précieux levier pour l'intégration de stationnements vélos dans tous les projets de construction ou de rénovation, de même que le dispositif de la Ville pour accompagner le financement d'abris ou de locaux vélos dans les copropriétés.

Pour sécuriser les pratiques et pour le confort de tous les usagers de notre espace public, il paraît essentiel de développer une culture vélo. Car, au-delà du Code de la rue à réaliser pour rappeler les règles et améliorer la cohabitation entre les usages, il est nécessaire de sensibiliser la pratique du vélo, de développer un savoir rouler dès le plus jeune âge et d'encourager un plus grand nombre de Parisiens et de Parisiennes à s?essayer au vélo. Cela permet aussi de mieux comprendre les comportements inhérents à la pratique du vélo. C?est par le développement de cette culture vélo que nous pourrons accompagner l'apaisement de la ville et sa résilience, par la transition des mobilités dans toujours plus de secteurs : celui des vélos spéciaux, celui de la logistique avec les vélos cargos, celui du tourisme, avec des itinéraires cyclables à haute valeur patrimoniale et environnementale.

Tout cela implique d'accompagner un écosystème, de soutenir le développement d'acteurs économiques dans ces secteurs - ceux de l'hôtellerie, des loueurs de vélos ou des transports, pour l'intermodalité si l'on reprend l'exemple du tourisme - et plus largement, de favoriser l'essor de structures relevant de l'économie sociale et solidaire, qui permet à chacun et à chacune de venir réparer ou faire réparer son vélo à moindre coût. Hier soir encore, on votait une subvention pour soutenir "SoliCycle", dans le 14e arrondissement, qui déploie de nombreuses actions autour du vélo.

Les Parisiennes et les Parisiens peuvent compter sur le soutien et la vigilance des élus de "Génération.s" sur l'exécution des projets, la mise en ?uvre de ce "Plan Vélo", conformément à ses engagements et à l'ambition qu'il porte pour apaiser, sécuriser et rendre la ville plus résiliente au bénéfice de toutes et tous.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme la Présidente Maud GATEL.

Mme Maud GATEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Madame la Maire, Monsieur le Maire, mes chers collèges, alors que le précédent "Plan Vélo" n'avait été déployé qu'à hauteur de 50 %, nous avions évidemment énormément d'attentes et d'impatience face à l'acte 2. Car, malgré les bouleversements connus par notre ville, que ce soient les grèves en 2019 ou la pandémie depuis 2020, la part modale restait loin des 15 % que le "Plan Vélo 1" ambitionnait. La faute à des aménagements et stationnements insuffisants et insuffisamment sécurisés.

Nous saluons, dans cet acte 2, une ambition certaine autour du nombre de kilomètres de linéaires cyclables, du développement de la filière vélo. Cela a été dit. Cela est illustré également en matière budgétaire, même si Paris reste très loin des bons élèves, notamment de nos amis hollandais qui dépensent 70 euros par an et par habitant pour adapter la ville aux mobilités actives, ou même du "Plan Vélo" national. L?augmentation annoncée du budget de 150 millions d'euros à 250 millions d'euros va évidemment dans le bon sens. Ce sont 23 euros par Parisien et par an qui seront ainsi consacrés au développement de la pratique cyclable. Nous pouvons compter sur d'autres financements - ne l'oublions pas - que ceux de la Ville pour développer le vélo à Paris, qu'il s?agisse des financements gouvernementaux ou régionaux.

Si nous partageons l'ambition, nous avons plusieurs inquiétudes. D?abord, en matière de calendrier, notamment sur la question de la création des pistes cyclables. On sait que c'est ce qui a péché lors du "Plan Vélo 1". Et puis, sur la méthode, la concertation avec les élus, comme les associations.

L?augmentation du nombre de kilomètres, c'est bien, mais ce qui est pour nous une priorité absolue, c'est la nécessité de créer des aménagements sûrs et confortables. C?est d'ailleurs à cette aune que nous pourrons juger de la réussite ou non de ce "Plan Vélo 2". Des aménagements sécurisés, cela passe par des pistes entretenues. Nids-de-poule, débris sur les voies mettent en danger les cyclistes ; il est inconcevable que ces situations perdurent pendant plusieurs jours. C?est l'objet de notre v?u n° 19, qui demande une priorité d'intervention de la part de la Direction de la Voirie pour réparer les pistes cyclables.

Cela passe également par un travail prioritaire sur les continuités urbaines, qu'il s?agisse des portes de la Capitale ou des voies intra-muros. Il faut pouvoir proposer aux cyclistes des cheminements sécurisés de bout en bout.

Cela passe également par un travail sur l'existant. Actuellement, certaines pistes sont dangereuses, notamment lorsque les bus et les cyclistes cohabitent au sein d'une seule voie de bus trop étroite. La priorité doit donc être de revoir les aménagements qui ne conviennent pas. C?est l'objet de notre v?u n° 25.

Les carrefours, les places parisiennes, restent l'énorme point noir des aménagements cyclables à Paris. Les dramatiques accidents, en augmentation, qui ont endeuillé notre ville l'ont montré. La visibilité des carrefours doit être une priorité d'action pour la Ville. Comme cela existe, nous prônons pour l'aménagement des places à la hollandaise et l'identification des carrefours via des dispositifs de couleurs. Nous en connaissons les enjeux et demandons donc, par notre v?u n° 26, qu'un travail soit engagé avec les A.B.F. pour concilier sécurisation accrue et esthétique parisienne.

Enfin, nous avons besoin d'adapter la signalétique d'une ville organisée autour de la voiture, au profit d'une signalisation fondée sur la diversité des usages. C?est l'objet de notre v?u n° 22, qui demande qu'un travail soit engagé autour de cette question.

L?autre point noir pour le développement de la pratique cyclable, c'est bien la question du stationnement, sous-dimensionné et insuffisamment sécurisé. Les vélobox, trop chères, trop massives, trop contraignantes, ont été abandonnées. Il faut désormais accélérer la mise à disposition de stationnements sécurisés, à tarif adapté, partout où cela est possible. Commençons immédiatement par le parc concédé de la Ville. Il est inconcevable que l'on attende les renouvellements des concessions pour mettre en place des espaces pour les vélos. Le sujet du stationnement sécurisé impose un volontarisme sur la durée pour identifier, contractualiser et informer le public cycliste.

Cela doit s?ajouter à l'augmentation du nombre d'arceaux en surface, des arceaux élargis pour permettre aux V.A.E. de se garer sans dommage, dont l'emplacement doit contribuer à améliorer la visibilité, notamment celle des piétons. C?est l'objet de notre v?u n° 21.

Je voudrais dire un mot sur la pérennisation des "coronapistes". Elles ont eu évidemment le mérite d'accompagner l'augmentation des déplacements à vélo post-confinement. Mais, à l'heure de leur pérennisation, il est urgent d'en tirer tous les enseignements. Trop nombreux sont les plans mal dessinés et dangereux qui engendrent des conflits d'usages avec les autres publics, qu'il s?agisse des usagers de bus, des véhicules d'urgence ou encore de ceux de la propreté. Dans ce cadre, nous exigeons la sanctuarisation des trottoirs dans le cadre de la pérennisation de ces pistes. Les piétons les plus fragiles sont les grands oubliés de la politique de déplacement à Paris. Ils doivent être protégés. Cela passe par cette sanctuarisation et par l'élargissement des trottoirs partout où cela est possible. C?est l'objet de notre v?u n° 23.

Enfin, la pérennisation des "coronapistes" doit passer par un dialogue apaisé avec les élus et les associations. Le principe des pistes est acté, mais acceptez d'écouter leurs usagers. Ce n'est pas parce qu'une piste est utilisée qu'elle est forcément adaptée.

Sur le calendrier de la pérennisation, il y a aussi une absence de taille. C?est la rue de Rivoli. Or, quoique vous en disiez, l'aménagement actuel n'est pas optimal. Les conflits d'usage sont permanents, notamment avec les piétons, et les livreurs taxis subissent des congestions permanentes. Il faut le revoir. Car, Rivoli, c'est l'anarchie, et personne ne peut dire le contraire.

Face à l'augmentation du nombre de cyclistes, nous assistons à l'explosion des comportements dangereux pour les cyclistes, mais aussi pour tous les usagers de l'espace public. Il n'est pas question d'opposer les publics, tous ont leur part de responsabilité, mais la situation actuelle ne peut pas durer. Certaines règles ne sont pas suffisamment connues : le sas vélo, le tourner à droite. Amplifions la campagne de communication, mais accélérons aussi la campagne de verbalisation de tous les comportements qui mettent en danger les usagers de la route. Cela doit être une priorité de la police municipale. C?est l'objet de notre v?u n° 24.

Je ne peux pas terminer cette intervention sans avoir un mot sur Vélib?. Quatre ans après le début du marché, si la livraison de 3.000 nouveaux vélos a donné un peu d'air, personne ne peut se satisfaire de la situation actuelle. Le service reste à un niveau inacceptable pour les usagers comme pour les contribuables parisiens. Le compte n'y est pas. Cela reste la responsabilité de la Ville.

Vous le voyez, nous avons énormément d'attentes et une exigence d'excellence, car ce n'est qu'ainsi que Paris pourra prétendre au titre de ville cyclable.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à Mme la Députée, Lamia EL AARAJE.

Mme Lamia EL AARAJE. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, ce que vous nous avez présenté ce matin est un "Plan Vélo" dont je crois que nous pouvons tous être très fiers dans cet hémicycle, puisque nous partageons cette ambition, du moins je l'espère, de faire de Paris une ville 100 % cyclable à horizon 2026. Ce fut aussi l'un des axes majeurs sur lesquels les Parisiennes et les Parisiens ont pu trancher et ont décidé de nous accorder leur confiance lors des dernières élections municipales.

Pour tenir cet objectif, qui ne peut que nous réjouir tant il change la façon de concevoir notre ville, d'un modèle 100 % voiture à un environnement plus équilibré où chaque habitant peut se sentir en sécurité et se déplacer le plus facilement possible, il nous faut des moyens conséquents. Ce plan s?y attelle en proposant 250 millions d'euros, entre 2021 et 2026, consacrés pour insuffler une dynamique qui permettra au vélo de dépasser la voiture dans les trajets quotidiens des Parisiennes et des Parisiens.

Ce budget, une somme loin d'être anodine, nous permettra plusieurs avancées primordiales pour permettre le développement de ce mode de transport. Tout d'abord, il s?attellera à pérenniser les pistes cyclables créées à l'occasion de la crise sanitaire en mai 2020. Celles-ci, saluées par tous, ont permis un accroissement drastique de la pratique du vélo ces 2 dernières années.

Le plan propose également de créer des pistes cyclables sur les grands axes protégés pour permettre une pratique du vélo, mais aussi des plus petites pour les rues étroites dans certains arrondissements - le mien notamment, le 20e arrondissement, regorge de petites rues - pour permettre une pratique du vélo à terme. A ce titre, la rue Belgrand, le double axe avenue Gambetta, la rue de Bagnolet, ou encore l'avenue de la porte des Lilas, ont été identifiés par nos équipes. Ce sont des projets que nous mènerons et pour lesquels je me félicite, car mon arrondissement a pu parfois avoir un peu de retard en la matière.

Lors de la 3e Commission, nous avons eu l'occasion de débattre de ce "Plan Vélo" une première fois. Débat respectueux qui a permis d'identifier la problématique du stationnement comme étant l'une de celles que nous devons travailler pour améliorer la pratique du vélo à Paris. Le plan y répond en partie, avec une augmentation de moitié du nombre d'arceaux présents à travers la Capitale et le dégagement de 100.000 nouvelles places de stationnement uniquement réservées à la bicyclette. Pour cela, le plan propose de travailler avec les copropriétés, les bailleurs sociaux, mais aussi à travers les mécanismes de financement participatif, pour encourager les différents acteurs à aller vers la création de places de stationnement qui, aujourd'hui, peuvent être un frein à la pratique du vélo.

Enfin, je voudrais mentionner l'importance du soutien au vélo au monde du vélo - vous l'avez rappelé, Monsieur le Maire - qui travaille pour que la pratique s?intensifie et dont nous avons aujourd?hui besoin. Ainsi, les associations qui forment à la réparation de cycles, comme la "Cyclofficine", dont l'atelier à Paris est situé à Saint-Blaise, dans un quartier populaire du 20e arrondissement, sont très importantes. Je pense aussi aux associations qui revendent des vélos d'occasion, à celles qui proposent des randonnées ou des activités en lien avec la pratique du vélo, à celles qui accompagnent les enfants, les adolescents et même les adultes dans leur apprentissage, et ce, notamment dans les quartiers populaires. Toutes ces associations permettent son essor au sein de la société. Il faut donc pouvoir les soutenir à travers des subventions que ce plan permettra de dégager et sur lesquelles nous reviendrons, bien sûr, dans de prochains Conseils.

En plus des actions menées par les associations, la Ville prend aussi sa part pour accompagner les enfants dans leur apprentissage du vélo, grâce à l'intervention de professeurs de la Ville. A ce titre, Paris sera pleinement mobilisé pour mettre en place, dès 2022, le programme "Savoir rouler à vélo", qui vise à ce que tout enfant entrant au collège soit formé à la pratique quotidienne du vélo, et que celle-ci soit la moins dangereuse possible pour lui et aussi pour les autres.

Mes chers collègues, pour conclure, ce "Plan Vélo" qui nous a été présenté est un grand pas pour faire de Paris une ville plus agréable, mais aussi une ville où la pollution de l'air tue moins. A ce titre, je suis très heureuse que nous puissions avancer en la matière.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à M. le Maire Philippe GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, la promotion de l'usage du vélo comme mode de déplacement à part entière, et moins polluant, est une volonté partagée par tous. Le triplement de la part modale du vélo de 5 % à 15 %, annoncé en 2020, que vous vous étiez assignés dès 2015, était un objectif atteignable. Or, 6 ans plus tard, fin 2021, avec 5,6 %, vous avez fait du surplace. Les doutes que j?avais exprimés alors quant à votre plan 2015-2020 se sont révélés juste, hélas. Car, un écosystème vélo, ce n'est pas seulement une action sur la voirie, mais un ensemble de services, tel que le forfait mobilité durable, des équipements sécurisés, etc.

Auteur dans une vie antérieure, si je puis dire, du premier "Plan national Vélo" de janvier 2012, qui avait lancé l'indemnité kilométrique vélo, j?avais regretté, en 2015, votre timidité à l'anticiper et votre refus de l'offrir aux personnels municipaux, à l'instar du remboursement par l'employeur de l'abonnement Vélib?, que j?avais fait introduire dans le Code du travail dès 2008. Refus aussi d'équiper à hauteur de 2 % - ce n'est pourtant pas très ambitieux - la flotte de véhicules municipaux à vélo à assistance électrique. Refus, encore, d'appliquer aux personnels municipaux le programme "Cycle to Work" aidant au développement de flottes vélos d'entreprise.

