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2019 DGRI 3 - Subvention 160.000 euros et avenant n° 1 à la convention pluriannuelle avec l’association Maison de l’Europe de Paris, Centre de rencontres internationales (17e).


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons au projet de délibération DGRI 3.

La parole est à Alexandre VESPERINI, à nouveau.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Président.

Voilà un projet de délibération qui revêt une importance particulière à quelques semaines des élections européennes, puisqu'il s'agit de la subvention annuelle accordée par la Ville de Paris à la Maison de l'Europe. C'est une subvention de 160.000 euros, très inférieure à celle qui était adoptée dans les années précédentes par la Ville de Paris : 350.000 euros en 2013, 290.000 euros en 2014, 200.000 euros en 2018, puis 160.000 euros. Une baisse qui s'explique en grande partie par le déménagement de la Maison de l'Europe, qui représente une économie très substantielle pour cette structure.

Je ne suis pas là pour parler uniquement de l'aspect budgétaire de ce projet de délibération, mais aussi de politique. C'est un sujet absolument essentiel dont s?empare la Maison de l'Europe. En fait, il s'agit de la promotion à Paris du message européen. C'est une mission qui s'apparente véritablement à une gageure, puisque si j'en crois le dernier sondage réalisé pour les élections européennes, je constate que 21 %... le sondage EuroTrack pour "Les Echos", un sondage assez fiable? des sondés disent qu'ils ne savent absolument pas pour quelle liste ils vont voter, voire même disent qu'ils n'ont pas l'intention de voter, et 41 % des sondés votent pour des listes ouvertement eurosceptiques, en tout cas ouvertement critiques à l'égard de la construction européenne. C'est dire à quel point la mission que se fixe la Maison de l'Europe est une mission pertinente.

Dans ce contexte qui appelle une mobilisation particulièrement accrue de la Maison de l'Europe, je voudrais, en tant qu'élu parisien, inciter la Maison de l'Europe, avec cette nouvelle subvention, à se mobiliser bien davantage pour atteindre les objectifs qu'elle se fixe. A ce titre, je voudrais faire trois observations. Tout d'abord, un objectif qui concerne l'audience de la Maison de l'Europe. Je constate que l'audience digitale de la Maison de l'Europe est correcte, mais qu'elle est quand même largement perfectible. C'est un euphémisme que de le dire. Je constate que sur Twitter, la Maison de l'Europe a 4.300 abonnés, qu'elle y est inscrite depuis 2010, ce qui montre à quel point la Maison de l'Europe était pionnière sur les réseaux sociaux.

Mais je crois que l'on pourrait faire davantage, surtout quand on voit l'urgence politique que représente l'Europe aujourd'hui. Sur Facebook, 5.000 personnes suivent la page, comparable à celle de la page de la Maison de l'Europe de Bordeaux, qui est quand même à rapporter à d'autres pages de maisons de l'Europe, comme celle du Mans qui n'a pas le même bassin de population que Paris et arrive à rassembler sur sa page 2.000 personnes.

Donc je crois qu'au niveau de l'audience digitale, il y a un véritable effort à faire dans les mois à venir au niveau de la Maison de l'Europe. Ce qui a joué un rôle dans la Maison de l'Europe, c'est au niveau du conseil d'administration de cette structure. Cette structure est en grande partie dirigée, dans son conseil d'administration notamment, par des personnalités politiques, des personnes engagées dans les "think tanks", pro-européens spécialisés dans la construction européenne, des personnalités très engagées dans ce domaine. Je ne conteste absolument pas leur présence, mais je pense que ce conseil d'administration devrait progressivement s'ouvrir à d'autres personnalités.

Parce qu'à un moment donné, ce qui est reproché à l'Europe aujourd'hui, c'est un côté entre soi, une absence de lien générationnel, en particulier en direction des jeunes publics. Je pense que si ce conseil d'administration pouvait s'ouvrir aux jeunes, à des personnalités de la société civile, qui sont de véritables praticiens du monde économique, social et associatif, la Maison de l'Europe s'en trouverait améliorée.

Le lien avec la société civile serait, à mon avis, un plus pour la Maison de l'Europe qui lui permettrait d'orienter ses travaux vers un plus grand lien avec la société civile. Cela lui permettrait de participer au comblement de ce que l'on appelle depuis si longtemps le "déficit démocratique européen".

