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2024 DAC 445 - Attribution de la dénomination Ida Rubinstein au Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Paris.


 

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DAC 445 relatif à l'attribution de la dénomination "Ida Rubinstein" au conservatoire à rayonnement régional de Paris.

Je donne la parole à Mme la maire, Jeanne d'HAUTESERRE.

Mme Jeanne d'HAUTESERRE, maire du 8e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Madame la Maire, mes chers collègues, le Conservatoire à rayonnement régional de Paris, situé rue de Madrid, n'a jamais bénéficié d'une dénomination, alors que l'ensemble des conservatoires municipaux d'arrondissement ont été dénommés. L'établissement d'enseignement artistique du 8e arrondissement a été tout d'abord désigné "conservatoire national de région" de 1978 à 2007, avant de prendre le titre de "conservatoire à rayonnement régional" de Paris sans référence à un artiste. Pourtant, le Conservatoire à rayonnement régional de la rue de Madrid accueille près de 1.700 élèves en cursus de musique, d'art dramatique et de chorégraphie, et 240 professeurs assurent ces disciplines. Lieu d'apprentissage, d'échange et de vie artistique, le Conservatoire à rayonnement régional constitue, pour la mairie du 8e arrondissement, un partenaire culturel de premier ordre. Je tiens à remercier son directeur, Benoît GIRAULT, pour la qualité de notre partenariat. Nous avons l'occasion d'accueillir les élèves du Conservatoire pour des "midis concerts", les rencontres musicales que nous organisons chaque jeudi en mairie, en alternance avec le Conservatoire municipal "Camille Saint-Saëns" et l'École normale de musique "Alfred Cortot". Cet établissement rayonne aussi localement. Un cursus de classes à horaires aménagés "Musique", ce qu'on appelle "C.H.A.M.", a été créé à l'école élémentaire Robert Étienne, jusqu'au lycée Racine, en passant par le collège Octave Gréard. Cette filière constitue un facteur très puissant d'attractivité de l'école publique. Le projet de délibération, que nous allons certainement adopter dans quelques instants, propose l'attribution de la dénomination "Ida Rubinstein", danseuse et actrice, à l'ensemble des trois sites du Conservatoire à rayonnement régional de Paris. Cette artiste, trop peu connue de nos jours par le grand public, a pourtant un parcours de vie méritant. Née en 1883 à Kharkov, dans l'actuelle Ukraine, Ida Rubinstein vit une enfance assez faste à Saint-Pétersbourg, élevée par une tante après la perte de ses parents à l'âge de 8 ans. Elle développe très tôt un goût prononcé pour les apprentissages. Elle parle rapidement quatre langues et se passionne déjà pour la danse et le théâtre. À 16 ans, elle va créer "Antigone" de Sophocle dans le plus grand théâtre de Saint-Pétersbourg. Rien ne l'arrête, et elle décide de monter, en langue russe, la pièce polémique "Salomé" d'Oscar Wilde. Finissant nue sur scène, coupant les textes trop provocants au profit du mime, l'artiste suscitera l'ire de l'Église orthodoxe, si bien que la pièce ne sera interprétée qu'une seule fois. En mai 1909, elle arrive à Paris avec la compagnie des Ballets russes Diaghilev. Sa danse s'inscrit dans la filiation de son modèle : Isadora Duncan. Sa sensualité et son audace sont unanimement saluées dans les salles dans lesquelles elle joue, mais également dans les salons parisiens des années folles. Elle est à l'origine de plusieurs chefs-d'?uvre : "Perséphone" de Stravinsky ou encore "Le Martyre de Saint-Sébastien", où elle tient le rôle-titre masculin. Paul Claudel, Paul Valéry et André Gide travailleront pour elles. Ida Rubinstein fut l'inspiratrice du "Boléro" de Ravel. Elle créa le ballet à l'Opéra Garnier le 22 novembre 1928. La Seconde Guerre mondiale sera un tournant dans sa vie. Elle fuit Paris pour Londres lors de la débâcle française et aidera à soigner les blessés de guerre durant tout le conflit. À la fin de la guerre, à 57 ans, Ida Rubinstein n'a plus la même insouciance. Ses biens ont été spoliés par les nazis. Elle se retire, à Vence dans le sud de la France, où elle mènera une existence d'ascète jusqu'à sa disparition, en 1960. Mes chers collègues, à travers l'attribution de cette dénomination "Ida Rubinstein" au Conservatoire à rayonnement régional du 8e, nous rendons hommage à une artiste audacieuse, entière et indépendante. Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie. Pour vous répondre, je donne la parole à Carine ROLLAND.

Mme Carine ROLLAND, adjointe. - Merci, Madame la Maire. Merci, chère Jeanne d'HAUTESERRE. Vous avez parfaitement décrit le parcours d'Ida Rubinstein. C'est important, les dénominations, nous en avons longuement parlé à l'occasion des projets de délibération rapportés par ma collègue Laurence PATRICE. Celui-ci a énormément de sens tant Ida Rubinstein fut une figure libre. Il me semble que la liberté est certainement ce qui la caractérisait le mieux. Elle était danseuse, mime, comédienne, inspiratrice, amie avec l'ensemble des artistes connus, ou non, du début du siècle qui nous précède. Dans sa vie, elle a fait des choix extrêmement forts et audacieux, en rupture de ban, pour pouvoir assumer une bisexualité qui ne disait pas son nom à l'époque. Ida Rubinstein assuma tout cela. Elle est une très belle figure inspiratrice de tous ceux qui fréquentent le Conservatoire à rayonnement régional. Vous l'avez dit, Madame la Maire, le Conservatoire à rayonnement régional est un établissement important pour de jeunes artistes amateurs ou préprofessionnels qui s'adonnent à une passion pour la danse, pour la musique, pour le théâtre. Je n'oublie pas de saluer Benoît GIRAULT, le directeur du Conservatoire à rayonnement régional, et l'ensemble de ses équipes, auxquelles nous devrons un spectacle en septembre prochain, qui fait un lien avec ce dont nous venons de parler. En effet, le Conservatoire à rayonnement régional proposera une manifestation, "Laissez-nous danser", qui invite des personnes en situation de handicap à danser sur la place du Châtelet et à l'intérieur. Comme quoi, dans cette séance, la boucle est bouclée. Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 445.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2024, DAC 445). Je vous remercie.

 

Juin 2024
Débat
Conseil général
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