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2025 DLH 303 Location de l’Hôtel de Fourcy situé 8, place des Vosges (Paris Centre) à CDC Habitat social - Bail emphytéotique. 2025 DLH 361 Réalisation, 8 place des Vosges d’un programme d'acquisition-amélioration de 17 logements sociaux (6 PLA-I, 3 PLUS, 8 PLS) par CDC Habitat social - Subvention (2.300.101 euros).


 

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Nous examinons conjointement les projets de délibération DLH 303 et DLH 361. Le projet de délibération DLH 303 est relatif à la location de l'hôtel de Fourcy, situé au 8, place des Vosges, à Paris Centre, et le projet de délibération DLH 361, qui prévoit la réalisation, au 8, place des Vosges, d'un programme d'acquisition-amélioration de 17 logements sociaux. La parole est à M. Aurélien VÉRON, pour cinq minutes.

M. Aurélien VÉRON. - Madame la Maire, mes chers collègues, vous voulez transformer en H.L.M. l'hôtel de Fourcy, 8, place des Vosges, immeuble classé à valeur inestimable. Je vous le dis : quelle démagogie ! Vous n'avez honte de rien ! Quelques mois seulement après le scandale du 37, avenue George V, je vous rappelle les faits, un immeuble resté vide pendant 18 ans, 48 millions d'euros engloutis pour 23 logements sociaux dans le quartier du superluxe et des palaces. Une enclume financière, pour un bailleur social qui n'a déjà pas les moyens d'entretenir son parc de logements, comme Rachida DATI et les élus du groupe Changer Paris le constatent à chacun de leurs déplacements. Etat de délabrement total du parc social, mais vous engloutissez des dizaines de millions d'euros dans des immeubles de grand luxe. Vous flambez tout dans l'apparence, rien dans l'entretien. Tout dans la "com'", au détriment des habitants, et malgré vos 12 milliards d'euros de dettes, nos milliards de dettes, puisque ce sont les Parisiens qui payent, vous continuez, vous continuez à brûler l'argent public dans des immeubles de luxe, que vous ne savez même pas entretenir, et que vous refusez de céder pour mieux allouer des ressources publiques précieuses. C'est devenu votre marque de fabrique : ruineux et inutile. Votre argument, c'est de brandir l'épouvantail des résidences secondaires. Ah, les résidences secondaires ! Comme si cet immeuble à lui seul allait décider du destin du Marais ! La vérité, c'est que c'est votre politique qui fait fuir les habitants, pour aller sous des cieux moins hostiles, où on ne paye pas ses impôts pour être puni de vivre chez soi. En réalité, vous détruisez la mixité. Vous l'écrasez sous les impôts, sous le coût de la vie, sous la pénurie de logements que vous avez vous-mêmes aggravée par vos préemptions massives, et ce projet n'y changera rien, car la conversion des établissements scolaires sera comme toujours financée par la vente de droits de commercialité, qui transformeront de vrais logements du quartier en commerces, dans l'autre sens. Résultat : zéro logement net, rien, du vent ! Le pire, vous pourriez créer deux fois plus de logements sociaux une rue plus loin, à 50 mètres de là, mais non, ce qui vous intéresse, ce n'est pas de loger des familles modestes, c'est de le faire place des Vosges, pour le symbole, pour la photo, pour le geste de vertu ostentatoire, pour montrer aux classes moyennes étranglées par les loyers, et aux bourgeois que vous exécrez, que vous installez quelques personnes précaires au c'ur des lieux les plus prestigieux de la Capitale. Hier, avenue George V, aujourd'hui, place des Vosges, demain place Vendôme. Cela coûte "un bras", mais qu'importe : "c'est pas cher", comme dirait l'autre, "c'est le Parisien qui paye". Avec l'éviction méthodique des classes moyennes, comment nier que vous faites votre beurre politique sur la précarité que vous entretenez volontairement ? Alors ne faites pas semblant. Ne prenez pas cet immeuble comme alibi. Ne jouez pas à cacher la poussière sous le tapis. La dévitalisation du Marais, sa transformation en zoo à touristes, c'est votre entêtement. Ce n'est pas l'hôtel de Fourcy qui chasse les habitants. C'est votre politique ruineuse et populiste !

