2025 DAC 469 Subvention complémentaire (8.800.000 euros) et avenant à convention avec l'EPCC Centquatre (19e).
M. Patrick BLOCHE, premier adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DAC 469 relatif à l'attribution d'une subvention complémentaire et d'un avenant à convention avec l'E.P.C.C. Centquatre, dans le 19e arrondissement. La parole est à Marie TOUBIANA.
Mme Marie TOUBIANA. - Merci, Monsieur le Maire. Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous partageons tous ici l'attachement aux Centquatre, lieu de culture, d'expérimentation et de convivialité au c'ur du 19e arrondissement. Depuis sa création, cet établissement a su fédérer artistes, habitants, entrepreneurs et publics autour de projets ambitieux et novateurs. Excusez-moi, il y a beaucoup de bruit. C'est un lieu vivant, indispensable au rayonnement culturel parisien. Néanmoins, si notre soutien à la culture est total, nous devons aussi faire preuve de lucidité et de responsabilité budgétaire. Le projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui porte la subvention municipale du Centquatre à 8,8 millions d'euros, soit une hausse de 100.000 euros supplémentaires pour combler le déficit de fonctionnement. Cette somme peut paraître modeste, mais elle révèle une tendance plus profonde, celle d'une dépendance croissante de certains établissements à la subvention publique, au détriment d'une stratégie durable d'équilibre économique. Le Centquatre bénéficie déjà d'un modèle économique mixte, combinant recettes propres, activités commerciales et événements. Pourtant, année après année, la Ville se voit contrainte d'ajouter de nouveaux crédits pour maintenir l'équilibre. Où est la trajectoire financière à moyen terme ? Où sont les indicateurs d'évaluation de l'impact culturel et social ? Nous ne pouvons, à chaque exercice budgétaire, combler les déséquilibres sans vision globale. Il serait souhaitable que soient mis en place une évaluation détaillée de l'utilisation des fonds publics attribués au Centquatre, la présentation d'un plan pluriannuel d'autonomisation financière qui permette de réduire la dépendance aux subventions, et un suivi transparent par le Conseil de Paris des recettes propres issues des activités commerciales, de la billetterie et des partenariats privés. Nous sommes convaincus que la culture parisienne doit rester audacieuse, populaire, accessible, mais aussi exemplaire dans sa gestion. Le rôle de la puissance publique n'est pas seulement de financer, il est d'accompagner vers la responsabilité et la transparence. En somme, notre groupe soutient le Centquatre pour ce qu'il représente, mais appelle la Ville à une gouvernance plus rigoureuse et à une meilleure anticipation budgétaire. C'est à cette condition que nous pourrons continuer à défendre sans contradiction à la fois la culture pour tous et la bonne gestion des deniers publics. Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, premier adjoint, président. - Merci, Marie TOUBIANA.
La parole est à Carine ROLLAND, pour vous répondre. Madame la Maire.
Mme Carine ROLLAND, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. J'entends, Madame TOUBIANA, mais, tout de même, nous ne sommes pas loin de la tartuferie ! Vous soutenez le Centquatre, mais vous considérez qu'il coûte trop cher. Le Centquatre est comme il est, il attire des milliers de visiteuses et de visiteurs qui le fréquentent chaque année parce qu'il est un service public. Oui, à la Ville de Paris, il y a un service public de la culture, nous le défendons, nous l'aimons, et nous savons combien il est utile et indispensable. Vous entendez l'acclamation. Comme tout service public, il est financé par de l'argent public. Jusque-là, je pense que nous serons tous d'accord. Dire qu'il y a trop d'argent public pour un service public qui fonctionne bien, c'est dire qu'il y a trop de services publics, donc que l'établissement n'a pas vocation à continuer tel qu'il est. Bref, rien ne va. En tout cas, nous sommes bien d'accord sur le fait que nous ne sommes pas d'accord. La droite reste la droite, la gauche reste la gauche, jusque-là tout est clair. Pour être tout à fait sérieuse et la plus précise possible, le Centquatre dégage effectivement des ressources propres considérables. Nous l'avons dit pour "Paris Musées", c'est aussi vrai pour le Centquatre. Son modèle, tout à fait unique, est fondé sur la co-activité, les manifestations artistiques, les pratiques culturelles, parfois spontanées, les amateurs, les professionnels, la commercialisation d'espaces, l'ingénierie, l'incubation, etc., les uns nourrissant les autres. Il y a une pratique artistique intense au Centquatre, et tout part de là. Effectivement, des entreprises ont envie de venir y organiser des événements, et cela permet à l'établissement de continuer de rayonner, etc. Néanmoins, cela n'empêche en rien les effets de l'inflation. Cela n'empêche en rien que nous défendons, au Centquatre comme ailleurs, des tarifications adaptées et les plus accessibles possibles. C'est là que la notion de service public intervient pour couvrir des coûts incompressibles, dont l'évolution n'est absolument pas contrôlable, que la puissance publique vient couvrir. Oui, le Centquatre est remarquable, oui, nous continuons de le soutenir, et je vous dirai même que, pour l'année 2026, il me semble indispensable de procéder à une augmentation du financement du Centquatre par la Ville, financement qui n'a pas évolué depuis la création de l'établissement. Je vous invite donc à voter très favorablement ce projet de délibération. Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, premier adjoint, président. - Merci, Carine ROLLAND.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 469.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2025, DAC 469).