41 - 2004, DAC 126 - Approbation du principe de la réalisation d'une couverture en bacs acier sur le versant ouest de l'église de la Madeleine
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons maintenant, mes chers collègues, à l'examen du projet de délibération DAC 126 concernant l'approbation du principe de réalisation d'une couverture en bacs acier sur le versant ouest de l'église de la Madeleine.
Je donne la parole à M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement, du groupe U.M.P.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Monsieur le Maire, une nouvelle fois vous nous soumettez un projet de délibération qui est destiné à financer des travaux sur l'église de la Madeleine, un des monuments majeurs de la Capitale et un des lieux les plus visités par les touristes à Paris.
Je devrais m'en féliciter car effectivement ce monument est dans un état déplorable. Sa structure est gravement déstabilisée depuis des décennies. Des désordres de tous genres et de toutes natures l'affectent. Il est aujourd'hui étayé, échafaudé et il est même sous surveillance constante de la part des architectes des Monuments historiques. Or les 300.000 euros dont il est question ici ne sont nullement destinés à couvrir des travaux de restauration ou ayant un quelconque aspect définitif. Il ne s'agit toujours que de bricolage, du bricolage à 300.000 euros quand même ! 300.000 euros uniquement pour couvrir une partie du monument dont la couverture a été emportée par la tempête de décembre 1999, et tout cela pour un véritable pansement en tôle peinte en vert pour imiter le cuivre d'origine !
Alors, Monsieur le Maire, s'il vous plaît, arrêtons le bricolage, arrêtons le fil de fer et les cautères inefficaces, mais coûteux. Quand la Ville présentera-t-elle enfin un plan et un calendrier de travaux sur la Madeleine ? Quand cesserez-vous de manier les bouts de ficelle pour faire semblant de faire face à vos devoirs d'entretien du patrimoine parisien et de la Madeleine en particulier ?
Je vous signale que disposer de ces dates et de ce plan d'investissement est une exigence politique mais également technique.
Je vous remercie.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Pour vous répondre, je donne la parole à Mme MAZETIER, adjointe chargée du patrimoine.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, au nom de la 9e Commission. - Monsieur le Maire, vous avez raison, 300.000 euros de bouts de ficelle, cela fait cher. En l'occurrence, il ne s'agit pas de bouts de ficelle : il s'agit des responsabilités que prend la Ville malgré l'absence de responsabilité complètement assumée par les responsables des Monuments historiques.
Ce qui protège le toit de l'église est en très mauvais état. Il y a un débat d'experts depuis des années qui n'a jamais été tranché. Les solutions ne sont jamais définitivement affirmées. Ce toit pourrait rester ainsi indéfiniment. Or il n'est plus étanche. C'est pourquoi la Ville, plutôt que de laisser se détériorer un monument que les siècles lui ont transmis, prend ses responsabilités et met 300.000 euros en couverture provisoire. Du provisoire qui dure, ces couvertures provisoires étant censées durer cinquante ans. Cinquante ans, au regard des siècles, c'est peu, mais c'est cinquante ans de gagné sur la protection d'un édifice. C'est vrai que ce sont 300.000 euros que nous finançons intégralement, nous reprendrons les co-financements avec l'Etat pour la restauration des chéneaux, des corniches des façades.
Oui, nous prenons toutes nos responsabilités face à l'Histoire, face à nos devoirs de propriétaires et nous aimerions que l'Etat prenne aussi, de temps en temps, un peu les siennes, que les experts des Monuments historiques tranchent et prennent leurs responsabilités devant l'Histoire également.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 126.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2004, DAC 126).