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Vœu déposé par le groupe "Les Ecologistes" relatif à l’attribution d’une subvention exceptionnelle à la Gaîté Lyrique. Vœu déposé par le groupe Union Capitale relatif à l'avenir de la Gaîté Lyrique. Vœu déposé par le groupe "Les Républicains, Les Centristes et Indépendants - Demain Paris !" relatif aux dégradations subies par la Gaîté Lyrique. Vœu déposé par l'Exécutif.


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous passons à l'examen de v?ux non rattachés. Nous examinons conjointement les v?ux référencés nos 34, 35, 36 et 36 bis relatifs à la situation de la Gaîté Lyrique. Je donne tout d'abord la parole à Mme Corine FAUGERON, pour le groupe "Les Écologistes", pour deux minutes.

Mme Corine FAUGERON. - Merci, Monsieur le Maire. Par ce v?u, nous exprimons notre souhait que la Gaîté Lyrique puisse reprendre pleinement ses activités culturelles. Ce lieu, magnifiquement situé, a été remarquablement animé et géré par un groupement composé de "Arty Farty", ARTE France Développement, "Makesense" et "Singa Global", un collectif qui n'a jamais trahi la confiance de la Ville, ni ses valeurs, pour lesquelles il avait été choisi. Depuis janvier 2023, ce groupement porte le projet de la Fabrique de l'époque, un véritable levier de création artistique, d'engagement citoyen et de décloisonnement des publics. Rien qu'en 2024, la Gaîté Lyrique a accueilli plus de 150.000 personnes, avec plus de 400 événements culturels et solidaires, dont 65 % en accès gratuit. Une programmation riche, ouverte et accessible, tout cela avec un modèle économique pérenne. Pendant les trois mois d'occupation du lieu par des jeunes, souvent en recours de minorité, ce même groupement a fait preuve d'un engagement exemplaire. Il a assuré la sécurité et l'entretien du bâtiment malgré l'inadéquation de celui-ci à la fonction d'hébergement. Grâce à leur implication constante et contrairement aux fausses informations véhiculées par certains v?ux, aucune dégradation majeure n'est à déplorer. Désormais, ce collectif s'engage pour une réouverture en mai, avec une programmation renouvelée et une diversification de ses financements. Il nous semble essentiel, en tant qu'élus écologistes, que la Ville de Paris réaffirme son attachement à la Gaîté Lyrique, à son projet culturel et aux valeurs qu'il incarne. Nous pensons donc qu'il est de notre responsabilité de donner à cette équipe engagée les moyens nécessaires pour poursuivre ce travail remarquable au service de la création, de l'inclusion et de l'intérêt général. Je vous remercie de voter ce v?u.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme Brigitte KUSTER, pour le groupe Union Capitale, pour présenter le v?u n° 35, pour deux minutes.

Mme Brigitte KUSTER. - Merci, Monsieur le Maire. Chers collègues, la Gaîté Lyrique, joyau culturel de notre Capitale, a traversé une période particulièrement éprouvante. Depuis le 10 décembre 2024, ce lieu a été occupé illégalement par plus de 400 migrants, entraînant l'annulation de l'ensemble de sa programmation artistique, occasionnant de fait des pertes financières significatives. Plusieurs questions se posent suite à cette occupation. L'évacuation menée le 18 mars 2025 par les forces de l'ordre a mis en lumière des problèmes de sécurité du site. Nous aimerions donc savoir quelles mesures vous entendez prendre pour y remédier par la suite. Par ailleurs, des dégradations notables des infrastructures du théâtre ont été constatées. Nous souhaitons donc savoir quel financement, quel budget vous allez utiliser pour revenir sur ce préjudice subi. Nous aimerions aussi savoir si vous allez vous retourner contre les associations qui ont favorisé cette occupation, privant ainsi les Parisiens de ce site culturel, ou, bien sûr, si ce sont comme d'habitude les finances de la Ville qui vont être mises à contribution, c'est-à-dire l'argent des impôts, donc celui des Parisiens. Cette dramatique situation a également révélé une absence de dialogue entre la société gestionnaire, la S.A.S. Gaîté Lyrique, et les autorités compétentes, notamment concernant les conditions sanitaires durant l'occupation. En tout état de cause, il est donc impératif que la Ville de Paris prenne des mesures concrètes pour qu'une telle situation ne se reproduise plus. La remise en état de la Gaîté Lyrique doit être une priorité et je pense que nous sommes tous d'accord sur les bancs de cette Assemblée. Il faut désormais procéder aux travaux nécessaires pour réparer les dégradations subies. Parallèlement, comme je viens de le rappeler, il est essentiel de renforcer la sécurité du lieu afin de prévenir toute occupation illégale et de garantir la continuité des activités culturelles. De plus, une évaluation approfondie de la gestion actuelle de la S.A.S. Gaîté Lyrique s'impose en vue non seulement d'identifier bien sûr les difficultés rencontrées, mais également d'envisager les ajustements nécessaires pour assurer une administration efficace et transparente. Enfin, la Ville doit soutenir activement la reprise des activités culturelles de la Gaîté Lyrique en facilitant la programmation d'événements et en communiquant largement auprès du public pour réaffirmer l'importance de ce lieu dans le paysage culturel parisien. Nous voulons ici témoigner de notre engagement envers la préservation de notre patrimoine culturel et du soutien indéfectible que nous apportons aux institutions qui font rayonner Paris. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme Sandra BOËLLE, pour le groupe "Les Républicains, Les Centristes et Indépendants".

