2019 DJS 94 - Approbation du règlement des équipements sportifs municipaux. 2019 DJS 95 - Approbation d’un tarif relatif à la location et l’utilisation des clubs-houses au sein des équipements sportifs municipaux. Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à la compensation des tarifs de location des équipements sportifs municipaux.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - La conférence d'organisation a décidé d'un débat organisé autour d'une communication sur le sport de proximité à Paris, "Paris plus sportive" avec les dossiers DJS 86, DJS 71, DJS 79, DJS 94 et DJS 95.
Bien sûr, la conférence a prévu que, dans ce débat, seront inclus les temps de parole et la présentation des v?ux de chacun des groupes de cette Assemblée.
Mes chers collègues, développer le sport pour tous partout et au plus près des Parisiens, voilà l'ambition que nous portons depuis le début de cette mandature. Je veux remercier Jean-François MARTINS, mon adjoint, de porter avec beaucoup d'énergie et vraiment une présence absolue dans tous les arrondissements de Paris cette question du sport.
Je veux le remercier, remercier aussi Pierre RABADAN, mon cabinet, la DJS, le Secrétariat général et tous les élus qui, dans les arrondissements mais aussi ici au Conseil de Paris, aiment le sport et accompagnent ce développement du sport au quotidien. Parce que le sport au quotidien, c'est autant de chance de rester en bonne santé, autant d'occasions de se réunir, autant de façons de se réapproprier la ville.
Il y a un engagement fort de la Ville pour le développement de la pratique sportive qui a représenté 380 millions d'euros d'investissements au cours de cette mandature, avec une stabilisation depuis 2014, je le rappelle, dans un cadre de réduction des dépenses publiques et de baisse des dotations de l'Etat.
Mais nous nous sommes engagés sur les Jeux olympiques et paralympiques avec l'idée que cela servirait aussi le sport pour tous au quotidien, et qu'il fallait être cohérent : baisser les moyens alors que l'on vient de gagner les Jeux olympiques et paralympiques, ce n'est pas faire preuve de cohérence.
Cette cohérence fait aussi partie de l'engagement que nous avons pris auprès de l'ensemble du monde sportif.
Cette communication s'appuie sur le plan "Paris plus sportive". Elle donne à voir tout ce qui a été fait depuis 2014, mais aussi les projets pour l'avenir. Elle s'intéresse autant aux espaces publics sportifs qu'aux pratiquants et à ces structures absolument indispensables que sont les clubs sportifs, un tissu essentiel pour notre vie, notre Ville et, au-delà, sans doute aussi pour le pays.
Alors, premier objectif que nous avons développé : plus d'espaces sportifs dans une ville dense, plus de sport dans l'espace public. En six ans, le paysage sportif parisien s'est transformé, et on en est fier. Pour répondre au mieux à une demande de pratiques sportives plus libres et plus flexibles, nous avons fait en sorte que chaque Parisien se trouve bientôt à moins de cinq minutes d'un équipement sportif en accès libre et gratuit. Ce ne sont pas moins de quinze nouveaux gymnases qui ont été créés et qui seront encore créés entre 2014 et 2020, dont plusieurs seront inaugurés cette année. Trois nouvelles piscines ont été créées sur la même période grâce au Plan "Nager à Paris", et il faut aussi compter le bassin nordique de la piscine de la Butte-aux-Cailles dans le 13e, les baignades estivales dans le bassin de la Villette et 40 nocturnes créées en piscine pour s'adapter aux contraintes du public parisien et deux nouveaux bassins qui seront ouverts dans le 14e et le 20e arrondissements. Cinq nouveaux petits terrains de sport, du foot à 7, du foot à 5, qui vont bientôt enrichir l'offre parisienne, répartis dans les 12e, 14e, 17e, 18e, et 19e arrondissements. C'est aussi la pose de revêtements synthétiques dans plusieurs infrastructures, mais respectueux de la possibilité pour l'eau pluviale de s'écouler. Ces revêtements synthétiques dans plusieurs infrastructures parisiennes ont permis de dégager 130 heures de pratiques supplémentaires chaque semaine pour le rugby et pour le foot.
Nous aménageons les rues, les espaces verts, les places pour créer des parcours sportifs, comme c'est le cas sur les berges de Seine libérées des voitures définitivement, et régulièrement investis par les coureurs et les cyclistes.
Depuis six ans, des rampes de skate-board et des espaces de remise en forme et de musculation ont été créés un peu partout dans la ville. D'ici 2020, le premier parcours sportif sera finalisé dans le quartier Nation-Stalingrad. C'est aussi le fruit du budget participatif, et je veux remercier Pauline VÉRON. Il s'agit d'une promenade de santé, longue de 4,4 kilomètres presque sans interruption, végétalisée sur toute sa longueur, agrémentée d'agrès et d'une signalétique au sol.
2019 verra aussi l'apparition des places sportives. Dès le printemps, sur les places récemment rénovées - Nation, Madeleine, Bastille, place des Fêtes, parc des Rives de Seine - des cours collectifs gratuits seront proposés aux Parisiennes et aux Parisiens tous les week-ends.
Nous cordonnons également notre action avec les bailleurs et le G.I.E. "Paris Commerces", pour créer de nouvelles salles de sport chez les bailleurs sociaux, dans des sous-sols sous-utilisés.
L'objectif est de rouvrir des espaces aux clubs et au public. C'est une collaboration qui a déjà permis de créer un gymnase semi-enterré et des salles de sport à Julie Vlasto, dans le 10e, à Chapelle International dans le 18e, là c'est sur le toit, à Bréguet-Sabin dans le 11e.
Notre objectif est également de créer davantage de salles dédiées à une seule discipline et d'améliorer le confort de la pratique en adaptant les équipements.
