2026 DVD 30 - Projet d'aménagement de la place de la Concorde (8e). - Approbation de la signature de la convention de transfert de gestion des fossés Est entre l'Etat et la Ville de Paris.
M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DVD 30. Il s'agit du projet d'aménagement de la place de la Concorde dans le 8e arrondissement et de l'approbation de la signature de la convention de transfert de gestion des fossés Est entre l'Etat et la Ville de Paris. La parole est à Mme la maire du 8e arrondissement, Jeanne d'HAUTESERRE, pour le groupe LR-LCI.
Mme Jeanne d'HAUTESERRE, maire du 8e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la loi du 20 août 1828 a transféré la propriété des 8 hectares de la place de la Concorde à la Ville de Paris. Elle excluait expressément les deux fossés bordant le jardin des Tuileries, dits "fossés de Charles X". Cet espace correspond aux anciens fossés Est creusés par l'architecte Jacques-Ange Gabriel en 1753, qui furent comblés au XIXe siècle. Le projet de réaménagement de cette place a été confié à l'architecte Philippe PROST, sélectionné en mars 2025 par la commission Concorde, présidée par l'ancien Ministre de la Culture de Jacques Chirac, Jean-Jacques AILLAGON. Cette même commission, composée notamment d'experts incontestables du patrimoine, avait émis 12 préconisations, qui servent aujourd'hui de fil rouge à la conduite du projet. La dernière de ces préconisations n'est pas pour autant accessoire. J'ai ainsi souhaité qu'une charte des événements soit mise en ?uvre afin que la place, une fois aménagée, ne soit pas livrée à une succession d'opérations événementielles sans rapport avec son cadre. Le programme de l'équipe de Philippe PROST et BRUEL-DELMAR prévoie de restituer les fossés Est et de les végétaliser. Il concourt à créer 2,8 hectares d'espaces verts supplémentaires, sur une place qui constitue aujourd'hui un îlot de chaleur que les piétons s'empressent à traverser dès la période estivale. Il reste encore beaucoup de discussions à mener pour affiner le traitement des fossés dans le cadre de l'aménagement. Le jury Concorde avait ainsi recommandé de diversifier la palette végétale proposée tout en privilégiant les essences locales. Un débat demeure sur la plantation des arbres de haute tige afin que les perspectives ne soient pas affectées. Nous devons être très vigilants sur la matérialité de la passerelle qui permettra aux piétons de déambuler au-dessus des fossés. Si le choix d'une passerelle en bois est une évidence, il faudra veiller à ce que cette solution soit pérenne et ne se dégrade pas. Nous avons hélas plusieurs exemples à Paris de passerelles qui vieillissent très mal. Il faudra en tirer les enseignements. Enfin, quant à l'usage de la passerelle, il faudra limiter son accessibilité aux vélos par des dispositifs pérennes afin d'assurer la sécurité des piétons. Toutes ces questions font l'objet de discussions dans le cadre du comité de pilotage du projet, et nous devons les poursuivre. Pour que la Ville de Paris puisse réaliser des travaux sur l'emprise des fossés, il est donc nécessaire de conclure une convention de gestion avec leur propriétaire, c'est-à-dire l'Etat. Je rappelle que cette convention n'emporte pas le transfert de la propriété. Je vous remercie de voter favorablement ce projet de délibération.
M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour répondre, la parole est à M. Patrick BLOCHE.
M. Patrick BLOCHE, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Avec ce projet de délibération, nous franchissons aujourd'hui une étape décisive dans le processus de rénovation de la place de la Concorde, l'un des espaces les plus emblématiques de notre ville. Ce projet de délibération permettra en effet de confier à la Ville de Paris la gestion complète de la place et, ainsi, de mener le projet de réaménagement avec cohérence, ambition et continuité. La place de la Concorde porte une histoire administrative particulièrement complexe. Si la Ville de Paris est devenue propriétaire de la place par la loi du 20 août 1828, certains espaces périphériques avaient été explicitement exclus du transfert, notamment les fossés Est et Ouest, ce que l'on appelait les anciens fossés de Charles X. Aménagés au XVIIIe siècle par l'architecte Ange-Jacques Gabriel, ces fossés ont été comblés au XIXe siècle, donnant à la place sa physionomie horizontale actuelle. Pourtant, malgré leur disparition physique, ils sont restés juridiquement attachés au domaine public de l'Etat, alors même qu'ils étaient utilisés de fait comme une partie intégrante de la voirie parisienne. Il était donc nécessaire de mettre fin à cette situation héritée du passé. Cela a été fait en juin 2025, lorsque le Préfet de la Région Ile-de-France a officiellement fixé par arrêté les limites de propriété entre l'Etat et la Ville. Merci à lui. Le projet de délibération que nous examinons aujourd'hui s'inscrit précisément dans la continuité de cette clarification. Elle ouvre la voie à la signature d'une convention entre l'Etat et la Ville. Concrètement, la convention attribuera à la Ville de Paris la gestion des fossés Est pour une durée de 50 ans. Les fossés Est, ce sont ceux qui longent le mur qui délimite le jardin des Tuileries. La Ville devra en garantir la domanialité mais pourra, un, les transformer dans le cadre du réaménagement global de la place, deux, exercer les actes de gestion ordinaire, trois, percevoir le cas échéant des redevances liées à l'occupation temporaire du domaine public. L'évaluation initiale du projet d'aménagement présenté en 2024 incluait déjà les coûts correspondants à la réhabilitation de cette zone, mais, au cours des échanges préparatoires, l'Etat a exprimé son intention de participer financièrement à la valorisation de ces espaces, une contribution dont le montant sera précisé ultérieurement. Vous l'avez compris, chers collègues, l'adoption de ce projet de délibération est donc indispensable pour poursuivre ce très, très beau projet. Aujourd'hui, les études préalables sont en cours. Sondages, fouilles et analyses ont déjà été réalisés. L'avant-projet définitif devra être adopté dans un mois. Les dossiers d'autorisation seront déposés au printemps pour un début des travaux fin 2027. Ce projet de délibération n'est donc pas un acte administratif parmi d'autres, c'est le point d'appui qui permettra d'engager enfin la transformation d'un lieu majeur de notre patrimoine.
M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 30.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2026, DVD 30).