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21 - 2001, DAC 336 - Approbation de l'hommage aux combattants parisiens tombés lors de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour la réalisation d'un monument dans le cimetière du Père-Lachaise (20e)


M. LE MAIRE DE PARIS. - En attendant, et par un curieux hasard, j'ouvre la discussion sur le projet de délibération DAC 336 qui porte sur l'approbation de l'hommage aux combattants parisiens tombés lors de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, autorisation au Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour la réalisation d'un monument sur le cimetière du Père-Lachaise.
Je donne la parole à Pierre MANSAT.
M. Pierre MANSAT, adjoint. - Monsieur le Maire, par cette délibération, notre municipalité concrétise un projet qui a vu le jour il y a plusieurs années. Au nom du groupe communiste qui avait contribué dans la précédente mandature à le faire émerger, je me félicite de cette avancée. Enfin, il y aura à Paris un lieu, un mémorial rendant hommage aux 670 jeunes Parisiens morts pendant la guerre en Algérie et durant les combats de Tunisie et du Maroc. C'était un devoir pour la municipalité, pour Paris, donc nous remplissons ce devoir.
Je rappellerai que cet hommage aux soldats morts pendant la guerre concerne plus généralement 30.000 jeunes Français qui sont morts pendant cette période et que près de 3 millions de soldats, appelés ou rappelés, ont été exposés aux conséquences de la guerre, 3 millions de jeunes hommes amenés à quitter leur famille, parfois leur jeune compagne, sans savoir s'ils les reverraient. 300.000 en sont revenus blessés ou malades. Et tant d'autres ont été durement marqués, profondément, par les conditions quotidiennes de cette guerre. C'était, bien sûr, un devoir, surtout un devoir moral. Il est juste de rendre hommage et d'accorder réparation à ceux dont la jeunesse et la santé ont été sacrifiées au nom de leur pays. C'est d'autant plus important que parmi les nombreux jeunes qui ont été mobilisés pour cette guerre, ceux qui ont eu la chance de revenir ont dû souvent se demander pourquoi ils avaient tant subi.
En effet, pendant 10 ans, l'idée d'une Algérie indépendante qui a mené aux accords d'Evian a fait lentement son chemin.
Donc cet hommage, ce mémorial, c'est aussi une façon pour nous de contribuer à la réponse à leurs interrogations.
Mais cet acte de mémoire doit se poursuivre par d'autres actes auxquels nous pouvons contribuer par exemple dans le sens de la reconnaissance du 19 mars comme journée officielle du souvenir, et puis en même temps ces actes de mémoire et de reconnaissance doivent nous inciter à porter toute notre attention sur la situation de ceux dont la vie a été profondément bouleversée par cette guerre. Nous savons qu'ils sont très nombreux à vivre dans une situation précaire, nombreux à être victimes du chômage de longue durée. La Ville et le Département doivent et peuvent dans le domaine de leurs compétences contribuer à améliorer sensiblement leurs conditions de vie. Certaines mesures sont engagées, par exemple, en matière de transport. Il faut les amplifier.
Monsieur le Maire, chers collègues, je pense que ceux et celles qui depuis des années agissent dans ce sens ressentiront avec émotion la décision que nous allons prendre aujourd'hui. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
(M. Christophe CARESCHE, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je donne la parole à M. RIOU.
M. Alain RIOU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, cette délibération tend à rendre hommage aux combattants de la guerre d'Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc. A ce titre, elle prévoit la construction au Père-Lachaise d'un monument aux combattants de toutes origines de ces guerres ou combats.
Il va de soi que "Les Verts" ne peuvent que s'associer à cet hommage. Nous jugeons tout à fait positif que Paris consacre par ce monument la reconnaissance d'une guerre que l'on a dénommée durant de longues années du terme impersonnel d'événements.
De surcroît, si j'ai bien compris cette délibération, ce monument célèbre tous les combattants de toutes origines. Il vise donc les combattants des deux côtés. Ce qui est incontestablement une avancée significative. Toutefois, les élus "Verts" du Conseil de Paris, comme l'on fait les onze élus "Verts" du 20e arrondissement, ne voteront pas cette délibération mais s'abstiendront.
Dans les guerres il n'y a pas que les combattants des deux bords qui sont partis aux combats, des non-combattants directs ou indirects y sont mêlés. Ainsi, sans ouvrir entièrement le débat qui interviendra plus tard au sein de ce Conseil au sujet de la plaque commémorative du Pont Saint-Michel, nous souhaitons dire qu'un tel monument, celui de la présente délibération, aurait pu exprimer une vision plus pacifique. Plutôt qu'un monument aux combattants, il aurait été plus opportun d'ériger un monument à la paix célébrant toutes les victimes combattantes ou non, les victimes des sinistres soirée et nuit du 17 octobre 1961, les victimes consécutives à la manifestation de Charonne, les victimes des combats, des attentats et des exactions d'où qu'elles viennent, en Algérie, Tunisie, Maroc, comme en France.