Dès 2019, le site Jules-Ladoumègue, dans le 19e, accueillera un dojo pour les sports de combat, une salle de boxe et une salle de danse hip hop. Sur le site de Bercy, Bercy-Bastille, dans le12e, l'ancien espace de fitness sera également transformé en salle de boxe.
Par conséquent, du sport partout dans la ville, mais aussi plus de pratiquants, parce que la pratique d'une activité physique régulière a de nombreux avantages, elle est bonne pour la santé, elle permet aussi aux gens de se rencontrer, de se sentir mieux. C'est la raison pour laquelle nous avons développé, et continuerons de le faire, une série de propositions qui permettent à tous les Parisiens de devenir des praticiens et de pratiquer une activité physique.
Grâce à "Paris Sport Vacances", 8.000 jeunes ont bénéficié l'an dernier de 900 stages sportifs organisés pendant les vacances scolaires dans tous les arrondissements. Depuis le lancement de "Paris Sport Famille", à la rentrée 2018, 3.600 parents et enfants ont pu profiter d'activités sportives, ludiques et gratuites durant le week-end. Merci à Jean-François MARTINS d'avoir porté cette proposition. C?est peut-être en devenant papa et en se disant "quand pourrai-je faire du sport entre les nuits agitées et les journées chargées ?" que tu as eu cette belle idée, mais c'est comme cela que l'on est de bons élus parisiens, c'est en étant pleinement des Parisiens et des usagers de Paris.
Le dispositif "Foot?Elles" permet aussi à 1.000 jeunes Parisiennes de participer chaque mercredi à des ateliers de foot gratuits. Grâce à "Femmes en sport", 4.000 Parisiennes profitent chaque année d'un week-end d'activités gratuites proposées par une centaine de clubs dans l'espace public parisien. Et après une expérimentation réussie dans le 5e arrondissement, nous généraliserons dès la rentrée 2019 le dispositif "Pause dej sportive" pour encourager les salariés à faire du sport à l'heure du déjeuner.
"Paris Sport Seniors", Chère Galla, nous en entendons beaucoup parler lorsque nous voyons nos seniors partout dans Paris. "Paris Sport Seniors" sera renforcé, c'est une demande forte de leur part pour atteindre 5.500 places en 2019 contre 3.000 l'an dernier, car encourager nos seniors à pratiquer un sport, c'est bien sûr lutter contre l'isolement et prévenir les problèmes de santé. D'ailleurs, lorsqu'on les voit, ils nous demandent tous de pouvoir faire beaucoup plus d'aquagym et d'aquabike. Jean-François, je passe le message : l'aquabike est quelque chose qui est très demandé par tous les seniors dans nos clubs, et encore récemment ils nous l'ont dit.
Particulièrement dense, l'offre sportive parisienne sera bientôt rassemblée sur un site dédié, accessible dès l'été prochain depuis Paris.fr. Grâce à cette porte d'entrée unique, il sera beaucoup plus facile de s'y retrouver.
Je l'ai dit tout à l'heure, les clubs sont essentiels à la vie du sport, à la vie sportive et à la vie de notre Capitale. Les clubs sont des acteurs incontournables de la vie de la Ville et de ses quartiers. Ils participent au développement du sport amateur, notamment chez les plus jeunes, ils renforcent le lien social et offrent un cadre pédagogique propice à l'épanouissement. Les clubs sont de véritables écoles de la vie et ils jouent pleinement leur rôle aux côtés des familles et aux côtés, bien sûr, de l'institution scolaire. Parce que nous considérons qu'un club ne pourra jamais être remplacé par une application ou par une salle de sport, nous apportons notre soutien aux clubs parisiens afin qu'ils soient en mesure de répondre aux nouvelles attentes des publics.
On compte 3.168 clubs sportifs à Paris, rassemblant plus de 300.000 licenciés. En 2018, près de 4,3 millions d'euros de subventions ont été versés par la Ville à 424 associations sportives. Ce soutien apparaît d'autant plus indispensable à leur survie que, malheureusement, l'État a procédé à un désengagement assez massif vis-à-vis du monde associatif, non seulement en subventions mais je pense aussi aux contrats aidés qui, pourtant, dans le monde associatif et le monde sportif, étaient une des bases permettant l'économie des clubs, notamment pour les accompagner dans cette mission de service public qui est la leur, car les clubs ont une mission de service public.
A Paris, d'ici 2020, un plan de formation à destination de tous les acteurs des clubs, les bénévoles, les salariés, les animateurs et les dirigeants, permettra d'adapter la réponse aux nouveaux enjeux qui se posent en termes de valeurs, de santé, de pratiques et d'outils. Dix-sept "clubhouse" ont déjà été créés au sein des équipements sportifs pour mieux accueillir les familles, offrir des lieux de vie aux clubs, améliorer le quotidien des bénévoles qui souvent sont des parents, des parents qui accompagnent leurs enfants et qui passent une partie de leur fin de semaine sur les stades dans nos équipements. Ainsi, les accueillir, c'est aussi répondre évidemment à leurs besoins et les remercier pour leur engagement. Dès le mois d'avril 2019, nous ferons appel à "Unis-Cité" pour introduire le service civique dans les associations sportives ; ce sera l'occasion pour elles l'occasion de se développer et pour les jeunes un moyen d'acquérir une expérience formatrice dans l'univers des clubs. Nous savons qu'à Paris il y a plus de gens qui veulent pratiquer du sport que de créneaux disponibles. Il faut donc poursuivre nos efforts pour permettre à toutes et à tous d'accéder à l'offre municipale foisonnante ; c'est le Paris que nous voulons, un Paris actif qui donne du souffle à chacun. Je veux à nouveau remercier Jean-François MARTINS, toutes les équipes autour de lui, l'administration de la Ville et nos cabinets pour le souffle qu'ils nous donnent dès ce lundi matin, premier Conseil de l'année, consacré au sport, au sport de proximité. Merci infiniment à chacune et à chacun. Je donne la parole au premier orateur, M. Rémi FÉRAUD, grand sportif devant l'Eternel, président du groupe Socialiste et Apparentés.
