46 - 1999, DAC 48 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer 2 marchés sur appel d'offres pour l'aménagement intérieur complémentaire du dépôt archéologique situé sous la grande terrasse du parc de Bercy "Les jardins de la Mémoire" (12e)
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DAC 48 relatif à l'aménagement intérieur complémentaire du dépôt archéologique situé sous la grande terrasse du parc de Bercy, "Les jardins de la Mémoire", dans le 12e arrondissement.
La parole est à M. PERNIN.
M. Jean-François PERNIN, maire du 12e arrondissement. - Monsieur le Maire, la décision a été prise de présenter les pirogues découvertes à Bercy au Musée Carnavalet et les pièces les plus significatives des fouilles effectuées sur ce site à l'Orangerie de l'hôtel Le Pelletier-de-Saint-Fargeau.
Je regrette qu'en conséquence ne soit simplement créé à Bercy qu'un dépôt archéologique fermé au public, réservé au Musée Carnavalet, au résultat des fouilles de la Commission du Vieux Paris et à celles de Bercy qui sont entreposées aujourd'hui à Champigny.
Au lieu d'être prévus pour un simple dépôt fermé au public, je souhaiterais que les 2.000 mètres carrés de terrain réservés à la Direction des Affaires culturelles soient affectés à cette Direction pour qu'elle puisse rappeler par un signe fort (une exposition permanente) l'importance exceptionnelle des découvertes faites à Bercy, non seulement pour la connaissance de notre cité, mais pour celle de notre pays et même du continent européen.
Ai-je besoin d'ajouter, en tant que maire du 12e, l'intérêt que je verrais pour notre arrondissement à ce que soit indiqué qu'il y a 6.500 ans, alors que Paris n'était pas encore connu, Bercy voyait déjà une vie exister sur son territoire ?
Cette affectation aurait l'avantage, d'abord, de répondre au souhait de l'ancien Maire de Paris, Jacques CHIRAC, qui au cours d'une conférence de presse en 1992 à Bercy déclarait : "Je souhaite que le résultat de ces fouilles soit présenté d'une façon permanente sur le site même de Bercy". Il renouvelait cette volonté lors de l'inauguration à la mairie du 12e de l'exposition consacrée à la découverte de ces fouilles, "afin - disait-il - de conserver sur ce lieu ces découvertes et permettre à tous de les contempler".
Elle permettrait également de donner la possibilité aux visiteurs français et étrangers, aux étudiants, aux enfants des écoles, de s'enrichir en un seul lieu, ce qui ne serait pas le cas avec Carnavalet et l'Orangerie, de l'histoire de notre cité et de la vie des différentes populations qui se sont succédées sur le site depuis 6.500 ans.
L'exposition permanente que je propose, sans déroger en quoi que ce soit à ce qui est prévu pour Carnavalet et l'Orangerie, devrait permettre, par des moyens originaux (copie d'une pirogue, de barques en bois d'if, de nombreuses poteries), de répondre, comme ce fut le cas pour l'exposition de la mairie du 12e, au souhait que j'émets d'assurer ainsi une exceptionnelle vulgarisation de ces découvertes.
C'est la raison pour laquelle je vous demande, Monsieur le Maire, d'ouvrir ce dépôt archéologique au public et d'y organiser une exposition permanente. Cette dernière s'inscrirait très avantageusement dans votre politique de rééquilibrage de l'Est de la Capitale dans les domaines de la culture et du tourisme.
Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, cher collègue.
Je donne la parole à Mme MACÉ de LÉPINAY pour vous répondre.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Comme son nom l'indique, le dépôt de Bercy a été aménagé pour être un dépôt et non pour être un musée.
Le projet a d'ailleurs toujours été conçu comme tel, puisque dès 1997 le Conseil de Paris s'est prononcé par une délibération des Parcs, Jardins et Espaces verts sur le principe de l'aménagement de ce dépôt où seront stockées, entre autres, les pièces actuellement stockées et non présentées au Musée Carnavalet.
Le projet Archéo 2000 dans l'Orangerie de Carnavalet est un très beau projet, qui permettra de présenter deux des pirogues trouvées à Bercy, les deux qui sont le mieux conservées, et effectivement les pièces les plus significatives trouvées dans le sous-sol parisien.
Tout musée qui présente des collections archéologiques a évidemment besoin d'un dépôt lapidaire, puisque toutes les pièces ne sont pas présentables en permanence, et nous avons donc une absolue nécessité d'avoir ce dépôt. Comme il a été conçu comme un dépôt, nous ne pourrons malheureusement pas l'ouvrir au public. Mais il est clair cependant que des visites pourront y être organisées, évidemment à destination des habitants du 12e et à destination, par exemple, des sociétés d'histoire et d'archéologie. Je pense que la Direction des Affaires culturelles sera tout à fait ouverte à la possibilité d'organiser des visites. Il faut bien tenir compte néanmoins du fait que le personnel ne sera évidemment pas toujours disponible pour ce genre de chose.
D'autre part, j'ai bien retenu que vous vouliez que l'on signifie de façon très précise que, sur ce site, habitaient, dans des temps lointains, des populations développées et je proposerai au Maire, éventuellement, l'apposition d'une plaque rappelant l'histoire des découvertes et la présence de ces populations sur le bord de la Seine.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, chère collègue, de ces propositions.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 48.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAC 48).