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29 - 1999, PJEV 34 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'établissement public industriel et commercial "Gaz de France" et Carrefour Auteuil des conventions de partenariat dans le cadre de l'exposition "Palmiers entre soleil et ombre" au jardin des serres d'Auteuil (16e)


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération PJEV 34 relatif à une convention avec Gaz de France pour l'exposition "Palmiers entre soleil et ombre" au jardin des serres d'Auteuil.
La parole est à M. BRAVO.
M. Jacques BRAVO. - Merci, Monsieur le Maire.
Nous sommes saisis lors de cette séance d'un projet de délibération portant sur une exposition d'excellente qualité qui a débuté le 10 mai dernier dans les serres d'Auteuil, que je suis d'ailleurs allé voir, dans le 16e arrondissement.
Ce projet de délibération vise à vous autoriser, Monsieur le Maire, à signer deux conventions de partenariat avec Carrefour et Gaz de France pour cofinancer cette exposition.
Je n'ai pas d'objection de principe à cette action de mécénat, mais je relève que les dysfonctionnements que j'avais déjà dénoncés en séance le 22 mars dernier se reproduisent.
En effet, j'avais présenté un voeu, au nom du groupe socialiste et apparentés, demandant que le Conseil de Paris valide les propositions de mécénat préalablement au commencement de la manifestation concernée (en l'espèce, il s'agissait de l'opération "18 heures, 18 francs"). J'avais, en séance, retiré ce voeu car, Monsieur le Maire, vous m'aviez indiqué que ces retards ne se reproduiraient plus.
En réalité, deux mois plus tard, il n'en est rien et c'est pourquoi, en 1ère Commission, jeudi dernier, j'ai présenté à nouveau le même voeu.
Ce type de régularisation ex-post n'est pas admissible. Je veux bien admettre que lorsque l'activité de l'association "Les invitations de Paris" a été reprise en régie par la Ville, des retards aient pu intervenir, mais aujourd'hui les circonstances sont différentes et cette impréparation est d'autant moins acceptable qu'une telle exposition nécessite plusieurs mois d'organisation.
Désormais, et quel que soit notre vote ce soir, depuis le 10 mai le nom de la Ville est lié à celui d'un hypermarché et de Gaz de France. C'est un fait accompli.
Je relève par ailleurs - je montre l'affiche de l'exposition "Les palmiers de Paris" pour tous nos collègues qui n'ont pas tous remarqué que les sponsors y sont mentionnés - je relève qu'à côté du logo de la Ville de Paris figure celui de l'institut Klorane qui soutiendrait aussi cette manifestation.
Or, le projet de délibération soumis à notre discussion ce jour ne mentionne pas cet institut.
Je m'interroge - et encore une fois, chacun peut vérifier ce qu'il en est - sur la présence de ce sponsor dont le Conseil de Paris n'a pas été saisi, dont le montant de la contribution financière n'est pas communiqué, pas plus que les contreparties consenties par la Ville.
En matière de partenariat industriel, Monsieur le Maire, votre méthode ne va toujours pas et, sur le fond, je trouve qu'une nouvelle fois la Ville a associé son nom à des partenaires privés sans en tirer autant d'avantages qu'elle aurait pu.
L'engagement de la Ville me paraît en effet disproportionné par rapport aux contreparties que les sponsors lui offrent.
Pour ces raisons, Monsieur le Maire, nous nous abstiendrons sur ce projet de délibération, mais je souhaiterais être rassuré sur le fait suivant : sur cette affiche, il y a cinq sponsors, alors que dans le projet de délibération, il y a deux sponsors. Quel est le traitement juridique et financier des trois qui figurent sur la première (l'affiche) et qui ne figurent pas sur la seconde (le projet de délibération) ?
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mme de PANAFIEU a la parole pour répondre à M. BRAVO.
Mme Françoise de PANAFIEU, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Dans le cadre du centenaire du jardin des serres d'Auteuil, la Mairie de Paris a décidé de présenter une exposition exceptionnelle, tant par son ampleur que par sa durée, puisqu'elle dure cinq mois. Cette exposition, que je vous engage tous à aller voir si vous ne l'avez pas déjà fait - car, Monsieur BRAVO, si vous êtes allé la voir, sachez que vous êtes un visiteur parmi 23.000 qui sont venus en quinze jours l'admirer - a nécessité un budget important.
Il est apparu à ce moment-là, compte tenu du budget qui était de l'ordre de 2 millions de francs (il fallait rénover les serres et créer cette exposition-promenade, car c'est une véritable exposition-promenade didactique), que nous pourrions, nous, Direction des Parcs et Jardins de la Ville de Paris, faire appel au partenariat et nous nous sommes donc mis, la besace sur l'épaule, à démarcher des entreprises pour leur faire valoir le caractère très extraordinaire de cette toute première exposition-promenade.
Nous sommes arrivés à des progrès, un partenariat scientifique grâce au C.I.R.A.D. qui nous a aidé pour le choix des végétaux, des semences, et la mise à disposition de documents et de photographies.
Nous avons des partenaires médias comme "France info" et "F.I.P.", qui ont accepté de nous suivre (ils ne sont pas exclusifs) à travers toute cette opération qui était au départ un grand pari. C'était, encore une fois, une première.