M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Madame la Maire, de me donner la parole en vous moquant un peu de moi pour commencer la semaine.
Chers collègues, la communication dont nous débattons ce matin constitue un document de référence sur la politique sportive que nous menons à Paris, et je veux, comme grand sportif, saluer ce travail rigoureux qui traduit bien toutes les avancées, qui met en perspective et en cohérence les actions réalisées depuis 2001 et particulièrement depuis 2014 sous la responsabilité de Jean-François MARTINS.
Paris est une ville attractive et une ville ambitieuse. L'attribution des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 l'a confirmé et elle contribue à cette dynamique. Mais cela n'enlève rien, bien au contraire, à notre volonté de développer le sport au quotidien, c'est-à-dire celui qui intéresse d'abord les Parisiennes et les Parisiens, à proximité de leur domicile ou de leur lieu de travail, le sport qu'ils pratiquent pour leur loisir, leur santé ou leur bonheur, et ces trois dimensions ne sont pas exclusives.
En effet, gardons toujours à l'esprit que s'il est normal que Paris attire et accueille les personnes qui réussissent, son action doit être au service de l'ensemble des habitants de la ville. C'est pourquoi il est nécessaire et particulièrement bienvenu de rappeler aujourd'hui l'action de la Ville en matière de sport de proximité. Notre politique sportive vise en effet à permettre au plus grand nombre de pratiquer des activités physiques et ce, sur l'ensemble du territoire parisien. Il en va de plusieurs dimensions extrêmement importantes : la qualité de vie de chacune et chacun, la santé publique dans notre ville, les valeurs du sport qui doivent être partagées et développées à Paris, notamment pour tout ce qu'elles contiennent d'esprit de fraternité dans notre ville.
Pour que cette ambition soit possible et accessible au plus grand nombre, Paris a fait du sport un choix politique réfléchi et assumé. En effet, sans cette ambition forte dans la durée et sans une pensée d'ensemble de la question, la pratique sportive serait rendue difficile pour beaucoup par manque d'équipements, par manque d'offres, par manque de clubs ou d'encadrants, ou en raison de frais d'inscription trop élevés. Dans un contexte particulier qui est celui d'une très grande densité urbaine, nous menons donc une politique sportive volontariste malgré cette contrainte.
Chaque année, nous produisons davantage d'offres sportives tournées vers les Parisiens, en augmentant aussi les créneaux dans les équipements existants. Paris a continué d'élargir son parc d'équipements sportifs en investissant massivement. Cet investissement dans tous les domaines est la marque de ce mandat et le sport n'y fait pas exception : 380 millions d'euros ont été ainsi consacrés à la construction de 15 nouveaux gymnases et de 5 nouvelles piscines.
Je sais les progrès réalisés et les nouveaux équipements livrés dans mon arrondissement du 10e ces dernières années avec, par exemple, les gymnases Marie-Paradis et Julie-Vlasto, la rénovation des T.E.P., et la création d'équipements de plein air en accès libre le long du canal Saint-Martin qui seront désormais augmentés par le nouveau parcours de Nation à Stalingrad.
Paris a fait preuve d'ingéniosité aussi et il en faut quand les espaces à construire manquent. Ainsi, dans de nombreux arrondissements, la Ville a réaménagé les terrains d'éducation physique en stades de football à 5 ou 7, plus adapté à ces surfaces. Elle a ouvert de nouveaux espaces dédiés partout où cela était possible comme des dojos, des rings ou des salles de danse.
Surtout, ce qui est remarquable dans notre politique sportive, c'est cette volonté qu'elle profite au plus grand nombre, tout au long de la vie, en veillant à inclure de nouveaux entrants. Cela commence, bien sûr, par des horaires élargis et plus adaptés aux usagers. Cela nécessite de soutenir les clubs et le monde sportif comme vous l'avez rappelé, Madame la Maire, ce que nous faisons quand, cette année, le Gouvernement a fait du sport une variable d'ajustement budgétaire, ce que nous regrettons.
Notre politique passe également par la recherche constante de nouveaux publics, ceux-là même qui sont parfois éloignés de la pratique sportive, qu'ils se trouvent dans les beaux quartiers ou dans les quartiers populaires et quel que soit leur âge.
Pour être plus inclusif, le sport parisien a dû évoluer. Cette évolution, la Ville l'a encouragée et accompagnée. Les pratiques se sont féminisées avec un fort soutien aux clubs féminins ou grâce à des créneaux dédiés pour lesquels nous visons la parité d'ici 2024.
Fidèles aussi à notre engagement inclusif, la pratique du handisport se développe. Les équipements accessibles augmentent de 7 % en cette année 2019. Des dispositifs comme les centres de sport adaptés ou handi-jeunes sont lancés et un pôle de pratique handisport verra le jour dans le 15e arrondissement.
La pratique sportive, quand elle est possible pour le plus grand nombre, est aussi un levier fort de mixité sociale. C?est pourquoi, afin que le sport ne bénéficie pas exclusivement à un public initié ou favorisé, la Ville a mis en place des dispositifs dédiés auprès des familles dans les quartiers "politique de la ville" comme "Réduc? Sport" ou des animations et des médiations partout où le besoin se présentait.
Enfin, nous savons combien le sport peut être un instrument efficace dans la lutte contre les discriminations. La Ville soutient les événements sportifs et les clubs inclusifs. L?été dernier, les Gay Games ont été une formidable vitrine du sport pour toutes et tous. Désormais, un plan de formation sur la question des discriminations sera lancé à destination des bénévoles. Il s?agit là d'un enjeu très important.
