Hommage à Paul Varry, cycliste assassiné le 15 octobre dernier (suite).
Mme LA MAIRE DE PARIS. - En lien avec les associations engagées sur ce sujet, avec la Préfecture de police, avec M. le Préfet de police que j'ai vu hier, et tout à l'heure, sa représentante ici participera aussi à l'hommage en prononçant quelques mots, nous avons décidé, en effet, de travailler ensemble à une vision zéro, pour que plus aucun cycliste ne trouve la mort, ou ne soit blessé, parce qu'il se déplace à vélo. Nous avancerons avec méthode, avec détermination. Nos mesures sont concrètes. Les premières vous seront déjà présentées au cours de cette séance du Conseil de Paris, avec David BELLIARD. Je tiens donc à remercier tous les acteurs engagés pour faire de Paris une ville toujours plus cyclable, plus durable et résolument tournée vers l'avenir. Merci à nouveau à vous, association "Paris en Selle", à l'association "Mieux se déplacer à bicyclette", à ceux qui ?uvrent chaque jour pour une ville apaisée, parce que quand on parle d'"apaisement", c'est de cela qu'on parle. Parfois, on entend ceux qui vocifèrent nous dire que Paris serait une ville de stress, de clivage. C'est sans doute le cas, parce que c'est Paris, parce que c'est la capitale de la France, et parce que c'est une ville de passion, mais l'apaisement passe, et nous l'avons vu pendant les Jeux olympiques et paralympiques, par moins de voitures. Une ville dans laquelle on peut se déplacer à pied est une ville apaisée. Ceux qui nous font le procès de créer de la polémique, ou de créer des controverses, sont ceux qui justement, ne défendent pas l'idée d'une ville apaisée, mais d'une ville qui n'appartiendrait qu'à ceux qui veulent aller très vite d'un point A à un point B. Ce n'est pas notre vision de la ville. Cela ne le sera jamais. Tant que nous serons en capacité de le dire, de le porter, et d'agir, nous le dirons, nous le porterons, et nous agirons. Merci à vous d'être présents. Je veux vous apporter tout mon soutien, dans l'épreuve que vous traversez, parce que Paul Varry incarnait et incarnera toujours dans nos mémoires cet engagement. D'ailleurs, en sa mémoire, nous souhaitons donner un nom à un lieu de notre ville, pour que son engagement y soit pleinement inscrit, et que l'on n'oublie pas Paul Varry. Nous y travaillerons avec sa famille, avec Jonathan, pour que ce lieu lui ressemble et soit un lieu dans lequel il se sentait lui-même bien. Il habitait désormais le centre de Paris. Nous apposerons aussi une plaque à l'endroit où il a été tué. Nous serons aux côtés de sa famille et de ses amis, pour que la justice reconnaisse ce crime. Notre plus grand hommage sera sans aucun doute de poursuivre le combat qui était le sien, sans baisser la garde, sans baisser la tête, et en continuant à voir la ville, la vie, telle qu'elle devrait être : une ville de respect, une ville dans laquelle on a plaisir à marcher, à circuler à vélo, à se promener, à profiter, et à avoir le goût de la vie. Il ne faut pas vouloir aller aussi vite d'un point A à un point B en oubliant au passage qu'une voiture, ça tue. Je vous remercie et je vous invite à observer une minute de silence.
(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).
Je vous remercie. Je donne la parole à Mme la Représentante du Préfet de police.
Mme LA REPRÉSENTANTE DU PRÉFET DE POLICE. - Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les élus, chère famille de Paul Varry, chers amis de Paul Varry et chers camarades des associations cyclistes dans lesquelles il était engagé, le Préfet de police m'a chargée de le représenter aujourd'hui et s'associe à cet hommage douloureux. Il m'a chargée d'exprimer ses plus sincères condoléances et de vous dire que, même si, Madame la Maire, vous l'avez dit, je le répète, la mort de Paul Varry, aujourd'hui, nous oblige. Vous nous l'avez dit également hier, chères associations, lorsque vous êtes venues à la rencontre du Préfet de police. Ainsi que nous l'avons exprimé hier, la mort de Paul Varry n'entre pas dans la statistique routière, puisque l'auteur a été mis en examen pour homicide volontaire, avec arme, par destination. Il est dans les missions de la Préfecture de police d'assurer la sécurité de tous, de contribuer à la régulation de l'espace public, d'adapter nos modes de contrôle à l'évolution des usages, des pratiques, qui laissent de plus en plus la place aux mobilités douces et aux vélos. Nous continuerons, comme nous le faisons déjà, Madame la Maire, à étudier, en lien avec vos services de la Direction de la Voirie et des Déplacements, les projets d'aménagements de l'espace public qui permettent de mieux protéger les usagers les plus vulnérables, tout en préservant nécessairement la rapidité d'intervention des véhicules de secours et de police. Nous continuerons, Mesdames et Messieurs les élus, à identifier, en lien avec vos cabinets, et en lien votre cabinet, Madame la Maire, et avec l'aide des associations qui ont fait un travail considérable sur ce sujet, les carrefours les plus accidentogènes à Paris, pour y concentrer nos moyens encore davantage, nos efforts de verbalisation, en lien avec la Police municipale. Comme le Préfet de police vous l'a dit, Madame la Maire, nous sommes, de ce point de vue, tout à fait enclins à programmer davantage d'opérations communes sur la sécurité routière. Nous poursuivrons enfin sans faille nos actions de sanction, de verbalisation, à l'endroit des auteurs d'infractions routières, dans le cadre fixé par le document global d'orientation, en tenant également compte du Code de la rue, que nous avons travaillé ensemble l'année dernière, avec encore plus de détermination, dans un esprit d'ouverture et d'équilibre, d'inscription dans les réflexions qui vont être lancées dans les semaines à venir et avec les associations "Mieux se déplacer à bicyclette" et "Paris en Selle". Le Ministre délégué chargé des transports et le Ministre délégué chargé de la sécurité et du quotidien ont annoncé la création d'une mission contre les violences, pour protéger tous les usagers de la route, dirigée par Emmanuel BARBE, qui est un fin connaisseur de ces sujets. Croyez, Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les élus, en l'engagement plein et entier du Préfet de police et des services placés sous son autorité pour contribuer à l'échelle parisienne à la déclinaison de ces réflexions, pour assurer au quotidien un meilleur partage de l'espace public et la sécurité de tous ses usagers, en réduisant les conflits d'usages et en protégeant les plus vulnérables, dont les cyclistes.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous. Merci à la famille de Paul Varry d'être là. Je le redis à chaque étape de cette épreuve terrible, nous serons présents à vos côtés. Je vous remercie.