VIII - Question d'actualité posée par M. Laurent SOREL à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative à la situation des mineurs isolés de la Gaîté Lyrique.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la dernière question d'actualité. Monsieur SOREL, vous avez la parole.
M. Laurent SOREL. - Le 18 mars au matin, j'étais présent avec Mme SIMONNET, avec Jérôme GLEIZES, avec des élus communistes, des élus "écolo", des élus LFI, brrr... devant la Gaîté Lyrique, avec des soutiens et 400 jeunes, et j'ai eu honte. Oui, j'ai eu honte de la manière dont la France et sa police ont traité ces jeunes, ces mineurs, au mépris de la Convention internationale des droits de l'enfant, au mépris des droits de l'Homme tout court. J'ai été choqué, oui, j'ai été choqué, Madame HIDALGO, quand vous avez assumé tranquillement au sujet de cette évacuation, que c'est ce qu'il fallait faire. La violence a été aveugle et arbitraire ce jour-là. Pourtant, les jeunes étaient tous sortis de la Gaité Lyrique avant 5 heures. Ils ne demandaient qu'une chose, être traités comme des êtres humains qui ont des droits. Ils ont été traités, par la police, comme des corps étrangers que l'on peut frapper, gazer, nasser, arrêter de manière totalement arbitraire. Les seules propositions de relogement étaient hors de la Région parisienne, alors que les jeunes doivent suivre leur recours à Paris ou en proche banlieue, et pour certains sont scolarisés à Paris. Le seul dialogue ce matin-là avec la Préfecture et la police, c'était avec les matraques, les boucliers, les gaz lacrymogènes. Tout cela sous le regard encourageant en plus de journalistes de "Frontières", un média d'extrême droite, comme vous le savez toutes et tous, qui étaient curieusement au milieu du dispositif policier. On a des photos, Monsieur le Préfet. Quand de petits groupes arrivaient à s'éloigner, ils étaient poursuivis, harcelés, partout dans Paris. Une vraie chasse à l'homme, une vraie chasse à l'enfant, je devrais même rajouter. En plus, depuis, les campements de fortune ont été démantelés, comme ceux du pont Marie ou pont Louis Philippe, et les jeunes sont encore plus dispersés qu'avant aux portes et en banlieue. Ma question est double. D'abord à M. le Préfet, elle est sur la stratégie de la police : est-ce que vous confirmez que vous avez distribué 24 OQTF à des jeunes, quitte à modifier leur âge ? Est-ce que vous confirmez que votre objectif aujourd'hui, c'est "zéro point de fixation", alors que vous savez pourtant qu'il faut bien que ces jeunes en recours se posent quelque part, dorment quelque part et qu'ils ne vont pas se dissoudre dans l'air ? J'interpelle aussi Mme HIDALGO sur la politique d'accueil : est-ce que vous pensez encore, après ces violences, que c'est ce qu'il fallait faire ? Par ailleurs, oui, je sais que la Ville accueille les jeunes, des centaines de jeunes dans les gymnases, mais j'ai une liste d'au moins 6 jeunes scolarisés dans les lycées parisiens qui se voient refuser aujourd'hui un accès aux gymnases ouverts. Est-ce que vous le confirmez ? Et "quid" du financement des cartes "Imagine R" pour ces jeunes et quelles solutions proposez-vous aujourd'hui pour ces jeunes et les autres mineurs en recours, face à l'inaction de l'Etat ?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Je donne la parole à Mme FILOCHE, puis à M. le Préfet de police, pour vous répondre.