Chers collègues, la politique sportive menée à Paris méritait ce document et ce temps de débat au Conseil de Paris pour rappeler son ambition, sa cohérence et la poursuite dans la durée de ses objectifs. Plus inclusive, accessible et diversifiée, la pratique sportive à Paris a été rendue possible par le choix politique clair que nous avons fait en direction du plus grand nombre. C?est cette politique qui donne tout leur sens aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous, cher Rémi FÉRAUD. Madame Joëlle MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris.
Mme Joëlle MOREL. - Merci, Madame la Maire.
L?Organisation mondiale de la santé ne cesse de tirer des sonnettes d'alarme sur la sédentarité dont les conséquences sur la santé, surtout quand elle est associée à une mauvaise alimentation, sont particulièrement néfastes. Nous le savons, la pratique d'une activité sportive améliore considérablement les probabilités de rester en bonne santé et diminue les risques du nombre de pathologies, notamment cardiovasculaires. La question de la pratique sportive est donc indéniablement une question de santé publique, mais pas que.
Le sport, c'est aussi un moyen de se sociabiliser, de prendre ou reprendre confiance en soi, de s?accomplir, d'apprendre l'usage des règles et le respect de ses adversaires, de prendre plaisir, enfin, tout simplement.
Loin de l'horizon mercantile et publicitaire du "sport business" dont les Jeux olympiques sont l'expression la plus ultime, favoriser la pratique quotidienne des activités sportives, qu'elles soient individuelles ou collectives, constitue un enjeu prioritaire.
Cette communication constitue plus un bilan de la mandature qu'une perspective pour la suite, et ce d'autant plus qu'elle a le bon goût de se distinguer de l'organisation des Jeux olympiques.
Beaucoup d'éléments positifs sont à souligner. Malgré un fort désengagement de l'État, le choix a été fait de permettre la pratique du sport-plaisir et loisir à Paris en attribuant plus de 4 millions d'euros via des subventions à plus de 400 associations en 2018. Même si nous sommes souvent caricaturés sur ces questions, je souligne qu'au fil des différents Conseils de Paris, les écologistes ont soutenu ces choix qui constituent un soutien plein et entier à un tissu associatif vivant, ouvert et innovant.
C?est sur ce tissu qu'il faut s?appuyer avec, en creux, la question récurrente des lieux de pratiques sportives qui sont trop rares à Paris. En concentrant plus de 2 millions d'habitants sur 105 kilomètres carrés, le sport à Paris est victime de la densité de la ville. Il faut être inventif pour trouver de nouveaux espaces de sport. Je salue d'ailleurs, à ce titre, les initiatives visant à élargir les horaires des gymnases existants et en confiant la gestion aux associations elles-mêmes. Sans surprise, le bilan est extrêmement positif. Je salue également la volonté d'aller chercher des parkings chez les bailleurs, de travailler avec le Rectorat afin d'ouvrir les gymnases aux associations quand ils sont vides.
Dans un contexte où nous ne pouvons plus bétoniser la ville, même pour créer de nouveaux équipements sportifs, il faut penser les choses différemment. C?est le cas, par exemple, du T.E.P. de Ménilmontant qui doit rester un espace sportif ouvert et gratuit, un espace de plein air. Garder des espaces de ce type est indispensable pour continuer à faire de Paris une ville plus vivable et respirable.
D?ailleurs, nous souscrivons pleinement à l'un de vos objectifs de faire en sorte que chaque Parisien soit à 5 minutes d'une infrastructure sportive. Dans cette même logique, l'espace public doit également être un immense terrain de jeux sportifs. Il suffit, à ce titre, de voir courir dans les rues les Parisiennes et les Parisiens pour constater qu'ils ne nous ont pas attendus pour donner à leur ville des usages ludiques et sportifs.
Nous nous réjouissons donc que des demandes des citoyens portées par le budget participatif, comme le parcours sportif qui reliera Nation à Stalingrad, voient le jour. Conformément aux attentes des riverains, ce projet devra comporter de la végétalisation participative. Nous restons donc très vigilants sur ce point et c'est la raison pour laquelle nous demandons une clarification sur la nature, le calendrier et la finalité des travaux.
Enfin, sur ce point, nous partageons avec vous votre volonté de faire de Paris la capitale du "running". Si la pratique explose et trouve, avec les berges de Seine par exemple, un formidable circuit, c'est peu dire que courir dans la ville reste compliqué : la circulation, les travaux, la foule, les ruptures de parcours rendent, il faut le dire, l'exercice compliqué - pour ne pas dire dangereux.
Pour avancer, nous déposerons un v?u afin que la Ville mette en place un schéma de continuité de course à pied qui pourra être disponible sur Internet et collaboratif, et insiste sur la nécessité de créer des parcours de différentes distances pour la course à pied et toute autre activité sportive qui pourrait s?y prêter.
Dans le même esprit, nous voulons favoriser la pratique sportive des parents qui, du fait de la charge parentale, peuvent sacrifier des temps d'activité physique. C'est la raison pour laquelle nous demandons l'installation d'agrès sportifs près des aires de jeux pour enfants, afin que les parents puissent profiter de ces moments pour pratiquer un peu de sport. Cela s'inscrit dans les objectifs affichés du développement "sport en famille" à l'image du projet "Paris Sport Famille" que vous portez et dans la logique de faciliter le sport partout où c'est possible.
Je laisserai mon collègue David BELLIARD présenter les autres v?ux rattachés à cette communication, je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame MOREL.
Je donne la parole à Sergio TINTI.