Il aurait fallu encore rendre possible sans condition de ressources le cumul de la subvention pour l'achat d'un vélo cargo, afin d'accompagner l'usager dans les différents stades de la vie et surtout, l'étendre aux vélos spéciaux pour restituer des possibilités de mobilité aux personnes à besoins spécifiques, telles les personnes âgées, les artisans, les associations - que je salue, d'ailleurs ici présentes - et pour favoriser l'intermodalité aux vélos pliants. Puisque la dissuasion des vols - comme cela a été dit - joue un rôle essentiel dans l'acte d'acquisition, offrez alors le gravage et préparez avec la police municipale et la Préfecture de police un plan dédié, puisqu?il y a 6.631 plaintes pour vol en 2021.

Alors que, dans le Grenelle 2, j?ai aussi fait adopter un amendement rendant obligatoire les stationnements sécurisés pour les vélos dans tous les immeubles neufs d'habitation et ceux de bureaux, neufs ou en rénovation, la délivrance de permis de construire n'en tient pas suffisamment compte encore. Mieux, afin d'inciter les copropriétés des immeubles anciens à réaliser ces aménagements - 74 aides préconisées dans tout Paris n'y suffisent pas - je vous avais proposé une exonération temporaire de la taxe foncière et l'abaissement de la C.V.A.E. ou de la cotisation foncière des entreprises. Sans succès.

Soyez au moins en initiative quant à l'application d'autres mesures, que j?ai fait adopter avec le club parlementaire vélo, interpartisan, telle l'obligation de stationnements sécurisés dans les gares ferroviaires et routières, et l'embarquement des vélos à bord des trains et des cars. Je déplore le fiasco actuel - je pense que l'on va y remédier - des "vélostations" des gares de Lyon et de Montparnasse en raison de l'absence de toute réflexion en amont, comme nous l'avions dénoncé.

Pourquoi avoir également rejeté mes v?ux réduisant la distance d'implantation des stationnements vélos autour des gares de 800 à 100 mètres - aujourd?hui, c'est même 70 mètres, et vous avez perdu 5 ans - et leur sécurisation par vidéo-protection, elle aussi obligatoire depuis juin ? Idem pour le relèvement des normes de construction de garages à vélos de 1,50 mètre carré à 3 mètres carrés dans les immeubles d'habitation, et à 2 mètres carrés ou 3 % de la SHON dans ceux de bureaux.

Si la densification de l'offre de stationnement est pertinente, bien sûr, créez une application municipale de géolocalisation des arceaux à l'instar de Vélib? et un réseau de pompes à vélos en ville, comme dans le 15e arrondissement, en plus des ateliers d'autoréparation, que vous devriez développer bien davantage. Néanmoins, et même en engageant la totalité de ce budget, ce qui serait une première, vous êtes loin de l'écosystème que vous dites appeler de vos v?ux. La communication et les incantations ne suffisant pas à changer les comportements.

Et puis, cessez de dresser les usagers les uns contre les autres. On dirait que c'est le discours de la Ville. Tenez enfin compte de tous les acteurs des déplacements, par exemple dans un Code de la rue que l'on attend depuis cinq ans. Retenez la notion de priorité de l'usager le plus vulnérable, notamment le piéton, trop souvent ignoré. Accompagner les citoyens vers de meilleures pratiques n'équivaut pas à les brutaliser. De même, aller à l'encontre des maires d'arrondissement contredit vos discours sur la concertation. Je n'évoquerai que la précipitation, l'opacité, le manque de technicité pour la piste Vaugirard.

Notre amendement - j?y associe, d'ailleurs, le maire du 6e arrondissement - requérant l'avis des maires pour tout projet d'axe cyclable, vous y incitera. La bonne coopération entre tous ainsi que l'ensemble des mesures que je viens de proposer - avec mon groupe et bien d'autres - en accompagnement du "Plan Vélo", sont indispensables au triplement véritable et effectif de la part modale du vélo, sur lequel votre plan précédent a malheureusement échoué. Elles seules permettraient au "Plan Vélo" de devenir cette alternative souhaitable aux modes de transports polluants. Mais, à cette fin, Monsieur le Maire, il vous faudra changer de braquet et de méthode !

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

Madame la Présidente, Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, cher David, voici enfin le nouveau "Plan Vélo" de la mandature. Ce "Plan Vélo", les Parisiennes et les Parisiens, les associations de cyclistes, mais je crois aussi les habitantes et les habitants de la petite, voire de la grande couronne, l'attendaient avec impatience. Le "Plan Vélo" de la précédente mandature, porté par Christophe NAJDOVSKI - que je salue ici - a permis l'émergence et l'enracinement d'une pratique durable du vélo à Paris.

Bien qu'il n'ait pu être finalisé à temps, le succès inspirant de ce "Plan Vélo" nous engage à continuer et massifier cette politique de soutien et de développement de la pratique du vélo sur notre territoire. Cette pratique a connu un formidable coup d'accélérateur avec la crise sanitaire et la mise en place d'aménagements transitoires afin de désengorger les transports en commun, en application des gestes barrières et des mesures sanitaires préconisées. De nombreux citadins ont, en effet, profité de ces nouveaux aménagements sécurisés pour sauter le pas et passer aux déplacements à vélo.

En effet, à l'été 2020, 45 % des cyclistes qui empruntaient ces pistes temporaires ne pratiquaient le vélo que depuis le confinement. Entre 2019 et 2020, la fréquentation des pistes cyclables a bondi de 47 %, puis à nouveau de 22 % entre 2020 et 2021. Cette envolée de la pratique a été observée dans d'autres métropoles françaises et européennes, mais plus surprenant encore, en milieu rural également. Preuve en est que le vélo n'est plus seulement une lubie d'écologistes citadins.

Statistique plus intéressante encore, un usager sur quatre des "coronapistes" parisiennes ne résidait pas dans Paris. Nous observons un allongement tendanciel de la distance moyenne de trajet, et un développement des déplacements pendulaires entre Paris et sa métropole ou de banlieue à banlieue. Autant de signes encourageants de la démocratisation de la pratique, qui nécessitent d'être accompagnés. C?est un enjeu essentiel que se propose de relever ce nouveau "Plan Vélo" qui ambitionne de faire de Paris une ville 100 % cyclable, à travers le développement d'un maillage sécurisé qui garantira les continuités cyclables et s?inscrira dans les réseaux métropolitains et régionaux.

La coordination des différents réseaux cyclistes et la clarté de la signalétique répondent aux demandes des usagers et des usagères. D'ailleurs, je tiens à saluer ici toutes les associations de cyclistes qui ?uvrent pour encourager les pouvoirs publics à créer des infrastructures cyclables sécurisées et cohérentes. Les tracés du vélopolitain et du R.E.R. vélo, réalisés par ces associations, témoignent de leur implication, de leur connaissance du terrain.

Les ambitions de la Ville sont claires : permettre à toutes celles et ceux qui le souhaitent, y compris les enfants et les seniors, de se déplacer à vélo en toute sécurité dans notre ville. Ainsi, conformément à l'engagement pris, nous allons pérenniser les 52 kilomètres des fameuses "coronapistes", créer de nouveaux aménagements qualitatifs, généraliser les contresens cyclables et renforcer les niveaux de maillage. Ainsi, 130 kilomètres de nouvelles pistes seront créés durant cette mandature. Une attention particulière sera accordée aux portes de la Capitale, passage extrêmement risqué, pointé par toutes les associations, afin que leur franchissement soit apaisé et sécurisé, toujours dans l'idée de faciliter les déplacements métropolitains.

Ces déplacements métropolitains nous prouvent que le vélo peut constituer une alternative crédible aux modes de transports polluants, mais aussi aux transports en commun, trop souvent saturés. Rapide, flexible, sûr, peu cher et bon pour la santé, le vélo offre également à ses usagers une certaine liberté, avec la possibilité de se combiner avec d'autres modes de transport grâce à un usage multimodal. Dans une métropole aussi dense que la nôtre, il répond également à des enjeux de santé publique : pollution de l'air, pollution sonore, sédentarité, stress. Ces arguments, les écologistes n'ont cessé de les porter depuis des décennies, au risque d'être parfois caricaturés. Nous nous félicitons de voir qu'aujourd?hui, tout le monde - ou presque - partage la nécessité de favoriser et sécuriser ce mode de déplacement urbain.

Au-delà de l'usage du vélo "stricto sensu", ces politiques participent à un apaisement de l'espace public propice au développement des mobilités douces. En ce sens, le plan pluriannuel de réalisation des nouvelles pistes va permettre d'apporter de la clarté dans l'espace public, notamment pour les piétons qui demeurent les usagers les plus vulnérables.

Je sais, cher David, que tu vas t?atteler prochainement à la nouvelle stratégie "Paris Piétons" et à la mise en place du Code de la rue.

Aujourd?hui, la Ville de Paris prend donc clairement un engagement fort en matière de développement du vélo. Elle le prouve notamment à travers le budget conséquent de 250 millions d'euros alloué à ce nouveau plan. Un budget augmenté de 100 millions d'euros supplémentaires par rapport à celui de la précédente mandature. Désormais, cet engagement financier devra être accompagné d'un renforcement de moyens humains pour soutenir le déploiement de ce plan ambitieux et permettre ainsi sa mise en ?uvre complète d'ici 2026. Car les Parisiennes et les Parisiens nous observent et veilleront à ce que cet engagement soit bien tenu.

Mon collègue, Frédéric BADINA-SERPETTE, complétera mon propos sur le "Plan Vélo" en abordant la question du stationnement sécurisé, du renforcement de l'écosystème vélo et du développement de l'apprentissage.

Enfin, je profite de ce débat pour revenir sur les propos entendus hier, à droite de cet hémicycle. Un élu qualifiait les "coronapistes" de "politique opportuniste qui sert nos intérêts". Force est de constater que ces nouvelles pistes servent également les intérêts des Parisiennes et des Parisiens, et de tous les "vélotaffeurs" franciliens qui optent pour la bicyclette pour se rendre au travail. Avec ce "Plan Vélo", nous entendons accompagner et sécuriser leurs déplacements, et nous savons qu'ils feront des émules.

Ainsi, je vous propose de finir cette intervention en chanson, car, comme le chantait Joe Dassin en 1972 dans "La Complainte de l'heure de pointe" : "Dans Paris à vélo on dépasse les autos/A vélo dans Paris on dépasse les taxis/Dans Paris à vélo on dépasse les autos/A vélo dans Paris on dépasse les taxis". Et désormais, à Paris, les vélos continueront à dépasser les autos dans des conditions améliorées et plus sécurisées.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

J?ai hésité à ouvrir tous les micros, Madame la Présidente, mais il est trop tôt encore.

D?une présidente à un président, c'est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ d'intervenir.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Je suis meilleur à vélo qu'en chanson, donc je ne vous ferai pas une petite chanson. Je vais simplement vous dire que cette ambition de faire un Paris 100 % cyclable est une ambition partagée par le groupe Communiste et Citoyen. Une ambition pour que nous ayons des parcours sécurisés, reliés aux autres départements, un maillage régional qui permette à terme de se déplacer partout en Ile-de-France.

Une partie du chemin a déjà été effectuée avec la création des "coronapistes". Leur pérennisation prévue par le "Plan Vélo" est une bonne nouvelle. D?ailleurs, la crise de la Covid nous amène à un changement de culture, à une véritable "vélorution". Cette "vélorution" est valable, bien sûr, sur la pérennisation des pistes. Ma collègue Barbara GOMES y reviendra. Elle nécessite aussi de réduire les endroits où nous avons beaucoup de problèmes, c'est-à-dire les points de carrefours qui ne sont pas aménagés, mais aussi d'entretenir les anciennes pistes cyclables. Et cela demande des moyens.

Je voudrais vous dire que, pour le groupe Communiste et Citoyen, la dimension populaire liée au vélo nous tient à c'ur. C?est un critère crucial dans la réussite de ce plan. C?est l'idée d'une vraie démocratisation de la pratique. Cet objectif, c'est l'accès de toutes et tous à la pratique du vélo. Or, encore aujourd?hui, selon une étude de l'Union "Sport & Cycle", une grande majorité des cyclistes fait partie d'un public aisé, à savoir 61 % constitués de C.S.P.+. Or, vous le savez, historiquement, le vélo était une culture populaire. Les premiers à se déplacer à vélo étaient les ouvriers et les étudiants. Le combat pour que les classes populaires et les Parisiens les moins aisés puissent avoir accès au vélo, est donc plus que jamais d'actualité. Le vélo doit être une pratique accessible à toutes et à tous, peu importe l'origine sociale, le niveau de revenu ou la localisation géographique. Evidemment, Vélib? a été l'un des premiers accélérateurs de cette démocratisation, même si aujourd?hui beaucoup de réflexions nous amènent à penser qu'une régie publique serait peut-être une solution à terme.

Nous pensons que d'autres aspects doivent être développés, notamment l'aide à l'achat d'un vélo. Aujourd?hui, les prix d'entrée de gamme d'un vélo neuf sont trop élevés, notamment quand il s?agit d'un V.A.E., c'est-à-dire d'un vélo à assistance électrique. Autant le dire, beaucoup trop cher pour les Parisiens les moins aisés qui voient leur facture d'énergie augmenter, leurs salaires qui continuent de stagner et le Gouvernement qui croise les bras. Nous proposons donc de renforcer les aides à l'achat d'un vélo à destination des Parisiens sur critères sociaux, en s?appuyant par exemple sur le quotient familial. Nous proposons également d'ouvrir cette aide à tous les agents de la Ville qui habitent à Paris ou pas, également sur critères sociaux. Cette aide ne portera pas seulement sur les vélos à assistance électrique, mais sur tous types de vélos, y compris les vélos traditionnels ou les vélos cargos, notamment les vélos qui peuvent s?adresser à des enfants. Vous savez que c'est l'un des premiers cadeaux de Noël. Evidemment, aujourd?hui, la démocratisation passe par les enfants.

Cette démocratisation, c'est le pouvoir d'acheter un vélo, mais c'est aussi savoir rouler avec. Nous souhaitons, dans un même v?u, rehausser les subventions allouées aux associations qui effectuent régulièrement des formations concernant la pratique du vélo, la réparation, l'apprentissage du Code de la route. Car, si le nombre de personnes qui pratiquent le vélo augmente, il est nécessaire de faire émerger aujourd?hui une culture du savoir rouler. Ce n'est pas avoir une pratique jetable, louant un vélo en "free floating", roulant sans connaître le Code de la route et se mettre en danger ainsi que mettre en danger les piétons qui nous entourent. Cette culture du vélo n'émergera que par l'éducation populaire et la sensibilisation. Nous voyons aujourd?hui l'augmentation rapide du nombre de cyclistes à accentuer les tensions qui pouvaient déjà exister entre cyclistes, automobilistes et piétons.

Nous avons donc besoin d'un véritable plan de formation. Une expérience positive existe déjà sur ce sujet dans le 12e arrondissement. Nous avons été l'arrondissement pilote du savoir rouler, avec le "Paris Cycliste Olympique" qui, aujourd?hui, a formé 900 enfants des écoles du 12e arrondissement au savoir rouler. C?est une expérience remarquable, une expérience qu'il faut continuer et amplifier. D'ailleurs, je voudrais remercier le "Paris Cycliste Olympique" pour son intervention dans le 12e arrondissement depuis 2018.

