retour Retour

10 - 1999, DAUC 174 - Réaménagement de la piscine Molitor (16e). - Bilan de la concertation. - Cession par la Ville de Paris à la S.A. "Meunier promotion" de droits de construire permettant la réalisation d'un projet immobilier comprenant 2 hôtels et un programme de logements. - Acquisition par la Ville de Paris de 7 places de stationnement. - Déclassement du volume à céder à la société "Meunier promotion". - Approbation du projet de promesse de vente et autorisation de la cession de droits de construire et de l'acquisition des places de stationnement. - Autorisation de dépôt des demandes des différents permis de démolir et de construire


M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous propose de passer, mes chers collègues, à l'examen du projet de délibération DAUC 174. Il s'agit du réaménagement de la piscine Molitor.
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur le sort que vous réservez à la piscine Molitor en juillet 1997 et juillet 1998. Je me contenterais de rappeler que dès 1999, la piscine Molitor a dû être fermée en raison de son état avancé de dégradation - dégradation engendrée par un manque d'entretien évident et probablement volontaire - vu les projets immobiliers qui y étaient concoctés. C'est sciemment que, petit à petit, on l'a laissée mourir. Sous le prétexte que des réparations lourdes s'imposaient, la municipalité d'alors a préféré envisager la démolition et la construction d'un nouvel ensemble, pourtant beaucoup plus cher qu'une réhabilitation, on ne le dira jamais suffisamment.
Malgré l'avis défavorable de nombreux Parisiens et riverains qui se sont exprimés largement lors de l'enquête publique, vous allez persister à détruire une grande partie d'oeuvre Art Déco de Lucien POLLET. Vous sacrifiez ce bel ensemble, sous la pression de la spéculation immobilière, au bénéfice de quelques logements de luxe et d'un complexe hôtelier, dont l'utilité, à cet endroit, reste à prouver.
Le bassin d'été sera reconstitué, mais partiellement couvert pour des sommes faramineuses et enchâssés dans le béton de nouveaux immeubles.
La patinoire sera entièrement rasée, le bâtiment d'hiver détruit.
La patinoire disparaît à tout jamais. C'est donc des dizaines de milliers de Parisiens que vous allez priver de la seule patinoire digne de ce nom car la patinoire Pailleron est en sursis.
Vous avez pu constater, Monsieur le Maire, que la patinoire installée provisoirement devant l'Hôtel-de-Ville remporte du succès auprès des Parisiens. Paris a besoin d'urgence de patinoire ! La patinoire de Molitor serait utile et belle pour les gens qui viendraient se distraire. Le jour où vous nous construirez une patinoire à Paris, ce sera encore du béton, je ne sais pas sous quelle forme et je ne sais dans quelle condition.
Une patinoire à Molitor, sa réhabilitation coûtera dix fois moins que la création d'une patinoire n'importe où ailleurs dans Paris.
Le terrain de la piscine est public et doit le rester.
Monsieur le Maire, encore une fois, je vous le dis, c'est l'ensemble de l'opération qu'il faut revoir afin de procéder à la restauration, à l'identique, de ce merveilleux ensemble.
Votre projet reste désastreux, il est loin, d'ailleurs, d'avoir fait l'unanimité dans votre majorité en 1998 et j'espère, encore une fois, qu'une majorité se dégagera pour le rejeter.
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. TAITTINGER...
M. Jean-Yves MANO. - L'ordre n'est pas celui-là, je suis désolé.
M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est ce que nous avons : M. MANO après. M. TAITTINGER va intervenir, il est inscrit. Où est l'importance ? Avant ou après, vous aurez la parole dans quelques minutes. Je ne vois pas le problème fondamental. En plus, cela présente l'avantage de faire alterner majorité et opposition.
M. Pierre-Christian TAITTINGER, maire du 16e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, il me paraît normal que l'avenir de la piscine la plus élégante, la plus mondaine, la plus snob de la Capitale, selon les propos d'un chroniqueur de l'époque, provoque un débat intéressant et ardent au sein de notre Assemblée.
Je me permettrai d'évoquer un point d'histoire quant à sa construction.
Quand elle a été envisagée, elle procédait d'un constat navrant : la France comptait, sur l'étendue de son territoire, vingt piscines où l'on pouvait nager toute l'année, l'Allemagne en possédait 1.362 et l'Angleterre 805.
Il a donc été décidé de construire, au lendemain de la grande guerre, cinq piscines supplémentaires. Il est vrai, il faut le reconnaître, que le goût de la natation n'était pas très développé chez les Parisiens ; ils avaient sans doute oublié que la première école de natation avait surgi à Paris en 1786. J'évoquerai le souvenir d'un homme peu connu, Barthélémy Turquin, qui avait appris à nager aux Parisiens pour la première fois.