Mme Léa FILOCHE, adjointe. - Merci, Madame la Maire. Monsieur SOREL, cher collègue, je comprends votre indignation face à l'expulsion des jeunes occupants de la Gaité Lyrique, je tiens à le redire, absolument rien ne peut justifier une expulsion sèche comme celle survenue le 18 mars dernier. J'espère que nous le partageons ici toutes et tous, c'est un regret d'en arriver à une telle issue, et nous devons apprendre collectivement de cette séquence et veiller à ce qu'elle ne se reproduise plus. Je tiens aussi à dire que le drame de la Gaité Lyrique n'est malheureusement que la pointe visible d'un iceberg. A Paris, ce sont 3.500 personnes qui dorment chaque soir à la rue. Dans le cadre de ma délégation, je constate quotidiennement l'extrême tension qui pèse sur les jeunes, certes, mais aussi sur les familles, sur les personnes isolées, sur les usagers de drogues, sur les personnes relevant de soins psychiatriques dont la situation ne cesse de se dégrader. Il est important de rappeler que cette crise ne se limite pas à notre ville. A Paris, ce sont principalement des jeunes exilés dont vous parlez aujourd'hui, mais dans toutes les villes de France, à Lyon, à Marseille, à Bordeaux, à Strasbourg, à Nantes, on retrouve des situations similaires. Partout, des centaines de jeunes isolés, des familles, des personnes précaires sont critérisés, repoussés, abandonnés. Cette politique, menée au mépris du droit et de la dignité humaine, met en péril des milliers de vies et alimente des tensions que nous, élus locaux, devons affronter au quotidien avec le soutien précieux des milieux associatifs et des citoyens engagés. Elle menace également le contrat social qui nous unit en s'appuyant sur des fantasmes d'appel d'air, des mises en concurrence de publics fragiles et des gestions budgétaires incohérentes. Cette situation est le résultat direct des différentes lois et des politiques répressives d'un gouvernement qui fait de l'exclusion une règle, et de la précarité un outil de gestion. Je redirai, lors du passage de mes projets de délibération, toutes les personnes cherchant refuge, dont les jeunes font partie, ont des droits. Le droit à une protection, le droit à un hébergement inconditionnel. C'est inscrit dans la loi et c'est à l'Etat de le faire appliquer. Ce sont des conventions nationales et internationales que nous avons signées qui nous y engagent. En revanche, je ne peux pas vous laisser dire que nous sommes restés passifs. A Paris, nous avons pris la mesure du problème depuis longtemps. Depuis la fin de l'année 2023, nous avons constaté un durcissement de l'Etat vis-à-vis des jeunes, notamment avec la fin du dispositif des jeunes lycéens que nous cofinancions et auquel il a mis fin de manière unilatérale, des expulsions successives, des fermetures de centres d'hébergement et un refus de l'Etat de tout dialogue avec ce public. Nous avons pris des mesures concrètes. En 2024, nous avons ouvert 2 accueils de jour dédiés à ce public, un dispositif innovant réunissant des partenaires avec une connaissance fine des parcours vécus par ces jeunes. Nous avons accompagné, financé et mis à disposition des lieux pour des associations qui ?uvrent spécifiquement pour ce public. Nous avons redoublé nos efforts en matière d'aide alimentaire, les jeunes fréquentent massivement les distributions et les bains-douches de la ville. Surtout, depuis 16 mois, plus de 1.200 jeunes ont été mis à l'abri dans des gymnases, dans des écoles ou des crèches désaffectées. Alors nous n'avons pas rien fait et nous avons même loué des lieux privés pour que tout le monde puisse être au maximum à l'abri pour bénéficier de soins, de repas et d'un accompagnement social. Néanmoins, ces solutions, bien que nécessaires, ne sont que des pansements sur une plaie béante. Comment envisager un avenir dans de telles conditions, sans intimité, sans perspective de sortie ? Comment peut-on continuer à faire front sans l'Etat ? Au vu des efforts humains et financiers considérables que nous avons déployés, il est injuste de prétendre que les jeunes ne bénéficient pas du soutien de la Ville. Ce travail, je le mène, l'Exécutif le mène, la Maire de Paris le mène, et ce, depuis de nombreux mois, et nous continuerons à le faire. Cependant, il est grand temps de cesser de détourner le regard et de désigner les véritables responsables : le Gouvernement. Reprocher aux collectivités locales l'inaction revient à offrir à l'Etat une échappatoire trop facile lui permettant de fuir ses responsabilités. Cette crise n'est pas locale, elle est avant tout politique.