2019 DPSP 3 - Subvention (850.000 euros) convention pluriannuelle avec le GIE Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance (GPIS). Vœu déposé par le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants relatif à une réévaluation des moyens financiers.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DPSP 3, l'amendement n° 112 et le v?u référencé n° 113. Il s'agit de l'attribution d'une subvention de 850.000 euros, d'une convention pluriannuelle avec le G.I.E., Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance, le G.P.I.S.
La parole est à M. Jérôme COUMET, pour le groupe SOCA, pour cinq minutes. Je préviens les orateurs, Philippe GOUJON, Geoffroy BOULARD, Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, Pascal JULIEN, Carine PETIT, Danielle SIMONNET, Florence BERTHOUT et Jérôme DUBUS. La parole est à vous, Monsieur Jérôme COUMET, pour cinq minutes maximum.
M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. - Je ne vois pas du tout de quoi il s'agit?
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - La subvention pour le G.P.I.S.
M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. - La subvention a déjà été augmentée au dernier Conseil de Paris. C'est passé au dernier Conseil de Paris, c'était un amendement au budget.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous propose de laisser la parole à M. Philippe GOUJON.
M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. - Juste quelques mots que j'improviserai, comme vous l'avez bien compris. Concernant...
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - S'il vous plaît...
M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. - Concernant le groupement inter-bailleurs, j'avais déposé un amendement au dernier budget pour obtenir une augmentation de la subvention, ce pour deux raisons : pour renforcer les horaires, et pour renforcer le nombre de cités pouvant être couvertes par le G.P.I.S.
Le G.P.I.S. a été totalement réorganisé. Il a été doté d'un nouveau directeur qui est maintenant en lien très étroit avec les mairies d'arrondissement. Je voulais le souligner ici et m'en réjouir très fortement. Cela a permis un lien réel et quotidien dans les activités du G.P.I.S. au plus près des habitants.
Il s'agit, aujourd'hui, par cette subvention augmentée, la conséquence de cet amendement au budget, de permettre une extension du service encore une fois, en termes horaires et en termes de cités qui pourront être couvertes. C'est une demande très forte des habitants, et évidemment, je m'en réjouis très fortement.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.
La parole est à M. Philippe GOUJON.
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.
C'est vrai que les élections ont du bon pour beaucoup de choses, notamment en ce sens que, dans l'année qui précède, c'est Noël tous les jours ! En effet, après l'annonce de la création d'une police municipale, voilà que, par ce mémoire, vous rehaussez significativement de 400.000 à 850.000 euros, la subvention octroyée au G.P.I.S., que vous avez quand même saigné à blanc ces dernières années.
Je rappelle les chiffres avant 2001 bien sûr, mais cela a duré encore une année ou deux après : 11 millions, ce n'est pas 800.000, mais bien 11 millions d'euros qui étaient consacrés à surveiller 60.000 logements H 24, dans tous les arrondissements.
Après l'avoir réduite à 4,8 millions l'an passé, vous réduisez votre subvention de 800.000 à 400.000 euros, tout en augmentant le nombre de logements surveillés.
Vous me répondiez l'année dernière, même quand je m'en offusquais, que "le G.I.P.S., ne vous en déplaise, fonctionne bien avec 400.000 euros". Pourquoi l'avoir doublée cette année ? J'oubliais, les élections municipales ont lieu l'année prochaine !
Vous me répondrez plutôt par le doublement des logements surveillés, par l'extension horaire de deux heures de surveillance, c'est certes mieux, bien sûr, on revient peu à peu à ce qui existait avant 2001, mais cela n'explique pas pour autant le doublement de la somme. Comme notre collègue qui vient de s'exprimer, je pense aussi qu'il faut aller plus loin, non seulement en augmentant les crédits du G.P.I.S., mais en appliquant le rapport de l'I.A.U.R.I.F. de 2015 sur lequel vous ne vous êtes jamais exprimée.
