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Vœu déposé par le groupe "Les Ecologistes" relatif à la dénomination de l’école élémentaire située au 52, rue de Wattignies, en hommage à France Gall. Vœu déposé par le groupe "Les Républicains, Les Centristes et Indépendants - Demain Paris !" relatif à l’attribution du nom de Brigitte Bardot à une voie du jardin du Ranelagh. Vœu déposé par le groupe "Les Républicains, Les Centristes et Indépendants - Demain Paris !" relatif à l’hommage rendu à M. Gaston Sayada.


 

Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Nous examinons ensemble les v?ux non rattachés nos 11, 12 et 13. Le v?u n° 11 est relatif à la dénomination de l'école élémentaire située au 52, rue de Wattignies en hommage à France Gall. Le v?u n° 12 est relatif à l'attribution du nom de "Brigitte Bardot" à une voie du jardin du Ranelagh. Le v?u n° 13 est relatif à l'hommage rendu à M. Gaston Sayada. Pour commencer, la parole est d'abord à Mme Emmanuelle PIERRE-MARIE, pour le groupe "Les Écologistes".

Mme Emmanuelle PIERRE-MARIE, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Comme vient de le dire Laurence PATRICE, chers collègues, pour un peu plus de féminisation dans le 12e arrondissement, ce v?u fut le dernier v?u déposé au conseil du 12e arrondissement, et je dois dire que ce fut un plaisir de le faire sur un sujet aussi joyeux, consensuel et inspirant. Ce v?u concerne l'école élémentaire située au 52, rue de Wattignies, qui porte aujourd'hui un nom purement administratif, comme beaucoup d'écoles parisiennes et du 12e arrondissement. Or, nous savons combien les noms comptent, lorsqu'il s'agit d'équipements scolaires. Ils racontent une histoire. Ils transmettent des valeurs. Ils accompagnent les enfants au quotidien. La proposition est d'autant plus belle qu'elle vient de l'école elle-même, de son équipe pédagogique, qui a envie, aujourd'hui, de donner à cette école un nom porteur de sens, celui d'Isabelle Gall, dite France Gall. France Gall une immense artiste populaire, mais c'est aussi une enfant du 12e arrondissement, une ancienne élève de cette école, une femme dont le parcours parle d'émancipation, de création, d'engagement et de solidarité. Ce sont tout autant de valeurs que nous souhaitons transmettre aux élèves d'aujourd'hui. Donner son nom à une école, c'est continuer le travail indispensable de rééquilibrage de la place des femmes dans l'espace public et de le faire là où cela a le plus de portée, auprès des enfants et des familles. Le calendrier, enfin, est particulièrement heureux, avec les anniversaires 2027-2028 de sa naissance et de sa mort. Cela permettra à l'équipe pédagogique de construire un projet éducatif et culturel ambitieux autour de la musique, de l'égalité et de la créativité. Je vous invite donc à adopter ce v?u avec enthousiasme et en fredonnant secrètement des airs de France Gall. Pour ma part, je ne vous chanterai pas "L'école est finie", mais j'espère que vous allez voter ce v?u favorablement. Je vous remercie.

Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Promis, je ne chanterai pas "Résiste", mais le c'ur y est. La parole est à M. Jack-Yves BOHBOT, pour deux minutes maximum. Pardon, excusez-moi. C'est écrit en beaucoup plus petit, il y avait M. François CONNAULT, avant M. BOHBOT. Pardon.

M. François CONNAULT. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, chers collègues, avant de devenir la légende du cinéma, icône mondiale que nous connaissons et que nous avons tant admirée, Brigitte Bardot était d'abord une Parisienne. Je n'étais pas inscrit, alors. Comme on m'a donné la parole?

Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Messieurs dames, les trois v?ux sont vus ensemble. Il y aura une réponse de l'Exécutif à la fin des trois v?ux. Voilà. Allez-y, Monsieur CONNAULT.

