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Vœu déposé par le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants relatif aux cars de tourisme diesel et au transport par voie fluviale.


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons le v?u n° 83 relatif aux cars de tourisme diesel et au transport par voie fluviale.

La parole est à Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE pour le groupe PPCI.

Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE. - Merci, Monsieur le Maire.

En décembre 2014, Mme la Maire de Paris prononçait de manière assez péremptoire cette phrase : "Je n'accepte plus de voir Paris complètement encombrée d'autocars." En juillet 2019, Emmanuel GRÉGOIRE déclarait avec force : "Les cars ne sont plus les bienvenus dans l'hypercentre." Malgré ces belles paroles, je constate avec regret qu'à l'heure de la prise de conscience écologique et du discours soi-disant volontariste, dans la pratique presque rien n'a évolué dans ce domaine précis depuis cinq ans.

En début de mandature, j?avais déposé un v?u demandant que les autocars, qui ne respectent pas au moins la norme Euro 5, soient interdits dans Paris. A l'époque, par frilosité politique et manque d'ambition, ce premier v?u avait été rejeté par votre majorité. Aujourd?hui, alors que les ballets incessants de cars de tourisme multiplient leurs danses effrénées, je reviens à la charge sur ce sujet fondamental qui agace et inquiète les Parisiens.

Les cars de tourisme polluent l'air parisien, encombrent la circulation, ralentissent le trafic, détériorent la chaussée et contribuent à créer un sentiment d'anarchie routière dans la Capitale, ce dont elle n'a pas besoin.

Le v?u que je vous propose est une alternative par voie fluviale, techniquement ambitieuse et 100 % écologique. Dans ce projet, les autocars débarqueraient leurs passagers dans des parcs-relais, en amont ou en aval de la Seine. Depuis ces parcs-relais, des navettes fluviales achemineraient des touristes jusqu?à Paris, profitant dans un premier temps des neuf stations d'escale Batobus existantes pour visiter les sites touristiques qui sont, comme on le sait, majoritairement situés le long de la Seine.

Il faudra aussi rapidement améliorer les services de Batobus, non seulement en augmentant les stations d'escale dans Paris et jusqu?à la grande couronne, mais aussi en équipant Batobus d'une deuxième flotte qui serait 100 % électrique. Ce service moderne de navettes fluviales électriques permettra de décongestionner la Capitale et de lutter efficacement contre la pollution de l'air.

La Seine est une chance que Paris doit saisir. Or, aujourd?hui elle est, telle une autoroute vide et sous-exploitée. Je vous propose donc de réinvestir notre fleuve et de lui redonner son utilité perdue, et de voter donc ce v?u. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame BLADIER-CHASSAIGNE. Pour vous répondre, Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

La Ville de Paris anime une concertation permanente avec l'industrie du tourisme et les autocaristes, afin d'organiser au plus vite la sortie du diesel. La date de fin de circulation des autocars diesel a ainsi été fixée en concertation avec la profession à 2024, comme pour les autres véhicules, et nous avons d'ores et déjà d'ailleurs interdit les autocars qui ne répondent pas aux dernières normes Euro 5 ou Euro 6, lors de la précédente phase de mise en ?uvre des vignettes Crit?Air dès juillet dernier. Cela répond déjà à un des considérants de votre v?u, Madame.

Comme a pu le rappeler récemment la Fédération nationale du transport des voyageurs à l'un des candidats à la Mairie de Paris - que d'ailleurs, je suppose, vous soutenez -, engager un calendrier plus rapide serait, je cite : "dogmatique et néfaste pour l'attractivité de Paris".

La conclusion de cette rencontre avec la Fédération nationale des transports de voyageurs est qu'il faut accompagner la profession pour qu'une offre alternative apparaisse sur le marché et qu'il faut travailler à des solutions innovantes. C?est exactement ce que nous faisons depuis 2014.

Rappelons-nous qu'en début de mandat, aucun constructeur ne fabriquait d'autocars propres. Grâce au marché de transport scolaire, circulent aujourd?hui dans Paris les premiers cars au gaz naturel véhicule GNV et ils sont maintenant disponibles à l'achat au catalogue des constructeurs. Sous l'impulsion de la Ville encore, des lignes de transport touristique et des lignes de moyenne distance ont également mis en circulation les premiers autocars électriques. Paris est en effet la seule collectivité à verser également des subventions à l'achat d'autocars propres.

Par ailleurs, si, comme le souligne l'un des considérants de votre v?u, la moitié des cars sont immatriculés à l'étranger, il convient de rappeler que Paris n'a pas les moyens de contrôler ces autocars. C?est la raison pour laquelle nous demandons et nous travaillons depuis plus d'un an avec la Préfecture de police pour que nous puissions obtenir le transfert d'une régie de recettes qui nous permettrait de collecter le montant de l'amende au moment de la verbalisation. Malheureusement, sans cet accord qui dépend de l'Etat, il est impossible pour nos A.S.P. de faire un contrôle efficace de ces autocars.

Les lignes touristiques relèvent, quant à elles, de la compétence d'Ile-de-France Mobilités qui vient, je le rappelle là aussi, de lancer un appel d'offres non sélectif et qui ouvre malheureusement la voie à la multiplication du nombre d'opérateurs et de cars.

Enfin, les cars dans Paris, il faut aussi le rappeler, ce sont aussi les cars de longue et moyenne distance, aussi appelés "cars Macron", dont l'activité était inexistante en 2014. L?Autorité de régulation "Arafer" ouvre des lignes sans recueillir l'avis des collectivités concernées. En 2018, ce sont 100.000 "cars Macron" qui ont utilisé la gare de Bercy, et malheureusement, si je peux utiliser ce terme, nous atteindrons probablement 200.000 autocars cette année sans la régulation nécessaire et sans que la Ville puisse s?y opposer.

Votre suggestion de réaliser des parcs-relais peut paraître intéressante mais actuellement aucun parc n'est dimensionné pour accueillir des autocars. Il faut évidemment lancer aussi cette réflexion à l'échelle métropolitaine et non pas simplement se débarrasser de nos problèmes sur les territoires voisins, comme nous l'avons fait par le passé avec nos déchets ou avec les cimetières. Et comme vous le relevez, ce n'est pas à la Ville de Paris d'imposer la création de parcs-relais sur telle ou telle commune.

Pour finir, l'idée de transporter des touristes par bateau est bien évidemment séduisante. Elle relève de la compétence d'Ile-de-France Mobilités. Je note d'ailleurs que cette question, qui avait été confiée aussi par le président de la Métropole à notre collègue Geoffroy BOULARD, est malheureusement restée lettre morte. Je n'ai plus de nouvelles, mais peut-être que M. le Maire du 17e peut nous donner des informations sur la mission qui lui avait été confiée par le président de la Métropole au sujet du transport de voyageurs sur la Seine. Je pense qu'il est nécessaire que nous ayons une réflexion à l'échelle parisienne, métropolitaine, régionale sur la question du transport fluvial de passagers. On doit le faire en l'articulant avec la reprise des voyageurs par les lignes de bus touristiques, mais c'est une réflexion qui bien évidemment doit se faire en concertation avec tous les acteurs concernés. En conclusion, je suis au regret de vous dire que ce que vous proposez dans votre v?u est irréaliste. C?est la raison pour laquelle l'Exécutif donnera un avis défavorable.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 83 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u n° 83 est rejeté.

 

Septembre 2019
Débat
Conseil municipal
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