Mais vous y retrouverez les critiques que nous émettons depuis des années, même si le G.P.I.S. fait un bon travail : manque d'efficacité pour la tranquillité résidentielle, l'effet "plumeau" ; portée dissuasive faible sur les sites les plus durs ; manque d'action de la justice et de la police, cela ne dépend pas forcément de vous ; manque de participation des habitants comme acteurs de leur propre sécurité, ce qui amène une chute des locataires.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - S'il vous plaît, il y a un brouhaha très compliqué pour les orateurs. Merci.
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - En plus de l'augmentation de la subvention qui permettrait de faire face à ces observations, nous vous appelons à atteindre les objectifs de ce rapport : une policiarisation de l'activité avec extension des attributions, une assermentation nécessaire sur un réel fondement juridique, une concertation plus étroite avec les locataires, des pouvoirs de verbalisation - on y viendra sans doute avec la police municipale, mais quid du G.P.I.S. à ce moment-là, vous n'en parlez pas dans votre réforme -, nuisances sonores, occupations de halls d'immeuble, pour traiter le petit ordre judiciaire pénal comme la S.N.C.F. et la R.A.T.P. "Paris Habitat" a d'ailleurs pris une bonne initiative qui a conféré aux gardiens volontaires un pouvoir de verbalisation. Je continue : qualification A.P.J.A. 21, donc transformation en quasi police municipale.
Dans cette attente, nous vous soumettons un amendement pour revenir comme en 2016, puisqu'en 2016, vous avez réduit drastiquement la subvention municipale à 4,8 millions d'euros, et vous l'aviez réduite l'année suivante à presque rien.
Nous ne demandons pas de revenir aux 11 millions d'origine, bien sûr, mais au moins, que vous reveniez à votre subvention de 2016, parce que finalement, le manque de subvention pour le G.P.I.S. se répercute d'une façon ou d'une autre, soit sur les tarifs des locataires, soit dans une surveillance insuffisante.
Pour finir sur une note positive, je me félicite du travail accompli par le G.P.I.S. et son nouveau directeur, qui fait l'unanimité, qui a su dépoussiérer cette structure en la rendant plus opérationnelle grâce à des réformes, un commandement plus efficace. Mais c'est vrai qu'il le serait encore davantage avec plus de moyens, et en appliquant les propositions du rapport de I.A.U.R.I.F. qui tend à transférer cette mission tout bonnement à la police municipale.
Merci.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.
La parole est à M. Geoffroy BOULARD.
M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, ce projet de délibération, c'est le symbole de votre déconnexion du quotidien des Parisiens. Il aura fallu attendre un audit pour que vous entendiez que la sécurité était devenue l'une des priorités des Parisiens.
Depuis plusieurs mois, nous réclamons non seulement une police municipale, mais également une augmentation des moyens destinés à la sécurité des Parisiens, qu'il s'agisse de la vidéo-protection ou du G.P.I.S. Philippe GOUJON, à mes côtés, peut en témoigner, lui qui a ardemment défendu le renforcement de la sécurité et des moyens à Paris.
Je ne reviendrai pas sur les missions du G.P.I.S. Nous les connaissons et nous les reconnaissons pour l'engagement de ses équipes confrontées à des situations très complexes, violentes. Je veux saluer l'engagement notamment des agents dans les quartiers. Ce chiffre en 2018 est inquiétant, avec l'augmentation du nombre de blessés parmi les agents dans le cadre des interventions du G.P.I.S. dans les ensembles immobiliers parisiens.
Ces ensembles immobiliers concentrent un certain nombre de difficultés locatives, mais aussi en matière de tranquillité publique. Cela n'a pas empêché, malheureusement, la Mairie de Paris de se désengager financièrement du G.P.I.S. C'est inacceptable, car la sécurité est en jeu pour tous les Parisiens, ils ont le droit à ce même niveau de sécurité.