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Mme Corine FAUGERON, pour cinq minutes.

Mme Corine FAUGERON. - Merci, Madame la Maire. On va revenir dans le 4e, peut-être, et sur la place des Vosges. L'hôtel du 8, place des Vosges a été construit en 1605, au moment de l'aménagement de la place, pour le conseiller d'Etat et trésorier de France, à côté de l'ingénieur typographe Claude Chastillon, qui, avec Androuet du Cerceau, a conçu le plan de la place. A un moment, Théophile Gautier, puis Alphonse Daudet y ont habité aussi. En 1930, le 8 devient propriété de la Ville. Il a été une annexe du lycée professionnel Théophile Gautier, installé au 6, place des Vosges, en 1977. La place des Vosges est la s?ur de la place ducale de CharlevilleMézières. Il s'agit de la place la plus ancienne de Paris. Cet ensemble a été jusqu'ici presque miraculeusement préservé et l'on a pu constater que les chantiers sont extrêmement dangereux pour notre patrimoine. En 2011, les pompiers doivent se livrer à une intervention spectaculaire au 22 de la place, un peu plus loin, l'incendie les obligeant à couper le toit pour éviter que le feu ne se propage sur l'ensemble de la place, côté 4e. Des travaux étaient en cours. Je pense aussi à l'hôtel Lambert, sur l'île SaintLouis, qui, construit en 1642, et arrivé quasiment intact au XXIe siècle, a été ravagé par les flammes en 2013, à la suite d'un chantier pharaonique. On y a perdu un joyau de notre patrimoine national, le dernier cabinet de bain peint par Eustache Le Sueur. Puis, bien sûr, on pense à NotreDame, qui avait traversé 800 ans, et a failli totalement disparaître dans les flammes. C'est pourquoi je demande solennellement à C.D.C. Habitat, filiale à 100 % de la Caisse des dépôts et consignations, et donc propriété de l'Etat, de traiter, avec tout le respect qu'il mérite, ce bâtiment que nous lui confions, et qui doit être préservé, quoi qu'il en coûte, car il fait partie de notre patrimoine commun.

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est à Mme Élisabeth STIBBE, pour cinq minutes.

Mme Élisabeth STIBBE. - Chers collègues, c'est sur l'hôtel de Fourcy, situé place des Vosges, que vous avez jeté votre dévolu pour créer 17 logements sociaux, superbe immeuble de brique et de pierre du XVIIe siècle. Il est classé au titre des monuments historiques. Ce bâtiment appartient à l'histoire de Paris. Resté vide pendant près de 20 ans, il nécessite aujourd'hui une restauration exigeante, rigoureuse, et respectueuse du patrimoine. Pardon, Madame la Maire, mais lorsque nous constatons l'état d'une partie du parc social parisien, façades abandonnées, espaces communs délabrés, infiltrations d'eau à répétition, ponts thermiques, ascenseurs en panne, nuisibles, logements déclarés en insalubrité, oui, nous avons le droit de nous inquiéter. Pourquoi devrionsnous croire que ce bâtiment d'exception échappera au destin que trop de résidences sociales parisiennes connaissent déjà ? Nous refusons de voir un nouveau joyau patrimonial rejoindre la cohorte des immeubles abandonnés, faute d'entretien. Votre projet est mal ficelé. Il est l'exemple de ce qu'il ne faut plus faire. D'abord, parce qu'il est inadapté et coûteux. Nous parlons ici d'un foncier parmi les plus chers de France, d'un immeuble nécessitant une restructuration lourde, car il n'a jamais été conçu pour accueillir des logements. Résultat, plus de 7,6 millions d'euros de dépenses supplémentaires dans sa forme moderne, si on peut dire. Vous n'en êtes plus à cela, il est vrai, tant vous avez plongé Paris dans la dette, mais combien de logements aurions-nous pu financer avec cette somme, et combien aurions-nous pu en entretenir ? Combien de familles déjà logées dans des bâtiments dégradés auraient pu bénéficier d'une rénovation thermique, d'un ascenseur fonctionnel, d'un logement digne ? Nous sommes ici non pas devant une politique de logement, mais devant une politique d'affichage. La réalité, c'est que ce projet est totalement déconnecté de la réalité du quartier. Place des Vosges, ce ne sont pas des commerces du quotidien. Ce sont des galeries, des restaurants gastronomiques, des boutiques de luxe. Les ménages logés ici devront sortir du périmètre pour trouver ce qui est essentiel à leur bon vivre : une pharmacie abordable, un supermarché accessible, une boulangerie bon marché. On est bien loin de la "ville du quart d'heure", que vous n'avez de cesse de vanter. Alors oui, mes chers collègues, nous assumons totalement de dire que ce projet est inadapté, déraisonnable financièrement, inefficace socialement, dangereux patrimonialement. Ce projet est une opération vitrine, un coup de "com'" à grand prix, une fois encore payé par le contribuable parisien. On ne résout pas la crise du logement avec l'idéologie, mais avec le sérieux et le pragmatisme. Ce projet n'est ni sérieux, ni pragmatique. Parce que nous défendons le logement social lorsqu'il est fait sérieusement, "pérennement", intelligemment, nous voterons contre ce projet. Je vous remercie.