Mme Sandra BOËLLE. - C'est un v?u de bon sens et de responsabilité. Ces derniers mois, nous avons assisté à une triste actualité autour de la Gaîté Lyrique, un établissement culturel emblématique de notre ville. Occupée illégalement pendant plus de trois mois par plusieurs centaines de personnes, cette institution a vu son activité totalement paralysée, sa sécurité compromise, ses murs dégradés et son personnel mis en difficulté. Le 10 décembre dernier, ce théâtre a été investi par un collectif militant, le collectif des jeunes du parc de Belleville, qui a permis et soutenu l'installation de migrants dans ces locaux. Ce n'est pas un jugement que nous portons ici sur la précarité ou la détresse humaine. C'est une question de droit, de sécurité et de respect des biens publics. Le juge des référés du tribunal administratif a lui-même ordonné l'évacuation dès le 13 février, alertant sur les risques élevés d'incendie, les conditions sanitaires déplorables et les troubles à l'ordre public. Cette évacuation n'a pourtant eu lieu que le 18 mars, soit plus d'un mois plus tard. Il aura fallu un départ de feu, des tensions sur place et 46 interpellations par les forces de l'ordre pour mettre fin à cette situation. Des dégâts matériels considérables ont été constatés, et nous en avons parlé, des équipements détruits, des installations techniques détériorées. Des mois de programmation culturelle ont été annulés. La Gaîté Lyrique a dû déposer plainte. Aujourd'hui, ce sont les contribuables parisiens qui risquent de payer l'addition. Ce n'est pas acceptable. A travers ce v?u, nous formulons des demandes simples. D'abord, nous demandons que la Ville engage une action en justice contre le collectif des jeunes du parc de Belleville pour qu'ils répondent de leurs actes et remboursent les frais de remise en état. C'est ce point essentiel que vous omettez dans votre v?u qui vient d'être déposé. Ensuite, nous demandons qu'un audit complet et transparent soit réalisé sur les dégradations subies et les pertes économiques engendrées pour que les Parisiens aient connaissance de l'ampleur des dégâts. Enfin, nous demandons que la Ville prenne des mesures concrètes pour éviter qu'une telle opération illégale ne se reproduise dans un établissement public parisien, qu'il soit culturel, sportif ou scolaire. Monsieur le Maire, nos équipements publics ne peuvent pas devenir des zones de non-droit. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour répondre, je donne la parole à Mme Carine ROLLAND.

Mme Carine ROLLAND, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, mes chers collègues. L'importance de ce qui s'est joué, se joue encore et se jouera, je l'espère, à la Gaîté Lyrique, m'amène à m'exprimer devant vous après que pas moins de trois v?ux, comme vous l'avez noté, aient été déposés par des groupes très divers de la majorité comme de l'opposition. Rappelons juste que si plus de 400 jeunes adultes sans solution d'hébergement ont occupé la Gaîté Lyrique, ils n'y ont pas été invités, contrairement à ce que j'ai entendu. Je vous propose d'abord de ne pas faire ici de concours de dignité, encore moins de responsabilité, parce qu'en la matière - et la Maire de Paris l'a fortement dit à nouveau tout à l'heure, tout comme ma collègue Léa FILOCHE - la Maire de Paris et la Ville de Paris ont agi et agissent depuis des années, bien au-delà des compétences de notre collectivité. Je tiens absolument à ce que ce soit redit. Ce n'est pas forcément le cas de l'Etat. Je redis tout aussi clairement que les établissements culturels ne sont pas adaptés à l'hébergement d'urgence. La Gaîté Lyrique ne fait pas exception. Les lieux ne sont pas plus adaptés que les équipes n'ont de compétences ou de préparation en la matière. Elles ont agi là aussi en responsabilité, en hospitalité, comme elles le font toujours. Cela ne saurait pallier l'absence d'accompagnement et de solutions pérennes pour ces jeunes. A cet égard, je voudrais vraiment ici réaffirmer notre soutien à l'activité artistique et culturelle de la Fabrique de l'époque et remercier l'ensemble des salariés qui se sont totalement mobilisés dans la mesure de leurs capacités pendant toute cette période d'occupation du bâtiment, à laquelle ils n'étaient, par définition, pas préparés. Je remercie aussi très fortement les directions de la Ville mobilisées, qui n'ont jamais manqué au dialogue. Je l'ai entendu à la droite de l'hémicycle au moins par deux fois. Non, le dialogue n'a jamais été rompu. Si les choses se sont passées aussi bien que possible ou le moins mal possible, c'est bien parce que les directions de la Ville étaient présentes au quotidien. Je l'étais, Léa FILOCHE l'était, nous l'étions à nos différents niveaux par ailleurs. Je précise aussi que je suis vraiment intéressée de savoir où vous avez pu avoir connaissance de grosses dégradations parce que tel n'est pas le cas. Je vous invite en la matière à ne pas vous informer auprès des médias les plus populistes qui ont pu "se faire gorge" de la situation de la Gaîté Lyrique, mais bien de prendre les informations à la source. De grosses dégradations il n'y a pas eu. Il convient évidemment que nous puissions aujourd'hui accompagner l'établissement pour qu'il rouvre ses portes et accueille à nouveau le public dans les plus brefs délais, public qui affluait depuis la mise en place de ladite Fabrique de l'époque il y a deux ans. En ce sens, avec Patrick BLOCHE, premier adjoint à la Maire de Paris, nous rencontrerons très promptement, d'ici la fin du mois, le collectif de la Fabrique de l'époque pour travailler à la réouverture des portes de la Gaîté Lyrique. Je tiens à être explicite sur un point : nous tiendrons donc les engagements pris dans le cadre du contrat qui nous lie à la Fabrique de l'époque sur la gestion et l'exploitation de l'établissement. Nous poursuivrons le dialogue de gestion avec le concessionnaire et nous pourvoirons à toute forme d'indemnité si nécessaire. Vous l'avez compris, avec la Maire de Paris, l'Exécutif a choisi de répondre aux différents v?ux par un v?u de l'Exécutif, qui détaille ce que je viens de vous expliquer, qui nous permet de faire entendre une position commune de la Ville sur ce sujet grave et qui, de nouveau, peut être porteur d'avenir pour la Fabrique de l'époque. Je vous invite à voter le v?u de l'Exécutif et je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - En réponse aux v?ux nos 34, 35 et 36, l'Exécutif a déposé le v?u n° 36 bis. Le v?u n° 34 du groupe "Les Écologistes" est-il retiré au profit du v?u de l'Exécutif ?