L'ambition, à cette époque, de Molitor était de constituer un pôle avancé de Deauville qui était la perle de la côte normande, station lancée par le Duc de Morny, et rien n'avait été négligé pour en faire un modèle d'expression du goût et du luxe : bois précieux, cuivres, vitraux, escaliers décorés, rampes raffinées, les merveilleuses cabines qu'évoquaient les paquebots, le premier solarium, une piscine d'hiver, une patinoire d'avant-garde et un personnel d'une qualité exceptionnelle.
Qui pourrait oublier, dans notre mémoire collective, ce que la littérature et la presse de l'époque nous permettent de retrouver, les galas prestigieux, les soirées éblouissantes, les feux d'artifice, les rencontres internationales ?
Je reconnais qu'il est difficile de ne pas avoir de nostalgie de ces heures souvent peut-être considérées comme étranges entre les deux guerres où la France rêvait de luxe, de beauté et de calme, où l'on voulait sans doute à la fois oublier les souffrances de la guerre et surtout, malheureusement, ignorer les menaces qui pesaient sur l'Europe.
Aujourd'hui, je crains que les temps aient changé, un certain mode de vie a disparu. Qui envisagerait de donner à un établissement public le cachet, la recherche architecturale, la décoration qui ont marqué de grands bâtiments Parisiens ?
Prenons un exemple, l'Hôtel-de-Ville, construit par Dominique de Cortone ; quand on a vu par la suite ce qu'ont fait Ballu et de Perte, on constatait déjà une évolution.
Un Hôtel de Ville conçu de nos jours, s'apparenterait d'avantage au Forum des Halles. Tel le veut sans doute la marque du temps.
Nous sommes donc plongés devant un choix : ou relever le défi du temps et reconstruire et, je le dis honnêtement, il ne s'agit pas de bricoler et de réparer ; je suis agacé quand j'entends des propos de cette nature qui ne sont pas sérieux. Ou l'on prend les plans de POLLET, on repart à zéro et on termine ce qu'avait voulu faire cet architecte en particulier sur le plan du décor extérieur et on offre aux Parisiens l'ensemble le plus prestigieux que jamais une ville au monde n'aura. Ou alors on se résout à construire dans l'esprit de 1929, une piscine moderne qui aura en plus l'avantage de ne rien coûter aux contribuables parisiens et qui répondra à l'attente des collégiens, des lycéens, des associations sportives et des amoureux de la natation.
En retenant la première hypothèse, je me suis simplement intéressé à ce qu'en serait le coût et, pour être sûr que je ne tomberai pas dans les facilités, je m'en excuse, Monsieur le Maire, au lieu d'interroger l'administration ou des Français spécialistes, j'ai demandé à des professionnels étrangers d'évaluer un ordre de grandeur de la dépense. Elle s'élèverait entre 180 et 200 millions.
Mme Laure SCHNEITER. - ... Non, il y a eu des expertises.
M. Pierre-Christian TAITTINGER, maire du 16e arrondissement. - Je ne vous ai pas interrompu, je vous ai écouté avec la plus grande attention.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Ne vous laissez pas interrompre.
M. Pierre-Christian TAITTINGER, maire du 16e arrondissement. - En mon nom personnel, bien que je rapporte ici un vote large du Conseil d'arrondissement, je dirai que si dans une majorité nouvelle du Conseil de Paris, se dégageait une compréhension à l'égard du 16e arrondissement, ce qui me toucherait infiniment car depuis que je siège dans cette Assemblée, je n'ai jamais entendu, en particulier de l'opposition, de tels propos, si une compréhension se dégageait et qu'une proposition était faite par quelques amendements et qui prévoirait qu'une somme de 200 millions serait affectée au 16e arrondissement, je vous rappellerai mes priorités : elles ne sont sans doute pas celles de la gauche mais elles sont celles des habitants du 16e : une maison des jeunes, une bibliothèque, des crèches, une maternelle, l'aménagement de nos collèges, écoles, lycées, un certain nombre de choses indispensables.
Je souhaite simplement, Monsieur le Maire, je le dis avec gravité, car je sais que jamais les crédits ne seront votés même parmi les plus ardents défenseurs, que la brise politicienne s'arrête devant la sagesse et la raison.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur TAITTINGER.
Monsieur MANO, vous avez la parole.
M. Jean-Yves MANO. - Merci, Monsieur le Maire.
En juillet dernier, nous abordions le devenir de la piscine Molitor.
Le contexte politique de l'époque au sein de la majorité parisienne - je rappelle que nous étions dans une période que certains ont appelé le "putsch touboniste" - donnait à certains élus une liberté de parole et de vote que je qualifierai de lucide.
Devant la détermination des groupes socialiste, communiste, mouvement des citoyens et verts auxquels se ralliaient quelques éléments de la majorité municipale, M. BULTÉ nouvel adjoint à l'urbanisme retirait avec précautions la délibération de l'ordre du jour.