Nous sommes allés voir des entreprises et nous avons retenu Gaz de France, d'une part, Carrefour, d'autre part - puisque vous parlez de grandes surfaces, mais il faut les citer ; quand les gens s'impliquent dans des opérations, rendons leur hommage et citons-les - qui ont accepté de participer, l'un pour 300.000 F, l'autre pour 100.000 F, étant entendu par ailleurs que Carrefour nous fournit, outre les 100.000 F, la fourniture de tout le matériel pédagogique pour les ateliers. Quant à l'institut Klorane tout récemment, par sa fondation d'entreprise, pour la protection et la bonne utilisation du patrimoine végétal, elle a accepté de réaliser un film sur le montage de l'exposition ; elle a fourni des végétaux, des sachets de graines de palmier pour les ateliers pédagogiques, etc.
Si vous aviez visité à fond cette exposition, Monsieur BRAVO, vous auriez vu ce film qui est remarquable. Il se termine par : producteur du film : la Fondation Klorane, la Fondation d'entreprise Klorane.
Vous avez ainsi six minutes d'un film très exceptionnel à l'attention des visiteurs.
Monsieur BRAVO, j'ai un point d'interrogation dans la tête quand je vous entends !
Ou bien je me dis, mais je sais que ce n'est pas cela car je vous connais, que, mon Dieu, vous faites partie de cette sorte de gens qui sont systématiquement soupçonneux, tatillons, qui regardent les initiatives des autres mais qui n'en prennent aucune eux-mêmes et qui sont là uniquement pour critiquer, mais je me dis que M. BRAVO ne fait pas partie de ces gagne-petit de l'existence qui ne font jamais rien et qui critiquent toujours les autres.
Ou bien, je me dis et alors là, vous m'épatez, que M. BRAVO est le type d'homme qui considère que 100.000 F, c'est de l'argent de poche ! Moi, je ne fais pas partie de cette catégorie là et je me dis que 100.000 F, c'est 100.000 F et je remercie les entreprises qui participent à hauteur de 100.000, 200.000, 300.000 F au montage de cette exposition. A ce moment-là, Monsieur BRAVO, je vous dis : ouvrez votre carnet d'adresses pour montrer tous vos amis qui seraient prêts à participez au montage des expositions et à les financer !
Je suis prête à les accueillir quand ce sont de bonnes entreprises et à leur donner le label "Ville de Paris" quand elles acceptent, par les temps qui courent, qui sont durs, de participer au montage financier de nos manifestations.
Alors, Monsieur BRAVO, si vous êtes prêt à nous aider, allez-y, chapeau, je suis prête à accueillir vos entreprises, mais, pour l'amour du ciel, cessons de critiquer ceux qui répondent présents et soyons capables d'avoir des initiatives qui allient à la fois nos hommes qui travaillent sur le terrain, le public qui s'y retrouve, les entreprises qui acceptent de nous soutenir, acceptons ce soutien sans rougir.
Il est vrai que nous avons du retard sur ce projet de délibération, mais c'est la première fois que la Direction des Parcs et Jardins de la Ville de Paris, négocie elle-même un mécénat. Je me réjouis de cette initiative et je prends acte des remarques qui me sont faites. Dorénavant, en début d'année, je présenterai un projet de délibération qui permettra aux Parcs et jardins de la Ville de Paris de faire appel à du mécénat, comme d'autres directions le font déjà ; je pense notamment à ma collègue, Hélène MACÉ de LÉPINAY et à la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris, mais c'était une grande première. Je vois toujours le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide et je me réjouis, Monsieur le Maire, de cette belle initiative.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci.
Monsieur BRAVO, pour fait personnel ?
M. Jacques BRAVO.- Oui compte tenu de la réponse de Mme de PANAFIEU, je dirai qu'elle ne fait pas partie non plus des femmes qui, en politique, parlent pour ne rien dire.
Nous ne sommes pas contre ce projet de délibération ; je pense qu'elle l'a bien noté, mais j'émets un voeu très ferme pour améliorer la présentation de ce type de délibération de partenariat industriel : je trouve tout à fait indispensable que vous traitiez l'ensemble des partenaires industriels qui interviennent. Si j'ai montré l'affiche de l'exposition tout à l'heure, c'est parce que nous, élus, quelles que soient nos préférences partisanes, devons rendre compte de l'usage que l'on fait des crédits publics, de l'argent du contribuable.
Je demande fermement que désormais l'ensemble des partenaires industriels soit traité dans les dossiers de présentation. Il n'est pas normal d'avoir une discussion alors que cette manifestation a commencé le 10 mai, qu'il s'agit donc d'une régularisation, et que vous omettiez la participation de certains instituts. Je confirme qu'en matière de partenariat industriel, en félicitant ceux qui ont commencé à en faire, nous sommes pour le principe. Mais on doit être plus transparent et plus clair que cela. Il y a cinq partenaires dans le présent dossier et pas seulement deux.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - On va clore le débat. Je voulais vous signaler, mais vous le savez, qu'il y a aussi des Commissions qui sont faites pour cela, pour permettre à tous les élus d'obtenir ce genre d'information de la part des adjoints qui y siègent et que la séance publique n'est pas, a priori, l'endroit qui est destiné à recueillir ce genre d'informations complémentaires.
Je vais mettre aux voix, à main levée, la proposition de voeu déposée par le groupe socialiste et apparentés demandant que le Conseil de Paris valide les opérations de mécénat avant que celles-ci ne débutent.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est repoussée à la majorité.
Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de délibération PJEV 34.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, PJEV 34).

Juin 1999
Débat
Conseil municipal
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