M. Sergio TINTI. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers collègues, le sport est trop souvent le parent pauvre des politiques publiques. La perspective des Jeux olympiques et paralympiques doit nous faire changer la manière de considérer le sport. C'est ce que nous voulons faire à Paris.
A cet égard, je voudrais, au nom de mon groupe et en tant qu'élu d'arrondissement en charge du sport dans le 19e arrondissement, saluer le travail de la Ville et de Jean-François MARTINS sur cette communication. Il nous donne à la fois un bilan et des perspectives pour que le sport prenne toute sa place dans notre ville.
Aujourd'hui, le sport est confronté à des défis majeurs. Si nous voulons une ville plus sportive, nous devons les relever.
Parmi ces derniers, la question de son accès. Je pense au public le plus éloigné de la pratique sportive. La conquête de nouveaux publics, féminisation des pratiques, développement du sport dans les quartiers populaires et à destination des seniors, doit être au c'ur de la politique sportive de notre ville.
Nous pouvons compter pour cela sur la filière sportive de la Ville. Actuellement, cette filière compte 440 agents titulaires et 520 vacataires. Nous soutenons pleinement la réforme de la filière sportive annoncée pour 2019 visant à développer une offre complémentaire aux moments sportifs, à faire du sport un droit pour toutes et tous et accompagner les publics les plus fragiles vers les pratiques sportives.
Nous souhaitons profiter de cette réforme pour demander qu'elle soit accompagnée d'une augmentation du budget alloué, d'une augmentation des agents, notamment du programme pour la titularisation des vacataires et que la Ville s'engage à faire des investissements nécessaires pour une féminisation de la profession.
Comme toutes les politiques publiques, nous sommes persuadés qu'elles sont plus pertinentes et plus efficaces si elles associent la population. Si nous voulons une ville plus sportive, nous devons construire cet objectif avec les Parisiennes et les Parisiens.
La démocratisation de l'organisation du sport à Paris est à la confluence des aspirations du moment sportif et des pratiquants.
Nous demandons à la Ville d'inciter et d'accompagner les arrondissements à mettre en place les projets sportifs d'arrondissement. Les projets sportifs d'arrondissement existent aujourd'hui dans certains arrondissements, mais nous pensons qu'il serait très bénéfique pour notre ville de les généraliser.
Dans le cadre de la mise en ?uvre de la politique sportive de la Ville, les P.S.A. peuvent être la déclinaison locale dans le respect de la richesse et des réalités propres à chaque arrondissement.
Conçus et organisés par les mairies d'arrondissement et les circonscriptions de la Direction de la Jeunesse et des Sports, ces projets devraient solliciter tous les clubs et associations sportifs ainsi que les usagers dans un travail de réflexion et de proposition qui permettrait d'une part, d'associer tous les acteurs de la politique sportive locale, et d'autre part, de contribuer à une vraie cohérence de projet.
Ils devraient s'articuler sur la base d'un recensement et de la présentation des installations de l'arrondissement, des clubs et associations utilisateurs, des activités et des dispositifs proposés par la Ville présents dans l'arrondissement.
Ainsi, une analyse la plus fine des réalités locales nous semble nécessaire. Cela permettrait de travailler sur des installations sportives et leurs utilisations, les attributions de créneaux, les dispositifs, les subventions, les événements et manifestations sportives.
Tout ce qui participe à l'organisation et au développement des pratiques sportives locales serait ainsi partagé, programmé et évalué sur une période qui pourrait être de 3 ans et cela dans une moderne et responsable forme de démocratie participative.
Enfin, parce que les équipements de notre ville sont des lieux communs à un nombre important d'usagers et de pratiques, nous prônons la création de comités d'usagers dans tous les centres sportifs de notre ville. Ces lieux de pratique dans lesquels divers publics se croisent, usagers, adhérents des clubs et associations, agents de la Ville, manquent souvent de moments de rencontre et d'échange. Souvent, ce manque de communication contribue à créer des incompréhensions, voire des conflits entre utilisateurs et agents de la Ville.
Ces comités, déjà expérimentés dans certains arrondissements, comme le 19e, faciliteraient la prise en compte et le respect des exigences et des besoins des uns et des autres.
Ces lieux nous semblent des espaces propices autour desquels la vie des installations pourrait s'organiser, de la connaissance des bâtiments, leurs spécificités, leurs caractéristiques, avec des visites des installations proposées par les agents de la Ville à la présentation de la programmation des travaux prévus ; des critères appliqués dans le cadre du partage des créneaux entre public scolaire et clubs au règlement intérieur des établissements ; des moments de convivialité à des moments de bilan. Tout ce qui participera au suivi de la vie de l'établissement contribuera à instaurer un climat favorable pour une lecture claire de la politique sportive parisienne en cohérence et dans le respect des besoins des Parisiennes et des Parisiens.
Chaque comité d'usagers pourra être ainsi considéré comme un des lieux où se concrétiserait la démocratisation des pratiques sportives dans notre ville.
Merci, Madame la Maire.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.
M. Pierre AURIACOMBE pour le groupe PPCI.
M. Pierre AURIACOMBE. - J'ai écouté votre communication avec grand intérêt, elle est passionnante : plus de mètres carrés, plus de créneaux, des Parisiens, des sportifs heureux, c'est magnifique.
Malheureusement, nous sommes nombreux, Parisiens, à ne pas avoir cette impression. En plus, vous nous expliquez que c'est depuis 2001 que tout a été réalisé, que dans les années 1970 à 2000 la Ville a connu un sous-investissement. Avant, rien ou très peu, et depuis, maintenant, ce sont des piscines, des bassins, des bases nautiques, des patinoires et autres grands stades et terrains de jeux.