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame FILOCHE. Léa FILOCHE a parlé de l'action depuis 2023, mais je pourrais remonter à 2015, avec également Dominique VERSINI et toutes les équipes quand nous avons ouvert? Ce qui n'était pas de nos compétences, et nous allons toujours au-delà de nos compétences, parce qu'au-delà des compétences, il y a les droits humains et l'humanisme sur lequel nous devons être présents, et nous l'avons été depuis 2015, nous avons pris des initiatives dans des champs de compétences qui sont ceux de l'Etat. Dans les nôtres aussi bien sûr, mais dans ceux de l'Etat. Je ne laisserai donc jamais dire, Monsieur SOREL, que la Ville regarde cela ou serait complice de je ne sais quoi, ou finalement que l'Etat et la Ville se renverraient la balle. Je parle de l'Etat version hébergement, je ne suis pas sur le terrain des compétences du Préfet de police. Je considère que les propos que j'ai entendus sur la Gaîté Lyrique, venant d'un certain nombre de responsables politiques renvoyant dos à dos la Ville et l'Etat, sont absolument irresponsables et inacceptables au vu de ce que la Ville de Paris et beaucoup d'autres collectivités, mais la Ville de Paris, fait en matière d'hébergement d'urgence et d'accueil des personnes réfugiées, des exilés et des migrants, qu'ils soient mineurs ou majeurs, familles ou personnes isolées. Je ne vous laisserai jamais, jamais dire ce que vous avez dit et ce que vous avez propagé dans les médias. C'était inacceptable ! C'est indigne, indigne ! Je donne la parole maintenant à M. le Préfet de police sur la partie relative à ses pouvoirs.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci beaucoup, Madame la Maire. Mesdames et Messieurs les Conseillers, Monsieur le Conseiller, quelques mots de complément, finalement, dans le cadre des attributions qui sont les miennes. Vous m'interrogez pour savoir si ma politique, c'est zéro point de fixation. Ma politique, c'est zéro trouble à l'ordre public. La situation sur la Gaîté Lyrique, vous le savez, elle devenait absolument invivable. Plusieurs actions ont été engagées et j'ai pris "in fine" un arrêté d'évacuation dans le cadre des risques de troubles à l'ordre public. Il y avait énormément d'incidents autour de la Gaité Lyrique, une situation sanitaire qui se dégradait et des problèmes de sécurité incendie. J'ai donc pris un arrêté d'évacuation qui s'est appliqué dans les procédures légales et réglementaires. Il ne vous a pas échappé que par la suite, le dispositif mis en place par l'Etat a été attaqué et que le tribunal administratif a validé ce dispositif "a posteriori". Je tiens à le dire, tout cela s'est fait dans les règles et les lois de la République. Nous avions préparé cette opération, donc pour la partie qui me concerne, qui était effectivement une opération de police, d'évacuation, avec le Préfet de Région, et on ne peut pas dire que c'était une expulsion sèche. Ce n'est pas possible. Ce n'était pas une expulsion sèche, 450 places étaient prévues dans le dispositif de droit commun d'hébergement.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je confirme. Il y avait 450 places d'hébergement prévues.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire, de le rappeler.
Cela, c'est pour le dispositif, comme nous le faisons souvent. Encore une fois, je vous le redis, Monsieur le conseiller SOREL, chaque fois qu'il y aura des troubles à l'ordre public, il y aura une intervention de ma part. C'est ce que j'ai fait d'ailleurs quelques jours plus tard, et vous l'avez rappelé, sur les quais, où j'ai pris un arrêté sur le même fondement et le tribunal administratif a validé la position du Préfet de police. Sur l'opération en elle-même, puisque vous m'interrogez sur ce que vous qualifiez d'intervention, on va dire un peu musclée, je rappelle que ce matin-là, il y avait effectivement beaucoup d'élus, vous avez eu l'honnêteté de le rappeler, mais il y avait aussi beaucoup de soutiens, vous avez aussi eu l'honnêteté