Ce "Plan Vélo" propose de mettre en place progressivement ce programme au niveau parisien et de le généraliser. Nous souhaitons que cette mise en place soit accélérée, sans attendre l'obligation légale d'entrée en vigueur au cours de l'année 2022. Nous avons voté, en décembre dernier, un amendement permettant notamment la création d'un poste de coordination, afin d'assurer la formation des différents acteurs qui apprendront à nos enfants le savoir rouler. Aujourd?hui, je n'ai pas de nouvelles de la création de ce poste et je me permets de vous questionner à nouveau. C?est un sujet très important parce que, derrière cela, c'est la question de la coordination et de la cohérence des différentes interventions. Je pense notamment à l'intervention dans les centres de loisirs, dans les écoles, mais aussi du "Paris Sport Vacances".

Nous souhaitons aussi que, pour plus de cohérence, la Ville de Paris aménage un espace dédié à la sécurité routière. Je pense à la pelouse de Reuilly, dans le bois de Vincennes, qui est proche de la Cipale. Cet espace sécurisé permettrait à l'ensemble des publics de venir sur place et d'acquérir cette culture du vélo, que ce soient les enfants mais aussi les adultes, puisqu?aujourd?hui nous avons aussi un besoin d'apprentissage du vélo chez les adultes.

Je terminerai, et vous l'avez compris dans mon introduction : le vélo, c'est aussi une passion. C?est un sport olympique. Nous avons aujourd?hui la chance d'avoir en France le double champion du monde, Julian ALAPHILIPPE. Nous avons aussi le "Tour de France", qui arrive chaque année sur les Champs-Elysées. Nous devons tenir compte de cette passion, qui est une passion populaire, enracinée depuis le Front populaire dans notre pays. Nous avons la chance d'avoir deux anneaux cyclables à Paris, notamment un dans le bois de Vincennes, que nous avons rénové et qui accueille aujourd'hui de nombreux cyclistes à l'entraînement. Aujourd'hui, nous avons aussi un v?u, que nous soutiendrons, sur la rénovation de l'anneau dans le bois de Boulogne.

Je pense, enfin, à la Cipale, le vélodrome national qui a accueilli plusieurs fois l'arrivée du "Tour de France" et plusieurs champions olympiques sur piste. Nous avons demandé que, dans le plan d'investissement de mandature, ce lieu soit rénové et permette de relancer les courses cyclistes sur ce vélodrome.

Voilà notre volonté et notre objectif. C?est aussi sortir du cliché du "bobo à vélo", pour faire du cyclisme une pratique populaire accessible à toutes et à tous.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Et c'est sans doute le cycliste le plus émérite de notre Assemblée qui le dit.

La parole est à Mme Hanna SEBBAH.

Mme Hanna SEBBAH. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, cher collègue.

La transition est parfaite puisque ce v?u vise justement à proposer la sécurisation renforcée de l'anneau de Longchamp. Vous l'avez mentionné. C?est un endroit absolument exceptionnel, puisque c'est un anneau de 4 kilomètres qui est un lieu d'entraînement pour les cyclistes qui pratiquent ce sport avec passion, et aussi un espace d'apprentissage pour les jeunes et les moins jeunes. Quand on a pour ambition de faire de Paris une ville 100 % cyclable, ce lieu doit être considéré avec attention.

Vous connaissez le caractère exceptionnel de ce lieu, puisque j?avais proposé, en octobre 2020, un v?u visant notamment à fermer à la circulation, à titre d'expérimentation, la route de Sèvres à Neuilly pour permettre aux cyclistes de pratiquer leur sport dans des conditions satisfaisantes et en toute sécurité. Ce v?u avait été adopté à l'unanimité. Cette expérimentation, qui s?est déroulée de juillet à novembre, a rencontré un très grand succès, malgré la colère de la ville de Boulogne. Mais nous en reparlerons certainement.

Le v?u que je présente aujourd?hui a pour objectif de proposer trois choses. La première, c'est la piétonisation définitive de cette route de Sèvres à Neuilly. Puisque cela a rencontré un grand succès, je pense qu'il faut poursuivre ce dispositif. Le deuxième point, c'est d'avoir des aménagements dignes de ce nom le long de l'anneau de Longchamp, en particulier le long de la route des Tribunes, une route particulièrement dangereuse, où il y a eu de nombreux accidents dont un mortel. Philippe, 54 ans, qui était un habitué de cet anneau, est décédé tragiquement il y a quelques mois parce qu'une camionnette était garée sur la piste cyclable.

Enfin, le dernier point - vous l'avez mentionné - le "Plan Vélo" évoque principalement le vélo comme mode de déplacement. Je souhaiterais, par ce v?u, que l'on puisse parler du vélo comme une pratique sportive et s?interroger sur l'avenir de l'anneau de Longchamp. Quel plan pour l'anneau de Longchamp ? En particulier, je m?interroge sur la pertinence de qualifier cet anneau "d'équipement sportif". Mais je pense qu'une réunion de concertation avec les associations, notamment l'association "Vélo Longchamp", et l'ensemble des parties prenantes est nécessaire.

J?espère que ce v?u rencontrera l'unanimité.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Je ne nie pas les efforts ni les engagements de la Ville, mais je pense qu'il ne faut quand même pas faire des communications où, là, c'est vraiment de la propagande. Dans le dossier de presse concernant soi-disant l'inversion des courbes, que vous prétendez pouvoir atteindre en 2024 entre les déplacements en voiture et les déplacements à vélo, honnêtement, ce n'est pas sérieux. Je pense qu'il y a suffisamment de choses qui sont faites par la Ville pour ne pas décrédibiliser l'action de la Ville par des graphiques qui sont complètement faussés. Parce que, dans ce graphique, on a une échelle qui passe avec des écarts de 200.000, puis, d'un coup, un écart d'un million d'euros.

Et puis, on ne sait pas pourquoi mais, la courbe, vous êtes persuadés qu'à partir de 2021, les choses vont totalement s?accélérer et s?inverser, dans une projection qui, je pense, est un peu présomptueuse. C?est problématique parce que, du coup, on ne peut pas travailler sérieusement si, à un moment donné, il y a plus de moyens qui sont mis dans une communication, mensongère en plus?

C?est exagéré, parce que, franchement : reprends les données, apprends à faire un graphique et tu verras que ce n'est pas sérieux.

Par contre, la pratique du vélo progresse, et c'est une bonne chose. Il faut continuer d'accompagner la pratique du vélo.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - S?il vous plaît, on laisse Danielle SIMONNET parler seule.

Mme Danielle SIMONNET. - Beaucoup ont parlé de la culture du vélo. Moi, pendant la campagne municipale, j?avais proposé d'offrir un vélo à chaque jeune dès leurs 16 ans. Cela avait été évalué à 4 millions d'euros. Ce n'est pas non plus une somme complètement "inassumable". J?ai vu qu'Europe Ecologie Les Verts avait aussi soutenu cette proposition au niveau du Conseil régional. Il y a donc peut-être la possibilité de faire avancer cette idée et de la prendre au niveau de Paris, parce que cela me semble important.

Dans le peu de temps qui m?est imparti, je dirais que, oui, il faut développer les pistes cyclables et ne plus compter les couloirs de bus dans les plans d'aménagement des pistes cyclables. Il faut développer beaucoup plus les stationnements, arceaux, "vélostations", notamment dans les gares et "vélobox".

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Il faut conclure, Madame SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Il faut lutter aussi contre le trafic de transit avec les raccourcis. Il y avait une promesse de 350 millions d'euros pour le "Plan Vélo". Cette enveloppe serait bien nécessaire.

Pour terminer, municipaliser enfin Vélib?.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci.

La parole est au maire du 20e arrondissement, M. Éric PLIEZ.

M. Éric PLIEZ, maire du 20e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je veux d'abord saluer les membres des associations vélos présents ce matin.

L?adoption de ce "Plan Vélo" est une excellente chose pour Paris, mais aussi - je me permets de le dire - pour le 20e arrondissement. En effet, si la politique portée par la précédente majorité municipale a permis de lancer une dynamique importante dans la transition des moyens de transport des Parisiens et Franciliens, il est nécessaire aujourd?hui de continuer et d'amplifier ce mouvement - visiblement, tout le monde en est d'accord ce matin - notamment dans un arrondissement où ce projet n'était pas une priorité dans la précédente mandature.

Le "Plan Vélo 2" a l'ambition de poursuivre la construction d'une ville 100 % cyclable. Une ambition qui se matérialise par l'aménagement de nouvelles infrastructures, par le développement massif de solutions de stationnement sécurisé, par le renforcement du vélo sur l'ensemble du territoire parisien et métropolitain : pérennisation des "coronapistes", aménagement et sécurisation des carrefours et des portes. D'ailleurs, je veux souligner que cette sécurisation est indispensable. Ce matin, j?ai une pensée pour Angela Sandoval, fauchée porte de Montreuil fin juin. Oui, la sécurisation des portes est indispensable.

Ce nouveau "Plan Vélo" marque la poursuite de la politique volontariste poursuivie par la Ville de Paris et s?inscrit dans la transition écologique indispensable de la collectivité. Je rappelle qu'en France, le transport est l'activité qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre. Emissions essentiellement dues aux déplacements des personnes en voiture particulière. Pour tenter de réduire cette part, la Ville encourage - et c'est bien - les mobilités actives et douces, et ce, dès le plus jeune âge, comme avec la campagne pour que tous les enfants parisiens soient formés, non seulement à la conduite d'un vélo, mais aussi aux règles d'usage de l'espace public qui incluent, bien sûr, la relation avec les piétons.

Enfin, j?aimerais parler de deux aspects du "Paris 100 % cyclable" de demain, souvent trop peu abordés. D?abord, les ateliers de logistique urbaine, menés actuellement en lien avec mes collègues David BELLIARD et Jacques BAUDRIER, et leur intégration dans le P.L.U. bioclimatique. C?est un aspect essentiel du Paris de demain. Les "hubs" logistiques offrent une livraison du dernier kilomètre à vélo ou à vélo cargo, et permettront de ne pas opposer développement économique de la ville et circulation douce, un paradoxe trop souvent proposé par nos collègues de l'ouest parisien, alors même que les pratiques des professionnels évoluent.

Ensuite, votre capacité à accueillir dans de bonnes conditions le tourisme, si nécessaire à notre vie économique, sans vivre comme un frein nos ambitions écologiques, à travers, entre autres, le tourisme vert. J?évoquerai ici le projet "parc des hauteurs", qui reliera les 12e, 19e, 20e arrondissements à nos voisins de Romainville, Montreuil et Vincennes, ainsi que le cyclotourisme qui permettra d'accroître les liens entre l'Est parisien et la Métropole. Je pense notamment au canal de l'Ourcq ou au bois de Vincennes.

Je me réjouis d'autant plus de ce "Plan Vélo" que le 20e arrondissement est l'un des mieux équipés en termes d'aménagements cyclables. La fréquentation de la piste bidirectionnelle de l'avenue Gambetta démontre l'attente des habitants du 20e arrondissement en ce domaine. J?ai bien noté que les infrastructures à l'échelle de l'arrondissement ou les petites liaisons interquartiers seront aménagées au cours d'autres processus, comme la démarche "Embellir votre quartier". Nous nous réjouissons d'avoir d'ores et déjà commencé à les mettre en place dans notre arrondissement. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à Mme la Présidente, Rachida DATI.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Merci.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, cette nouvelle version du "Plan Vélo", un peu améliorée, prévoit des aménagements qui n'ont effectivement pas fait l'objet de discussions et prend "a priori" le même chemin.

D'ailleurs, cher David BELLIARD, qui a "bossé", j'ai signalé la "coronapiste" que nous avons boulevard les Invalides, et n'ai pas eu de réponse. Je reconnais que nous avons pu échanger avec vous, cher David BELLIARD. Il y a des choses et des aménagements - parfois, nous considérons que c'est trop à la marge - mais nous parvenons quand même à quelques aménagements où le maire d'arrondissement, mais c'est très ponctuel, peut être entendu. Je voulais le signaler à votre endroit, cher David BELLIARD.

Mais il aura fallu attendre le 21 octobre pour que ce "Plan Vélo" soit présenté aux maires d'arrondissement ou aux groupes politiques. On a pu y découvrir, au choix : des projets de pérennisation reportés à on ne sait pas quand, des aménagements pas du tout finalisés. D?ailleurs, c'est toute la question de l'aménagement d'un itinéraire cyclable de 3,5 kilomètres sur le boulevard Saint-Germain. Si les piétons sont évidemment les grands oubliés de la mobilité parisienne, nous considérons quand même que les cyclistes ne sont finalement pas si bien servis que cela, puisqu?il est en effet indispensable que la pérennisation des aménagements cyclables s?accompagne d'une sécurisation des pistes, principalement aux carrefours et aux croisements.

D?ailleurs, Monsieur le Maire, Monsieur le Premier Adjoint Emmanuel GRÉGOIRE, vous avez bien fait de dire que nous avions discuté avec Jacques BAUDRIER pour qu'il y ait des cours et des sensibilisations pour ceux qui ne savent pas faire du vélo. Il y en a beaucoup puisque nous avons une demande de formation, ou en tout cas d'apprentissage au vélo.

Je relève aussi que la création de nouveaux aménagements cyclables semble vouloir se faire, encore une fois, au détriment des lignes de bus, dont la circulation avait pourtant été facilitée grâce à la création de ces couloirs dédiés. Finalement, il n'y a pas besoin d'être d'un quelconque bord politique pour détricoter l'héritage des prédécesseurs, puisque c'était l'ancienne mandature.

En l'état, le "Plan Vélo" propose d'entériner aussi la création d'une Z.T.L. au nord du boulevard Saint-Germain. De toute façon, cette Z.T.L. pose des problèmes puisqu?il y a des réserves des autorités environnementales. L?opération d'aménagement d'une piste cyclable de 3,50 kilomètres sur le boulevard Saint-Germain, à peine présentée, jamais discutée, n'a d'ailleurs pas vocation à subsister dans ce plan - c'est le sens de l'amendement que nous portons avec Jean-Pierre LECOQ - puisqu?aucune étude d'impact n'a évalué les conséquences de cette modification quand même substantielle de la circulation, associée à la création d'un aménagement cyclable. Pas plus que celle d'une nouvelle voie de bus à contresens.

Réguler les flux, ce n'est pas asphyxier tout un quartier. Il faut évidemment revoir cet aménagement que l'on nous impose, qui est finalement la nouvelle marque de fabrique de cette nouvelle majorité, et nous le regrettons. Chaque tronçon de piste cyclable, il y a quand même des enjeux de proximité, que nous, les maires d'arrondissements, devons gérer au quotidien. Aujourd?hui, nous ne gérons plus une négociation ou des demandes de modification, ou des remontées d'observation, mais que des contestations ou des protestations. Puisque, derrière chaque voie de bus supprimée, il y a des Parisiens dont vous renforcez forcément l'isolement, notamment dans ce type d'arrondissement.

Il est indispensable que les maires d'arrondissement soient pleinement associés aux décisions de création des nouvelles pistes cyclables - je crois qu'il y a une voie pour cela - ainsi qu'à la mise en ?uvre du double sens de circulation. C?est le sens de notre deuxième amendement, qui demande l'instauration d'un avis conforme des maires d'arrondissement sur l'ensemble de ces projets, comme d'ailleurs nous avions réussi à l'obtenir sur les autorisations de terrasses, notamment les terrasses éphémères.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Frédéric BADINA-SERPETTE.