Nous pouvions penser que les arguments développés par les différents intervenants étaient suffisamment forts pour remettre ce projet à l'étude et qu'enfin la Municipalité parisienne se décide à réhabiliter la piscine Molitor, chef d'oeuvre de l'Art Déco à Paris.
Il n'en est rien. Les lobbies immobiliers sont plus forts que la raison.
Monsieur le Maire, New York réhabilite à grande échelle son patrimoine Art Déco. Plus près de nous, Boulogne protège son histoire architecturale récente.
Monsieur le Maire, quand on a la chance d'avoir dans sa ville un patrimoine architectural unique, on ne le sacrifie pas sur l'autel de la promotion immobilière !
Faut-il rappeler que ce dossier n'a jamais été présenté devant notre Conseil dans sa globalité ? Que le choix préalable de construire deux hôtels et quelques appartements luxueux est la clé de voûte des délibérations présentées sans débat d'orientation architecturale.
Monsieur le Maire, ce dossier manque de transparence. Depuis 14 ans, avec constance, je dirai entêtement, vous refusez de réhabiliter le site dans sa conception d'origine. Vous refusez toute solution de sauvegarde du site allant même à laisser se dégrader l'existant pour, si vous osiez, rayer de la carte ce lieu de l'histoire de la vie des Parisiens.
Votre démarche est indéfendable.
De plus, vous cédez à vil prix des droits à construire dans un site d'exception, à l'orée du Bois de Boulogne, proche de Rolland-Garros, face aux serres d'Auteuil, pour un prix dérisoire de 5.509 F le mètre carré de charges foncières. Sur ce point, d'ailleurs, je note une évolution sensible par rapport à l'estimation précédente, ce qui prouve qu'il y a un an, les critiques étaient largement justifiées de la part des bancs de l'opposition et des quelques membres de la majorité.
Mais le problème n'est pas réglé pour autant car faut-il faire des comparaisons ? Vous rappeler le prix de charges foncières des dossiers des logements sociaux présentés devant l'assemblée ? Faut-il rappeler le prix de cession des droits à construire de la Z.A.C "Seine -Rive gauche" ?
Parlons clair, comment se fait-il que le groupe "Meunier Promotion" bénéficie de tant de sollicitude de la part des responsables municipaux ? Quel pacte secret existe-t-il ? Car quelle constance ! Quelle patience ! "Meunier Promotion" est en lisse depuis 14 ans sans concurrence pour réaliser ce projet immobilier.
Voyez-vous, je m'interroge, le groupe socialiste s'interroge, la gauche plurielle s'interroge, les Parisiens s'interrogent. Quelle est la raison fondamentale de votre volonté ? Sacrifier un élément important du patrimoine culturel parisien !
Paris n'a-t-il plus les moyens pour investir dans un équipement culturel utile aux Parisiens ? Les éléments financiers portés ce jour à notre connaissance démontrent pourtant les possibilités offertes en matière d'investissement grâce à une reprise des activités économiques et immobilières.
De plus, à titre de comparaison, vous présentez à notre assemblée une subvention de 11 millions de francs pour la Maison des oiseaux réalisée, il est vrai, dans le 5e arrondissement.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur, je veux vous interrompre. Cela suffit, ces petites allusions ! La Maison des oiseaux s'adresse à tous les Parisiens, ce n'est pas une activité locale, vous devriez le savoir ! Alors, arrêtez de dire des stupidités !
M. Jean-Yves MANO. - Si vous permettez, j'irai jusqu'au bout de mon propos.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, mais évitez de dire n'importe quoi !
M. Jean-Yves MANO. - L'oeuvre de l'architecte POLLET représentative de l'Art Déco, bien que non située dans le 5e, mérite votre attention.
Monsieur le Maire, si vous aimez Paris et si vous avez de l'ambition pour Paris, ce dont je ne doute pas, revenez à la raison et réhabilitez le site dans sa conception d'origine dont la finalité sera vraisemblablement différente de la nostalgie d'une époque chère à M. TAITTINGER mais appréciée par les Parisiens dans leur diversités sociologiques. Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame BACHE, vous avez la parole.
Mme Marinette BACHE. - Monsieur le Maire, ce projet vise avant tout à réaliser sur le plan financier une opération intéressante. Par la vente de près de 12.500 mètres carrés de droits à construire pour un montant de 70 millions de francs contre 60 en 1998, vous projetez en effet de financer la réhabilitation d'un des bassins de cette piscine, dont le coût a été estimé dans le mémoire de 1998, à près de 58 millions de francs.
Le prix de cession des droits à construire, près de 5.500 F le mètre carré, semble d'ailleurs peu élevé pour le programme prévu, si on le compare à ceux pratiqués ailleurs. Par exemple sur la Z.A.C. "Paris-Rive gauche," 7.500 F le mètre carré.