de le rappeler, qui n'étaient pas que des soutiens, c'étaient des gens qui manifestement voulaient s'opposer à l'opération de police, à l'opération d'évacuation. Evidemment, quand c'est comme cela, je déploie des forces de l'ordre, on fait un cordon et on tient ces personnes à distance pour pouvoir mener l'opération telle qu'elle avait été montée et qui visait à proposer un certain nombre de places, pas forcément d'ailleurs en région. Il y en avait aussi en région parisienne. C'est dans ce cadre-là que cette opération de police a été menée pour permettre au Préfet de Région d'exercer ses compétences. C'est uniquement dans ce cadre-là et il y a eu effectivement, à un moment donné, une intervention des forces de l'ordre qui ont retenu, très peu de temps, un certain nombre de jeunes. Des jeunes dont je vous rappelle d'ailleurs, puisque systématiquement vous employez le mot de "mineurs", qu'ils n'ont pas été reconnus comme tels pour la plupart d'entre eux par les conseils départementaux compétents, voire par la Ville de Paris. Ils sont en recours. Pour nous, pardon, mais ce sont des majeurs. Les personnes qui ont été interpellées, puisque vous me demandez la suite des choses, pour la majorité d'entre elles, ce sont des personnes qui effectivement avaient exercé un recours, mais n'avaient pas été reconnues comme mineures et qui étaient donc des majeures. Je vous confirme effectivement le nombre d'O.Q.T.F. que vous avez cité, c'est bien le nombre d'O.Q.T.F. que nous avons pris. Voilà ce que je voulais dire sur cette opération. La seule chose que je regrette vraiment, c'est qu'il y ait eu ces soutiens, cette opposition sur le terrain qui a rendu l'opération impossible. Les jeunes majeurs n'ont même pas pu être approchés pour savoir quelles étaient leurs intentions. 6 seulement, compte tenu de l'importance du dispositif que nous avions mis en place, ont accepté les offres qui leur étaient faites. Je tiens à dire que beaucoup d'entre eux se dirigeaient vers les représentants de la Préfecture de Région Ile-de-France qui étaient là pour prendre leur dossier. Souvent et même tout le temps, les associations venaient au contact pour les en dissuader. Je conclurai par ce point, je crois qu'il ne faut pas se méprendre sur le rôle qu'ont joué ce jour-là les associations de soutien aux migrants. Je crois que ces associations vivent sur la détresse de ces personnes et l'utilisent à des fins quasi politiques. En tout cas, Monsieur SOREL, et Mme la Maire le sait, je crois que personne n'a le monopole de l'humanisme. Ce genre d'opérations, les policiers les font avec beaucoup de discernement, de proportionnalité, et pour conduire à bien leur mission, qui est aussi une mission de protection. Pardon de le dire comme cela, mais nous agissons aussi dans le cadre d'une mission de protection.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Je vais vous redonner la parole. Je voudrais ajouter un point pour la compréhension des responsabilités. L'évaluation de minorité est faite à Paris par l'association "France terre d'asile". Ce n'est ni l'Etat ni la Ville qui ont en charge l'évaluation de la minorité. C'est "France terre d'asile" qui fait l'évaluation. Ensuite, sur la base de cette évaluation, il y a des contestations ou pas et ces contestations sont portées devant le tribunal. D'ailleurs, minoritairement, elles sont de l'ordre de peut-être 30 % sur la totalité des évaluations. Pour que les choses soient bien claires sur qui est responsable de quoi, la compétence de l'hébergement des majeurs, c'est l'Etat ; les jeunes et les publics vulnérables, femmes et enfants, c'est la Ville ; et l'évaluation des jeunes qui arrivent avec cette demande de reconnaissance de minorité, c'est "France terre d'asile" qui la fait. Voilà quel est le partage des responsabilités sur ce sujet. Je confirme que 450 places étaient proposées. Une partie à Paris et en région et une autre partie dans d'autres régions, suite à un travail du Préfet de Région pour convaincre ses collègues d'accueillir aussi un certain nombre de personnes qui viennent solliciter, ou l'asile ou l'accueil dans notre pays, comme nous nous devons d'accueillir avec les lois de la République, mais aussi avec l'humanisme qui doit guider nos actions. Je vous redonne la parole.