C'est très bien, mais la plupart de ces terrains existaient avant. Ils n'ont pas été créés depuis 2001, je suis désolé de le dire. C'est la grande majorité d'entre eux. Vous confondez également nouveaux stades et rénovations, nouveaux gymnases et rénovations. Ils existaient avant. Ils étaient vétustes et vu que vous êtes au pouvoir depuis maintenant trois mandatures, vous les avez réhabilités, c'est normal.
Dans certains cas, vous avez même supprimé certains équipements de l'offre amateur. Cela a été le cas du stade Jean Bouin autrefois réservé aux amateurs et de nombreux joueurs de rugby amateur y ont joué, et aux scolaires. Maintenant, il est réservé aux professionnels du Stade Français. L'offre a été remplacée par le stade de l'hippodrome d'Auteuil, mais c'est en remplacement, on n'a pas accru l'offre.
Qu'en est-il de cette offre ? Beaucoup d'entre nous ont des enfants ici, ils connaissent bien le problème de l'offre sportive à Paris. La pratique sportive pour nos enfants, c'est la course à l'inscription en septembre, les forums qui ont lieu dans les mairies d'arrondissement ont un succès énorme. Pourquoi ? Parce que passé le 30 septembre, il n'y a plus de places. Nous le savons tous très bien ici.
Je vous cite dans votre rapport : "à Paris, seuls 15 % des garçons et filles âgés de 8 à 14 ans font les 60 minutes d'activité physique journalière recommandée par l'O.M.S.". Oui, 15 % des enfants de 8 à 14 ans, et on parle de 60 minutes, pas d'entraînement et de match. Ce n'est pas énorme. Tout de même, vous en conviendrez, dans la réalité, les faits sont différents.
Je vous cite toujours : "en matière de pratiques sportives, il est acquis que les bonnes habitudes prises le plus tôt possible favorisent une pratique durable et continue toute l'enfance et à l'âge adulte".
Quand je lis dans votre communication : "rendre Paris plus accueillant aux familles fait partie des priorités de la Ville", "la Ville a voulu accorder une plus grande place aux loisirs en famille et au plus populaire d'entre eux, le sport", "créer une offre pionnière pour les jeunes enfants et leurs parents "Paris Sport Famille", "seuls 15 % des enfants pratiquent vraiment le sport" et c'est votre priorité, je m'inquiète pour ce qui n'est pas du domaine de votre priorité.
Vous écrivez également dans votre communication : "la pratique des licenciés concerne à Paris 16 % de la population parisienne, contre 24 % sur le plan national". Je ne méconnais pas les problèmes, nous sommes dans Paris, dans un endroit très dense, mais dire que tout va bien et tout est rose, tout de même...
Madame la Maire, vous nous avez lu un catalogue de bonnes intentions, peut-être votre programme de 2020, mais pas la situation du sport à Paris.
Je reviens sur certaines de vos propositions : l'optimisation des créneaux horaires sur lesquels vous avez travaillé, oui, il y a eu de gros efforts de faits, j'en conviens. Les équipements parisiens se singularisent par une amplitude d'ouverture exceptionnelle, et c'est normal. Est-ce suffisant ? D'abord, on pourrait parler des grèves qui ont touché notamment les piscines, les équipements sportifs.
Il y a une réalité en la matière. C'est bien d'ouvrir sur le papier, mais si, dans la réalité, ce n'est pas ouvert, c'est un autre problème. Les créneaux autonomes gérés par les associations, c'est une très bonne idée, et je reviendrai sur les associations. Maintenant, ces créneaux, il faut aussi les contrôler. Qu'en est-il ? Quand vous vous occupez du sport, si vous allez dans une piscine un soir et que vous voyez les lignes de natation, il y aura une association avec 40 gamins et 4 lignes d'eau, et une autre association avec 4 lignes d'eau et 2-3 enfants, ou 2-3 adultes, peu importe. Pourquoi ? Il n'y a pas de contrôle, donc il faut attribuer ces lignes d'eau, mais aussi contrôler.
Sur l'optimisation des créneaux, je voudrais prendre un autre exemple d'actualité. M. le Préfet a réquisitionné le gymnase Jean-Bouin pour l'accueil des migrants dans le16e. Cela ne me pose pas de problème, ce n'est pas le sujet. Mais vous avez pu trouver de nouveaux créneaux, et c'est très bien, pour les praticiens du sport sur Jean-Bouin. Comment a-t-on pu, fin janvier, trouver des créneaux disponibles, alors que ces créneaux auraient dû être déjà utilisés ? C'est qu'il y a bien un problème de mauvaise attribution de ces créneaux. Je voudrais avoir des explications en la matière.
Les autres pistes : couvrir les terrains de sport extérieurs, oui, bien sûr. Vous avez déjà commencé, mais il faut un plan d'envergure. Le synthétique sur les terrains de sport s'impose aujourd'hui. Il faut rappeler qu'il n'a pas été fait avant, quand c'était impossible, mais c'est une bonne chose.
Un point de votre communication où je vous suis largement, ce sont les clubs. Il s'agit du premier levier essentiel pour promouvoir l'activité sportive à Paris, et c'est vrai en France. Les clubs sont un acteur essentiel et nous vous suivons sur ce point. Quand vous proposez le plan de formation pour les sportifs parisiens, c'est tout à fait favorable. Résidentialiser les clubs, également. L'idée des deux ans et des "clubs-houses" : oui, c'est très bien, donc nous vous suivons.
Dans le même temps, on ne sait pas trop, là encore, où vous voulez aller, parce que vous nous dites "faire de l'espace public parisien un grand terrain de jeu". Cinq pages, dans votre communication, sont consacrées aux clubs et idem à la pratique libre. Là encore, quelle est votre priorité ? Est-ce un programme électoral ici qui permet à tout le monde de s'y retrouver ?