Comment a été déterminé ce prix de cession ? N'est-ce pas une forme de bradage du patrimoine municipal au profit d'intérêts particuliers ?
Pour minimiser le coût de cette réhabilitation, vous entérinez la destruction du bassin d'hiver qui fait partie intégrante de cet ensemble à caractère historique. On ne peut que déplorer cette logique d'Harpagon, alors qu'une réhabilitation à l'identique de cet équipement aurait pu être assurée sans difficulté au titre des investissements de la Ville.
Le coût de réhabilitation semble servir d'alibi à la municipalité pour engager cette opération immobilière. Pendant près de dix ans, la piscine Molitor a été laissée sciemment à l'abandon après le non renouvellement de la concession en 1989. La fermeture de la piscine en 1989 a en effet été rendue nécessaire par le manque d'entretien. La dégradation de cet équipement s'est accélérée, en particulier à la suite d'actes de vandalisme, alors que sa rénovation aurait pu être engagée de longue date, et contribuer ainsi à réduire le coût des travaux à entreprendre.
Il est clair d'ailleurs que si cet équipement avait été ouvert au public pendant dix ans, il aurait permis, tout en répondant aux besoins des habitants, de dégager des recettes avec les droits d'entrée.
Vous pourrez certainement nous préciser, Monsieur le Maire, à combien s'élève le manque à gagner pour la Ville résultant de la fermeture de cette piscine pendant dix ans ?
Les élus de notre groupe ne sauraient cautionner cette mauvaise gestion du domaine en acceptant aujourd'hui ce projet à courte vue.
Le programme de réaménagement ne présente pas sur le fond de modifications importantes par rapport au projet présenté en juillet 1998. Il comporte principalement un ensemble hôtelier de plus de 11.000 mètres carrés, comprenant deux hôtels trois étoiles sur pas moins de 6 étages.
Paris est bien équipé en trois étoiles, leur taux d'occupation est proche de 70 % seulement.
A cela s'ajoute un programme de logements de près de 1.500 mètres carrés, alors qu'il y a 10.000 logements vacants dans le 16ème et deux parkings en sous-sol comprenant plus de 200 places au total qui augmenteront pollution sonore et atmosphérique.
Vous allez donc densifier considérablement cet îlot. Nous sommes loin, avec ce projet, de l'urbanisme à visage humain que vous appelez de vos voeux !
D'autres choix sont possibles pour préserver l'unité de la piscine Molitor avec ses deux bassins et pour réaliser un équipement qui ne devienne pas seulement l'annexe de ce programme luxueux mais un véritable équipement sportif et de loisirs accessible aux Parisiens, dans le cadre d'un contrat d'affermage comme nous l'avons proposé.
Quels seront en effet les prix pratiqués pour l'entrée dans la piscine ? Nous ne le savons pas.
Cette opération de réaménagement illustre à nouveau les errements de la Municipalité dans la gestion de son domaine, l'inconséquence de ses choix résolument tournés, une fois plus, vers l'immobilier.
Il est vrai que votre souhait de voir cette piscine disparaître est ancien puisqu'une consultation fut lancée en 1988 par la Ville pour la restructuration de ces bâtiments qui devait aboutir à leur démolition complète. Heureusement, le permis de démolir fut refusé, après avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France en 1989 et, par la suite, l'édifice inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, une partie du bâtiment ne pouvant dès lors plus faire l'objet d'une démolition. On ne peut que regretter que cette piscine, réalisée en 1929 et qui constitue un témoin remarquable de l'architecture Art Déco, n'ait pas fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques. Il n'est cependant pas trop tard pour arrêter la mise en oeuvre de ce projet aux conséquences irrémédiables.
C'est pourquoi, Monsieur le Maire, les élus de notre groupe, qui voteront contre ce projet, vous demandent de renoncer à cette opération et d'engager la réhabilitation complète de la piscine Molitor.
Et nous vous proposons d'adopter un voeu en ce sens.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur VION, vous avez la parole.
M. Michel VION. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, la délibération que vous nous soumettez aujourd'hui concerne donc le réaménagement de la piscine Molitor, comme il vient d'être dit longuement, l'un des monuments parisiens les plus emblématiques de l'architecture du XXe siècle et notamment de ce style Art Déco.
Comme beaucoup de choses viennent d'être dites déjà dans les précédentes interventions, je ne m'attarderai pas trop longtemps sur ce sujet, mais si, au nom des élus communistes, j'ai tenu à intervenir, c'est pour affirmer une nouvelle fois notre opposition à un tel projet de réaménagement.
Voilà maintenant dix ans, la piscine Molitor a été fermée au public à cause du manque évident d'entretien, et voilà maintenant dix ans qu'elle est laissée à l'abandon et qu'elle se dégrade inexorablement.