Mme Corine FAUGERON. - On le soumet au vote, s'il vous plaît.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - D'accord, donc vous le maintenez.

Je mets aux voix, à main levée, cette proposition de v?u déposée par le groupe "Les Ecologistes", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée.

Le v?u n° 35 du groupe Union Capitale est-il maintenu ou retiré au profit de celui de l'Exécutif ?

Mme Brigitte KUSTER. - Il est maintenu. Je reprendrai juste Mme ROLLAND pour lui dire que ce n'est pas un média populiste qui m'a donné les informations.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Avis défavorable de l'Exécutif.

Je mets donc aux voix, à main levée, cette proposition de v?u, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée.

Le v?u n° 36 du groupe "Les Républicains, Les Centristes et Indépendants" est-il retiré au profit de celui de l'Exécutif ou maintenu ? Vous le maintenez.

Je mets aux voix, à main levée, cette proposition de v?u, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? La proposition de v?u est repoussée.

J'ai une demande d'explication de vote de M. Jean-Baptiste OLIVIER, du groupe Changer Paris, sur le v?u n° 36 bis de l'Exécutif.

M. Jean-Baptiste OLIVIER. - Merci, Monsieur le Maire. Quand 400 migrants ont occupé la Gaîté Lyrique, la direction de l'établissement les a accueillis à bras ouverts. Elle a même refusé la proposition d'évacuation de la Préfecture de police, contrairement à d'autres lieux qui ont bien compris le danger de ce type d'occupation, comme l'Académie du Climat, qui a procédé rapidement à l'évacuation. Au sein du consortium de la Gaîté Lyrique, l'association "Singa" s'est même félicitée de l'arrivée de ces migrants, mineurs pour les uns, majeurs pour les autres. Pour l'O.F.P.R.A. et la Préfecture, pas de doute : l'essentiel des occupants étaient bien majeurs. Seule certitude : imprégnés du discours d'associations d'extrême gauche dénonçant le prétendu racisme et le colonialisme de la France, seuls six migrants ont accepté d'être logés par la Préfecture de Région. Tous les autres ont préféré retourner à la rue. Ces migrants sont les cobayes de ces associations, dont certaines sont subventionnées par la Ville de Paris. Au terme de longs mois d'occupation ponctués de multiples agressions et bagarres, les 80 salariés de la Gaîté Lyrique ont exercé leur droit de retrait. Personne ne sait s'ils ont été licenciés ou non. La concession est dans les limbes et la direction refuse d'assumer son erreur et de réparer les pots cassés. La Mairie a déjà versé une subvention de 1,8 million d'euros à la Gaîté Lyrique occupée. Qu'a-t-elle fait de cet argent alors que plus aucune activité ne s'y faisait ? Je propose que le consortium, à qui nous devons ce désastre, paye les dégâts. Ce n'est pas aux Parisiens de payer les dégâts de ce squat tragique et de cette irresponsabilité ruineuse.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Monsieur OLIVIER, je n'ai pas entendu votre position de vote dans votre explication, mais on la devine.

J'ai une demande d'explication de vote de M. BROSSAT? Non.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 36 bis déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de v?u est adopté. (2025, V. 53).

 

Avril 2025
Débat
Conseil municipal
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