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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à une consultation parisienne sur une gouvernance plus citoyenne.


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons au v?u référencé n° 188 présenté par Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - J'aime bien vos "Ah" très enthousiasmants.

Ce v?u est donc relatif au grand projet d'infrastructures de transports qui se font, finalement, sans les citoyens et les citoyennes, et de manière absolument incohérente. Nous sommes face à des grands projets, qu'il s'agisse du Charles-de-Gaulle Express, du Grand Paris Express ou d'autres lignes comme la ligne 17, qui reflètent véritablement la mise en concurrence des territoires et une conception de l'aménagement du territoire extrêmement libérale. Ces grands projets sont liés.

Sur le Charles-de-Gaulle Express : vous savez, ce grand super métro de 32 kilomètres qui va coûter 24 euros à chaque voyageur et vise surtout à relier l'aéroport et Paris. Il faisait hélas partie du premier projet de candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2024. Mais depuis, fort heureusement, je salue le changement d'avis de la Maire de Paris et du président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis qui ont demandé la suspension des travaux du Charles-de-Gaulle Express en décembre 2018. Mais Elisabeth BORNE a confirmé la construction du Charles-de-Gaulle Express.

Sur le chantier du super métro du Grand Paris Express, on sait qu'il est confronté à des dérapages financiers et des suspicions de favoritisme. Il a été épinglé par la Cour des comptes. Il est face à des dérives de coûts complètement aberrantes.

Vous avez également d'autres projets, comme la ligne 17, qui visent surtout à relier "EuropaCity", alors que c'est un mégaprojet complètement aberrant, anti-écologique, de grands centres commerciaux - nous avons déjà eu l'occasion d'en parler - et qui va à l'encontre des terres agricoles.

On est donc face à de grands projets qui ne se posent pas la question de comment on facilite les transports du quotidien, de toutes celles et ceux qui se déplacent pour aller au travail, pour leur vie quotidienne, mais on fait de grands projets d'aménagement qui vont en plus aggraver la spéculation.

Je demande la mise à plat de ces grands projets. Je demande que l'on arrête des financements séparés de ces grands projets, que l'on repense complètement la gouvernance pour que les citoyens soient au c'ur de la décision de ces politiques, que l'on repense cela dans le cadre de Paris "Ile-de-France Mobilités".

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

La parole est à Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Je n'ai pas tout compris dans ce v?u. Vous demandez un référendum sur un projet d'infrastructure à l'échelle régionale, mais pourquoi régionale ? Après tout, le C.D.G. Express ne traverse que Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-d'Oise. En même temps, c'est une infrastructure qui va bénéficier à des personnes qui voyagent potentiellement dans toute la France et dans le monde entier. Quelle serait l'assiette de cet électorat à qui l'on demanderait de voter ? On a une expérience de vote sur une infrastructure à Notre-Dame-des-Landes qui devrait nous servir de leçon, puisque je vous rappelle que le vote avait été en faveur de l'infrastructure et que, in fine, cette infrastructure n'a pas été construite. Quel que soit le périmètre retenu, le résultat du référendum sera toujours contesté.

Quant à une transformation de la gouvernance de la mobilité en Ile-de-France, vous n'ignorez pas, chère Danielle SIMONNET, que je partage cet objectif. Nous l'avons écrit avec mes collègues, Emmanuel GRÉGOIRE et Christophe NAJDOVSKI, dans notre rapport sur les transports dans le Grand Paris. Néanmoins, la méthode que vous proposez n'est pas la bonne, à mon avis. Je crois que nous devons peser dans le débat parlementaire sur la mobilité pour obtenir une authentique gouvernance partagée de la mobilité, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Nous devons essayer d'obtenir que la Métropole devienne une autorité organisatrice de la mobilité de second rang. Je vous propose de bien vouloir retirer votre v?u, sinon j'émettrai un avis défavorable.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Jean-Louis MISSIKA.

Est-ce que vous retirez votre v?u, Danielle SIMONNET ? Vous ne le retirez pas.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

 

Février 2019
Débat
Conseil municipal
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