Cet état de fait, qui est de la seule responsabilité de la Ville, est véritablement lamentable, je dirai même scandaleux. Alors qu'il aurait été utile et possible de travailler, dès 1989, à une réelle réhabilitation de ce monument respectueuse des choix architecturaux dans une collaboration avec les collectivités locales limitrophes et dans une concertation active avec les populations, vous avez, Monsieur le Maire, laissé cet édifice subir les outrages du temps. Je rejoins, sur ce point, les observations faites par mes collègues.
Le projet que vous nous présentez aujourd'hui consiste, malgré les oppositions, à faire de ce lieu historique et cher au coeur et à la mémoire des Parisiens, un véritable complexe touristique.
De l'avis des élus communistes, ce projet n'est pas un bon projet. La réalisation de deux hôtels de 5 étages, de 1.484 mètres carrés de logements de standing, de parkings, dans ces lieux, ne se justifie aucunement et va même à l'encontre de l'intérêt général des Parisiens.
Par contre, nous ne doutons pas que cette opération a de quoi réjouir les promoteurs immobiliers !
Voilà brièvement exposées, Monsieur le Maire, les raisons de notre opposition à ce projet de délibération.
Pour terminer, j'estime, au nom des élus communistes, qu'il serait de bonne gestion de le retirer et de le retravailler dans le sens de l'intérêt général.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame JUNOT, vous avez la parole.
Mme Marie-Thérèse JUNOT. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, voilà plus de dix ans que le réaménagement de l'îlot Molitor est en attente. La fermeture de la piscine, en 1988, après celle de la patinoire, a créé un vide à la Porte d'Auteuil.
Je voudrais rappeler que ce projet, contrarié par l'action d'une association de riverains, a été "gelé" par l'inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques à l'initiative du Ministre de la Culture de l'époque, Jack LANG, en mars 1990...
(Protestations sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
... C'est vous dire que mon intervention n'a pas pour but de retarder la solution de cet important projet qui permettra de mettre à la disposition des Parisiens, en particulier de la population scolaire du 16e arrondissement, un bassin de natation dont la fermeture se fait cruellement sentir depuis trop longtemps.
Je voudrais seulement faire quelques remarques.
Il y a un an, presque jour pour jour, j'avais exprimé, dans cette même enceinte, mon regret que n'ait pu aboutir le projet d'ensemble qui avait été proposé afin de réserver tout le quartier Porte d'Auteuil/Porte de Saint-Cloud à des usages exclusivement sportifs. Je ne méconnais pas les impératifs financiers qui ont conduit à prévoir un secteur privé qui, avec deux hôtels ayant perdu leur destination sportive et des logements le long de la rue Nungesser et Coli, aboutit, comme je l'ai déjà dit, à une trop grande densification.
Le projet qui nous est présenté aujourd'hui ressemble point par point à celui qui a été proposé ici même il y a un. Il dénature fortement l'esprit de la construction initiale, témoignage de l'architecture des années 30. La façade de 5 étages écrase le grand bassin d'été. Les logements, hôtels, parkings, entraîneront une augmentation de la circulation, en particulier celle des cars de tourisme, alors que le quartier est déjà affecté par les afflux générés par le Parc des Princes. Encore faudra-t-il que soient prises des précautions indispensables pour que l'utilisation des hôtels ne favorise pas une prostitution déjà trop développée dans ce secteur.
Il n'est plus question de reconstruire l'ancienne patinoire, alors même qu'à Paris plus aucune piste de glace permanente n'existe. Pourtant, l'emplacement de Molitor serait le meilleur pour répondre aux aspirations des Parisiens.
Une meilleure répartition des sommes considérables investies une fois de plus au Parc-des-Princes et aux subventions du P.S.G. aurait pu permettre la reconstruction de cette patinoire chère à la mémoire de beaucoup de Parisiens.
La réponse est évidemment politique et je regrette le choix qui a été fait sur ce dossier, malgré nos nombreuses interventions qui n'ont rien changé.
Néanmoins, je voterai, ainsi que mes amis élus indépendants, pour le projet qui, s'il n'est pas entièrement satisfaisant, a au moins le mérite d'exister et de mettre un terme à dix années de tergiversations.
Merci.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
Monsieur GIRAL, vous avez la parole.
M. Jean-Louis GIRAL. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, il y a un an, je vous avais fait part, à propos de ce projet de la piscine Molitor, de mes regrets de voir, à la place de la réhabilitation d'un ensemble piscine d'hiver/piscine d'été/patinoire, la construction d'un complexe immobilier qui, certes, comporte une piscine, mais aussi des hôtels qui feront perdre une partie de sa tranquillité à ce quartier résidentiel.
Cet ensemble était le témoin d'une époque et je persiste à penser que le nouveau projet est mauvais, que nous aurons un ensemble hétéroclite peu fonctionnel et que les arguments, qui sont développés dans l'exposé des motifs pour refuser la restauration, sont fallacieux.