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à? Christophe GIRARD n'est pas là.

La parole est donc à Catherine IBLED, pour cinq minutes.

Mme Catherine IBLED. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, le projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui dépasse de très loin la seule question du logement. C'est un choix politique lourd de conséquences, à la fois sur le maintien du patrimoine parisien, et sur la crédibilité de votre politique du logement social. Le déclassement de l'hôtel de Fourcy, hôtel particulier du XVIIe siècle, classé au titre des monuments historiques, qui a notamment accueilli Alphonse Daudet et Théophile Gautier, n'est pas une opération anodine. C'est un acte délibéré, assumé, par lequel vous décidez que le patrimoine parisien peu de venir le terrain de jeu de votre communication politique. Cet édifice, dont la valeur historique est reconnue et protégée, devient aujourd'hui un instrument. Vous ne le restaurez pas pour le transmettre aux générations futures, vous le transformez en vitrine, en symbole social factice, destiné à masquer votre incapacité chronique à mener une politique de logement cohérente, efficace et équitable et pour aboutir à quoi ? 17 logements seulement, 17 logements, alors que 300.000 personnes attendent un logement social à Paris, dont une immense majorité de ceux qui font vivre Paris, qui travaillent dans nos écoles, dans nos hôpitaux, dans nos commerces, n'ont pas de logement. Ces logements soi-disant sociaux ne régleront rien de la crise du logement. Ils ne répondront ni aux familles de la classe moyenne, poussées hors de Paris, ni aux ménages en attente dans des conditions indignes. Ils ne sont qu'un alibi. Je rappelle que les précédentes opérations de ce type ont englouti des sommes hors de proportions, comme l'a rappelé mon collègue tout à l'heure, les 48 millions d'euros dépensés pour 23 logements, avenue George V. Le même schéma se répète. Vous engagez des montants colossaux pour des résultats qui ne sont pas à la hauteur, et vous sacrifiez au passage des pans entiers de notre patrimoine, et ceci et vraiment bien triste. Vous utilisez donc à mauvais escient l'argent public et vous désorientez le marché locatif au détriment, finalement, des vrais besoins des Parisiens. La rénovation du parc sociale existante est totalement insuffisante, je pense qu'ici tout le monde, ici, est d'accord, et ne bénéficie jamais de la même énergie, ni de la même volonté, ni des mêmes financements que vous êtes prêts à mettre sur la table pour ce projet. Avec votre système de loyers capitalisés, 97.802 euros encaissés une fois pour toutes pour un hôtel particulier, vous affaiblissez les finances municipales tout en endettant lourdement un bailleur social. Alors, il existe pourtant une autre voie, une voie plus sérieuse, plus responsable, et qui est fidèle à l'intérêt général. Nous, par exemple, nous défendons la restauration patrimoniale exemplaire, par exemple, de l'hôtel Fourcy, ici, sa reconversion vers une vocation culturelle, éducative, ou citoyenne. Nous défendons une politique du logement qui commence par l'essentiel : rénover massivement le parc social existant, améliorer la rotation du parc social et permettre aux agents et aux travailleurs en première ligne de se loger. Alors, vous demandez ici au Conseil de Paris de cautionner une opération injuste, inutile et déconnectée du réel. Nous allons donc nous y opposer fermement, car nous croyons que Paris peut protéger son patrimoine, que nous devons respecter l'argent public et que nous devons donner à toutes les familles des moyens de vivre dignement dans la Capitale. C'est donc une question de cohérence. Je vous remercie.