M. Frédéric BADINA-SERPETTE. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, cher David, quelques mots, ce matin, pour compléter les propos de ma collègue, Fatoumata KONÉ, notamment pour préciser les ambitions des écologistes parisiens sur ce nouvel acte majeur de notre politique vélo.

Commençons par la question essentielle du stationnement, plus particulièrement du stationnement sécurisé à Paris. Toutes les études le disent, et nous le rappelons régulièrement sur ces bancs : la peur du vol demeure le deuxième frein à la pratique du vélo en milieu urbain. L?enjeu est complexe, car les besoins en matière de stationnement sont multiples, qu'il s?agisse d'aller au travail, de déposer ses enfants à l'école, d'aller faire ses courses, d'aller au sport, ou tout simplement de prendre le temps de se promener et de visiter un site touristique.

Il est d'autant plus complexe que l'explosion constatée de la pratique du vélo à Paris impose des mesures à la hauteur des besoins. Par conséquent, nous devons adapter l'offre de stationnement non seulement aux usages, mais aussi aux nouveaux modèles de vélos, comme les cargos. C?est ce à quoi ce "Plan Vélo" s?attelle, c'est sur ce point que nous discutons ce matin, avec un objectif de 130.000 places de vélos durant la mandature, réparties entre espace public, parkings des bailleurs sociaux, parkings concédés, n'uds intermodaux, logements et bureaux privés. Une vision globale que nous saluons.

L?objectif des 50.000 places créées dans le privé témoigne de la ligne claire portée par la Ville. Il est désormais urgentissime que les acteurs privés et les partenaires institutionnels de la Ville se saisissent de cette dynamique et intensifient leurs efforts pour développer du stationnement sécurisé. A cet égard, il nous faut donc beaucoup d'espoir dans la mobilisation des chambres consulaires, comme la C.C.I. ou la Chambre de métiers et de l'artisanat, pour sensibiliser les acteurs économiques et les entreprises sur les aides auxquelles ils ont droit.

Ces échanges, ils devront aussi porter, selon nous, sur les freins à lever pour utiliser plus massivement le vélo dans les trajets domicile travail. Sur les copropriétés, compte tenu de la densité, de l'âge, mais aussi du prix du bâti à Paris, la campagne de communication prévue et destinée aux copropriétés privées sur les systèmes d'aides qui sont mises à leur disposition dans la perspective de créer un local vélo, est bien entendu la bienvenue. Je dirai même qu'elle est indispensable. Je pense que, quotidiennement, dans nos arrondissements, c'est certainement l'un des sujets qui revient régulièrement.

Cet effort d'accompagnement de la Ville se traduit également depuis plusieurs années par des aides à l'achat d'un vélo à assistance électrique. Alors que la Région propose également des aides, il apparaissait nécessaire d'engager leur refonte afin de clarifier la lisibilité des aides, mais aussi et surtout d'introduire des critères de revenus pour pouvoir en bénéficier. Aujourd'hui, ces aides sont, en effet, majoritairement sollicitées par des CSP+. Il serait donc beaucoup plus juste pour nous de veiller à ce que ces aides soient sollicitées de manière beaucoup plus massive par les plus précaires. Nous pensons aussi aux artisans et aux ouvriers qui ont besoin d'être beaucoup plus accompagnés dans leur transition vers le vélo cargo, par exemple.

Car, oui, cher Monsieur MARGAIN, contrairement à ce que vous avez voulu faire croire hier dans cet hémicycle, les artisans parisiens se saisissent de cette opportunité. On ne compte plus les reportages sur les entrepreneurs et les artisans qui se saisissent de la transition écologique pour se tourner vers les modes doux. Vous le savez, vous avez présidé à la Région à la destinée de l'Agence de développement économique. Vous connaissez les acteurs économiques. Vous savez que ces gens commencent à travailler sur ces questions. Evidemment, ce n'est pas toujours la solution en grande couronne, mais en agglomération, c'est une solution utile. En tout cas, ces entrepreneurs et ces artisans font appel à nous pour le faire, et c'est une bonne chose.

Il nous faut désormais accompagner la transition des professionnels qui le peuvent et le veulent vers un usage quotidien facilité du vélo, le développement des vélos cargos adapté à un usage professionnel, conjugué à la création d'infrastructures adaptées d'aides spécifiques, va nous permettre enfin de franchir ce cap essentiel que nous voulons à Paris. La cyclo-logistique est d'ores et déjà en plein boom. J?en parlais déjà hier dans une précédente intervention. La Ville encourage la structuration de la filière via notre politique d'investissement à impact social. Je citerai ici "Olvo", la coopérative cyclo-logistique du 18e arrondissement. La stratégie de logistique urbaine, en cours d'étude, apportera une couche supplémentaire à la consolidation de la filière dont je veux parler.

Le vélo n'est pas qu'une affaire d'infrastructures. C?est aussi une filière économique, avec des acteurs innovants et engagés qui interviennent de la production à la vente, en passant par la réparation, la formation et désormais le réemploi. Toutes ces mesures participent au renforcement de l'écosystème à Paris et de tous les acteurs qui le composent. C?est une excellente chose.

Nous le constatons tous les jours. N?en déplaise à certaines et certains à droite, la pratique du vélo ne se cantonne plus à de simples balades récréatives ou de rares trajets domicile travail. Même le MEDEF le reconnaît et prend conscience de ce big-bang. C?est dire. Il ne s?agit plus d'opposer le vélo à la marche, à l'automobile ou aux transports en commun, mais bien d'en faire le maillon structurant de la chaîne de nos déplacements aussi souvent que possible et une alternative au mode carboné, avec son infrastructure dédiée et son écosystème.

Regardons autour de nous. Nous sommes encore certaines et certains ici de continuer à exercer un métier dans la vie normale. C?est mon cas. Ce n'est pas qu'une question de "bobo à vélo". Combien de cols blancs à La Défense, à Plaine Commune ou à Issy-les-Moulineaux ont décidé de se tourner vers le vélo dans leurs déplacements domicile/travail ? C?est devenu monnaie courante. Un exemple en Seine-Saint-Denis où les entreprises de Plaine Commune, réunies au sein de "Plaine Commune Promotion", encouragent le vélo par le financement d'ateliers d'autoréparation dans leurs entreprises. Je vous le donne en mille : c'est un acteur de l'économie sociale et solidaire parisien, "SoliCycle", qui opère sur ce territoire. "SoliCycle", cité à plusieurs reprises hier et ce matin, un acteur solidaire et circulaire qui est structurant dans la filière, à qui nous avions proposé, avec Éric LEJOINDRE, dans le 18e arrondissement, de s?installer durablement dans l'arrondissement. C?est chose faite. Il constitue un réseau de réparation structuré tourné vers les quartiers populaires. C?est notre contribution à la structuration du réseau d'acteurs du cycle, et nous en sommes fiers.

J?en profite pour remercier mon collègue écologiste en arrondissement, Antoine DUPONT, qui poursuit, aux côtés des associations et avec engagement, ce travail sur le développement du vélo dans l'arrondissement.

C?est donc bien une affaire de mode de vie. Ce "Plan Vélo" permet à chacune et chacun, quels que soient sa vision de l'écologie et son rapport à la politique, car nous en faisons aujourd?hui un sujet politique, de faire évoluer son quotidien et de contribuer à sa mesure à la lutte contre le dérèglement climatique.

En guise de conclusion, je voudrais conclure sur la dimension formation et apprentissage, car, oui, si les comportements sont loin d'être parfaits en matière de respect du Code de la route pour la voiture individuelle, les cyclistes ne sont pas en reste. Cessons d'opposer les modes, oui, mais veillons aussi à ce qu'ils cohabitent le mieux possible. Certains collègues l'ont dit ici. C?est là que la dimension formation et apprentissage du vélo en ville est fondamentale. Nous avons encore beaucoup de travail. Ce plan comporte un volet important sur la pratique inclusive du vélo, un volet utile pour les plus jeunes, notamment pour les accompagner et les rassurer dans leur pratique.

J?en profite pour évoquer le projet de "Maison des métiers du vélo" dans le 18e arrondissement, porté par un collectif d'acteurs issus de l'économie sociale et solidaire, et que nous voulons structurant pour l'apprentissage des métiers et de la pratique du cycle, avec Éric LEJOINDRE et mes collègues Antoine DUPONT et Émile MEUNIER.

Notre vision est cohérente et structurée. Oui, nous avons un gros travail à faire sur la prévention, la formation au Code de la route, la cohabitation des modes et la sécurité des circulations. Nous ne pouvons plus accepter que les cyclistes soient régulièrement agressés par d'autres usagers de l'espace public. Emmanuelle PIERRE-MARIE, maire écologiste du 12e arrondissement, me racontait de nouveau ce matin un échange compliqué avec un motard. Oui, nous avons un sujet de cohabitation sur l'espace public. Il faut le reconnaître. Les cyclistes, comme les piétons, comme les motards, comme les automobilistes, comme les conducteurs de bus, sont concernés.

Ce "Plan Vélo" nous donne les clefs pour résoudre ces conflits, vient structurer notre politique au bénéfice des usagères et des usagers, comme de l'ensemble des acteurs du secteur. Merci à David BELLIARD et merci aux services pour ce plan ambitieux et complet. Nous pouvons en être fiers.

Je vous remercie.

(Mme Célia BLAUEL, adjointe, remplace M. Emmanuel GRÉGOIRE au fauteuil de la présidence).

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Mme Barbara GOMES, pour cinq minutes.

Mme Barbara GOMES. - Madame la Maire, mes chers collègues, comme l'a dit mon collègue Nicolas BONNET-OULALDJ tout à l'heure, nous saluons cette planification engagée sur les 5 prochaines années. Tous les chiffres le montrent : la pratique du vélo est en augmentation chaque année dans notre ville. Entre 2018 et 2019, Paris a vu augmenter son nombre de cyclistes de 54 %. C?était plus 47 % entre 2019 et 2020, et plus 20 % entre 2020 et 2021. Sur certains axes, la fréquentation dépasse même celle des voitures en heures de pointe.

Avec ces chiffres, il est clair que nous avons répondu à une demande, à un besoin de la population. C?est une vraie réussite et aussi une réponse à une partie de l'hémicycle, qui, si on l'avait écoutée, aurait laissé Paris et les quais de Seine être des autoroutes à ciel ouvert. Sans parler de notre Président, Emmanuel MACRON. Son bilan en matière de vélo est l'équivalent de son bilan en matière d'écologie. En un mot : le néant. Le "Plan Vélo" mis en place en 2018 prévoit d'investir 350 millions d'euros sur 7 ans. Vous savez ce que cela fait, 350 millions d'euros sur 7 ans ? Cela fait 75 centimes par Français et par an. Vous parlez donc d'une aumône.

Notre réussite à Paris est le résultat d'une logique simple. Lorsque les infrastructures sécurisées sont mises à la disposition des Parisiennes et des Parisiens, ils les utilisent. Seulement, aujourd?hui, il est vrai, et cela a été dit, que certaines pistes cyclables sont victimes de leur succès. Par exemple, c'est le cas du double sens boulevard Sébastopol, de la piste cyclable du boulevard Magenta, et de beaucoup d'autres. Cette saturation nuit à la sécurité des cyclistes, mais aussi à la sécurité des piétons. Elle est la source de nombreux accidents, qui suivent la même courbe d'augmentation que celle de la fréquentation des pistes cyclables. La plupart de ces accidents ont d'ailleurs lieu aux intersections - Nicolas le disait tout à l'heure - sur les grands carrefours de ville. C?est le cas à différentes portes de Paris, où l'on compte de plus en plus d'accidents, parfois mortels, depuis la fin du premier confinement.

Ce sont aussi les lieux d'habitation des Parisiennes et des Parisiens les moins aisés. Celles et ceux qui sont encore trop souvent à l'écart des consultations, qui sont loin des associations les plus influentes sur la construction du "Plan Vélo". En fait, en plus de l'écologie, il faut vraiment que l'on veille à ce que le vélo soit aussi pensé dans sa dimension populaire. Il s?agit de permettre aux habitants et aux habitantes de ces quartiers populaires d'avoir accès aux infrastructures cyclables - il y a des infrastructures de qualité - à des places de stationnement sécurisé, à des vélos à moindre coût. C?est le sens des v?ux que nous déposons sur ce "Plan Vélo".

C?est aussi la raison pour laquelle nous pensons nécessaire qu'il y ait un investissement important sur les pistes cyclables déjà existantes pour les agrandir - on en discutait tout à l'heure - les sécuriser et les adapter. Nous constatons que le plan ne prévoit que des créations sur les 5 prochaines années. Or, nous souhaitons qu'y soient également intégrées des adaptations d'aménagements, qui sont déjà vieillissantes.

Nous faisons un constat : celui que nous ne pourrons pas rénover les anciens aménagements et créer de nouveaux avec le budget qui est proposé ici. A Paris, 250 millions d'euros seront consacrés sur les 5 prochaines années. Cela représente 23 euros par an et par habitant. Il est vrai que c'est un investissement important, surtout quand on se souvient des 73 centimes d'Emmanuel MACRON. Mais, au regard de nos besoins et de nos ambitions, je crains que cela ne reste quand même insuffisant pour notre ville, pour qu'elle soit une vitrine mondiale du vélo. Pour s?en rendre compte, regardons nos voisines métropoles. A Lyon, ce sont 38 euros par an et par habitant, à Strasbourg, 40 euros. A Utrecht, aux Pays-Bas, la somme atteint 122 euros par an et par habitant.

Pour Paris, nous demandons que le budget du "Plan Vélo" soit rehaussé à hauteur de 50 millions d'euros, pour atteindre la somme de 300 millions d'euros. Nous formulerons alors cet amendement au budget voté en décembre prochain. Cette somme serait ainsi attribuée au réaménagement et à la rénovation des anciennes pistes cyclables, et permettrait de sécuriser les points de discontinuité qui sont la source d'accidents.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à M. Pierre-Yves BOURNAZEL, pour 4 minutes 20.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Monsieur l'Adjoint au Maire, cher David BELLIARD, oui au "Plan Vélo" et au développement du vélo à Paris, parce que c'est assurer une mobilité douce qui correspond à notre vision de la ville pour une ville et un espace public plus apaisés. Mais, pour réussir ce "Plan Vélo", il y a un certain nombre de conditions que je voudrais évoquer avec vous, qui vont soulever un certain nombre de questions.

Tout d'abord, un point sur le calendrier. Pouvez-vous nous assurer de tenir le calendrier ? Parce que c'est un rythme soutenu qui est évoqué dans ce "Plan Vélo". Il faut absolument que l'on réussisse, dans cette mandature, la transformation pour la pratique du vélo.

Deuxième point, il faut un réseau pour développer la pratique du vélo, un réseau extrêmement précis, un véritable maillage à l'échelle du Grand Paris et à celle de Paris intra-muros. Je voudrais vous interroger sur le travail avec les autres communes et la Métropole sur le développement du réseau à l'échelle du Grand Paris, mais également sur le retard que certains arrondissements ont dans le développement du vélo, notamment dans l'ouest parisien, pour que, là aussi, ces habitants puissent utiliser facilement le vélo.

