retour Retour

2025 DAC 483 - Convention d'occupation du domaine public relative à l'installation et l'exploitation d'un espace publicitaire sur l'échafaudage des travaux de l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou (7e). 2025 DAC 493 - Convention d'occupation du domaine public relative à l'installation et à l'exploitation d'un espace d'affichage publicitaire sur l'échafaudage des travaux de l'église de la Madeleine (8e).


 

Mme Audrey PULVAR, adjointe, présidente. - Nous examinons conjointement les projets de délibération DAC 483 et DAC 493. Le DAC 483 porte sur une convention d'occupation du domaine public relative à l'installation et l'exploitation d'un espace publicitaire sur l'échafaudage des travaux de l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, dans le 7e arrondissement. Le DAC 493 porte sur une convention d'occupation du domaine public relative à l'installation et à l'exploitation d'un espace d'affichage publicitaire sur l'échafaudage des travaux de l'église de la Madeleine, dans le 8e arrondissement. La parole est à Corine FAUGERON pour le groupe "Les Écologistes".

Mme Corine FAUGERON. - Merci, Madame la Maire.

Paris va réaliser la restauration des façades sud et est de l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou. Le projet a été lauréat du budget participatif de 2021. Cette église date du début du XIXe siècle. Elle abrite la sépulture du premier maire de Paris, élu en 1789, Jean-Sylvain Bailly, dont nous pouvons voir une peinture dans les salons. Autre particularité de ce lieu : les confessionnaux ont été dessinés par l'architecte Victor Baltard, fêté tout au long de l'année 2025 par la Ville à l'initiative de Karen TAÏEB.

Ce projet de délibération nous demande d'autoriser ou non un affichage publicitaire sur l'échafaudage. Il est précisé que les visuels publicitaires ne peuvent couvrir plus de 50 % du bâtiment et seront soumis à l'avis conforme de l'A.B.F. Je vous invite à aller voir l'affichage du téléphone sur la fontaine Saint-Michel, qui donne une image déplorable de cette place. Cependant, peut-être n'y avait-il pas besoin de l'avis conforme de l'A.B.F., puisque nous sommes hors périmètre de secteur sauvegardé.

Oui, juridiquement et légalement, c'est possible. Néanmoins, nous, les écologistes, nous trouvons barbare d'infliger aux habitants et aux passants une image commerciale, pendant huit mois, puisque c'est le temps maximal, pour une redevance forfaitaire de 54.000 euros, qui, si l'on dépasse un peu, peut arriver jusqu'à 99.000 euros. Nous préférons que la Ville retrouve ses ressources grâce à l'excellence de ses services, comme nous venons de le voir avec les services de fouilles du D.H.A.A.P. Voilà pourquoi nous voterons contre ce projet de délibération.

Mme Audrey PULVAR, adjointe, présidente. - Je vous remercie, chère collègue. Côté "Les Républicains, Les Centristes - Demain Paris !", nous avons trois inscrits. C'est M. BALADI qui prend la parole. Je vous en prie.

M. Vincent BALADI. - Madame la Maire, mes chers collègues, après avoir couvert la quasi-totalité du coût de la rénovation de la façade sud de l'église de la Madeleine, soit environ 10 millions d'euros, les recettes publicitaires permettent de financer une nouvelle tranche de travaux attendue sur la façade nord de l'église, côté rue Tronchet. Sans ces recettes - un peu plus de 17 millions d'euros pour les deux chantiers - il est peu probable que l'église, comme tant d'autres à Paris, eût pu rester défigurée par les échafaudages de sécurité, les dégradations de pierres et la pollution. Rappelons d'ailleurs qu'à la Madeleine, il y a eu pendant quinze ans un échafaudage préventif.

Avec Jeanne d'HAUTESERRE, maire du 8e, nous nous souvenons des réticences et des freins, nous en voyons encore d'ailleurs, qu'il a fallu lever lors de la pose d'une première bâche publicitaire sur l'église Saint-Augustin en 2016, malgré l'appui du curé de la paroisse, Denis BRANCHU. Ce sont bien ces deux horizons temporels qu'il faut mettre en perspective : quelques mois de publicité avec un format raisonnable pour plusieurs décennies de rayonnement.

A l'heure où l'argent public se fait de plus en plus rare, les sources de financement privées deviennent indispensables à la sauvegarde de notre patrimoine. L'élan de générosité qui a suivi le dramatique incendie de Notre-Dame atteste de l'attachement de nos concitoyens à ces pierres qui construisent aussi notre identité.