Le rôle du privé, vous ne l'oubliez pas, est important. Là encore, c'est assez curieux, vous écrivez : "prohibition des clubs n'ayant qu'un but commercial". Là encore, tout le monde peut s'y retrouver, c'est un peu surprenant.
Le sport, source d'intégration, la lutte contre les discriminations, la politique en faveur du handicap, l'égalité hommes/femmes : bien évidemment, nous vous soutenons, mais avec quels moyens ? Sauf erreur, il n'y a pas eu d'augmentation des budgets en la matière.
En conclusion, ce n'est pas un état des lieux du sport que vous nous livrez à Paris - je ne sais pas si c'est votre vision -, mais un programme électoral. Comme on va le voir cet après-midi sur la sécurité et la police municipale.
Vous êtes, Madame la Maire, en campagne électorale. Nous avons ici un programme avec une liste à la Prévert. Je ne suis pas certain que cette communication aide le sportif du XXIe siècle à se retrouver dans votre inventaire. J'espère, toutefois, que ces propositions ne resteront pas en l'état et seront mises en place dans une prochaine mandature, avec, je le souhaite pour ma part, une nouvelle équipe. Merci.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.
Madame Laurence GOLDGRAB, présidente du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, vous avez la parole.
Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers collègues, qu'il soit pratiqué seul ou à plusieurs, à l'intérieur comme à l'extérieur, le sport est une véritable source d'émotion, de détente et de bien-être. S'il mène chacun à l'épanouissement et au dépassement de soi, il est aussi souvent l'occasion de partager des moments simples entre amis. On pourrait, par confort, en faire un sujet apolitique, mais c'est bien une vision politique volontariste qu'il fallait à l'Exécutif pour que Paris devienne le berceau de l'olympisme. Il n'est pas question, comme je viens de l'entendre, de distribuer des bons et mauvais points. Je le répète : c'est bien une vision politique globale qu'il faut pour une véritable action sportive à Paris.
A ce titre, je tiens à saluer l'excellent travail mené depuis 2014 par mon collègue Jean-François MARTINS. Cette communication vient démontrer, s'il le fallait, l'engagement et l'implication de l'Exécutif de tous les instants pour faire de Paris une ville où le sport est accessible pour tous. D'abord, en relevant le défi de l'espace dans une ville dense, avec de nouveaux équipements dont la liste est impressionnante, des parcours et des places sportives. Ensuite, en faisant de Paris une ville où chacun peut trouver une offre sportive qui lui correspond, peu importent son âge et sa catégorie sociale. Le sport pour tous, donc.
Il faut tout d'abord souligner, dans cette communication, le rôle que la Ville de Paris accorde aux clubs. A l'heure de l'individualisation, je me félicite de la démarche de la Ville de Paris qui consiste à mettre les clubs sportifs au c'ur de la pratique sportive parisienne. Aujourd'hui, on oublie trop souvent la vocation sociale des clubs et le lien social qu'ils permettent de préserver. En effet, un club ne peut et ne doit être considéré comme un simple lieu de passage. Les clubs doivent être de véritables lieux de vie et d'échange, où se rencontrent enfants, parents et bénévoles. En bref, des lieux de convivialité et de vivre ensemble.
A ce titre, je me réjouis que soit prévue la création de 17 "clubs-houses" d'ici 2020. Ils font partie de ces éléments qui structurent un club, font son identité, lui apportent un supplément d'âme. Cette volonté d'identité "club" ne peut être favorisée que par le travail de résidentialisation qui a permis, dans de nombreux cas, de concentrer toute l'activité d'un club dans le même lieu, alors qu'auparavant?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - S'il vous plaît, je demande à celles et ceux qui sont dans les travées, discutent et ont certainement des choses très intéressantes à se raconter...
Merci, Laurence.
Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci beaucoup.
Alors qu'auparavant, plusieurs équipes d'un même club pouvaient se retrouver à jouer dans des stades différents. Parmi ces éléments qui structurent un club, comment ne pas évoquer les bénévoles qui, chaque semaine, donnent de leur temps pour permettre à nos enfants, mais aussi à nous, adultes, de pratiquer notre discipline au mieux.
Ensuite, pour en revenir à l'accessibilité de la pratique sportive à Paris, j'aimerais souligner quelques initiatives. D'abord, les dispositifs à destination de toute la famille, comme les dispositifs "Paris Sport Vacances", dont les stages ont profité à près de 8.000 jeunes, ou "Paris Sport Famille", dont l'objectif est de mettre à disposition des familles parisiennes un équipement sportif par arrondissement.
Au-delà du travail effectué pour permettre aux enfants et aux jeunes de faire du sport, on remarque une véritable action pour permettre aux publics les plus éloignés de la pratique sportive de s'en servir, que ce soient les seniors ou les actifs salariés, avec ce projet de "pause-déj sportive" à la rentrée 2019.
D'autre part, merci du travail accompli pour encourager le travail effectué à destination des jeunes filles. Je pense aux initiatives "Foot?Elles", "Hand?Elles", mais aussi au travail qui consiste à les faire s'approprier les terrains de sport, notamment en accès libre, qui sont occupés essentiellement par des garçons, il faut bien le dire.
Concernant les terrains nécessitant une réservation, je ne peux qu'approuver l'objectif affiché d'une parité des créneaux d'ici 2024.
Enfin, pour conclure mon intervention, j?aimerais faire remarquer l'amplitude des créneaux de sport qu'offre la Ville de Paris. Quelle autre ville peut se targuer de voir ses équipements ouverts 360 jours par an, et certains, de 7 heures à 22 heures 30 ? Mon groupe est d'ailleurs favorable à un élargissement jusqu'à minuit, comme proposé par l'adjoint aux sports.