Il semblerait que la subvention de la Ville au G.P.I.S. augmente cette année. Nous l'avions demandé avec Philippe GOUJON. Sans doute la conséquence de l'audit de sécurité. Je ne l'espère pas, cela en dirait long sur l'opportunisme de votre politique. Mais malgré cette augmentation, votre contribution au Groupement parisien inter-bailleurs de sécurité reste bien insuffisante. Nous l'avons déjà détaillée, il y aurait besoin de davantage de moyens, notamment pour couvrir l'ensemble du parc social. Voilà un objectif que l'on aimerait retrouver dans ce projet de délibération. Là, c'est la moitié du parc social. Je crois que l'ambition, c'est que le G.P.I.S. puisse intervenir avec les moyens juridiques, comme l'a souligné Philippe GOUJON, qui permettent de verbaliser, qui permettent d'agir concrètement pour la tranquillité publique dans le patrimoine social.
Nous vous demandons naturellement, et c'est l'objet de notre amendement, d'abonder et d'augmenter à l'avenir cette contribution, et de poursuivre cet effort. Je veux saluer, comme mes collègues maires l'ont fait précédemment, la nouvelle direction, et ce fonctionnement avec davantage de patrouilles plus tôt dans la journée, et donc plus tard le soir, qui montrent une efficacité, nous l'avons testé dans le 17e arrondissement. Je tenais à le signaler publiquement.
Je vous remercie.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - La parole est à Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE.
Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Merci, Madame la Maire.
Dans de nombreux ensembles de logements sociaux du 14e, la sécurité et la tranquillité ne sont pas assurées : menaces et violences sur les personnes, incivilités, non-respect du règlement intérieur par certains locataires, sont devenus monnaie courante. Le G.P.I.S., comme cela a été souligné par mes collègues Philippe GOUJON et Geoffroy BOULARD, est très utile pour prévenir cela à l'échelle de tout Paris. C'est pour cela que, lors de sa création en 2004, la Ville de Paris s'était engagée à participer en accordant une subvention de 11 millions d'euros. Mais comme cela a été rappelé, cette subvention annuelle fond comme neige au soleil. La Mairie de Paris consacre aujourd'hui 13 fois moins d'argent à la sécurité des locataires de logements sociaux qu'en 2004, alors que, dans le même temps, le nombre de logements sociaux à Paris a augmenté de plus de 50 %.
Au total, les bailleurs font face seuls au financement du G.P.I.S. Ces charges, c'est autant de moins pour entretenir et rénover les logements sociaux. C'est autant de plus pour les charges locatives.
J'espère, Madame la Maire, que vous accepterez notre amendement. Il est raisonnable et ne demande pas de revenir au montant de la subvention de 2004. A fortiori, il ne demande pas d'actualiser - ce qui serait pourtant nécessaire - le montant de la subvention de 2004 en fonction de l'augmentation du nombre de logements sociaux.
Par l'amendement que nous vous présentons, nous vous proposons de fixer le montant de la subvention au niveau de 2015 et 2016. Les locataires du logement social ne comprennent pas que la Ville de Paris se désengage à ce point, comme ils ne comprennent pas, dans de nombreux ensembles sociaux du 14e, que leur demande d'installer des caméras de sécurité soient rejetées, ou de n'avoir vu dans leur ensemble immobilier aucun agent assermenté chargé de lutter contre les incivilités et en capacité de dresser des procès-verbaux. Les locataires du logement social sont des locataires comme les autres. Leur tranquillité et leur sécurité méritent mieux que la subvention d'un montant purement symbolique prévu par le projet de délibération. C'est pourquoi nous vous proposons d'adopter l'amendement n° 112. Je vous remercie.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.
La parole est à M. Pascal JULIEN.
M. Pascal JULIEN. - Le G.P.I.S., finalement, c'est une forme de gardiennage. Un gardiennage musclé puisque les agents sont armés de lacrymogènes et de matraques. C'est un amendement du député GOUJON, qui, en 2012, avait obtenu que ce type d'agent puisse être armé. C'est donc un gardiennage musclé et cela ne doit pas être autre chose. C'est le premier point.