M. François CONNAULT. - Vous allez m'entendre à nouveau. Je poursuis, en disant que Brigitte Bardot était une Parisienne, née dans le 15e arrondissement, qui a grandi dans le 16e arrondissement, qui a été élève du Cours Hattemer et de l'Institut de la Tour. Autrement dit, c'est une enfant de l'Ouest parisien, façonnée par cette ville, par ses quartiers, par ses écoles, par cette culture si particulière que Paris sait transmettre. Issue d'une famille cultivée, sensible aux arts et à la mode, elle est très tôt initiée à la danse, aux spectacles, à la création artistique, et c'est ici, à Paris, qu'elle commence à tracer ce chemin singulier, qui la conduira, dès le début des années 1950, des photographies de mode aux plateaux de cinéma. A partir de 1952, avec des films comme "Manina, la fille sans voiles", ou "Le trou normand", sa notoriété s'installe. Puis, vient, en 1956, le film "Et Dieu créa la femme", et avec lui, une image de liberté et de modernité qui fera le tour du monde. En 46 films, aux côtés de Roger Vadim, de Jean-Louis Trintignant, de Sami Frey, de Jacques Charrier, ou de Serge Gainsbourg, Brigitte Bardot contribue puissamment au rayonnement culturel de la France, mais Brigitte Bardot, c'est aussi un tempérament, un esprit indépendant, une liberté de ton, une personnalité qui a marqué et inspiré des générations entières. Puis, en 1973, à moins de 40 ans, elle quitte le cinéma pour se consacrer entièrement à une autre cause : la défense des animaux. Avec la "Fondation Brigitte Bardot", installée dans le 16e arrondissement, elle s'engage avec une détermination et un courage qui forceront le respect et feront évoluer les mentalités, et, parfois même, les lois. C'est pourquoi le jardin du Ranelagh, lieu de promenade des familles, des enfants, et bien sûr, de tant d'animaux, nous paraît un cadre symbolique pour lui rendre hommage. Donner le nom de "Brigitte Bardot" à une voie ou à un chemin de ce jardin, c'est rappeler son itinéraire parisien, son ?uvre, et son engagement, et c'est transmettre cet héritage aux générations futures. C'est le sens du v?u que nous proposons aujourd'hui, avec le groupe "Les Républicains, Les Centristes et Indépendants - Demain Paris !". Je vous remercie.

Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est à JackYves BOHBOT.

M. Jack-Yves BOHBOT. - Merci, Madame la Maire. Moi, je vais évoquer une personnalité beaucoup moins connue que France Gall, cette star de la chanson, ou l'icône des années 1960 Brigitte Bardot, mais une personnalité très attachante du 20e arrondissement, qui était Gaston Sayada, qui s'est éteint le 9 novembre 2025, il y a quelques mois, quelques semaines, à l'âge de 96 ans. Gaston Sayada, que j'ai bien connu, su concilier tout au long de sa vie le service de la République et le dévouement de la communauté juive. Attaché à sa communauté, la communauté juive du 20e arrondissement, il ne reconnaissait pourtant qu'une seule communauté, la communauté nationale. Cet originaire de Tunis était reconnaissant envers la République, et avec le décret du 27 septembre 1791 qui considérait enfin les juifs comme les autres citoyens, il louait l'ingéniosité de Napoléon Bonaparte, qui organisa le culte juif dans un système républicain représentatif. Par-dessus tout, il aimait et défendait son quartier, son village, Belleville. Son engagement public, il le réalisa au service de la collectivité parisienne, en qualité d'adjoint au maire du 20e arrondissement, le maire était à l'époque Didier BARIANI, de 1983 à 1995, où il s'est particulièrement investi dans les politiques sociales en faveur des plus fragiles. Avec le soutien de la Ville de Paris, il créa une belle synagogue située rue Julien-Lacroix, qui existe toujours, et elle est très fréquentée. Il fonda, il y a près de 30 ans, une école primaire consistoriale, accueillant aujourd'hui encore près d'une centaine d'enfants issus de familles modestes, située au 27, rue de Tourtille. Il consacra toute sa vie, donc, aux plus défavorisés. Pendant 50 ans, Gaston Sayada organisa une aide alimentaire durable au profit des personnes défavorisées du quartier, notamment depuis son local associatif, situé 16, rue Ramponeau, en lien avec de grandes enseignes partenaires. Voilà, c'est un parcours d'une personnalité modeste, dont on souhaiterait que la Ville de Paris puisse trouver un lieu, un espace, dans le 20e arrondissement, pour lui rendre l'hommage auquel il a droit. Merci, Madame la Maire.

Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Merci à vous. Pour répondre à l'ensemble des v?ux, je donne la parole à Laurence PATRICE. Pour rappel, je donne ensuite la parole pour les explications de vote, mais d'abord, la parole est à Laurence PATRICE. Madame la Maire...