M. Laurent SOREL. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, je ne peux pas vous laisser dire que les associations, les soutiens, les élus qui étaient là ont fait leur beurre sur la situation et la misère des mineurs isolés qui étaient dans la Gaité Lyrique. J'ai personnellement fait le lien entre la police et les jeunes pour leur demander leur avis, pour leur dire : voilà ce que la police vous dit, elle vous demande si vous acceptez de monter dans les bus, ou sinon vous serez arrêtés pour certains d'entre vous. On a attendu leurs réponses et à aucun moment ces jeunes n'ont été manipulés. Cela, c'est ce que vous voulez laisser croire, parce que vous voulez décrédibiliser les soutiens, parce que vous voulez laisser entendre que les militants qui sont solidaires en fait, sont solidaires pour de mauvaises raisons, alors qu'en réalité ils ont leur dignité. Ils ont leur dignité aussi bien que les jeunes aujourd'hui, les mineurs isolés qui manifestent, qui se mobilisent et n'ont pas baissé les yeux. Madame HIDALGO, vous m'avez interrogé sur ma dignité, je vous laisse vous interroger vous-même sur votre propre dignité. Quand vous dites, à un moment donné, que ce qui s'est passé à la Gaîté Lyrique, c'est ce qu'il faut faire, je pense qu'en tant qu'élue de gauche, vous n'avez pas le droit de dire cela, vous n'avez pas le droit de dire cela alors que l'extrême droite applaudit, applaudit des deux mains et fait des hourras, a demandé l'évacuation, a demandé la tête des mineurs isolés, y compris l'extrême droite des Etats-Unis. Face à cela, en tant que collectivité de gauche, on doit faire front parce que mener la bataille sur l'extrême droite, c'est aussi être intransigeant sur ces questions-là. Quand on recule sur la Gaîté Lyrique, quand on recule sur ces questions-là, on recule aussi quand l'extrême droite attaque la justice, c'est un tout. Ils ne s'arrêtent pas aux mineurs isolés, ils ne s'arrêtent pas aux migrants, ils ne s'arrêtent pas aux étrangers, ils vont passer aux autres. C'est nous tous qui sommes concernés ici, sauf peut-être les rangs à droite, mais tout le monde ici, qui a une certaine conception des droits humains, des libertés démocratiques, nous devons nous sentir concernés par ce qui se passe, par les jeunes de la Gaîté Lyrique...
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous avez épuisé votre temps de parole....
M. Laurent SOREL. - Je dis bravo à eux, ils ont leur dignité. S'il vous plaît, ayez la vôtre aussi.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Vous avez épuisé votre temps de parole et je ne vous laisserai pas mettre dans ma bouche des mots que je n'ai jamais prononcés. Je ne vous laisserai pas être ni mon porte-parole ni le traducteur de ce que je dis. Je n'ai jamais dit ce que vous avez prétendu ici à l'instant. Lorsqu'on m'a posé la question, "y avait-il un problème de maintien des jeunes ?" dans un lieu qui n'est pas un lieu d'hébergement et où il y avait des problèmes de sécurité pour le bâtiment, de risque d'incendie, de maladie, j'ai dit oui, il y avait un problème, et non, la Gaîté Lyrique n'est pas un lieu d'hébergement dans lequel cette situation pouvait perdurer. Voilà ce que j'ai dit, Monsieur SOREL. Quand vous instrumentalisez ces propos pour en faire un combat, je ne sais pas de quelle nature, pour discréditer quoi. La gauche démocratique responsable à laquelle j'appartiens et qui essaye depuis des années de poser des actes humanitaires, humanistes, des politiques publiques concrètes, c'est cela que vous voulez discréditer ? C'est cela votre entreprise, à vous l'extrême gauche ? C'est de nous décrédibiliser ? Eh bien non ! Vous ne serez jamais mon porte-parole et je ne vous laisserai pas dire que j'ai tenu des propos qui ne sont pas ceux-là. Moi, je suis fière de ce que nous faisons ici avec toute mon équipe. Je suis fière d'avoir engagé cette ville justement dans la mise en place d'un accueil humanitaire, d'avoir, avec Dominique VERSINI, permis aussi que l'on puisse avoir des contrats "Jeune majeur" pour que les jeunes mineurs isolés, à partir de 18 ans, ne soient pas livrés comme cela, en pâture, à je ne sais quoi. Je suis très heureuse qu'on ait réussi, notamment pour les jeunes mineurs, à faire en sorte qu'ils ne soient plus dans des hôtels, qu'ils soient accueillis, qu'ils soient accompagnés et qu'on ait fait aussi tout un travail avec eux, notamment de l'Aide sociale à l'enfance. Je parle de ces jeunes-là pour qu'ils soient accompagnés aussi dans leur vie professionnelle. Cela, jamais vous n'en parlez. Cela vous arrache je ne sais quoi, mais vous n'en parlez jamais, parce que c'est reconnaître qu'il y a une gauche démocratique qui fait le travail et qui a des résultats. Voilà ce que nous faisons ici et j'en suis fière ! Mes chers collègues, nous en avons terminé avec les questions d'actualité.