Ensuite, je voudrais évoquer le sujet des moyens de réalisation. 250 millions d'euros ont été annoncés. Est-ce que c'est un chiffre minimum ou un chiffre plafond pour vous ? Cela représente 23 euros par habitant, très loin encore de ce que peuvent faire d'autres villes en Europe. Pouvez-vous, dans cette mandature, obtenir des moyens supplémentaires pour aller plus loin dans la réalisation du développement du vélo ?

Ensuite, je voudrais vous interroger sur la "Mission Vélo" au sein de la Direction de la Voirie et des Déplacements. Aujourd?hui, je crois que ce sont 11 personnes qui sont affectées. Pensez-vous que ce soit suffisant ? Certaines associations parlent d'un objectif de 20 personnes pour développer davantage le développement du vélo à Paris.

Je voudrais évoquer aussi le piéton, qui est le plus vulnérable sur la voirie. Il faut le protéger. D'ailleurs, j?avais fait, il y a quelques années, un certain nombre de propositions sur le sujet. Cela nécessite que, dans le développement de la pratique du vélo, l'on développe le savoir rouler. Le savoir rouler, c'est l'éducation en amont, notamment dans les écoles. J?avais porté aussi cette proposition. Delphine BÜRKLI, la maire du 9e arrondissement, de notre groupe "Indépendants et Progressistes", depuis plusieurs années, permet cette éducation au savoir rouler pour tous les enfants de cours moyen deuxième année dans son 9e arrondissement.

Enfin, je voudrais évoquer la question de la signalisation pour les vélos, la lisibilité. C?est absolument important. Quels sont les axes de travail qui sont les vôtres ? Quels sont les projets très concrets que vous allez mettre en place pour faire en sorte que, lorsque l'on prend son vélo, on le fasse en toute sécurité, l'on sache où l'on va et comment on y va, sans risque et en étant protégé ?

Enfin, vous me permettrez de répondre à ma collègue Barbara GOMES, qui évoquait tout à l'heure le vélo. Vous ne pouvez pas tout à fait dire que l'Etat ne fait rien, parce que c'est la première fois que l'Etat s?engage sous ce quinquennat pour financer des infrastructures pour le vélo. Aucun Gouvernement de gauche ou de droite ne l'avait fait. C?est le premier Gouvernement à financer concrètement les collectivités locales pour développer les infrastructures de vélos. Je voulais aussi le rappeler à cette occasion.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Juste avant de donner la parole à M. Ariel WEIL, si vous pouvez, s?il vous plaît, Monsieur NAJDOVSKI, je suis navrée, on vous entend vraiment beaucoup. On a un bruit de fond très désagréable pour les orateurs. Merci.

La parole est à M. Ariel WEIL.

M. Ariel WEIL, maire de Paris Centre. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Chers collègues, la Bastille est assiégée et la République est en danger. Dans Paris à vélo, on dépasse les autos. Vous connaissez tous "La Complainte de l'heure de pointe" de Joe Dassin. Pour la dernière partie, en tout cas, j?ai l'impression qu'elle est plus que jamais d'actualité. Ce qui est sûr, c'est que la file indienne des pots d'échappement qui, de la Concorde jusqu?à la Bastille, formait un cordon asphyxiant le Centre de Paris, a aujourd?hui cédé la place à une trame calme, mais active.

L?essor exceptionnel des nouvelles mobilités plus douces pour nos yeux, pour nos oreilles, pour nos poumons, est un véritable phénomène d'urbanisme. J?en suis convaincu, le cas de Paris et de sa transformation sera étudié pendant des décennies. D'ailleurs, il est déjà scruté et imité dans de nombreuses capitales à l'étranger. Même si, parfois, dans la dernière mandature, il a manqué du temps pour tout faire, elle a été placée sous le signe d'un volontarisme considérable de l'Exécutif et d'un grand professionnalisme des équipes des services de la Ville, techniques en particulier, que je voudrais saluer ici. C?est ce qui nous a permis d'acter en quelques années seulement une véritable rupture avec l'ancien monde du tout automobile.

Evidemment, il reste un travail considérable. Je me réjouis - je crois, comme tout le monde ici - de la présentation de ce plan ambitieux, complet, dense, qu'il faut mettre en ?uvre. Face à notre bilan et dans l'esprit des engagements que l'on a pris avec notre majorité en juin 2020, les attentes des Parisiennes et des Parisiens nous obligent dans quelques domaines en particulier.

Sur le réseau cyclable parisien lui-même, le "Plan triennal 2020-2023" est certes déjà très dense. Mais, si nous voulons tenir le cap, je suis convaincu qu'il faut y ajouter encore quelques axes structurants et stratégiques à Paris Centre. Je pense notamment à l'axe pont de Sully boulevard Henry-IV, que nous n'avons pas pu sécuriser à ce jour par une "coronapiste". Si l'on veut réaliser l'ensemble du réseau présenté dans le "Plan Vélo", je pense qu'il faut que nous réfléchissions à des aménagements qualitatifs, esthétiques, mais plus légers sur certains axes, en s?appuyant justement sur cette expérience des "coronapistes" déployées aussi rapidement.

Sur les contresens cyclables. En réalité, pour ne pas faire de contresens, il faudrait que je dise les "doubles sens cyclables". Mais, vous m?avez compris, on aime bien dire "contresens". Nous comprenons tous ce que cela veut dire. Le passage de Paris, de quasiment tout Paris à 30 kilomètres heure - dont, évidemment, avec tout le monde ou presque, je me félicite - vient allonger la liste des rues concernées par ces contresens, ou ces doubles sens, cyclables à installer. Certains secteurs étaient déjà manquants et le sont depuis plusieurs années. Il nous faut donc prioriser et agir vite. C?est un sujet que, pour Paris Centre, nous avons intégré à la démarche "Embellir Paris", et il est majeur. Je sais compter sur le soutien de la Ville pour nous aider.

Sur le stationnement vélo, en général, nos efforts ont été très importants. On sait tous que le stationnement, et l'on voit, après des décennies d'inertie sur le sujet, que le stationnement est sous-dimensionné face à une pratique qui a évolué de la manière spectaculaire que j?ai dite. Frédéric BADINA-SERPETTE en a dit un mot il y a quelques instants. Nous sommes quand même allés très, très vite dans ce début de mandature. Je voudrais souligner l'augmentation de 25 % de l'offre en arceaux vélos en moins d'un an, que nous avons réalisée sur le 1er arrondissement.

Sur le stationnement sécurisé, le plan prévoit notamment de faire des vélos stations, davantage de vélos stations. Nous avions mis en place les premières. Nous avons proposé des sites à Paris Centre. Je voudrais, en particulier, citer la zone des Halles, qui présente l'avantage d'être un point nodal de l'intermodalité parisienne. On sait que ces endroits sont cruciaux pour des grands déploiements. Ou la contre-allée Pierre-Lazareff, ou la rue de l'Hôtel-de-Ville. J?espère que nous pourrons avancer rapidement sur ce sujet.

Bref, ce Conseil et ce débat nous offrent l'opportunité de réaffirmer à l'équipe exécutive municipale notre soutien et notre volonté farouche, qui s?incarnent dans notre politique locale d'accompagnement au changement dans la mise en ?uvre de ce "Plan Vélo". C?est notre rôle - à nous, maires d'arrondissements - d'être passeurs d'informations et, souvent aussi, précurseurs. J?ai confiance en notre majorité pour faire de cette politique un succès.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire.

La parole est à M. Nicolas JEANNETÉ, pour le groupe Changer Paris.

M. Nicolas JEANNETÉ. - Merci, Madame la Maire.

A vous entendre, mes chers collègues de la majorité, tout va bien, tout est beau dans le monde merveilleux du vélo à Paris. Mais il y a encore beaucoup à faire, tellement le retard était grand. D'ailleurs, je rappelle aux plus jeunes que c'est en 1995 que les premières pistes cyclables sont apparues. A l'époque, c'était Jean TIBERI, un méchant maire de droite, qui était à la tête de la Mairie de Paris. C?est l'occasion, justement, de revenir sur quelques années en arrière et sur le problème de méthode.

2014, Paris est à la traîne des capitales européennes cyclables. Vous décidez alors d'en faire l'un des marqueurs pour le premier mandat de Mme HIDALGO. Un "Plan Vélo" 2015-2020 sera alors annoncé en grande pompe. Mais le résultat ne sera pas à la hauteur. Pour sa première moitié, 2015-2017, seulement 10 % de ce plan sera réalisé. Ce n'est pas moi qui le dis, mais, à l'époque, l'observatoire du "Plan Vélo" de l'association "Paris en Selle". Alors, sous la pression des associations, et probablement parce que les échéances électorales approchent, vous demandez à votre adjoint de l'époque et à vos services d'accélérer sa réalisation. Mais, bien évidemment, cela ne se fait pas d'un coup de baguette magique. Après ce coup de collier de fin de premier mandat, 2018-2019, c'est, au final, seulement 50 % de ce "Plan Vélo" qui sera réalisé. Paris sera très en retard.

2020, campagne électorale oblige, comme toutes les candidates, le vélo, les mobilités actives sont au c'ur de la campagne. Alors que nous proposions de travailler d'abord sur un schéma global de mobilité prenant en compte tous les modes de déplacement et intégrant les enjeux métropolitains, vous préférez brusquement profiter du confinement pour construire - souvent la nuit, en plein mois d'août - les fameuses "coronapistes", devenues célèbres dans le monde entier. Chaque matin, les Parisiens se réveillent avec des pistes multicolores, encadrées le plus souvent par des blocs de béton. Quand les médias vous interrogeaient, vous préfériez - Mme la Maire est absente - renvoyer sur votre adjoint, l'excellent David BELLIARD. Il faut bien le reconnaître, Monsieur David BELLIARD, vous avez de la suite dans les idées. Votre réponse était simple, un peu dogmatique je dirais, et se résumait en quelques mots : "C?était inscrit dans notre programme électoral, alors on exécute. Circulez, il n'y a pas à discuter". Peu ou "quasi" pas de concertation sur le tracé et la nature des "coronapistes".

C?est donc seulement aujourd?hui, à la veille de leur pérennisation et 4 semaines après l'avoir présenté à la presse, que vous nous proposez d'approuver votre "Plan Vélo" 2021-2026. Reconnaissez quand même qu'il y a, semble-t-il, un problème de méthode. On a le sentiment que, pour vous, une ville 100 % vélo se résume plus au nombre de kilomètres réservés aux cyclistes - je dirais, sans jeu de mots, la politique du chiffre - qu'à la qualité de ses aménagements.

Non, Monsieur BELLIARD, une ville 100 % cyclable, c'est avant tout une ville où le vélo trouve son harmonie avec les piétons, les trottinettes, les autobus, la voiture, partout. Oui, où circuler n'est pas source d'angoisse et de danger, où le vélo trouve son écosystème et où le cycliste ne se dit pas chaque matin, ou à l'occasion de chaque sortie culturelle : vais-je retrouver mon vélo ou aura-t-il encore été volé ?

Sur l'aménagement des carrefours, encore une fois, construire encore et encore des pistes au kilomètre, pourquoi pas, c'est votre stratégie. Mais faut-il penser à leur raccordement, le raccordement entre elles, notamment lors de carrefours, mais aussi à celles de la petite couronne, et surtout, leur raccordement aux rues environnantes. Et vous savez que c'est le maillon faible de votre maillage. Sortir ou entrer sur une piste cyclable est dangereux. Je ne parlerai même pas du passage aux portes de Paris. C?est dangereux pour le cycliste. C?est encore plus dangereux pour le piéton qui, des carrefours jusqu?aux modestes intersections, ne sait plus où donner de la tête : à gauche, à droite, à gauche, à droite. Je dirais plutôt à gauche.

Le stationnement sécurisé, c'est le grand absent de votre plan. Vous le savez, on en a parlé en Commission. Comment imaginer une ville 100 % vélo sans penser - j?exagère - sans consacrer un gros chapitre, et donc un gros budget, au stationnement sécurisé du vélo ? Là, Monsieur David BELLIARD, je ne vous comprends pas. Surtout lorsque l'on sait que 500 vélos sont volés chaque mois à Paris et que des réseaux mafieux tournent en permanence à Paris pour repérer le beau nouveau vélo, électrique ou pas, et arriver en quelques minutes à le voler. Je ne parle même pas du stationnement à côté des gares, qui est une catastrophe, mais de celui du quotidien. Du stationnement de votre "ville du quart d'heure", comme vous aimez si bien le définir. Du stationnement du Parisien qui va, d'un arrondissement à un autre, faire du shopping, au théâtre, au cinéma, boire un verre, en boîte de nuit, ou tout simplement voir sa famille et ses amis.

Demain, j?ai un vélo électrique, acheté 1.200 euros. Je vais à l'U.G.C. Ciné Cité Les Halles. Je vais en concert au Trianon. Je vais soutenir le P.S.G. au parc des Princes. Où stationner mon vélo de façon sécurisée afin d'éviter qu'il ne soit volé ? Je ne comprends pas que vous n'ayez pas imaginé, par exemple, avec l'ensemble des parkings souterrains privés, une carte d'abonnement mutualisé à l'heure, à la demi-journée ou à la journée. Il n'en existe qu'au mois ou à l'année. Je ne comprends pas pourquoi vous ne proposez pas, lors d'une renégociation ou d'un avenant au contrat avec les sociétés privées de parkings souterrains, une clause de stationnement de vélo en nombre, et ce, dans des modalités appropriées. Il faut, Monsieur BELLIARD, que le cycliste puisse toujours - je dis bien "toujours" - trouver à proximité d'où il va un parking sécurisé de courte ou de longue durée.

Pour tous ces manquements, je vous invite, Monsieur BELLIARD, à revoir votre copie. Je dirais : devoir rendu incomplet, manque de méthode, doit apprendre à travailler en équipe, peut mieux faire. C?est pour toutes ces raisons que j?invite les élus du groupe Changer Paris à s?abstenir.

Sur les v?ux du groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes, n° 19, n° 20, n° 21, n° 23, n° 24, n° 25 amendé et n° 26, nous répondrons favorablement. Mes collègues ont présenté déjà les amendements. Je vous remercie.

J?oubliais le v?u n° 31, préconisant des mesures complémentaires dans le dispositif savoir rouler, qui est très intéressant. Nous y sommes favorables. En revanche, pour ce qui concerne l'aménagement d'un espace pérenne, ma collègue Valérie MONTANDON estime qu'il doit y avoir une réflexion globale sur le devenir de la pelouse de Reuilly, et pas des aménagements parcellaires faits au fur et à mesure.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à M. Florian SITBON, pour le groupe Paris en commun.

M. Florian SITBON. - Madame la Maire, mes chers collègues, il y a un temps pas si ancien où la droite s?opposait sans s?en cacher aux pistes cyclables, un temps où certains de ses édiles se couchaient dans notre ville - on a des photos - en travers de la rue pour empêcher la construction d'une piste cyclable. Mais c'était également un temps où les mêmes trouvaient absurde de piétonniser les berges de Seine, où l'on trouvait normal d'entasser des voitures dans tous les sens place de la Concorde et place du Panthéon, un temps où l'anarchie - c'est vrai, Maud GATEL - et les embouteillages, monstrueux ceux-ci, régnaient rue de Rivoli.