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à M. Jean-Philippe GILLET, pour cinq minutes.

M. Jean-Philippe GILLET. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, chers collègues, c'est vrai, nous examinons aujourd'hui un projet de délibération qui illustre parfaitement, selon nous, ce que doit être une politique de logement ambitieuse et réellement progressiste, la création de 17 logements sociaux dans un lieu emblématique de notre Capitale, l'hôtel de Fourcy, au 8, place des Vosges, en plein c'ur de Paris. Ce projet, porté par C.D.C. Habitat social dans le cadre d'un bail emphytéotique avec la Ville de Paris, est exemplaire à plus d'un titre. D'abord, et les différentes oratrices et orateurs l'ont dit, par sa localisation, qui permet de produire, selon nous, du logement dans du bâti existant et dans le 4e arrondissement, qui est aujourd'hui carencé en matière de logement social. C'est surtout installer, nous le répétons, du logement social en plein Marais, dans un bâtiment, certes, daté de 1608, et classé monument historique de Paris depuis 1954, mais c'est affirmé que le droit à la ville, le droit à habiter le centre de Paris, ne doit pas être réservé aux plus riches, mais doit s'exercer partout, y compris dans les quartiers les plus prestigieux. On se félicite de la qualité du projet : 17 logements sociaux, dont 6 P.L.A.-I., pour les ménages les plus modestes, 3 PLUS et 8 P.L.S., dans des 3 pièces, donc des logements familiaux. Une réhabilitation complète est prévue, respectueuse du patrimoine. Cela inquiète beaucoup certains, mais elle est respectueuse du patrimoine, avec restauration des façades, isolation thermique intérieure, et un raccordement au réseau de chaleur urbain, ou à une pompe à chaleur, preuve qu'il est possible de conjuguer préservation du patrimoine et préservation du climat. Par ailleurs, toutes les rénovations qui nous permettent soit de raccorder au réseau de chaleur, soit d'installer une pompe à chaleur, ou, dans d'autres cas, de végétaliser et débitumer, sont des projets qui permettent d'améliorer le cadre de vie et de nous rapprocher de nos objectifs climatiques. En transformant l'hôtel de Fourcy, nous réparons un peu, c'est vrai, seulement un peu, mais un peu tout de même, une injustice urbaine historique, qui voit les logements sociaux concentrés massivement à l'Est de la Capitale. Ce projet de délibération est un signal fort, qui illustre notre politique, celle d'une Ville de Paris qui ne cède pas au fatalisme et qui reprend la main sur son foncier, pour produire le logement social là où il en manque le plus. Nous voterons bien évidemment en faveur de ce projet de délibération et nous continuerons à défendre cette "ligne claire", comme on le dit dans le domaine de la B.D., car comme le dessinait Wolinski dans "L'Huma", "Rien n'est trop beau pour la classe ouvrière". Je vous remercie.

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est à M. Laurent SOREL, pour cinq minutes.

M. Laurent SOREL. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, comment osent-ils ? Voilà ce que j'entends quand M. VÉRON ou Mme STIBBE parlent de logement social place des Vosges. Comment osent-ils ? Oui, parce qu'on comprend bien que, pour vous, il vaut mieux des logements vides que des "prolos" place des Vosges, et cela, c'est un problème, parce qu'aujourd'hui, de quoi parle-t-on ? On parle de la création de 17 logements sociaux. Pas de panique, les amis, il restera suffisamment de bourgeois dans le Marais, et ce ne sera pas demain, malheureusement, que le Marais redeviendra ce qu'il était il n'y a pas si longtemps, quoi, 60 ans ? Un quartier populaire au c'ur de Paris. Oui, parce que c'est cela, aussi, c'était cela, le Marais.