Cependant, il ne faut pas décevoir les levées de fonds organisées. Ainsi, "Les Amis de Saint-Augustin" ont réuni plus de 500.000 euros pour lancer des travaux de restauration de la façade du transept ouest et la rénovation des fresques situées à l'intérieur de la chapelle ouest. Ces travaux auraient dû commencer en 2024, mais ils n'ont pas encore débuté. Nous souhaitons donc que le calendrier de l'opération nous soit ici confirmé, chère Karen TAÏEB. Pour revenir à l'église de la Madeleine, je souhaite également, avec la maire du 8e, que nous avancions sur l'engagement des ressources issues du legs de Marie-Amélie Daout, dont nous avons déjà parlé au Conseil de Paris. Ce don permet aujourd'hui de disposer de 5,3 millions d'euros pour engager de nouvelles tranches de travaux, notamment pour les besoins qui ne peuvent être plus difficilement couverts par les recettes publicitaires. Nous devons être à la hauteur de ce geste providentiel en engageant, sans tarder, les crédits disponibles. Je vous remercie pour votre attention.

Mme Audrey PULVAR, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, cher collègue. Pour répondre, je donne la parole à Karen TAÏEB.

Mme Karen TAÏEB, adjointe. - Merci, Madame la Maire, chers collègues. Je vous remercie pour vos interventions concernant ces deux espaces d'affichage publicitaire à l'occasion de travaux de façade, vous l'avez dit : celle de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou dans le 7e et celle de la Madeleine dans le 8e, côté rue Tronchet.

J'entends que les écologistes ne soient pas en faveur des bâches publicitaires. Néanmoins, parler de "barbarie", c'est dévoyer un mot qui, hélas, a un sens pour ceux qui en souffrent partout dans le monde.

Comme nous pouvons le voir, l'opération qui sera menée à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou n'a pas la même envergure que celle de la Madeleine. D'abord, en termes de durée de chantier : à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, ce seront cinq mois de travaux et autant en termes d'affichage, avec un budget total de travaux de 800.000 euros et une prévision de recettes de 193.500 euros, proposés par la société "Terre Rouge". C'est l'objet du vote d'aujourd'hui avec le projet de délibération DAC 483.

Par ailleurs, la façade nord de la Madeleine, extrêmement encrassée, retrouvera le même éclat que son côté opposé, rue Royale, dont le résultat est absolument exceptionnel et particulièrement enthousiasmant. Là, ce seront seize mois de travaux, à partir d'août 2026, et un affichage sur cette même période, avec un budget de travaux de 8 millions d'euros et des recettes prévisionnelles de 7,6 millions d'euros. C'est donc la proposition de la société "ATHEM", qui fait l'objet du projet de délibération DAC 493.

Oui, j'entends que certains groupes, dans l'hémicycle, ne sont pas favorables aux bâches publicitaires. Cependant, ces recettes sont loin d'être négligeables dans le contexte budgétaire que nous connaissons. Je rappelle que nous n'avons pas couvert l'ensemble de nos chantiers de bâches publicitaires, loin s'en faut. Dans cette mandature, il y a eu Saint-Pierre-de-Montrouge, la Madeleine façade sud, la Trinité, Notre-Dame-de-Lorette, la fontaine Saint-Michel - dont je ne cache pas ma satisfaction, car l'excédent de recettes va permettre de restaurer la fontaine Saint-Sulpice dès 2026, puisque nous avons voté, au budget, l'autorisation de programme, ce qui me réjouit aussi.

Ce sont là deux nouvelles C.O.D.P., qui plus est pour la prochaine mandature ; c'est dire si cela a été fait avec parcimonie, puisque cet affichage n'est autorisé que durant la période effective des travaux, comme le veut l'encadrement très strict de la loi. Je veux rappeler aussi que, dans le cadre de l'attribution de ces C.O.D.P., l'un des critères essentiels, outre la redevance, est la démarche environnementale proposée par les candidats, afin de limiter au mieux l'empreinte carbone de cet affichage.

Pour conclure, en cette fin de mandature, je veux remercier mon collègue Paul SIMONDON de m'avoir accompagnée sur le plan budgétaire pour mener à bien un très grand nombre de restaurations - je dirais même un nombre exceptionnel, cela se voit. Néanmoins, les recettes supplémentaires, qu'elles viennent des bâches publicitaires, du mécénat ou du cofinancement par la D.R.A.C. sur des édifices classés monuments historiques, nous ont permis d'aller plus loin et d'amoindrir les dépenses de la Ville, c'est mathématique, et donc celles des Parisiens.

Concernant Mme Daout, puisque vous en avez parlé, Monsieur BALADI, cher collègue, cette somme est en train d'être rassemblée au fur et à mesure, puisque ce sont des biens qui doivent être vendus. Je peux vous rassurer : ces travaux seront menés en temps et en heure. Ce calendrier est acté, et nous allons également mettre une plaque en mémoire de Mme Daout avant la fin de cette mandature afin d'honorer sa mémoire. Je vous remercie.

Mme Audrey PULVAR, adjointe, présidente. - Merci à vous, chère collègue.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 483. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2025, DAC 483).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 493. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2025, DAC 493).

 

Décembre 2025
Débat
Conseil municipal
retour Retour