Mme Laurence PATRICE, adjointe. - Merci, Madame la Maire, et merci, chers collègues. Cela sera donc ma dernière intervention de ce mandat, un peu originale, du coup. Je crois avoir, au fil de ce mandat, entretenu un dialogue très républicain, avec toutes et tous, venant de chaque groupe, et avec tous les maires d'arrondissement. Là, nous sommes dans une situation un peu particulière, vous l'avez entendu, des personnalités très diverses. Plusieurs v?ux nous ont été présentés, pour cette séance, portant sur des hommages de nature, je viens de le dire, très différente. J'en prends acte. Je souhaite toutefois rappeler le cadre dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui. Ce Conseil de Paris est le dernier de la mandature. Il a, par nature, une vocation essentiellement technique, celle de permettre l'aboutissement de ce qui a été instruit en amont par les directions, et d'assurer la continuité, le bon fonctionnement, et la pérennité du service public parisien. A quelques semaines de l'installation d'une nouvelle équipe municipale, il ne me parait ni opportun, ni responsable, d'engager des choix symboliques de cette nature. Ces décisions relèvent donc pleinement de la prochaine mandature, qui aura toute légitimité pour examiner ces v?ux, et les hiérarchiser, et les assumer, ou pas. Je rappelle également que des règles existent en matière d'hommages publics, notamment le respect d'un délai après la disparition d'une personnalité. Pendant tout ce mandat, il est clair que cela n'a pas été vraiment respecté, très facilement contourné, même, mais nous en sommes collectivement responsables, et moi la première, pour avoir accepté beaucoup de vos v?ux. Il me semble, à l'approche d'un nouveau cycle municipal, important de réaffirmer la nécessité de ces délais. Il reviendra, d'ailleurs, à la future équipe municipale, peutêtre, de retravailler les choses. Sans entrer dans le détail de chacun de vos v?ux, je tiens à redire avec force un principe clair : Paris ne saurait en aucun cas rendre hommage à une personnalité dont les prises de position ou les condamnations sont en contradiction manifestes avec les valeurs fondamentales de notre ville, en particulier la lutte contre le racisme, les discriminations, et toutes les formes de haine, et ce, quelle qu'ait pu être la notoriété d'une personnalité, quel qu'ait pu être son talent en son temps. Dans ces conditions, et de manière exceptionnelle, l'Exécutif ne donnera pas d'avis plus marqué sur ces v?ux, et renverra leur examen à la 1ère Commission de dénomination, qui mériterait d'être un petit peu réformée, aussi, dans la prochaine mandature. C'est donc mon avis qui est : "chacun fait ce qu'il lui plaît" ! Je vous remercie, et je ne vais pas chanter?

Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Très bien. C'est pour me faciliter la tâche que, Madame la Maire, vous? Je suis quand même saisie de deux explications de vote, d'abord, pour le groupe "Les Écologistes", Mme Raphaëlle RÉMYLELEU.

Mme Raphaëlle RÉMY-LELEU. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, chers collègues de droite, enfin, celles et ceux qui sont là, vous voulez donner le nom de "Brigitte Bardot" à une voie dans un jardin parisien. La flemme ! Je ne sais plus comment vous le dire autrement. J'ai la flemme : la flemme de vous expliquer ce qui devrait relever de l'évidence pour tout le monde, la flemme de vous rappeler l'obligation qui nous est faite, devant les Parisiens et devant les Parisiennes, mais aussi devant l'histoire, la flemme de vous faire comprendre que l'on ne peut pas faire de grands discours sur les droits humains et la dignité, et donner en parallèle le nom de "Brigitte Bardot" à un espace public à Paris.

Elle fut une actrice. Elle vous a peut-être plu, ou inspiré, et, du coup, vous nous parlez très tranquillement de liberté de ton, et d'esprit indépendant. Quelles jolies périphrases ! Personne n'est dupe d'un tel enfumage. Brigitte Bardot a été condamnée cinq fois par la justice pour injures et incitations à la haine raciale. Point barre. Nous ne pouvons pas cautionner de tels propos, ni organiser la célébration de leur autrice "via" notre ville, "via" notre espace partagé. Nous ne pouvons pas imposer cela, à quiconque.

Alors, si vous persistez, et maintenez votre v?u, les écologistes voteront bien évidemment contre, mais surtout, nous rappellerons que vous faites semblant de ne pas voir, que vous vous "planquez" dans des silences lâches et que vous valorisez, encore en 2026, des expressions racistes.

Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Rémi FÉRAUD, pour le groupe Paris en commun.

M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Madame la Maire. Je m'inscris dans la même logique que le groupe "Les Écologistes". Il y a trois v?ux de dénomination qui sont présentés, dont la proposition d'attribuer le nom de "Brigitte Bardot" à une voie du jardin du Ranelagh. Bien sûr, Brigitte Bardot, dans une grande partie du monde, c'est la France, une certaine image de la France, mais nous, ici, élus parisiens, surtout dans la période actuelle, nous nous devons d'être attentifs aux symboles que nous envoyons. Paris doit être et rester la capitale des droits humains et de l'égalité. Or, Brigitte Bardot a été condamnée plusieurs fois pour provocation à la haine raciale, pour des injures publiques à caractère raciste, qui visaient nos compatriotes de La Réunion, pour une incitation à la haine envers une communauté religieuse. Bref, de ce fait, j'estime, avec mon groupe, que son nom n'a pas sa place dans une voie parisienne. Pour cela, nous voterons contre le v?u n° 12 présenté par le groupe "Les Républicains, Les Centristes - Demain Paris !".

Mme Léa FILOCHE, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Nous allons donc passer au vote des trois v?ux à la suite, avec donc un avis de sagesse de la part de l'Exécutif. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 11 du groupe "Les Écologistes". C'est France Gall. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté à l'unanimité. (2026, V. 6). Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 12 du groupe "Les Républicains, Les Centristes et Indépendants - Demain Paris !", qui concerne donc Brigitte Bardot. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u n° 12 est rejeté. Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 13 du groupe "Les Républicains, Les Centristes et Indépendants - Demain Paris !", qui concerne M. Gaston Sayada. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le v?u est adopté à l'unanimité. (2026, V. 7). Le prochain Exécutif sait sur quoi il va pouvoir partir.

Merci beaucoup.

 

Février 2026
Débat
Conseil municipal
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