D'abord, il ne fallait pas laisser squatter et piller la piscine. Ensuite, le coût de sa restauration - je ne suis pas allé consulter l'étranger, je n'en ai pas besoin - n'était pas plus élevé que deux années de subventions au P.S.G. !
Mais la vérité, c'est que la Ville n'a pas plus de considération pour l'oeuvre de POLLET que pour les habitants du 16e, dont les préoccupations ne sont pas prioritaires !
Quant à ceux qui ont oeuvré pour son inscription à l'Inventaire des Monuments historiques, ils l'ont fait plus avec l'idée d'ennuyer la Ville que de défendre une oeuvre architecturale !
Car soyons sérieux ! Qu'en restera-t-il, de cette oeuvre ? Les vitraux...
Monsieur le Maire, en terminant mon intervention, il y a un an, je vous avais déclaré : "A défaut de nous refaire une belle piscine, faites au moins une affaire financière", m'élevant contre le cadeau fait à Meunier-Promotion dans le projet initial que vous nous aviez présenté.
Sur ce point, votre adjoint nous a entendus et d'un peu plus de 50 millions de francs, nous passons à 70 millions de francs, et peut-être plus puisque la possibilité d'augmenter les superstructures reste ouverte dans la convention.
Aussi, je serai pragmatique, car il arrive un moment où il faut en finir, je voterai à contrec?ur et par raison, Monsieur le Maire, votre délibération, car pour les contribuables elle n'est pas mauvaise, mais je prends date pour l'avenir car je suis convaincu que vous n'aurez que des désagréments avec ce projet mal conçu.
Mme Liliane CAPELLE. - Pourquoi le voter alors ?
M. Paul AURELLI, adjoint. - Pour ne pas vous faire plaisir voyons !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BLET, vous avez la parole.
M. Jean-François BLET. - Le mépris se retrouve dans le crédit qui a été accordé à cette concertation. En effet, la conclusion de cette enquête de concertation qui dura un mois se résume à : "la concertation a permis aux riverains et aux associations de s'informer et d'obtenir les précisions souhaitées sur ce projet d'aménagement" et "la concertation a permis de faire ressortir une quasi-unanimité sur le maintien à cet emplacement d'une piscine". Vous osez ensuite ajouter : "Il a pu être tenu compte dans une large mesure, dans la mise au point définitive du projet retenu, des demandes et observations formulées".
Or il était demandé par les riverains, les associations et la Mairie de Boulogne, hostile au projet, la réhabilitation à l'identique, l'abandon du programme d'activités commerciales - ce qui a motivé un recours de la part de l'Association du quartier du Parc des Princes, recours qui est encore en attente de jugement - l'abandon du principe de la réalisation d'un programme hôtelier, la réalisation de logements en particulier sociaux à la place des hôtels, la réduction éventuelle de la hauteur du bâtiment, l'interdiction du stationnement des autocars, la mise en sens unique de la rue Nungesser et Coli et son interdiction à la circulation des véhicules commerciaux et des poids lourds, demande émanant de l'Association des locataires du groupe Molitor, l'amélioration de l'accessibilité à la piscine et l'abandon du projet de couverture du bassin d'été.
Toutes ces réclamations et remarques sont restées lettre morte. Cette arrogance, ce sentiment de puissance, c'est tout simplement le fric qui le procure. Le fier et majestueux paquebot Molitor qui, par votre négligence, se muait en rafiot, va être coulé par les torpilles de Meunier promotion. Que vaut une coque "Art déco", si somptueuse soit-elle, face à la puissance de feu de l'argent ?
Tout argument devient caduque face à la perspective d'une opération dans le 16e arrondissement qui suinte le profit faramineux. Vous avouez même cyniquement - je cite le bilan de la concertation - "qu'afin de minimiser le coût de la réhabilitation, il est proposé de ne garder que la partie du programme public la plus utile à la collectivité et de financer sa réhabilitation par la vente de possibilités de construction sur les parties jugées les moins intéressantes".
Monsieur le Maire, un tel raisonnement, une telle logique ouvertement spéculative ne devrait plus avoir cours. La destruction de la piscine Molitor est une monstruosité. Elle prendra place dans l'histoire au chapitre du vandalisme parisien, elle y sera le pendant tibérien de la destruction des Halles.
Qu'est-ce que la piscine Molitor : un ensemble architectural unique en son genre en France, tel est le verdict de Catherine WEILL-ROCHANT, rapportant au nom de la Conservation régionale de l'Inventaire des Monuments et des Richesses artistiques de la France.
A Molitor fut créé un ensemble architectural unique en son genre en France, comprenant dans un seul bâtiment un bassin couvert et chauffé, un bassin découvert transformable l'hiver en patinoire et des services divers : cabines, douches, restaurant, bar, salle de réunion, magasin et café".