Deuxième point : au fond, est-ce à la Ville de financer le gardiennage d'un bailleur sur le territoire du bailleur ? Est-ce à la Ville de faire cela ? Je pense que non. C'est la raison pour laquelle j'ai toujours approuvé l'explication apportée par Colombe BROSSEL, qui était de dire : la Ville a aidé à la mise en place du G.P.I.S., mais évidemment, il faut que le bailleur trouve un modèle économique qui lui permette d'assumer lui-même la surveillance sur son territoire. C'est au bailleur d'assurer le gardiennage de son patrimoine. Point barre. Avec les moyens d'un gardien. S'il survient des affaires plus graves, à ce moment-là, il faut faire appel à la Police nationale. Nous retrouvons un peu la logique des discussions que nous avons eues hier sur les questions de sécurité.
Voilà pourquoi nous allons approuver ce projet de délibération.
Il est logique de redonner un coup de pouce, parce que l'on élargit l'horaire de travail, qui est avancé à 17 heures au lieu de 19 heures 30, que l'on élargit considérablement le patrimoine. J'espère bien que, dans les années à venir, progressivement, on re-diminuera cette subvention, parce que, je le répète, ce n'est pas à la Ville de subventionner le gardiennage d'un bailleur. C'est aux bailleurs de s?organiser en conséquence. Evidemment, je sais aussi la difficulté pour les bailleurs d'exercer leur activité dans le contexte national que l'on connaît, avec un Gouvernement qui n'encourage pas - c'est le moins que l'on puisse dire -, ne facilite pas la tâche des bailleurs. Mais enfin, ce n'est pas à la Ville de faire ce travail. C'est assez simple, comme position.
Je vous remercie.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.
La parole est à Mme Carine PETIT.
Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, en quelques mots, je voulais également, en tant que maire du 14e arrondissement, féliciter la nouvelle direction et le nouveau directeur du G.P.I.S. qui a su apporter - je ne sais pas s'il a su dépoussiérer une vieille maison ; je trouve que ce n'est pas très correct par rapport aux agents qui s'investissent tous les jours dans leur mission - deux gros changements fondamentaux.
Premièrement, sur les périmètres d'intervention. Cela a été rappelé. Avec beaucoup plus de réactivité, nous pouvons, ici et là, le solliciter pour des rondes d'initiative pour des adresses qui ne sont pas inscrites au départ. Ensuite, quand les choses se passent bien, les équipes du G.P.I.S. peuvent se concentrer sur d'autres secteurs davantage prioritaires, de manière récurrente.
Cela a été aussi rappelé par mes collègues : les interventions avancées des équipes du G.P.I.S. sur le patrimoine du logement public de la Ville de Paris à partir de 17 heures, à partir de 17 heures 30, sont une excellente avancée pour les missions données au G.P.I.S.
Le G.P.I.S. est donc un bon outil. Il est une illustration de ce que certains reprochaient il y a quelques jours dans cette Assemblée, selon lequel, à l'échelle de proximité, qui est une bonne échelle, il n'y aurait pas de pilotage d'outils coordonnés - des outils de sécurité et de tranquillité publique - pour avancer entre une mairie d'arrondissement et la Police nationale. Non. L'exemple est ici, avec ce projet de délibération, puisque nous organisons très régulièrement des réunions de pilotage pour produire de la sécurité et de la tranquillité dans le patrimoine de logement public de notre ville.
Dans le 14e arrondissement, cette réunion s'est tenue il y a à peu près deux semaines. Les interventions ont augmenté sensiblement. Les interventions d'initiative du G.P.I.S., mais également des interventions qui ont été sollicitées par les gardiens d'immeubles eux-mêmes.