Cette volonté d'offrir au plus grand nombre un plus grand nombre de créneaux de sport dans la Capitale passera également par un travail avec le rectorat pour la mise à disposition des terrains au sein de leurs locaux. La convention passée avec 18 établissements scolaires est un bon départ. Espérons que ces partenariats se multiplieront à l'avenir. En bref, une offre pour les plus jeunes comme pour les moins jeunes, pour les actifs et les inactifs.
Les élus du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants approuvent cette communication qui ne souffre d'aucun trou dans la raquette et démontre une vraie vision pour la pratique du sport amateur à Paris.
Je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame GOLDGRAB.
Madame Alix BOUGERET, pour le groupe les Républicains et Indépendants, vous avez la parole.
Mme Alix BOUGERET. - Merci, Madame la Maire.
Madame la Maire, mes chers collègues, bien malin celui qui aurait à redire à ce stade de la stratégie que vous proposez ce matin pour le sport de proximité à Paris. Comment, en effet, ne pas partager les enjeux que vous avez identifiés ? Evidemment, construire une offre sportive dans une ville aussi dense est un défi : créer de nouveaux équipements, rénover l'existant, imaginer de nouveaux espaces de pratique. Je pense particulièrement à l'espace public devenu un grand terrain de sport. Evidemment, le club est la pierre angulaire de la pratique sportive. Dans le même temps, il faut aussi envisager et contenter la pratique libre. Il est devenu crucial de favoriser l'accès au sport et à la pratique pour tous. C'est un enjeu social, mais aussi sanitaire.
Les statistiques sur l'inactivité et la sédentarité des plus jeunes doivent, notamment en ce début de semaine olympique dans nos établissements scolaires, nous interpeller. 15 % seulement des 8-14 ans pratiquent 60 minutes d'activité quotidienne recommandées par l'O.M.S. et seulement 7 % pour ce qui est des jeunes filles.
Peut-être est-ce ce qui doit nous motiver à J-2006 avant les J.O. : réussir à renouveler durablement le rapport des Parisiens, notamment ceux de la génération 2024, à la pratique du sport pour tous les âges et quelle que soit la motivation, haute performance, loisirs ou bien-être. A méditer donc dans la perspective de nos échanges futurs, je l'ai bien compris, sur le fameux héritage de ces jeux.
Mais c'est tout de même très regrettable de désolidariser les deux. Pourquoi distinguer à ce point le sport de proximité et le sport de haut niveau, et les grands événements pour en faire deux plans différents ? Je sais pourtant qu'en dépit de certaines âmes chafouines de votre majorité, vous êtes consciente des liens indéfectibles qui existent entre le sport amateur et le haut niveau.
C?est non seulement par le sport de proximité que tout commence et c'est aussi par lui que tout continue pour les champions. Il n'y aurait pas de sportifs de haut niveau s?il n'y avait pas de pratiquants amateurs. Et la réciproque fonctionne bien entendu : le haut niveau sert les intérêts du sport amateur. Que Paris accueille les J.O. dans cinq ans, c'est une chance pour l'ensemble du sport français, mais c'est aussi une chance pour toutes celles et tous ceux qui le font vivre au quotidien.
Au final, les liens sont si évidents que l'on retrouve tout de même dans ce document un certain nombre de mesures préconisées par notre collègue Jean-François LAMOUR, issues du rapport qu'il vous a remis en septembre dernier sur le sport de haut niveau : développement des équipements dédiés, attribution des créneaux en priorité aux associations affiliées, attention renforcée à l'égard des clubs structurants.
C?est un juste retour des choses que de reconnaître le travail qu'il a mené durant plus de six mois, l'année dernière. Je vous en remercie, non sans une certaine ironie puisque son nom n'est pas cité une seule fois.
Quoi qu'il en soit, si on n'a pas le même maillot, on a pourtant la même ambition, celle de permettre à tous de pouvoir pratiquer une activité physique facilement. C?est là parfois que le bât blesse car ce n'est pas si évident entre les fermetures inopinées des équipements, les problèmes de sécurité ou de nuisances. Tout n'est pas rose pour les usagers, vous en conviendrez.
Inutile d'ailleurs de revenir sur les grèves que les équipements ont connues en début de mandature, grèves qui ont duré, excusez du peu, un an et demi. A cet égard, il est impératif que la réforme annoncée de la filière sportive, aussi nécessaire soit-elle, ne débouche pas sur un mouvement social qui perturberait à nouveau le fonctionnement des équipements sportifs de la Ville.
Vous le savez, dans ce contexte, vous pouvez compter sur les maires d'arrondissement soucieux comme vous de favoriser la pratique du sport du plus grand nombre. Ils sont soucieux et concernés au premier chef, ne serait-ce que parce qu'ils ont en charge les deux tiers des équipements sportifs et qu'ils sont partie prenante dans le pilotage des travaux ou l'attribution des créneaux.
Comment d'ailleurs comprendre votre refus d'inscrire dans le règlement des équipements sportifs l'attribution conjointe des créneaux par la Ville et les maires ? Je me l'explique d'autant moins que vous l'affirmez par ailleurs : tout se passe dans la grande intelligence de part et d'autre, et l'avis des maires est suivi dans 98 % des cas.
En toute responsabilité, pour que nos équipements soient dotés enfin d'un règlement actualisé - il n'a pas été revu depuis 1977 -, nous avons proposé de ne pas y évoquer les modalités d'attribution des créneaux, mais il n'en demeure pas moins que le rôle du maire d'arrondissement doit être garanti.
Madame la Maire, nous avons formulé un certain nombre de propositions de manière constructive pour aller plus loin et pour renforcer la pratique du sport de proximité, et mes collègues y reviendront.
Ce plan ne doit pas rester un vaste coup de communication préélectorale, mais c'est bien un nouveau départ à l'aube du formidable défi que représentent les Jeux Olympiques.
Je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. BARGETON, pour le groupe DP.