Le réchauffement climatique n'est plus une hypothèse, mais une réalité, et même eux, certains de leurs enfants ou petits-enfants ont dû leur dire, peut-être pas tous quand on voit l'intervention d'Aurélien VÉRON hier, mais au moins certains. Puis, il y a eu la pandémie, et les "coronapistes" se sont imposées et ont eu le succès qu'on leur connaît. Même les plus réfractaires ont fini par ne plus oser le dire trop fort. On le voit.

Celui qui se couchait en travers de la voie nous dit ce matin que la volonté de promouvoir le vélo est maintenant partagée par tous et que nous sommes trop timides. C?est une victoire et c'est drôle.

On regarde aujourd?hui les images d'archives des parkings à ciel ouvert avec sidération et l'on s?aperçoit que c'est, au fond, complètement contre-nature, que cela défigurait notre belle ville. Je dis aussi à celles et ceux qui se disent protecteurs du patrimoine et ne supportent pas, dans le projet Tour Eiffel, que l'on diminue la place de la voiture, que cela défigurait notre belle ville, et que, dans sa longue histoire, ce mode de vie aberrant ne devait rester qu'une parenthèse. Alors, oui, il faut moins de voitures. Le développement du vélo, aux côtés du développement nécessaire des transports en commun, est un moyen d'y arriver. Il ne s?agit pas, comme on l'entend de manière caricaturale, de forcer tout le monde à faire du vélo, mais de permettre à toutes celles et tous ceux qui peuvent passer au vélo de le faire.

Si tout le monde affiche aujourd?hui sa conviction, il y a encore beaucoup de travail à faire. Il faudrait que le soutien de certains soit plus franc et surtout, plus concret. Quand on a, comme dans le 15e arrondissement, dans le journal municipal, un appel à signer une pétition contre la pérennisation de la piste de la rue de Vaugirard, on se dit que ce n'est pas complètement gagné. Car, malheureusement, il y a encore celles et ceux qui veulent diffuser l'idée fausse que les cyclistes font majoritairement n'importe quoi, qu'ils ne respectent pas les feux, qu'ils bousculent les piétons, et que les pistes cyclables sont très dangereuses et accidentogènes pour les piétons. Bien sûr, il faut du cynisme.

Je rejoins Nicolas BONNET-OULALDJ et de nombreux orateurs sur ce point, sur le fait qu'il faut du savoir rouler et que, pour cela, il faut de la formation dès le plus jeune âge. Notre "Plan Vélo" en contient.

Pardon de le dire : les statistiques démentent cette contrevérité. Les collisions entre vélos et piétons ont fait - j?ai les statistiques de 2019, elles sont à peu près équivalentes pour les années qui suivent - un tué. Un de trop, bien évidemment. Les collisions entre véhicules et piétons ont fait près de 480 victimes, et les collisions entre vélos et véhicules près de 190. Alors, ne nous trompons pas : ce qui est dangereux et a freiné pendant un temps le développement du vélo dans notre ville, ce qui nécessite d'avoir des casques, des gilets de sûreté réfléchissants et des lumières clignotantes, ce sont bien les voitures, qui ne respectent pas les vélos. Ce sont bien celles et ceux qui, protégés par leur habitacle, ne font pas attention lorsqu?ils tournent, lorsqu?ils ne se garent pas complètement au milieu de la piste. Ce sont celles et ceux qui n'acceptent pas les contresens cyclables ou les considèrent comme une anomalie, alors que les études montrent justement que les contresens cyclables sont moins accidentogènes.

Et il y a aussi celles et ceux qui ont essayé, c'était autre chose, pendant un temps, de dire - hier encore, Aurélien VÉRON dans notre Assemblée - que les pistes cyclables sont vides et ne servent à rien. Ils ont quand même bien du mal à le soutenir aujourd'hui. En gros, il y a ceux qui disent : "C?est très bien les pistes cyclables", mais qui ont des atermoiements incessants. Les "pas là", "non, pas comme ça", "pas dans ce sens-là", "pas celle-là". Puis, il y a, de l'autre côté, le courage politique qu'a eu, et face à des puissants lobbys, on le sait, depuis de nombreuses années, notre majorité et notre Maire, Anne HIDALGO.

Dans le cadre de la piste de la rue de Vaugirard, dans le 15e arrondissement - puisque vous voulez que l'on en parle - ces atermoiements sont édifiants. La pétition dont je parlais tout à l'heure n'a recueilli que 300 signatures. C?est ridicule face au plébiscite des 5.000 usagers qui l'utilisent tous les jours. Il y a si peu d'arguments concrets que certains en ont été réduits à tordre la parole et la pensée d'associations - "Paris en Selle" pour ne pas la nommer - en déformant leurs propos lors du dernier Conseil de Paris.

Voilà, malheureusement, l'attitude à l'égard des usagers du vélo, comme ceux qui disent, par ailleurs, qu'il faut en faire plus. Je n'ai toujours pas compris ce que, concrètement, la mairie du 15e arrondissement lui reprochait, à part le fait qu'il prenait un peu la place de la voiture.

Ce "Plan Vélo" est une pierre, une pierre perfectible, mais une pierre de plus dans l'élaboration de cet édifice complexe qu'est la transformation de notre ville et de notre modèle de société. Mais il est temps d'assumer et de dire clairement que le modèle du tout voiture doit être définitivement abandonné. Que sont les frustrations de quelques-uns qui ne pourront pas aller acheter du pain ou un pull en 4x4, face à la douleur de vos enfants et petits-enfants, si l'on ne fait rien ? Comme le disait René Char, la lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil. Ce soleil va bientôt tous nous brûler.

Madame DATI, Monsieur GOUJON, Monsieur JEANNETÉ et le groupe "rien changer à Paris", cessez vos tartuferies. Ne faudrait-il pas mieux, dès maintenant, être lucide ?

(M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, remplace Mme Célia BLAUEL au fauteuil de la présidence).

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci, Monsieur SITBON.

La parole est à Mme Anne BIRABEN.

Mme Anne BIRABEN. - Merci, Monsieur le Maire.

Mon intervention est un cri d'alarme pour la prise en compte du patrimoine parisien.

Oui, au développement de la pratique du vélo, mais de façon harmonieuse. Non, aux aménagements cyclables anarchiques que nous subissons aujourd?hui. Deux ans que nous subissons les "coronapistes", les plots jaunes, les feux à "scotch", les perspectives cassées.

Je pense, en particulier, à la rue Saint-Jacques, axe majeur depuis l'époque gallo-romaine, gâché par ces aménagements instables et affreux. Que dire de la place de l'Emir Abdelkader devant le café "La Traversée de Paris", qui est un monument du septième art français ? Un panneau pour autoriser le passage des vélos tient en équilibre, "scotché" sur son socle.

Tous les jours, dans le 5e arrondissement, j?entends les protestations des habitants, non pas sur la pratique du vélo, mais sur la façon dont ces pistes sont implantées. L?espace public est mité de jaune. Des forêts de plots jaunes succèdent à des remparts de béton, et "vice versa".

C?est le cas aussi sur le boulevard Saint-Michel, par exemple au carrefour de la place Edmond-Rostand, à la jonction des 5e et 6e arrondissements. Ce lieu particulièrement beau, qui rend hommage à l'auteur de "Cyrano de Bergerac", est situé juste à côté du jardin du Luxembourg et de ses belles grilles. En face, la rue Soufflot, avec la perspective sur le Panthéon. Au centre, une fontaine en eau, sculptée en 1862 par Gustave Crauk, qui vient d'être rénovée. Cette place est bordée de très beaux immeubles haussmanniens, qui lui confèrent une belle unité. Or, ce lieu de toute beauté est ruiné par des aménagements cyclables désastreux, enlaidi par les habituels plots jaunes, les affreux blocs de béton, les barrières de différentes couleurs posées cahin-caha, et les feux tricolores temporaires brinquebalants. Et je n'évoque même pas le caractère périlleux de la traversée de la place. Bref, ces aménagements sont indignes de la place Edmond-Rostand et de Paris.

La beauté d'une ville, la beauté de Paris, ne se résume pas à ses monuments et édifices célèbres. C?est une harmonie des façades, des rues, des places et des jardins. Paris est un tout. Or, il n'y a pas de langage commun entre l'esthétique parisienne les affreuses pistes cyclables. C?est valable sur les chaussées. Cela casse les perspectives, défigure la perception des façades, dénature l'harmonie du Paris que nous aimons. Oui, Paris s?enlaidit, et nous déplorons que les pistes cyclables figurent au premier rang du massacre, Monsieur SITBON.

Le projet de délibération DVD 95 prévoit la pérennisation de nombreuses "coronapistes", dont celles du boulevard Saint-Michel et de la rue Saint-Jacques. Nous espérons que ce projet de délibération va définitivement acter la disparition des "coronapistes", des plots jaunes, des blocs de béton, des barrières brinquebalantes. Nous avons hâte, mais nous restons sur nos gardes. Oui, nous restons sur nos gardes, car nous connaissons votre propension à continuellement maltraiter l'espace public parisien, mais aussi parce que nous attendons des précisions sur l'aspect que prendront ces nouvelles pistes cyclables pérennisées.

Oui, une réflexion sur l'esthétique des aménagements cyclables est indispensable. Il est impératif que la transformation de l'espace public respecte l'unité esthétique parisienne, la beauté de ses rues et l'harmonie de son mobilier urbain. Comment comptez-vous organiser la concertation sur vos futures pistes, et prendre en compte l'indispensable réflexion sur l'esthétique de vos aménagements et le respect de la beauté de Paris ? Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

La parole est à M. Aurélien VÉRON.

M. Aurélien VÉRON. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le développement du vélo à Paris est une bonne chose. Nous l'avions défendu aux municipales et y restons attachés. La part du vélo dans les déplacements, qui n'était que de 330.000 quotidiens en 2018, selon l'APUR, n'a cessé de croître, malgré la baisse récente de 10 %, qui ne devrait pas durablement enrayer cette tendance.

Cette évolution engendre néanmoins de nouveaux dangers pour les Parisiens. Il offre à un certain nombre de Parisiens, c'est vrai, un mode de déplacement souple, rapide, propre, sportif, très pratique pour les petites distances. Mais, comme tout moyen de transport sur route, il n'est pas sans risque. Risque pour les cyclistes eux-mêmes. Risque pour les piétons lorsque l'anarchie règne. Risque d'autant plus élevé que de nombreux cyclistes n'ont ni permis, ni expérience de la conduite en milieu urbain. Faire du vélo en milieu urbain exige une attention de tous les instants et le respect de règles contraignantes. Les nids-de-poule, les aménagements peu visibles, plots et rebords en granit mal conçus, etc. Le vélo est peu visible des conducteurs motorisés, en particulier des poids lourds. Là-dessus, nous nous sommes rejoints pour demander que l'obligation soit faite aux camions d'avoir des caméras latérales.

Tout ceci rend la conduite à risque. Chaque année, il y a des blessés et des morts. En 2020, il y avait 911 blessés et 8 morts. Ce sont 8 morts de trop. 911 blessés, ce sont les blessés déclarés. Mais combien de blessés, qui sont fracturés, ont des blessures graves, ne se déclarent pas ? Quel est le poids dans l'activité parisienne ? Quel est le budget que la Mairie doit mettre pour sécuriser clairement la conduite à vélo à Paris ?

Le premier "Plan Vélo", de 150 millions d'euros, a permis la construction de pistes protégées sur certains grands axes. Nombre de ces voies manquent de continuité. La coûteuse et bien utile piste de la rue de Rivoli est devenue obsolète avec l'élargissement des "coronapistes", sur des voies désespérément vides hors heures de pointe. "A contrario", le boulevard Sébastopol est complètement saturé et nécessite une seconde voie pour être mis en sens unique. A côté de cela, contrairement à ce que clame Florian SITBON avec une mauvaise foi évidente, ce n'est pas le vélo qui est contesté dans le 15e arrondissement, mais des tracés complètement inappropriés. Mais, comme vous ne savez pas faire de concertation avec les maires, qui connaissent mieux le terrain que vous, vous faites la morale. Et la morale est toujours à gauche, vous êtes les bien-pensants, nous sommes les méchants, c'est bien connu.

Ces pistes débouchent parfois, comme place de la République, au milieu de l'anarchie des voitures. C?est le cas quand vous êtes rue du Temple. Je peux vous dire que c'est la piste de la mort quand vous débarquez place de la République.

Vous avez aussi installé, distribué, parsemé par milliers des blocs de béton, des plots, apparemment transitoires, pas toujours, on ne sait pas. Ces aménagements temporaires ont coûté cher. Ils ont parfois accru le danger, je peux vous le dire, comme avenue de l'Opéra, où ces rails en béton étaient carrément dantesques pour des cyclistes comme moi, quand on était coincé entre les taxis et le rail en béton. D'ailleurs, vous les avez enlevés, reconnaissant votre tragique erreur pendant 15 mois. Bref, vous avez dilapidé de l'argent pour des projets temporaires.

Vous avez aussi mis la charrue avant les b?ufs. Ce plan de 150 millions d'euros n'a pas été pensé, mais improvisé avec les moyens du bord. Une partie a d'ailleurs été démontée ensuite, parce qu'elle était inutile ou mal conçue. Certains aménagements ont sécurisé le vélo, c'est vrai. D?autres ont clairement visé à nuire à la circulation des voitures et pas du tout à encourager le vélo.

Ajoutons que la sécurité du stationnement n'a été pensée qu'ensuite. Quelques vélobox, des arceaux semés au fil de l'eau, pas toujours en adéquation avec les besoins de chaque quartier, et peu de parkings de masse sécurisés. Celui de la gare Montparnasse est un échec patent. Résultat : énormément de vols et un sentiment d'insécurité pour les cyclistes qui investissent des sommes conséquentes dans leur vélo, et sont parfois rebutés par ce mode de déplacement à cause de l'insécurité, contre laquelle vous n'avez pas suffisamment lutté.

Nous espérons que le nouveau plan de 250 millions d'euros ne sera pas un nouveau bricolage hétéroclite, incohérent, dangereux, ni un outil destiné en priorité à lutter contre la voiture et pas en faveur du vélo. Nous attendons des détails précis, des budgets détaillés et de la concertation avec les maires concernés. Surtout, vous allez devoir lutter contre les cyclistes sans foi ni loi. Ils sont heureusement minoritaires, mais leur mépris des trottoirs, des piétons ou des règles de circulation, est à l'origine d'accidents et d'un chaos anxiogène pour tous. Un chaos anxiogène pour les piétons, pour les cyclistes eux-mêmes et pour les handicapés, qui ont encore la chance de pouvoir rouler à Paris sur des trottoirs pas faits pour eux. Ces dangers publics découragent un certain nombre de cyclistes d'y aller, parce que, quand vous êtes à vélo, vous êtes parfois carrément harcelé par ces fameux cyclistes sans foi ni loi.