Je voulais appuyer sur un petit point : il est important, aussi, que les bailleurs trouvent les moyens de conforter le rôle des gardiens et trouvent de nouvelles manières d'investir avec de l'humain dans le patrimoine public. La preuve, c'est qu'aujourd'hui, lorsque le binôme gardien G.P.I.S., Police nationale et mairie d'arrondissement est complet, cela fonctionne correctement. Le pilotage de proximité, sur ces questions, est donc assuré.
Il faut aussi noter que ce projet de délibération nous permet de voter une convention pluriannuelle qui engage la Ville sur plusieurs années. Je rejoins la remarque de mon collègue Pascal JULIEN. Cette période de trois ans doit nous donner la possibilité de trouver un modèle plus pérenne, plus fiable et plus solide, un modèle budgétaire et de financement de ces équipes qui font un très bon travail.
En effet, il faut rappeler que les dernières mesures du Gouvernement sur le logement social fragilisent les bailleurs, notamment dans leur modèle de fonctionnement, pas seulement d'investissement. A un moment donné, cela se traduit aussi par des difficultés à trouver les ressources en interne pour produire un service normal du quotidien pour la tranquillité de ces locataires. Je voulais vraiment remercier et saluer le travail qui est fait sur le terrain, les dernières évolutions, notamment le pilotage très resserré de proximité qui est réalisé. Je vous remercie pour votre attention et votre écoute.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.
La parole est à Mme Danielle SIMONNET, pour cinq minutes maximum.
Mme Danielle SIMONNET. - Ma voix étant un peu atteinte, j'essaierai d'être la plus brève possible. Non, ce n'est pas la manifestation d'hier, mais tout simplement les microbes. Je vois que certains collègues sont ravis d'entendre ma voix ainsi, en se disant que, peut-être, je me désinscrirai. Mais vous me connaissez ! Même si je regrette de n'avoir pas pu m'inscrire sur le Conseil des générations futures?
Concernant le G.P.I.S., première chose, je suis tout à fait d'accord avec l'intervention de Pascal JULIEN qui exprimait en ses termes que c'est au bailleur d'assumer financièrement la surveillance, le gardiennage de son patrimoine. C?est précisément pour cette raison que je m?abstiendrai sur ce projet de délibération. En effet, de ce fait, pourquoi la Ville doit-elle subventionner ?
Par ailleurs, j?en profite pour redemander que l'on puisse avoir enfin, un jour, une information sur le montant précis des rémunérations des directeurs et directrices des sociétés d'économie mixte et donc aussi des bailleurs sociaux.
C?est donc au bailleur d'assurer financièrement la surveillance et le gardiennage.
Je pense aussi, comme cela a été dit précédemment, qu'il est important d'assurer la meilleure coordination possible entre les acteurs du G.P.I.S., les gardiens et gardiennes d'immeubles et les acteurs de la police républicaine de ce pays. C?est ainsi, par un meilleur travail de coopération, que la tranquillité de l'espace public est le mieux garanti.
On salue, toutes et tous, l'engagement des équipes dans ces actions complexes. On doit tous reconnaître qu'elles nécessitent une formation pour que ces acteurs soient le mieux accompagnés possible pour assurer ces tâches sans qu'il y ait de débordement - et vous savez qu'à un moment donné, des problématiques ont été soulevées par des citoyens localement.
Le plus important pour garantir la tranquillité, c'est de garantir un gardiennage régulier. Or, on remarque que, pour un certain nombre de bailleurs, le nombre de bâtiments que les gardiens et les gardiennes ont en charge tend à s?accroître. Voilà ce que nous disent les gardiens d'immeubles. Auparavant, ils avaient tant de bâtiments, ils étaient tant de gardiens et de gardiennes pour tel périmètre. Bien souvent, les périmètres s?agrandissent, renforçant la tâche des gardiens et diminuant, de fait, la présence humaine dans le logement social.
Le plus important pour garantir la tranquillité, c'est également d'augmenter les moyens humains qui favorisent l'implication des locataires dans la vie collective du parc social et dans le quartier. C?est garantir les possibilités de projets, tout ce qui fait le vivre ensemble dans l'ensemble du logement social, tout ce qui permet d'encourager l'implication des locataires dans l'élection des représentants et des associations de locataires.
