retour Retour

52- 1997, DAUC 217 - Approbation, après enquête publique, de la modification du Plan d'occupation des sols général de Paris ayant pour objet : l'inscription en zone UH, secteur UHa, du terrain sis 2, 4, 8, 10, rue des Lilas et 27-33 bis, rue du Pré-Saint-Gervais (19e) ; la modification du document graphique de la zone 8-UO îlot " place des Fêtes " (19e).



M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAUC 217 qui concerne l'inscription en zone UH du terrain sis 2, 4, 8, 10, rue des Lilas et 27-33 bis, rue du Pré Saint-Gervais.
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, s'il vaut mieux que les parcelles sises 2, 4, 8, 10, rue des Lilas et 27-33 bis, rue du Pré-Saint-Gervais soient classées en zone UH plutôt qu'en zone UO où l'on peut faire n'importe quoi, ce n'est, malgré tout, pas la bonne solution. Avec cette modeste modification du P.O.S., je voudrais dénoncer le mythe selon lequel la zone UH " respecte davantage le tissu urbain local et favorise le maintien de la fonction résidentielle de Paris ". C'est ce qui est écrit dans le projet de délibération, rien n'est plus faux.
Lors de l'enquête publique, les habitants ont exprimé leurs craintes d'une surdensification du secteur qui existe déjà place des Fêtes ; je les comprends. Même en passant du classement de zone UO en zone UH, le C.O.S. habitat fixé à 3 aggrave la densification du quartier, comme partout dans Paris lorsque ce C.O.S. est en jeu. Alors que beaucoup de Parisiens, même s'ils sont favorables aux logements, demandent que ces C.O.S. soient diminués, vous ne les entendez pas.
La nécessité de construire des logements ne peut justifier de tout densifier. Prenons un exemple puisque l'on parle maintenant de la fonction résidentielle. Cela peut se concrétiser dans les faits par une volonté de préservation ou de réhabilitation, chaque fois que faire se peut, du parc immobilier parisien. Cela aurait dû se traduire par des règlements d'urbanisme plus stricts pour empêcher qu'une trop forte densification ne continue à envahir les arrondissements, périphériques surtout. Je l'ai souvent dit, ils ont été plus bétonnés que ceux du centre de Paris.
Cela aurait également permis de garantir les droits des occupants, propriétaires et locataires à résider à Paris sans tomber sous les menaces trop fréquentes d'expulsions ou d'expropriations qui se sont multipliées au nom de l'intérêt général, alors qu'il est rarement en jeu.
La défense de la fonction résidentielle avec un C.O.S. aussi élevé peut recouvrir d'autres objectifs encore : la rénovation bulldozer au lieu de la réhabilitation. Quand on a la possibilité de doubler ou tripler le nombre de mètres carrés existants, cela amène à surdensifier encore et toujours plus le tissu urbain.
Je ne pense pas non plus, comme une grande partie de l'opposition de gauche, qu'au nom du social, on a toujours le droit de surdensifier davantage. Ce sont souvent dans les zones trop hautes et trop denses qu'il y a plus de problèmes sociaux parce que l'environnement y est tellement mauvais que les gens sont malheureux et cet entassement inhumain engendre d'autres problèmes.
On ne défend pas la fonction résidentielle si l'on ne crée pas un environnement avec un minimum d'espaces, d'air, de verdure, de tranquillité. Ce n'est pas le cas en zone UH.
Vous nous rappelez d'ailleurs que ces dispositions du P.O.S., régissant la zone UH, prescrivent des surfaces minimales d'espaces libres. Le secteur de la place des Fêtes a été trop surdensifié ; saisissez l'occasion de l'aérer un peu.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Je vous remercie. Mme Anne-Marie COUDERC a la parole.
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.
Pour répondre à Mme SCHNEITER, je dirais que nous sommes d'accord toutes les deux, incontestablement, pour regretter les caractéristiques de l'opération de la place des Fêtes telle qu'elle a pu être engagée à l'époque. Nous savons d'ailleurs que depuis plusieurs années, et en particulier sous l'impulsion de Jean TIBERI, les opérations réalisées aujourd'hui s'inscrivent beaucoup mieux dans les caractéristiques des quartiers environnants. C'est pourquoi je ne comprends pas très bien la position de Mme SCHNEITER sur le C.O.S. que nous adoptons sur cette emprise.
Ce C.O.S. sera celui de la zone environnante du Plan d'occupation des sols, c'est-à-dire de la zone U.H., qui est une zone très habituelle à Paris. La volumétrie des constructions futures sera inférieure à celle qui résulterait du règlement actuel de la zone U.O. Or, Mme SCHNEITER juge ce C.O.S. encore élevé, alors que c'est celui que nous appliquons couramment, en dehors bien sûr des réflexions que nous avons engagées sur certains P.O.S. de quartiers et je ne pense pas que ce soit le lieu, sur ce terrain qui est un terrain d'angle de taille modérée puisqu'il s'agit de 2.300 mètres carrés, où nous puissions en faire un.
Je rappellerai également à Mme SCHNEITER qu'à l'enquête publique, les habitants ne craignaient pas le C.O.S. que vous indiquez mais ils craignaient que l'on fasse la même chose que sur la place des Fêtes et c'est exactement ce que nous allons éviter.
Voilà la réponse que je souhaite faire à Mme SCHNEITER sur cette affaire, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Tout ceci me paraît bien clair. Je vais donc mettre aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 217.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER ayant voté contre, MM. DUMAIT, MESMIN et Mme TAFFIN n'ayant pas pris part au vote, M. REVEAU s'étant abstenu. (1997, DAUC 217).

Octobre 1997
Débat
Conseil municipal
retour Retour