L'histoire de la piscine Molitor est exemplaire. L'acharnement méthodique, reconduit au fil des ans, visant à sacrifier un chef d'oeuvre architectural "Art déco" sur l'autel de la promotion immobilière a quelque chose de fascinant.
Dès septembre 1989, la mise à mort est programmée. Vous refusez de proroger la concession consentie par la Ville. Vous murez la piscine. Vous refusez de l'entretenir. Vous la laissez à l'abandon. Vous la laissez sciemment, délibérément se dégrader. Vous l'offrez aux pilleurs d'épaves qui la dépècent de ses ferronneries et à Meunier Promotion, filiale de la B.N.P. qui avec son architecte, Alain GILLOT, veut la raser pour y construire des hôtels de grand rapport.
Alors pourquoi cet acharnement sur la piscine Molitor ? Parce que depuis toujours elle a été livrée au promoteur BERTEAU, à Meunier promotion. Parce que l'opération en plein 16e est plus que juteuse, que le projet REICHEN en est devenu l'instrument. Parce que ce pur joyau art déco, ce chef d'oeuvre, n'est rien en face du fric !
Bilan du saccage ! Le bassin d'hiver est détruit. La patinoire condamnée. Le bassin d'été dénaturé, encapuchonné par REICHEN et ROBERT. Bref, du vandalisme à l'état pur !
Pour conclure, après le théâtre des Champs-Elysées, l'immeuble Larousse, le patrimoine "Art déco" est malmené à Paris, méprisé. Paris qui en fut l'emblématique fanal ! Je ne puis ici que répéter que la destruction de la piscine Molitor est un acte de barbarie.
En détruisant la piscine Molitor vous détruisez un pur joyau, un chef d'oeuvre dans l'histoire des styles. L'équivalent pour la période "Art déco" des cathédrales romanes ou gothiques.
Ce forfait qui vous marquera telle une tâche indélébile, mérite le même jugement terrible que celui asséné par Charles Quint aux vandales qui défigurèrent la Mosquée de Cordoue : "Si j'avais su ce que vous auriez fait, vous ne l'auriez pas fait ! Car ce que vous faites peut se trouver partout alors que ce que vous aviez auparavant n'existe nulle part".
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. LEBAN a la parole.
M. Gérard LEBAN, adjoint. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, j'ai bien conscience que nous ne pourrons clôturer cette séance par un bain de minuit dans la presque "mythique" piscine Molitor !... Mais au moins, nous sommes passés d'un attentisme constructif à un réalisme effectif, car il est urgent de ne plus attendre et de ne plus laisser se dégrader un équipement dont tous les Parisiens pourraient profiter autrement qu'à travers des joutes oratoires, intellectuellement intéressantes, certes, mais, concrètement, plutôt stériles et passéistes.
Puisque l'intérêt général est bien entendu notre préoccupation première, nul doute qu'en réalité nous ne soyons d'accord.
Pour ma part je ne traiterai ce dossier que sous l'angle des associations sportives. En effet, voici des années, voire des décennies, que le nombre de piscines est notoirement insuffisant dans le 16e arrondissement. Bien souvent les établissements scolaires ne peuvent satisfaire aux obligations sportives.
Les remises en état, les mises aux normes des établissements de l'arrondissement font que l'ensemble de ces équipements n'est jamais totalement en service. Aujourd'hui nous avons la chance de pouvoir donner satisfaction aux familles et aux associations qui verront leurs enfants bénéficier enfin d'une piscine couverte et découverte qui les accueillera largement et dans les meilleures conditions.
D'autre part la piscine reste un équipement public et la Ville, outre le bassin, garde le volume des installations, des vestiaires et d'une salle de sports. La discrétion pour les futurs usagers est garantie, puisqu'aucun vis-à-vis (ni fenêtres d'hôtels ou de logements), ne donnera sur le bassin. Quant aux riverains ils auront l'opportunité d'avoir accès à 90 places de parking, ce qui, à Paris, n'est pas négligeable.
Depuis 10 ans, Monsieur le Maire, cet équipement inutilisable est un poids mort qui, aujourd'hui enfin, a les meilleures chances de revivre, sans bourse délier pour les Parisiens et dans le respect de son style d'origine.
Certains auraient-ils oublié, comme M. MANO, que sur le projet architectural du Cabinet REICHEN et ROBERT un Ministre bien connu, puisqu'il s'agit de Jack LANG, donnait déjà en 1990 son accord ? Ce même Cabinet voit sa notoriété et ses compétences reconnues puisque l'Etat le sélectionne encore aujourd'hui parmi les candidats retenus pour l'opération du quai Branly. Quant au Cabinet MIMRAM, associé à cette réhabilitation-construction, puisqu'il est chargé de la couverture mobile du bassin, il est également sollicité pour la passerelle Solférino.
