Vœu relatif à la préservation du Bois de Boulogne.
Délibération affichée à l'Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l'Etat le 29 juillet 2005.
Reçue par le représentant de l'Etat le 29 juillet 2005.
Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,
Le bois de Boulogne est un bois séculaire auquel tous les Parisiens sont très attachés. Au fil des ans et des aménagements, ce bois a été mité par différents aménagements (voies routières ou équipements divers) qui ont considérablement réduit la surface de ses espaces naturels. La reconquête du bois est un objectif de notre municipalité et des communes voisines qui ont signé en novembre 2003 une charte pour l'aménagement du bois. Dans cette optique, un pas important a été réalisé en septembre 2004 avec l'adoption d'un v?u de l'exécutif détaillant les mesures prises pour reconquérir ou rendre accessible au public 11 hectares de terrains.
Une portion du bois reste en revanche menacée par le projet d'extension de Roland Garros. Cette extension s?inscrivait également dans le cadre de la candidature de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques de 2012 puisqu?il y était envisagée la construction sur le boulevard périphérique et le bois de Boulogne d'une grande salle de 15000 places, appelée ?Dôme? dans le dossier de candidature, qui aurait accueilli les épreuves de judo et de badminton. La surface nécessaire à la réalisation de ce projet est de 2,3 hectares. La couverture des voies et du talus du périphérique représente 0,8 hectares. La suppression d'un enclos inaccessible au public représente 0,3 hectares. 0,9 hectares seront construits sur le bois actuel et 0,3 hectares seront occupés par des voies. La partie prise sur le bois représente ainsi environ 1 hectare. En autorisant le grignotage de ce bois séculaire, la Mairie de Paris risque de créer un précédent pour les collectivités locales d'Ile de France qui ne pourraient se sentir autorisées à accepter les projets d'amputations d'espaces naturels situés sur leurs communes.
Le coût de ce projet a été estimé à 87 millions d'euros et le coût de la couverture à 140 millions d'euros, soit un total de 227 millions d'euros. La Ville de Paris participerait à hauteur de 33,33% du coût total, soit un montant de 75,66 millions d'euros. La Fédération Française de Tennis a quant à elle d'ores et déjà dégagé une enveloppe de 62 millions d'euros. Les 137 millions d'euros restant seraient répartis entre l'Etat et l'Ile de France.
Paris n'ayant pas été choisi pour accueillir les Jeux Olympiques, l'extension de Roland Garros se justifierait uniquement dans le cadre de l'organisation des Internationaux de France de Tennis. Or, l'utilité de ce nouveau central est très contestée au sein même de la Fédération Française de Tennis. Le central actuel a en effet la même capacité que le Dôme. Il suffirait de le doter d'un toit amovible pour ne plus être à la merci des aléas du temps. Par ailleurs, Roland Garros aurait, selon les opposants au projet, davantage besoin de nouvelles surfaces pour le public et de nouveaux espaces pour les entraînements que d'un nouveau central.
Ainsi, plusieurs solutions alternatives au projet actuel sont envisageables :
- Le statu quo. Le bois de Boulogne serait préservé. Roland Garros serait maintenu dans sa configuration actuelle ce qui ne met pas en péril à court terme comme à moyen terme la réussite des internationaux de France. La couverture du court central actuel par un toit amovible pourrait toutefois être envisagée.
-La construction d'un grand Roland-Garros de plus de 15à 20 hectares en I1e de France. Les tournois de Wimbledon et de Flushing Meadows se déroulent sur des sites éloignés du centre de l'agglomération sans que cela obère leur succès. Cette solution permettrait de réaliser un complexe sportif flambant neuf sur une surface importante. Les 8 hectares de Roland Garros seraient alors libérés pour étendre le bois de Boulogne.
- L?aménagement de nouveaux espaces pour le public et de nouveaux terrains d'entraînement en se contentant de la couverture du périphérique sans empiéter sur le bois. Le stade de Roland Garros s?agrandirait ainsi de 1 hectare environ et le central actuel serait doté d'un toit amovible. Il serait toutefois plus utile de couvrir le périphérique dans d'autres secteurs de la ville, notamment dans l'Est, qu'à Roland Garros.
La construction du dôme devrait permettre d'accueillir d'autres manifestations : compétitions sportives ou spectacles durant l'année. Or, le Palais Omnisport de Paris Bercy qui dispose de 14.000 places assises dans sa configuration ?Tennis? joue déjà ce rôle de salle polyvalente. Doter Paris de deux ?Bercy? serait absurde et irraisonné.
Aussi, sur la proposition de Jean-François BLET, François FLORES et les élus Verts,
Emet le voeu que :
Le projet d'extension de Roland Garros soit abandonné.