Notre intervention municipale, en soutien aux associations de locataires, nécessiterait d'être renforcée. Je vous remercie. Je m?abstiendrai donc sur le projet de délibération.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.
La parole est à Mme Marie-Laure HAREL pour présenter le v?u n° 113, s?il vous plaît.
Mme Marie-Laure HAREL. - Je vous remercie.
Je présente un v?u au nom de mon groupe qui porte sur le Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance, que l'on a créé, ici, en 2004.
Comme cela vient d'être dit, la mission essentielle de ce Groupement est de prévenir la délinquance et d'assurer la sécurité dans les logements sociaux. Je voudrais rappeler quelques chiffres. Quand nous avons créé le G.P.I.S. en 2004, sa mission était de garantir la sécurité dans environ 52.000 logements. Ce nombre de logements a augmenté aujourd?hui de 50 % puisqu?il s?élève à 80.000 environ.
Dans le même temps, la Municipalité s?est désengagée financièrement, c'est assez paradoxal. Le nombre de logements à surveiller augmente, mais la subvention diminue. Nous subventionnions le G.P.I.S. à hauteur de 11 millions d'euros en 2011 et nous ne sommes plus qu'à 400.000 euros accordés par la Ville de Paris au G.P.I.S. en 2018. Nous avons donc diminué notre aide de 30, c'est une division par 30.
Que se passe-t-il ? Le financement revient aujourd?hui aux bailleurs sociaux dont la charge financière est déjà très alourdie par la politique municipale, notamment en raison des loyers capitalisés.
Nous demandons donc, tout simplement, que l'aide que la Ville de Paris verse au G.P.I.S. soit réévaluée. Elle a été un peu réévaluée cette année, elle passe de 400.000 à 850.000 euros. Néanmoins, nous voulons que la Ville aille encore plus loin et revienne, tout simplement, au niveau de subventions qu'elle accordait en 2011. Il n'y a pas si longtemps, nous donnions 11 millions d'euros. Nous voudrions donc revenir à ces montants. Je vous remercie.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Colombe BROSSEL, pour cinq minutes, s?il vous plaît.
Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup.
Merci à l'ensemble des intervenants. Je prends leurs différentes interventions, propositions ou suggestions diverses et variées comme un intérêt pour le G.P.I.S. et son travail et une marque de reconnaissance pour l'intervention des acteurs dont nous parlons ; même si, parfois, il a été possible que nous entendions, dans ces différentes prises de parole, des assertions qui sont très loin de la vérité. Toutefois, ce n'est pas parce que c'est dit dans un Conseil de Paris que cela devient vérité.
Je ne vais pas repasser trois heures sur l'évolution du modèle économique du G.P.I.S. Honnêtement, mes chers collègues, nous nous sommes déjà dit les choses en 3e Commission et, dans cet hémicycle, un certain nombre de fois.
Je vous rappelle que certains d'entre vous qui sont intervenus pour s?étonner d'une augmentation de la subvention au G.P.I.S. étaient intervenus au mois de décembre pour s?étonner - ou saluer parce que toutes les configurations sont possibles - de l'augmentation du budget qui était proposée lors du vote du budget.
Merci au groupe Socialiste qui, à l'époque, avait porté un amendement pour augmenter cette subvention. Je sais bien que nos Conseils se suivent et ne se ressemblent pas, mais il y a tout de même une toute petite organisation logique entre un vote du budget en décembre et ce que nous déclinons ensuite dans les autres séances. Nous ne sommes pas là uniquement de façon segmentée, mais qu'importe. Parfois, la mémoire s?en va et s?en vient.
A quoi servira la subvention supplémentaire allouée au G.P.I.S. ? Dans le cadre, en effet - et merci à Carine PETIT de l'avoir dit -, d'une convention pluriannuelle d'objectifs.