Nous attendons tous un plan dédié à la pédagogie, mais aussi à la répression systématique de ces fous du guidon qui nuisent à l'image du vélo et à sa pratique.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Pour vous répondre, je donne la parole à M. David BELLIARD.

M. David BELLIARD, adjoint. - Vous m?attendiez.

Merci, Monsieur le Maire. Merci, chers collègues.

Un grand merci pour vos interventions sur ce "Plan Vélo", plan d'investissement ambitieux pour accélérer la révolution cyclable de notre Capitale. Je constate, au travers de nos différents échanges, que, oui, le vélo, qui était marginal dans sa pratique mais aussi dans le débat public, est aujourd?hui central, et que même la droite, qui s?est longtemps opposée à la pratique du vélo, est aujourd?hui favorable à son développement, avec toujours, bien entendu, un "oui, mais".

Vous l'avez, toutes et tous, dit : en quelques années, à Paris, les déplacements à vélo ont explosé. Ce n'est pas simplement un rééquilibrage auquel nous assistons, mais bien à une transformation en profondeur des mobilités urbaines. Car, au-delà des chiffres de fréquentation impressionnants des pistes cyclables, la pratique du vélo - je voulais le dire au début de mon intervention - se démocratise. Nous l'avons constaté lors des enquêtes de terrain menées suite à la mise en ?uvre des "coronapistes" : de plus en plus de femmes, de personnes âgées et d'enfants se mettent aujourd?hui en selle. Ils réalisent en moyenne des déplacements de 33 minutes, beaucoup plus longs qu'auparavant, permettant bien souvent de relier Paris et sa grande couronne.

Bref, le vélo n'est plus réservé, contrairement à ce que veulent nous faire croire ses détracteurs, qu'aux seuls habitants et habitantes de l'hyper-centre, mais est utilisé par des habitants de la proche banlieue pour leurs déplacements quotidiens. Pas étonnant, donc, que sur certains axes, aux heures de pointe, nous comptabilisions désormais davantage de vélos que de voitures. 10.000 cyclistes par jour empruntent la rue de Rivoli et 15.000 le boulevard Sébastopol. Ils font entrer ces deux infrastructures dans le classement des pistes les plus fréquentées d'Europe.

Et, oui, nous nous fixons pour objectif de faire se croiser les courbes avec ou sans la bonne échelle, Madame SIMONNET, puisque nous souhaitons, en effet, d'ici 2024, enregistrer plus de déplacements journaliers à vélo à Paris que de déplacements en voiture. C?est, en creux, l'objectif que nous nous fixons avec ce "Plan Vélo" qui, je le rappelle, est extrêmement ambitieux.

Cette révolution du vélo, en quelques mots, elle est à la fois écologique et sociale.

Sociale, car - cela a été dit - le vélo est un mode de transport qui est accessible, peu onéreux et sobre. C?est un écosystème économique associatif, qui est créateur d'emplois qualifiés, et de parcours pour des personnes en réinsertion et en reconversion professionnelle. En France, ce sont quand même 65.000 emplois qui sont liés, de près ou de loin, à la filière vélo. Je sais que cela fait sourire certains de mes collègues ici présents, au Conseil de Paris. Mais ces emplois existent. Ils sont qualifiés et surtout, non délocalisables.

Ecologique, enfin, car tous ces nouveaux déplacements réalisés à vélo sont autant de gaz à effet de serre non émis, qui participe à décarboner nos déplacements, à réduire les émissions de polluants dans l'air et à atténuer nos nuisances sonores, sans compter l'activité physique qu'ils permettent, même pour les modèles à assistance électrique.

Pour toutes ces raisons, les investissements qui sont liés au vélo sont rentables pour la collectivité. Des recherches montrent que pour 1 euro investi dans le vélo, ce sont 12 euros de bénéfice à terme pour la collectivité, notamment en économie de soins de santé. C?est aussi à l'aune de ces bénéfices attendus extrêmement importants qu'il faut lire l'investissement exceptionnel de 250 millions d'euros, que nous mettons ici pour la réalisation de ce nouveau "Plan Vélo", dans un contexte budgétaire compliqué et pour lequel le travail avec mon collègue Paul SIMONDON a été déterminant.

250 millions d'euros, 115 euros par Parisien, quand l'Etat consacre moins de 13 euros. Ce sont 100 millions d'euros de plus que dans le mandat précédent. Cela montre, je crois, la volonté de la Maire de Paris, Anne HIDALGO, de réaliser notre promesse de faire une ville 100 % cyclable. Parce que je crois que, oui, la noblesse d'un élu, c'est de faire ce qu'il a dit qu'il ferait pendant la campagne municipale. Je ne pense pas que ce soit dogmatique de le rappeler.

Ce plan, c'est d'abord un effort significatif sur les infrastructures et, en premier lieu, les pistes cyclables et l'offre de stationnement. Je vais y revenir.

Notre objectif est de terminer le réseau de pistes structurantes, de garantir - vous avez été nombreuses et nombreux à le rappeler - les continuités cyclables, de connecter ce réseau avec les réseaux métropolitain et régional, parce qu'en matière de transport et de mobilité, oui, l'offre crée la demande. C?est parce que nous avons investi dans le "Plan Vélo" précédent que nous connaissons aujourd?hui une explosion de sa pratique, qui est saluée par tous les bancs de cette Assemblée.

D?ailleurs, j?en profite pour rendre un hommage appuyé au travail de mon prédécesseur, Christophe NAJDOVSKI, à toutes ses équipes, ainsi qu'à toutes les équipes de la DVD, en particulier de la "Mission Vélo".

Ce nouveau "Plan Vélo" s?accompagne d'une carte des aménagements projetés et d'un calendrier, tous deux définis en collaboration avec les mairies d'arrondissements, la Métropole du Grand Paris, la Région Ile-de-France et les associations spécialisées. Ces nouvelles pistes permettront d'assurer des déplacements efficaces, sûrs, sécurisés à Paris, et entre Paris et la proche couronne. 182 millions d'euros seront dédiés à la pérennisation des pistes cyclables. Je sais que cela va faire plaisir à Mme MONTANDON. Nous allons changer le jaune pour en faire des infrastructures qui soient pérennes. D?ailleurs, ces infrastructures provisoires ont d'abord permis - permettez-moi de le dire, c'est notre priorité - de sécuriser les cyclistes, et toutes celles et ceux qui utilisaient ces infrastructures.

180 millions d'euros, ce sont aussi des pistes structurantes et du stationnement vélo, auxquels nous allons ajouter 20 millions d'euros qui sont investis dans le cadre de la démarche "Embellir votre quartier", portée par mon excellent collègue Jacques BAUDRIER, et 40 millions d'euros dans tous les grands projets d'urbanisme, portés par mon collègue Emmanuel GRÉGOIRE, tant pour faire des pistes cyclables que du stationnement.

130 nouveaux kilomètres de pistes séparatives et 390 kilomètres de contresens cyclables viendront s?ajouter aux 1.000 kilomètres d'aménagements cyclables existant à Paris. Cela nous conduit à pérenniser toutes les "coronapistes" - toutes - durant le mandat.

Le plan présenté a été d'ailleurs légèrement amendé, notamment pour répondre à votre demande, Madame DATI, Madame la Présidente. C?est pourquoi je vous demanderai de retirer votre amendement et votre proposition. En revanche, sur votre demande qui vise à stopper tout projet cyclable s?il ne reçoit pas l'avis conforme du maire d'arrondissement, notre avis sera défavorable.

Justement, Monsieur JEANNETÉ, je vais vous le dire : parce que nous ne souhaitons plus perdre de temps. Nous ne donnerons pas de blanc-seing à l'opposition pour empêcher ce "Plan Vélo" de voir le jour. D?autant plus que, pas plus tard que mardi, des élus de votre groupe nous ont expliqué qu'ils souhaitaient supprimer la piste cyclable de la rue de Rivoli, qui est l'une des pistes cyclables les plus utilisées en Europe.

Je vous rappelle tout de même que tous les projets structurants de ce "Plan Vélo" sont systématiquement concertés avec les équipes municipales en arrondissement, mais aussi avec les associations et les riverains au cours des réunions publiques. D'ailleurs, les services de la Ville, l'équipe municipale, intègrent à chaque projet les contraintes des professionnels, des différents usagers. J?en veux pour preuve le fait que nous avons modifié le tracé de certaines "coronapistes", par exemple, à Gambetta, avec le travail fructueux que nous menons avec son maire, Éric PLIEZ, que je salue.

Vous êtes nombreuses et nombreux à en parler. Oui, en effet, l'un des principaux freins à la pratique du vélo reste encore celui du stationnement sécurisé et des problématiques de vols. En outre, les trajets sont plus complexes. Ils combinent de plus en plus souvent plusieurs modes de transport, qui obligent à penser les interconnexions et rendent les stationnements sécurisés cruciaux.

C?est la raison pour laquelle - d'ailleurs, je ne sais pas si vous avez lu ce plan, Monsieur JEANNETÉ - nous nous fixons comme objectif la création de 130.000 places de stationnement supplémentaires, dont 100.000 sécurisées et 30.000 arceaux sécurisés supplémentaires.

Je partage votre demande, Madame GATEL, et j?émets un avis favorable à votre v?u sur cette question.

Pour entrer un peu rapidement dans le détail et, je l'espère, rassurer mon collègue Pierre-Yves BOURNAZEL sur la manière dont nous allons atteindre ces objectifs. D?abord, travailler avec les bailleurs sociaux de la Ville pour la transformation d'une partie de leurs parkings en sous-sol en stationnements vélos sécurisés, avec, à la clef, plusieurs milliers de nouveaux stationnements vélos sécurisés. Intégrés dans tous les renouvellements de délégations de service public, parce que, oui, nous sommes contraints par la réglementation et par la loi. Donc, c'est lors des renouvellements de D.S.P. pour la gestion des parkings en sous-sol, que nous allons systématiser la création de parkings vélos sécurisés. Nous travaillons à un "pass vélo" commun pour l'ensemble de ces parkings.

Accompagner les copropriétés pour l'installation de racks, de vélobox. Travailler avec Ile-de-France Mobilités pour les déploiements sur les n'uds d'intermodalité, qui sont les gares, les grandes stations de métro ou de R.E.R. D'ailleurs, ce travail a déjà commencé, avec un travail préparatoire sur 17 sites, en mettant en place, toujours en lien avec mon collègue Emmanuel GRÉGOIRE, une obligation de création de stationnement sécurisé à chaque nouvelle construction ou réhabilitation d'immeuble privé, de bureau ou d'établissement recevant du public. En créant également des stationnements temporaires pour vous permettre, lorsque vous irez voir un match de football, de stationner en toute sécurité.

Vous le voyez, l'ensemble de l'Exécutif est mobilisé sur ce plan transversal. Comme vous pouvez le constater, des moyens exceptionnels, non seulement en termes financiers, 250 millions d'euros, mais aussi en termes de ressources humaines dans les services, sont mobilisés pour réaliser et atteindre nos objectifs de ce nouveau "Plan Vélo".

L?explosion de la pratique du vélo n'est toutefois pas sans poser un certain nombre de questions, de chamboulements. La réalisation des pistes cyclables modifie la manière dont nous appréhendons l'espace public et, d'une certaine manière, elle en complexifie l'usage. Cela installe de nouvelles règles de fonctionnement qui ne sont pas toujours bien comprises ni respectées. Nous travaillons toujours avec, non pas une opposition des moyens et des modalités de transport, mais plutôt sur un rééquilibrage et une nouvelle répartition de l'espace public, avec moins d'espaces dédiés à la voiture et plus d'espaces dédiés aux vélos, aux bus - toujours, puisque c'est une priorité - et évidemment aux piétons, qui sont au c'ur de la politique que nous sommes en train de mener. D?ailleurs, nous veillons toujours à sécuriser la traversée des piétons, en particulier lorsqu?ils doivent traverser les pistes cyclables pour rejoindre des quais bus. Nous réalisons des passages piétons, dits "traversants", installons de nouveaux feux pour assurer le respect des priorités, élargissons les trottoirs à chaque fois que cela est possible.

En ce sens, Madame GATEL, j?émets un avis favorable à votre v?u relatif à la sécurisation des trottoirs. Bien entendu, je crois que cela est partagé sur l'ensemble des bancs de ce Conseil. Leur vocation première et prioritaire est évidemment d'y accueillir des piétons.

Si la sécurité des piétons est primordiale, celle des cyclistes l'est tout autant. Trop de cyclistes meurent sous les roues des automobiles, moteurs, scooters et poids lourds. Nous sommes en train d'améliorer nos infrastructures, avec des pistes cyclables sécurisées.

C?est pourquoi, Madame GATEL, je vous demanderais, cette fois-ci, de retirer votre v?u demandant l'expérimentation des feux orange. Ce dispositif est efficace pour favoriser et protéger les cyclistes lorsqu?ils n'ont pas d'infrastructures dédiées. Leur mise en place serait trop impactante sur la vitesse commerciale des bus. Sur les petits axes, des résultats similaires peuvent être obtenus en installant des panneaux M12, ce que nous faisons déjà. Par ailleurs, soyez assurée que le respect des sas vélos et la sécurité des vélos dans les carrefours, est et reste notre priorité. Dans le précédent mandat, partout où cela a été réalisé, la dépose des répétiteurs de feux a montré que cela conduisait les automobilistes à mieux respecter les sas vélos. C?est cette logique que nous généralisons maintenant. Cela permet, au passage, de réaliser des économies d'énergie.

Je vous demanderai également de retirer votre v?u relatif à l'augmentation de la visibilité des aménagements cyclables, non pas que nous soyons en désaccord sur le fond, mais vous nous demandez de travailler plus étroitement avec les A.B.F. sur ce point. Or, ce sont malheureusement ces mêmes A.B.F., auxquels nous présentons toutes nos futures pistes cyclables, qui freinent et s?opposent parfois à des pistes cyclables colorisées et plus visibles au nom du patrimoine parisien.

En revanche, concernant votre demande de sécurisation des voies cyclables situées dans les voies de bus, j?y donnerai un avis favorable si vous acceptez l'amendement que je vous ai proposé. La Ville de Paris, dès que cela est possible, favorise la création de pistes cyclables séparatives et indépendantes des voies de bus. En revanche, il n'est pas question pour nous - je le répète ici parce que c'est important - de dégrader leur vitesse commerciale, leur accessibilité et leur régularité.

Nous menons contre les angles morts un plaidoyer actif, qui nous rassemble d'ailleurs. Oui, nous voulons rendre obligatoire l'équipement de dispositifs vélos anti-angle mort. Nous n'attendons pas un changement de la législation en ce sens pour agir. Nous travaillons à un référencement des intersections dangereuses afin de prioriser sur ces aménagements les éventuelles interventions et modifications. On l'a déjà fait à la porte de Montreuil, au Père-Lachaise, avec la mise en place d'un carrefour dit "à la hollandaise". C?est aussi ce que nous avons fait récemment sur l'avenue de la République, où nous avons installé des îlots protecteurs en forme d'?il-de-chat, qui ont d'ailleurs généré beaucoup de "tweets", notamment de la part d'élus de l'opposition municipale, qui décidément préfèrent le "buzz" à la sécurité des cyclistes. Ce sont des dispositifs qui sont anti-angle mort, que nous continuerons à déployer.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Est-ce que vous pouvez aller vers la conclusion, Monsieur BELLIARD ?