D'ailleurs, quand les bourgeois ne s'y intéressaient pas, parce qu'il fut un temps où, effectivement, ils ne s'y intéressaient plus, ce n'était pas à la mode, et même, on a parlé, il y a de nombreuses années avant, de le raser pour en faire du Le Corbusier? Bref, c'est cela, le Marais, aussi, malheureusement, et cela aurait dû être cela, Paris, c'est-à-dire où il y a des classes populaires, pas simplement dans quelques poches de l'Est parisien, du Nord-Est, mais aussi au c'ur de la Capitale. Maintenant, disons les choses clairement. Moi, quand j'entends M. VÉRON parler, ce que j'entends, c'est du mépris de classe à l'état pur. Voilà ce que j'entends, car qu'est-ce qu'il dit ? "C'est trop beau, c'est trop cher et c'est trop prestigieux pour qu'il y ait des pauvres qui habitent place des Vosges". C'est cela, que j'entends. Quand j'entends Mme STIBBE parler de ses craintes que ce soit abîmé, qu'est-ce que j'entends, en fait ? Traduisons-les. J'entends : "Les pauvres ne savent pas se tenir. Quand ils habitent dans une résidence, quand ils habitent dans un immeuble, ils l'abîment, ils la salissent", alors que le vrai problème, c'est qu'il n'y a pas suffisamment de moyens pour la rénovation des logements sociaux. C'est cela, le problème. Peut-être que s'il y a des "prolos" place des Vosges, à ce moment, vous oseriez peut-être voter un peu plus de crédits pour que ces immeubles soient bien tenus et bien entretenus. Voilà ce que j'espère, en tout cas, ou plutôt, je n'ose même l'espérer. En tout cas, oui, cela ne va pas abîmer le Marais qu'il y ait des logements sociaux. Cela ne va pas faire que la place des Vosges sera moins belle. Cela sera peut-être un peu plus animé. Maintenant, je dis cela, mais admettons-le, que créer des logements sociaux dans des quartiers comme celui-là, cela coûte plus cher qu'ailleurs, et que oui, il faut évidemment se poser la question de l'arbre qui cache la forêt. C'est-à-dire que oui, quelles sont les marges de man?uvre budgétaires de la Ville ? Combien cela coûte-t-il de créer des logements sociaux à l'Ouest ? Combien cela coûterait à l'Est ? Qu'est-ce qu'on a comme priorité ? Je voterai ce projet de délibération avec plaisir, mais évidemment, vous comprenez bien que quand on fait du P.L.A.-I., dans ces quartiers, la question se pose aussi d'où ces gens vont faire leurs courses, parce que le marché de Belleville? J'allais dire "le marché de Belleville". Je parle de mon 20e arrondissement. Le marché de Bastille est cher. J'ai cru comprendre que les commerces ne sont pas super accessibles, donc il y a évidemment cette question qui est posée et qui fait qu'il faut faire de la mixité, il faut la faire intelligemment. Posons-nous donc ces questions. C'est un beau symbole. C'est un très beau symbole. C'est un symbole cher. Votons-le, d'accord, mais posons-nous la question de la cohérence des moyens que l'on met sur les territoires de la Ville à l'Est, à l'Ouest, ou comment on peut lutter contre la gentrification de la manière la plus efficace. C'est en cela qu'évidemment, je dis : interrogeons-nous, mais attention, à condition de ne pas faire comme la droite, avec son mépris de classe qui suinte de tous vos pores.

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Je donne à présent la parole au maire de Paris Centre, M. Ariel WEIL.

M. Ariel WEIL, maire de Paris Centre. - Merci, Madame la Présidente.

Quel regain d'intérêt subi pour cet hôtel de Fourcy, que, je crois la moitié de cet hémicycle ne connaissait pas, visiblement, il y a encore quelques jours, ce qui, d'ailleurs, est surprenant et c'est la première des hypocrisies que je voudrais dénoncer, puisque vous devriez le connaître ! Vous devriez le connaître, puisque vous avez voté, pour certains Conseillers de Paris, et je ne l'étais même pas à l'époque, un projet "Réinventer Paris" qui, dès 2017 ou 2018, avait déjà prévu des logements sociaux qui sont là. Ce projet a un peu changé à la marge, mais il y a des logements sociaux qui ont été votés par le Conseil de Paris Centre, qui n'existait pas encore à l'époque, et par le Conseil de Paris, depuis le début. A l'époque, cela n'intéressait personne. Je ne sais pas pourquoi.