Elle servira à déployer, sur l'ensemble du territoire parisien, deux adaptations que le G.P.I.S. avait mises en ?uvre. Attention, je sens que je vais choquer des oreilles fragiles : il l'avait fait avec une subvention de 450.000 euros. Preuve que l'on peut parfois se réformer et produire du service public supplémentaire en ayant une subvention qui baisse.
Je sais, cela fait bizarre, mais il va falloir s?y habituer. L?augmentation du service public n'est pas en soi orthogonale avec la bonne gestion.
Et donc, le G.P.I.S. avait produit ce travail : c'est embêtant parce que l'on ne sait pas très bien si l'on doit être d'accord comme maire d'arrondissement ou contre comme porte-parole d'un groupe.
Oui, cette subvention supplémentaire nous permettra d'accompagner et de généraliser, d'une part, les patrouilles qui, en effet, sont dans nos quartiers, dans les parties communes, dans les halls d'immeuble, dans les parkings et donc, qui sont aussi là pour être en lien avec les gardiens, les locataires - c'est bien cela ; et puis, plus de patrouilles dans les arrondissements puisque chaque secteur bénéficie désormais de trois patrouilles de quatre agents à chaque instant "t", au lieu de deux patrouilles à chaque instant "t" précédemment. Je sais, cela fait bizarre, ils ont pu le faire avec une subvention de 450.000 euros.
Comme on souhaite que ce mouvement - et notamment celui des patrouilles - soit généralisé, c'est à cela que servira la subvention supplémentaire que nous proposons à votre vote, grâce - et je l'en remercie de nouveau - au groupe Socialiste et sur proposition - disons-le - des maires d'arrondissement.
Attention parce que je vais aller sur une autre révélation qui risque de froisser des oreilles fragiles. Grâce au G.P.I.S., grâce à l'action entreprise par son nouveau Directeur, ils doubleront même le nombre de logements couverts d'ici à l'été prochain. Ce seront donc 150.000 logements qui seront couverts.
Je vois bien que certains d'entre vous s?opposeront à ce principe, y compris au regard de l'inefficacité pointée dans un rapport ancien du travail du G.P.I.S. Cependant, mon travail n'est pas de regarder le passé, mes chers collègues. Mon travail, c'est de construire le présent et l'avenir.
Nous aurons des échanges et, honnêtement, j?entendrai tout à fait que des maires d'arrondissement à qui nous proposerons d'augmenter le nombre de logements couverts par le G.P.I.S. le refusent. Je suis persuadée que nous trouverons d'autres maires d'arrondissement qui, eux, seront ravis de voir leur patrimoine augmenter.
En effet, le travail que nous sommes en train de faire avec le G.P.I.S., c'est de quadrupler le nombre de logements couverts dans le 15e arrondissement, mais vous n'êtes pas obligé d'accepter, Monsieur le Maire du 15e arrondissement ; c'est d'augmenter de 150 % dans le 17e arrondissement, mais vous n'êtes pas obligé d'accepter, Monsieur le Maire du 17e arrondissement ; c'est de doubler dans le 14e arrondissement. C?est de doubler dans le 10e. C?est d'augmenter de 35 % dans le 18e et dans le 19e. Oui, c'est cela notre travail, mes chers collègues.
Alors nous allons continuer ce travail et je suis persuadée qu'à la fin, nous trouverons en effet les moyens de pouvoir faire en sorte que le G.P.I.S. participe plus activement à la tranquillité publique. Nous savons que c'est une demande de l'ensemble des Parisiens.
Je termine d'un mot pour remercier ici publiquement le directeur du G.P.I.S., sans qui aucune de ces évolutions n'auraient été possibles. Je le remercie également pour son implication extrêmement active dans la prévention des rixes. Lui, ses équipes, ses agents sont devenus des acteurs importants du schéma parisien que nous vous proposerons, et en tout cas déjà des acteurs opérationnels. Donc un grand merci à eux. Le travail continue et nous les en remercions.
Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.