M. David BELLIARD, adjoint. - J?y arrive.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

M. David BELLIARD, adjoint. - Le confort des cyclistes, en lien avec ma collègue Colombe BROSSEL, tient aussi en grande partie au nettoyage et au déneigement des linéaires cyclables pour assurer la sécurité de tous les usagers, que nous améliorerons en cours de ce mandat. Nous développerons également un meilleur jalonnement vélo, qui permettra aux cyclistes de s?orienter et de circuler plus facilement sur les grands axes. C?est pour ces raisons, Madame GATEL, qu'une nouvelle fois, j?émets un avis favorable à votre v?u relatif à la refonte de la signalétique.

Enfin, peut-être pour terminer, si vous me le permettez, Monsieur le Maire. Je sais que c'est un peu long, mais il y avait énormément de v?ux et d'interventions. Les infrastructures sont évidemment une clef pour répondre à la sécurité des usagers. Il y a aussi évidemment, et je la partage, une question sur les comportements et le respect des règles. En complément, avec mon collègue Nicolas NORDMAN, nous mettrons en place, au cours de cette mandature, des campagnes de contrôle avec les agents de la police municipale, afin d'assurer d'abord le respect des passages piétons, les plus fragiles sur l'espace public, de garantir la sanctuarisation des trottoirs, et enfin, le respect des pistes cyclables et sas vélos. Le travail a déjà commencé, avec une campagne d'information qui est toujours en affichage sur certains mobiliers de la Ville.

Nous allons lancer - je vois que c'est un sujet important - dans quelques semaines le travail sur le Code de la rue, que je souhaite extrêmement ambitieux et qui intégrera une dimension information et pédagogie, notamment au travers du programme d'apprentissage "Savoir rouler à vélo", en lien avec mon collègue Patrick BLOCHE. Notre objectif est que chaque petit Parisien sache faire du vélo en sortant du collège.

Je n'ai plus malheureusement le temps pour répondre à certains v?ux, notamment auxquels j?émets un avis favorable, de Nicolas BONNET-OULALDJ, cher Président. Je sais que nous avons déjà eu un échange en direct sur ce sujet. Ni sur l'écosystème vélo, avec tous ces artisans qui, aujourd?hui, adoptent le vélo pour travailler.

Simplement, pour vous dire que nous sommes aujourd?hui engagés et extrêmement motivés sur la réalisation de ce nouveau "Plan Vélo", qui constitue une étape extrêmement importante et surtout, la réalisation d'un objectif qui est en train de changer fondamentalement notre ville. C?est de faire une ville qui est une ville 100 % cyclable. Je remercie toutes les parties prenantes, tous les collègues qui ont aujourd?hui participé et, bien sûr, j?aurais un mot, non pas pour chanter une chanson comme ma collègue Fatoumata KONÉ, mais pour avoir un remerciement plus particulier à toutes les associations qui nous accompagnent aujourd'hui, parfois avec un regard critique, mais que je salue. Je les sais nombreuses et nombreux à participer, à écouter ce débat. Elles sont une pierre extrêmement importante dans le travail que nous menons et allons continuer à mener. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci, Monsieur BELLIARD.

Associations de cyclistes, dont certaines sont présentes ici, dans le public, et que nous saluons.

Monsieur NAJDOVSKI, pour compléter la réponse.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je répondrai au v?u déposé par Mme SEBBAH et les élus du groupe "Indépendants et Progressistes", v?u relatif à la sécurisation de l'anneau de Longchamp et de la route de Sèvres à Neuilly, dans le bois de Boulogne. Je souhaite y répondre en vous proposant un v?u de l'Exécutif qui s?inscrit, par ailleurs, dans le contexte de l'adoption du "Plan Vélo" 2021-2026, porté par notre collègue David BELLIARD et présenté à l'instant.

Vous le savez, à la suite de l'adoption par notre Assemblée d'un v?u lors du Conseil de Paris de novembre 2020, nous avons mené une expérimentation, avec la fermeture à la circulation motorisée de la route de Sèvres à Neuilly sur une portion longeant l'hippodrome de Longchamp, du 11 juillet 2021 au 7 novembre dernier.

D'ailleurs, je tiens à remercier la mairie du 16e arrondissement, en particulier son maire, Francis SZPINER, avec lequel nous avons travaillé en bonne intelligence pour mener cette expérimentation.

La forte fréquentation, durant les week-ends, de familles, de sportifs, de promeneurs, a démontré la réussite de cette expérimentation. Ce succès s?explique par le fait que la route de Sèvres à Neuilly est le seul itinéraire cyclable, sécurisé et continu pour traverser le bois de Boulogne et se rendre, depuis Boulogne-Billancourt, à La Défense ou à la porte Maillot, par exemple. Je rappelle aussi que, malheureusement, la ville de Boulogne-Billancourt a, de manière unilatérale et sans concertation avec Paris, supprimé une "coronapiste" sur la départementale 1 sur le territoire de Boulogne, mais qui est située dans le prolongement de l'allée du bord de l'eau dans le bois.

En outre, rappelons que le bois est le lieu privilégié du développement des loisirs, des pratiques sportives. A ce titre, l'anneau de Longchamp, qui offre aux cyclistes une boucle d'entraînement de 3,60 kilomètres, est au c'ur des préoccupations de la Ville depuis 2019, avec le vote d'une enveloppe de 560.000 euros au titre du budget participatif pour le rénover et le sécuriser. Depuis 2020, 300.000 euros ont déjà été mobilisés pour des travaux d'entretien de la chaussée, d'amélioration de la signalétique et d'amélioration du carrefour devant l'entrée du golf.

Avec le v?u de l'Exécutif, je vous propose de poursuivre ce travail de sécurisation et d'apaisement des circulations, en validant le principe d'une fermeture définitive de cette portion de la route de Sèvres à Neuilly, ce qui nous permettra d'y réaliser des aménagements en faveur des piétons et des vélos, et ce, dans la diversité des usages. Nous nous engageons également à aller plus loin dans les travaux de sécurisation de l'anneau pour le rendre plus praticable pour les usagers, mais également pour sécuriser les accès à l'hippodrome de Longchamp, en particulier. En ce sens, nous étudierons également la réalisation de travaux aux abords du site, y compris l'entrée de l'hippodrome situé route des Tribunes.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à voter le v?u de l'Exécutif, qui nous permettra de poursuivre la sécurisation de l'anneau de Longchamp et des pratiques cyclables dans le bois de Boulogne, et même au-delà, des pratiques pour tous les usagers du bois.

Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Nous avons maintenant, à l'issue de ce débat, un certain nombre de v?ux, avant de voter la suite.

Le v?u n° 19 du groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes, est-il maintenu ?

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Oui, il est maintenu, Monsieur le Maire.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - D?accord.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 19, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u n° 19 est rejeté.

Le v?u n° 20 est-il maintenu ?

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Il est retiré.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Très bien.

Le v?u n° 21, avec un avis favorable, j?imagine qu'il est maintenu.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 21 avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2021, V. 319).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 22, du groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2021, V. 320).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 23, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2021, V. 321).

Le v?u n° 24 est-il maintenu ?

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Il est maintenu.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Il est maintenu, donc avec un avis défavorable.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 24, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u n° 24 est rejeté.

Le v?u n° 25, avec un avis favorable s?il est amendé.

L?amendement est-il accepté ?

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Il est accepté.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Tout à fait, donc avec un avis favorable, le v?u n° 25.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 25, amendé, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2021, V. 322).

Le v?u n° 26, avec un avis défavorable, est-il maintenu ?

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Il est retiré.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Il est retiré.

Le v?u n° 27 est-il maintenu ?

Il y aura le v?u n° 27 bis, sur lequel il y aura des interventions de l'Exécutif.

Mme Hanna SEBBAH. - Je retire mon v?u et nous voterons le v?u n° 27 bis, à la condition que l'amendement oral soit accepté, la sécurisation de l'accès au golf et de l'anneau sur la route des Tribunes. Cela a été dit à l'oral par M. NAJDOVSKI. Je voulais juste que ce soit bien inscrit dans le v?u.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - On me fait signe que c'est accepté par l'Exécutif.

Par contre, j?ai des explications de vote.

Je commence par M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

C?est un sujet extrêmement important, l'anneau cyclable de Longchamp, parce que nous avons à Paris seulement deux lieux d'entraînement pour le vélo. L?anneau de Vincennes, qui a été rénové et est un franc succès. Ce sont plusieurs dizaines de milliers de cyclistes qui utilisent l'anneau de Vincennes aujourd'hui à l'entraînement. Et l'anneau de Longchamp qui, historiquement, était un anneau fortement utilisé.

Il s?avère qu'il y a eu énormément d'accidents dramatiques. Dans le précédent mandat, j?avais déposé des v?ux. J?étais intervenu sur des v?ux de l'Exécutif. D'ailleurs, je m?étais entretenu avec le maire de l'époque, Claude Goasguen, afin de faire évoluer cet anneau, notamment sur deux points stratégiques, que les cyclistes appellent "le goulet", qui est un étranglement avant l'entrée de l'hippodrome de Longchamp, et puis, le contresens des véhicules, ce qui a été fait de façon temporaire et retiré, et le virage du fond qui est assez dangereux.

Je me félicite qu'aujourd?hui, ce v?u de Mme Hanna SEBBAH puisse aboutir à un v?u de l'Exécutif et j?espère qu'il sera suivi d'un plan d'investissement. Ce n'est pas seulement le v?u, c'est aussi la question des crédits de paiement qui doivent être dégagés pour réaliser cet anneau.

J?en profite pour dire que nous avons beaucoup parlé des pistes cyclables. Mais, à Paris, nous avons aussi des clubs cyclistes amateurs. Nous avons vu, progressivement et historiquement, la réduction des courses amateurs. Aujourd'hui, nous avons simplement une course dans le 14e arrondissement. D'ailleurs, je remercie Carine PETIT qui organise cette course à côté de Montparnasse. Nous avons remis une course sur l'anneau de Vincennes, dans le 12e arrondissement, récemment. C?est un sujet très important. J?attire l'attention de l'ensemble des maires d'arrondissement sur la possibilité de développer le cyclisme à Paris et d'accueillir des courses cyclistes, et je l'espère, bientôt sur l'anneau de Longchamp.

Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

J?avais une deuxième demande d'explications de vote de M. Jérémy REDLER.

M. Jérémy REDLER. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, vous le disiez, c'est un sujet très important. C?est pour ces raisons que la mairie du 16e arrondissement, dès le début de la mandature, s?est engagée sur ce sujet. La sécurité, notamment la sécurité routière, est une priorité de la mandature de Francis SZPINER. Il en a fait un pilier de sa mandature, notamment avec la création d'une délégation spécifique, avec une adjointe au maire chargée de ces sujets.

Vous le savez, la sécurité des vélos et des piétons est très importante, notamment à l'anneau de Longchamp. Nous sommes en contact régulier avec les associations de cyclistes et la Mairie de Paris, avec laquelle nous travaillons. On disait tout à l'heure que la droite était maintenant favorable au vélo. Oui, la droite est favorable au vélo et favorable sur ces sujets au quotidien. Nous travaillons au quotidien avec la Mairie de Paris pour que nos propositions soient entendues, et elles le sont. David BELLIARD et Christophe NAJDOVSKI le savent : on travaille quotidiennement ensemble.

Donc, oui, la priorité est la sécurité routière, la sécurité des cyclistes. D'ailleurs, nous avions fait la proposition à Christophe NAJDOVSKI de sécuriser cet anneau de Longchamp afin que les cyclistes puissent y être bien et pratiquer de manière sécurisée. Aujourd?hui, ce n'est pas le choix qui a été fait par la Mairie de Paris. La Mairie de Paris a décidé de le sécuriser et de le fermer pendant les week-ends, au moment où les cyclistes sont très nombreux. Ce n'est évidemment pas le choix qui a été fait par la mairie du 16e arrondissement. Cependant, je peux souligner le dialogue que nous avons eu avec Christophe NAJDOVSKI, notamment sur l'allée des Fortifications, sur laquelle nous étions très engagés. La Mairie de Paris - on la remercie - s?est engagée sur sa non-fermeture. Je tiens à le souligner ici.

Oui, la sécurité des cyclistes est importante. Nous sommes, à la mairie du 16e arrondissement?

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Il faudrait aller vers la conclusion. C?est deux minutes, l'explication de vote.

M. Jérémy REDLER. - Mais comme c'est un sujet très important, je suis sûr que vous ne me couperez pas.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Oui, mais, le règlement, c'est le règlement.

M. Jérémy REDLER. - Nous sommes très engagés sur ces sujets. Il est important que les cyclistes puissent pratiquer de manière sécurisée, mais aussi, évidemment, que tous les automobilistes puissent circuler de manière libre.

Nous nous abstiendrons sur ce v?u, même si nous travaillons de manière étroite avec la Mairie de Paris, et je l'en remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci pour cette explication de vote.

Madame Hanna SEBBAH, explication de vote aussi ?

C?est déjà fait. Très bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 27 bis de l'Exécutif ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté à l'unanimité, il me semble. (2021, V. 323).

Pardon, excusez-moi, vu votre intervention.

Le v?u n° 28 de Mme SIMONNET est-il maintenu ?

Il est maintenu.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 28, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u n° 28 est rejeté.

En réponse à l'amendement n° 29 du groupe Changer Paris, l'Exécutif a déposé l'amendement n° 29 bis.

L'amendement n° 29 du groupe Changer Paris est-il maintenu ?

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Suite aux échanges que j?ai eus avec David BELLIARD, et comme à ce jour il a toujours tenu sa parole, je le retire.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Très bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, l'amendement n° 29 bis de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

L'amendement n° 29 bis est adopté à l'unanimité.

Je ne me trompe pas ?

L?amendement n° 132 du groupe Changer Paris est-il maintenu ?

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Sur l'avis conforme ?

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Il est maintenu ?

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Juste une chose. Est-ce que je peux me permettre ? David BELLIARD, sur l'avis conforme, on l'a obtenu avec Olivia POLSKI justement pour aller plus vite sur les terrasses. On pourrait avoir la même chose ? Parce que l'on perd du temps à remonter discuter vers vous. Je trouve cela dommage.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Est-ce qu'il est maintenu ?

On ne va pas faire un dialogue. Il y a quand même eu deux heures d'échange dans le débat.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Il y a deux heures d'échange ?

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Le n° 132 est-il maintenu ?

Oui, il est maintenu, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Défavorable, on est d'accord ?

Je mets aux voix, à main levée, l'amendement n° 132, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

L'amendement n° 132 est rejeté.

Il y a une majorité.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 30, du groupe Communiste et Citoyen, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2021, V. 324).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 31, du groupe Communiste et Citoyen, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2021, V. 325).

Je mets enfin aux voix? Pardon ?

Je mets enfin aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 95, ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2021, DVD 95).

Je vous remercie pour l'excellente tenue de ce débat.

 

Novembre 2021
Débat
Conseil municipal
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