Faute d'ériger un tel monument, "Les Verts" ne voteront évidemment pas contre cette délibération puisqu'ils approuvent en partie son orientation, mais ils s'abstiendront.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. SARRE.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Merci, Monsieur le Président.
Chers collègues, nous avons aujourd'hui à examiner une délibération dont l'objet correspond à l'une des plus fortes revendications des anciens combattants d'Algérie-Tunisie-Maroc.
Il faut rappeler aujourd'hui qu'aucun monument spécifique ne rend hommage aux sacrifices consentis par 750 combattants parisiens tombés lors de cette guerre et dans les combats du Maroc et de Tunisie.
La Butte du Château-Rouge, dans le 19e arrondissement, a une stèle discrète et mal entretenue, qui rend hommage à tous les morts de la guerre d'Algérie.
Pour l'anecdote, je citerai que dans la gare de Lyon existait également une plaque portant la mention "place du 19 mars 1962". Elle fut subrepticement retirée et jamais refixée. Jamais en tout cas, les anciens combattants d'Afrique du Nord n'ont été consultés à ce sujet et, pour cause, la majorité précédente est toujours restée sourde à leur demande, alors que le groupe du Mouvement des citoyens s'en faisait l'écho chaque année au Conseil de Paris.
Disons que le anciens combattants se sont toujours mobilisés pour faire avancer leurs revendications. Il est donc heureux que la nouvelle municipalité se soit engagée à réparer cet oubli scandaleux en décidant d'ériger ce monument parisien, dans le cadre prestigieux du Père-Lachaise, conformément aux v?ux de la FNACA, nous allons mettre fin à près de 40 ans d'indifférence.
Il s'agit d'un acte symbolique fort. Paris va enfin honorer les dignes fils de cette guerre. Puisque l'ère du mépris est révolu, il est possible d'aller de l'avant.
Je me réjouis de l'augmentation sensible des subventions versées aux associations d'anciens combattants et ce, grâce à l'action de Mme CHRISTIENNE et avec l'accord de la majorité municipale ainsi que du Maire de Paris.
Reste à satisfaire une autre revendication, dont la légitimité ne fait aucun doute : la gratuité des transports en commun.
La précédente majorité n'avait pas voulu avancer là encore. Il nous revient de réparer cette injustice, Monsieur le Maire, comme vous vous y êtes engagé pendant la campagne électorale.
Je vous demande, au nom du groupe du Mouvement des citoyens, d'en retenir le principe dès maintenant dans l'élaboration du prochain budget de la Ville, proposé en décembre, autrement dit, d'inscrire cette revendication au budget 2002.
Je vous remercie, mes chers collègues.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. Patrick BLOCHE.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.
Le projet de mémorial parisien qui sera érigé au Cimetière du Père-Lachaise s'inscrit dans une démarche de vérité, de souvenir et de réconciliation.
Vérité, parce que la France, et plus particulièrement Paris, ont fait le choix de regarder leur passé en face. Un passé fait de combats longtemps niés, d'héroïsme et malheureusement de trahisons et surtout de ces jeunes hommes jetés dans ce long combat appelé alors les événements ou les opérations de maintien de l'ordre, et pas encore une guerre.
Souvenir parce qu'il ne faut pas oublier les souffrances physiques et psychologiques de ces combattants, tout ce qu'ont enduré ceux qui eurent 20 ans dans les Aurès, pour ce qui s'est révélé être une cause perdue et une impasse politique.
Réconciliation enfin, parce que Paris a connu, à cette occasion, des situations proches de la guerre civile, des citoyens divisés en clans hostiles et des actes de haine au sein même de la communauté nationale.
L'édification de ce monument qui rend hommage à tous les combattants parisiens tombés lors de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie entre 1952 et 1962 était un des engagements de Bertrand DELANOË durant la campagne des élections municipales.
C'est un projet parisien, indépendant de celui qui est prévu au niveau national, que les élus du groupe socialiste et radical de gauche au Conseil de Paris, soutiennent avec force.
La prochaine étape consistera lors du budget 2002 à mettre en place un dispositif de gratuité des transports pour les anciens combattants d'Afrique du Nord.
Ce dispositif existe en effet dans tous les départements franciliens à l'exception de Paris.
Il était donc temps, chers collègues, de rendre hommage à ces combattants et d'exprimer une solidarité concrète à leur égard.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci. Je donne la parole à Odette CHRISTIENNE pour répondre aux intervenants.
Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe, au nom de la 1ère Commission. - Je constate la satisfaction exprimée concernant le monument qui sera érigé au Père-Lachaise, effectivement près des monuments dédiés aux combattants victimes des deux guerres mondiales.
Il n'y a donc pas de réponse à cet égard.
En ce qui concerne la gratuité des transports pour les anciens combattants dont l'âge est compris entre 65 et 75 ans, une première opération est prévue au budget 2002.
Nous sommes partis pour une première tranche d'âge concernant les anciens combattants de 70 à 75 ans.
Au budget 2003 sera inscrit le financement pour la tranche d'âge de 65 à 70 ans.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 336.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, DAC 336).

Septembre 2001
Débat
Conseil municipal
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