Troisième et dernière observation : sur les activités de la Maison de l'Europe. Je pense qu'il serait bon, notamment au regard de l'ampleur de la subvention accordée par la Ville de Paris à la structure, que nous ayons un rapport d'activité envoyé chaque année à tous les conseillers de Paris sur l'effectivité, une sorte de rapport coût/bénéfice que représente l'engagement de la Ville de Paris au sein de la Maison de l'Europe.

Nous voterons ce projet de délibération, parce qu'au groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants, nous sommes très engagés pour la construction européenne. Nous partageons le message européen qui est porté par la Maison de l'Europe. Nous serons aux côtés de cette structure dans le message qu'elle porte, mais également dans le renforcement et la dynamisation de son activité, qui me semble devoir être un sujet d'importance.

Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Alexandre VESPERINI.

La parole est à Patrick KLUGMAN pour vous répondre. Non ? Parce que, pour Geoffroy BOULARD, c'est inscrit "non, il n'est pas inscrit".

Donc, c'est bien Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci à Alexandre VESPERINI d'attirer une nouvelle fois notre attention sur la situation de la Maison de l'Europe. Je prends la parole en présence, au nom et aux côtés d'Hermano SANCHES RUIVO, conseiller délégué pour les affaires européennes de la Ville de Paris.

J'ai envie de vous dire, Monsieur VESPERINI, que j'ai entendu votre appel pour renouveler, rajeunir, élargir le conseil d'administration de la Maison de l'Europe à des personnes d'un talent et d'une faconde qui seraient, par exemple, les vôtres, mais dans ce cas, nous serions privés de votre belle éloquence au Conseil de Paris pour éclairer la situation de la Maison de l'Europe. Car, si vous étiez membre du conseil d'administration, vous ne pourriez plus prendre la parole ici. C'est une situation ubuesque, que nous déplorons. Pour vous parler plus clairement de la Maison de l'Europe, je voudrais faire un rappel qui n'a pas l'air évident pour tout le monde. La Maison de l'Europe est une association de droit privé, qui n'est pas une association municipale ni une association paramunicipale, mais une association, compte tenu de sa vocation, que nous soutenons depuis son origine, en 1973.

Je comprends bien les critiques, les propositions, les projections, les frustrations ou les ambitions que nous pourrions prêter à la Maison de l'Europe, mais nous sommes un financeur d'une association. En l'occurrence, la Maison de l'Europe remplit une mission essentielle et, je crois, plus importante et plus essentielle que jamais : rapprocher l'Europe des citoyens.

La Maison de l'Europe a déménagé. Elle était historiquement logée dans l'Hôtel de Coulanges. Elle est maintenant dans le 17e arrondissement. Je crois qu'elle a trouvé son épanouissement, un nouveau rayonnement, un nouveau fonctionnement et, j?ai envie de dire, un nouveau rayonnement au titre d'un peu plus que Paris, du Grand Paris.

Je voudrais quand même souligner deux mots sur la politique européenne de la Ville de Paris, qui ne s'arrête pas à la subvention à la Maison de l'Europe, même si, financièrement, c'est notre engagement le plus significatif. Il y a, avec la Maison de l'Europe, l'organisation de la fête de l'Europe. C'est Hermano SANCHES RUIVO qui préside à ces cérémonies pour la Ville de Paris. C'est une célébration essentielle, populaire, décentralisée dans les arrondissements et de plus en plus suivie chaque année. Nous avons, dans 11 mairies d'arrondissement, des services civiques dédiés aux questions européennes.

C'est encore un hommage que je veux rendre à notre collègue, parce que c'est le fruit de son travail. Cela fait que l'Europe n'a jamais été aussi présente dans les arrondissements, auprès des mairies d'arrondissement, car nous avons près de 100.000 Parisiens d'origine européenne qui sont parmi nous et fabriquent la Ville de Paris. C'est bien normal que l'Europe qui vit à Paris soit un peu plus visible.

C'est ce que nous voulons faire en soutenant notamment la Maison de l'Europe, qui organise de nombreux débats et fait en sorte qu'ils sortent de l'entre soi des pro-européens et des "think tanks", même si nous savons tous qu'il est extrêmement difficile de ne pas avoir des discours qui soient, soit inaudibles, soit phagocytés par des contrevérités, des parasitages populistes, etc., voire des discours carrément haineux ou anti-européens.

C?est donc compliqué de parler d'Europe aujourd'hui. La Maison de l'Europe tente de le faire avec intelligence, clarté, pédagogie et énergie. C'est pourquoi je vous propose de voter une nouvelle fois la subvention à la Maison de l'Europe.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Patrick KLUGMAN.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 3.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DGRI 3).

 

Février 2019
Débat
Conseil municipal
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