Ensuite, ce projet qui a été abandonné et était porté par "Réinventer Paris", l'a été parce qu'il prévoyait une résidence sociale et un gîte urbain en plus du logement social. Simplement, l'économie ne s'y est pas trouvée. Certains acteurs ont abandonné, parce que justement, l'économie ne marchait pas, alors que le logement social, dans tout l'hôtel particulier, avec du commerce au rez-de-chaussée, cela marche. Pourquoi cela marche ? Là encore, quelle hypocrisie de dénoncer du logement social pour les "miséreux" qui coûterait une fortune à la Ville et qui ne rapporterait rien !

Je rappelle que dans toutes les opérations, c'est la vraie mixité sociale que l'on recherche. Il y a en effet différents types de logements, qui correspondent à différents types de revenus. Je n'ai pas besoin de rentrer dans le détail, vous le connaissez. Tous les maires, tous les élus, connaissent, en principe, la différence entre un P.L.A.-I., un P.L.S? Ce sont des termes, des acronymes techniques, mais de quoi parle-t-on ? On parle de logements, d'une famille, d'un foyer, d'un couple avec enfant qui aurait des revenus de 68.000 euros nets. Est-ce qu'on parle de "miséreux" ? Si on ne veut pas de cela place des Vosges, dans le centre de Paris, cela veut dire que l'on ne veut pas de familles, qu'on ne veut pas de classe moyenne, qu'on ne veut pas d'infirmiers, qu'on ne veut pas de professeurs, qu'on ne veut pas de commerçants, qu'on ne veut pas d'agents publics ? On ne veut pas de ces gens dans le centre de Paris ? Ils n'ont pas le droit d'habiter là ?

Vous n'avez pas parlé, d'ailleurs, de l'hôtel de Lorraine, mais on fait pareil et j'en suis fier. Rue Pavée, j'ai fièrement négocié l'abandon d'un projet d'hôtel de luxe au profit de commerces. L'entreprise Caudalie s'est installée. Ils sont ravis et nous aurons du logement social dans des hôtels particuliers du XVIIe siècle qui seront, grâce à la Ville, d'ailleurs, restaurés. Vous parlez de classement historique. C'est grâce à la Ville que nous aurons non seulement l'isolation, mais aussi la préservation de ces joyaux, et vous savez quoi ? On ne ruine en rien les Parisiennes et les Parisiens, parce que ce sont eux qui sont riches de ce patrimoine. Ce patrimoine qui sera restauré, qui est aujourd'hui dans un état désastreux. Pour certains hôtels particuliers, en l'occurrence, on ne les achète pas, on ne les préempte pas ils sont déjà à la Ville de Paris et donc aux Parisiens et aux Parisiennes.

Je l'ai souvent dit, lorsque l'on parlait de la dette, ce sont ces actifs qui sont extrêmement valorisés, qui gagent cette dette et ce patrimoine. C'est le patrimoine des Parisiennes et des Parisiens. Quand on me dit : "Vous n'allez pas le vendre ?", si, pourquoi pas, demain, un jour, peut-être que si l'on en a besoin, le logement social, on le vendra. Vous savez à qui ? A des gens qui accèderont à la propriété grâce à ces opérations. Peut-être qu'on le fera, si on en a besoin. En attendant, c'est la richesse des Parisiennes et des Parisiens. Elle n'est en rien aliénée. Au contraire, elle est majorée et maximisée grâce à ces restaurations !

J'ai d'ailleurs entendu dire : "Ah ! Théophile Gautier !", mais le lycée Théophile Gautier est là. Quelqu'un l'a dit tout à l'heure. Il a déménagé juste à côté. J'y étais la semaine dernière pour une intervention. L'école primaire Vosges-Tournelles est là, avec ses élèves. Moi, je veux qu'elle ait encore plus d'élèves demain et qu'on puisse installer des familles juste à côté, qui viendront, place des Vosges, fréquenter nos écoles publiques, parce que les familles sont là. Elles sont là, et elles reviennent grâce à cette politique de logement.