C'est pour toutes ces raisons, dont l'opportunité financière que représente cette cession et surtout dans l'intérêt des familles parisiennes et de notre arrondissement, que le groupe "Rassemblement pour Paris" votera pour la délibération qui nous est présentée aujourd'hui.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LEBAN.
Je donne la parole à M. BULTÉ.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Ce projet de délibération, cela n'a échappé à personne, a pour objet de proposer de réhabiliter et de rénover le site de la piscine Molitor, en combinant un programme d'équipement public, avec la reconstruction de la piscine d'été et un programme privé.
Ce projet avait déjà été évoqué par notre Assemblée en 1998, la piscine Molitor édifiée comme le rappelait M. Pierre-Christian TAITTINGER, dans les années 1930, a cessé son activité en 1989, en raison d'importantes dégradations. Le traité de concession d'ailleurs n'a pas été reconduit et les locaux ont été désaffectés, dès cette époque des projets de restructuration ont été élaborés.
A la suite de l'inscription de la piscine à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, un projet établi par M. REICHEN et présenté en association avec Meunier promotion, à la suite d'une consultation lancée par la Ville, a été retenu comme on vient d'ailleurs de le rappeler et, il faut le rappeler sur les bancs socialistes, en accord avec le Ministre de la Culture. En effet le Ministre de la Culture de l'époque, M. Jack LANG, a donné son accord au projet de M. REICHEN dès 1992 sous la signature de son directeur du patrimoine.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Voilà une information intéressante.
M. Michel BULTÉ, adjoint, rapporteur. - Une concertation publique a eu lieu en 1997 à Paris et à Boulogne. Le programme présenté comprenait outre la réhabilitation du bassin d'été, la réalisation d'un programme privé comprenant des logements et deux hôtels, un de deux étoiles et un de trois étoiles.
A la suite de cette concertation, différentes adaptations ont été apportées au projet, en particulier l'hôtel de deux étoiles a été remplacé par un trois étoiles.
Le bilan détaillé de la concertation fait l'objet du projet de délibération n° 1 qui vous est présenté aujourd'hui.
Le programme proposé comprend en définitive : pour la partie publique, la reconstruction et la réhabilitation partielle de la piscine Molitor dotée d'un dispositif de couverture mobile. Cela permettra d'obtenir un équipement nautique tout à fait remarquable à la fois moderne et respectant la forme et les proportions de la piscine d'origine.
Pour la partie privée : deux hôtels trois étoiles pour environ 11.000 mètres carrés hors ?uvre, des logements pour 1.000 à 1.500 mètres carrés hors ?uvre, et des places de stationnement en sous-sol.
Le prix de cession des droits à construire à l'opérateur privé a fait l'objet d'analyses complémentaires depuis le passage devant notre Assemblée en 1998. Ce prix résulte d'un différentiel entre une charge foncière brute qui serait applicable à un terrain sans contrainte à cet endroit, et la valorisation des contraintes techniques de constructibilité découlant du site et du programme.
Je rappellerai qu'une expertise sur la valeur de ces contraintes a été menée par des experts indépendants placés sous l'égide de la Chambre des Notaires. Compte tenu du résultat de cette expertise, les services fonciers de l'Etat, Monsieur MANO, ont indiqué que la Ville pouvait traiter dans une fourchette de 63 à 70 millions de francs.
Nous proposons de traiter ce soir en haut de la fourchette, soit 70 millions de francs. La Ville a donc fait tout ce qu'il fallait pour aboutir au meilleur prix.
Comme le rappelait tout à l'heure M. GIRAL, il devient maintenant urgent de remettre en état ce site. C'est pourquoi je vous propose de donner votre accord aux trois délibérations qui vous sont proposées. Le lancement de ce projet permettra de disposer à nouveau d'une magnifique piscine couverte et découverte.
En ce qui concerne l'amendement proposé par Mme BACHE, au nom du Mouvement des citoyens, qui d'ailleurs nous a été proposé en 6e Commission à la demande de M. SARRE, je suis bien entendu tout à fait d'avis de le refuser.
Je vous signale que la piscine reste un équipement intégralement public. Après 10 ans de fermeture, il importe maintenant, comme le rappelait le Maire, de réaliser des travaux au plus vite pour éviter d'accentuer la dégradation du site.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 24 déposée par le groupe du Mouvement des citoyens, invitant M. le Maire de Paris à engager une opération de réhabilitation complète de la piscine Molitor et à supprimer le programme hôtelier prévu.
L'avis de M. BULTÉ est défavorable.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 174-1°.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 174-1°).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 174-2°.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 174-2°).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 174-3°.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 174-3°).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 174 dans son ensemble.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 174).

Juillet 1999
Débat
Conseil municipal
retour Retour