Vœu déposé par le groupe Changer Paris relatif à un bilan rétrospectif du réaménagement de la place de la République.
Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Nous examinons désormais le v?u n° 74 relatif à un bilan rétrospectif du réaménagement de la place de la République.
La parole est à M. Aurélien VÉRON pour deux minutes maximum.
M. Aurélien VÉRON. - Madame la Maire, mes chers collègues, la place de la République est un lieu symbolique à de nombreux égards. Son emplacement et sa taille en font une des places les plus importantes de la Capitale.
Il y a un peu plus de dix ans, la Municipalité a entrepris une rénovation complète et coûteuse de la place pour, je cite, "lui redonner une qualité paysagère et une valeur d'usage".
Cette place est aujourd?hui totalement minérale, les jardins ayant été supprimés au nom d'un problème d'étanchéité, sans parler des fontaines qui ont disparu et sont peut-être aujourd?hui en vente au marché aux puces.
Cette place érige un mur de congestion entre le Centre et l'Est de Paris, à cause d'une circulation que vous vous vantez d'avoir rendu infernale.
Question étanchéité, les jardins des Halles survivent très bien et il me semble qu'il n'y a pas de problèmes techniques, donc l'étanchéité peut être résolue.
Cette place est aussi une source permanente de nuisances pour les riverains, voire des dangers pour les commerçants régulièrement vandalisés à cause de rassemblements non maîtrisés, des manifestations souvent non déclarées qui s?y tiennent tous les jours.
Dans cet esprit inclusif, festif et écoresponsable tant vanté par la Municipalité, vous avez privilégié une déco de Z.A.D. : traverses de chantier en guise de banc, containers tagués très tendance, urinoir obus destinés aux exhibitionnistes dans ce fameux plastique gris qui participe à la nouvelle signature esthétique de la Ville de Paris.
Un tel environnement ne peut qu'attirer son lot de troubadours, d'accros à la fumette, de jongleurs, d'illuminés, de rappeurs du dimanche et autres cracheurs de feu. Un certain nombre de femmes avouent qu'elles évitent cette nouvelle cour des miracles le soir. Le café "Fluctuat Nec Mergitur", pourtant lourdement subventionné, n'a malheureusement pas respecté l'adage qui lui a donné son nom et même lui a fermé.
Ce constat est partagé par de nombreux riverains. Plusieurs d'entre eux ont déposé ou soutenu des projets de réhabilitation et de végétalisation de la place de la République lors du budget participatif de 2021, avec même un succès populaire suscitant plus de retours enthousiastes que vos propres suggestions à vous, la Mairie de Paris. Vous les avez pourtant rejetés d'autorité.
Il nous semble ici nécessaire, avec mes collègues Nelly GARNIER et Bertil FORT, de mettre en place les outils pour dresser un bilan sur le bruit et les nuisances, la sécurité, la propreté du lieu dix ans après son aménagement. Et nous demandons enfin, dans la lignée de la volonté affichée avec le "Plan Arbre", une étude de faisabilité visant à déminéraliser et revégétaliser ce lieu emblématique de Paris. Merci.
Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Merci.
Pour vous répondre, je donne la parole à Emmanuel GRÉGOIRE.
M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Merci beaucoup, Madame la Maire.
Merci, Monsieur le Conseiller. Souvent quand vous intervenez, on a le sentiment que nous ne vivons pas exactement au même endroit. Je vous avoue que la description que vous faites des très nombreux Parisiens cracheurs de feu qui fréquentent la place de la République me paraît à tout le moins excessive. Mais je vais essayer de retenir les quelques éléments que vous formulez sur les nuisances que subit cette place, comme subissent malheureusement toutes les places qui ont une vie complexe, diverse, en particulier celle de la place de la République.
Vous rappelez un certain nombre de compétences qui relèvent de nous et d'autres qui relèvent d'autres institutions.
Sur les nuisances sonores, les maires d'arrondissement concernés ont déjà eu plusieurs fois l'occasion de rappeler à la Préfecture de police les améliorations qu'il fallait en la matière. Nous avons un dialogue renforcé avec la P.P. pour lutter contre les nuisances sonores, notamment liées aux événements revendicatifs, et des arrêtés réguliers sont pris par la Préfecture à notre demande pour limiter le volume sonore.
Sur les incivilités, nous avons beaucoup renforcé les effectifs des agents de la DPSP, demain la police municipale, depuis janvier 2020, puisqu?il y a trois équipes des trois circonscriptions qui sont compétentes pour couvrir la place. Il y a eu 158 missions de lutte contre les incivilités, 4 interventions massives pour du stationnement gênant, des évictions d'individus perturbateurs et des P.V. évidemment.
Enfin, sur la physionomie de la place, nous l'assumons, le réaménagement de la place de la République avait aussi vocation à garder sa vocation d'agora citoyenne populaire aussi représentative de la vie démocratique de notre pays. Je crois que personne ne pleure la mémoire de ce que vous avez qualifié de jardins. Franchement, à l'époque, pas un Parisien ne s?y aventurait. Et sur l'objectif de déminéralisation, vous savez très bien que nous sommes sur un espace complexe, au-dessus d'un réseau très complexe. Des projets de végétalisation ont eu lieu, d'autres sont à l'étude.
Je proposerai donc un avis défavorable sur ce v?u, compte tenu du descriptif totalement apocalyptique qu'il donne à cette place et qui ne traduit en rien la réalité.
Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire.
Je mets donc aux voix le v?u n° 74.
Excusez-moi, d'abord est-il maintenu ?
M. Aurélien VÉRON. - Je serai curieux d'en savoir plus sur ces programmes de végétalisation à venir, mais en attendant je maintiens le v?u.
Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Très bien.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 74 avec un avis défavorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s?abstient ?
Je vous propose que nous comptions.
Qui est pour ? 29 pour.
Qui est contre ? 33 contre.
Le v?u n° 74 est rejeté.