Il ne s'agit pas d'installer des "miséreux". Il s'agit, place des Vosges, comme partout ailleurs, dans tout Paris, de faire de la mixité. C'est d'avoir des riches, des moins riches, des familles, des célibataires, des gens qui sont dans des foyers sociaux, et de faire cohabiter tous ces gens ensemble partout dans Paris. Je suis désolé, cher Laurent, si cela coûte cher, mais cela rapporte, aussi, et c'est le patrimoine des Parisiennes et des Parisiens que l'on est en train d'enrichir, en plus d'enrichir leur vie sociale. Merci.

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire. Pour vous répondre, je donne la parole à M. Jacques BAUDRIER.

M. Jacques BAUDRIER, adjoint. - Monsieur VÉRON, Madame STIBBE, Madame IBLED, je sais, c'est difficile à entendre, mais il n'y aura pas un hôtel cinq étoiles, il n'y aura pas une résidence secondaire d'un milliardaire, il y aura des éboueurs, des infirmières, il y aura des auxiliaires de puériculture, et nous en sommes fiers. Je sais, c'est compliqué. Oui, cela ne va pas servir à alimenter la spéculation foncière. Cela ne va pas servir à alimenter la rentabilité du capital. Cela ne sert pas vos intérêts. C'est la vie. Vous avez perdu, cela va être majoritaire.

Monsieur VÉRON, quand vous nous dites, quand vous colportez des "fake news"? Vous devriez être chroniqueur à CNews, et à "Valeurs actuelles" ! Quand vous nous dites qu'on dépense de l'argent, je vous le rappelle une fois de plus, 37, avenue George V, une opération bénéficiaire de 18 millions d'euros pour la Ville de Paris, eh oui ! "Paris Habitat" ne va pas perdre un sou, va même gagner de l'argent, enrichir son patrimoine, et ici, hôtel de Fourcy, c'est un patrimoine qui appartient à la Ville, et cela nous coûte combien, en prix d'acquisition ? Zéro euro. Voilà, quand vous dénoncez une soi-disant gabegie, au contraire, nous gérons bien le patrimoine de la Ville, comme l'a brillamment dit Ariel WEIL.

Oui, Monsieur BOULARD, Monsieur REDLER, il y a des maires d'arrondissement dont le but n'est pas d'avoir un Paris de logements vides, dont le but est d'avoir des arrondissements avec des habitants et c'est Ariel WEIL qui soutient systématiquement tous les projets de logements sociaux à Paris Centre et il a bien raison, et je le remercie. Merci à lui. Il y aura aussi, comme il l'a très bien dit, il y aura l'hôtel de Lorraine, avec 28 logements sociaux qui vont bientôt être livrés rue Pavée, et il y a eu plus d'une centaine de logements sociaux, village Saint-Paul, et nous allons dépasser les 15 % de logements sociaux dans le 4e arrondissement, et ce n'est pas fini, grâce à un maire d'arrondissement qui nous aide. Bravo et merci à lui, à Gauthier CARON-THIBAULT, et à toute l'équipe de la mairie de Paris Centre. Enfin, Madame FAUGERON, vous nous avez rappelé l'histoire de cette belle place des Vosges, qui était auparavant la place Royale. C'est Henri IV qui a décidé l'aménagement de cette place en 1604. Quel était son projet, à Henri IV ? Son projet, c'était de créer un centre industriel de la soierie et des logements pour les ouvriers, et après, dans l'histoire, il y a eu le Marais populaire, et voilà, nous retrouvons le fil de cette histoire en créant du logement social, place des Vosges, et nous en sommes fiers. Bravo et merci à tous ceux qui voteront ce projet de délibération symbolique, qui va marquer et qui marquera notre engagement pour le logement social dans cette année, dans cette mandature. Merci et merci de hurler, vous, les amoureux du logement vide !

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BAUDRIER.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 303.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2025, DLH 303). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 361. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?...

Mme Corine FAUGERON. - Je ne suis pas intervenue sur le projet de délibération DLH 361.

Mme Anouch TORANIAN, adjointe, présidente. - On les a étudiés de manière regroupée. Du coup, comme l'adjoint a répondu, c'est compliqué de reprendre la parole. Cela a été dit aux groupes. Vraiment navrée. Je suis vraiment désolée, mais les deux projets de délibération sont regroupés, et l'adjoint a répondu, d'ores et déjà.

Je mets donc à présent aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 361.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2025, DLH 361).

 

Novembre 2025
Débat
Conseil municipal
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