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2024 DDCT 133 - Rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation sur le rôle et la gestion des bois de Boulogne et de Vincennes. Vœu déposé par le groupe "Les Républicains, les Centristes - Demain Paris !" relatif à la gestion des bois de Vincennes et Boulogne.


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons, à présent, au débat organisé sur le rapport de la Mission d'Information et d'Evaluation sur le rôle et la gestion des bois de Boulogne et de Vincennes, le projet de délibération DDCT 133. La conférence d'organisation a convenu d'un débat organisé sur ce thème.

Bien sûr, ce débat inclura, dans les temps de parole définis, la présentation d'un v?u. Je vais donner la parole, dans un instant, à deux représentants de la M.I.E., Mme MONTANDON, présidente de la Mission, et M. MEUNIER, rapporteur de la Mission.

Tout d'abord, Madame MONTANDON, vous avez la parole.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Madame la Maire.

Je ne peux commencer mon intervention sans remercier chaleureusement les services. Je peux témoigner de l'efficacité, du professionnalisme, de l'écoute et de la réactivité de l'équipe de Michel DES BOSCS et je l'en remercie.

Cette mission aura été celle des records. Record dans le nombre de personnes auditionnées, plus de 144 personnes, experts, scientifiques, acteurs, sans compter aussi les 81 contributions écrites. Cela témoigne, en effet, de la transversalité des thèmes inhérents aux deux bois de Boulogne et de Vincennes. En effet, ce sont plus que des forêts, ce sont aussi des lieux d'épanouissement sportif, événementiel, mais aussi culturel et ce sont aussi, hélas, des lieux de vie avec des réalités contrastées et leurs difficultés.

Cette mission a été à la fois stimulante et enrichissante. Je crois pouvoir dire qu'elle s'est déroulée dans une atmosphère constructive débouchant sur plus de 68 recommandations. Je remercie d'ailleurs l'ensemble des élus et leurs collaborateurs pour leur assiduité, pour leur engagement. Je précise que l'ensemble des sessions étaient en présentiel, peut-être comme dans l'ancien temps, mais cela nous a permis d'être très constructifs. Bien sûr en présentiel, sauf les sessions internationales que nous avons eu l'occasion de mener avec nos homologues de la ville de Tokyo ou encore de Londres et de Bruxelles.

Je remercie enfin M. le rapporteur Émile MEUNIER, pour sa capacité de consensus et sa contribution à la bonne atmosphère qui a prévalu, je crois pouvoir le dire, tout au long de cette mission.

Depuis la remise du rapport au premier adjoint Emmanuel GRÉGOIRE, il m'est souvent demandé si je suis satisfaite de la mission. Ma réponse est double, c'est oui, mais il y a aussi un petit non.

Oui, parce que je sens que nous avons étudié toutes les facettes et toutes les questions et que nous n'avons rien mis de côté. Même les sujets sensibles ont été abordés dans ce rapport, et même lorsqu?il n'y avait pas consensus, nous avons été capables d'émettre des préconisations, certes parfois qui peuvent paraître timides, mais des préconisations tout de même demandant une expérimentation ou le lancement de réflexions. Donc, rien n'a été écarté et d'ailleurs le consensus est bien là puisque nous allons aujourd'hui débattre des 68 recommandations que nous avons faites par consensus. Pourquoi alors un non ? Un non parce qu'en tant que membres du groupe Changer Paris, il y a de nombreux sujets sur lesquels nous aurions voulu aller plus loin. Je pense notamment à la propreté, la sécurité, la gouvernance, mais aussi la gestion arboricole. Nous avons auditionné de nombreuses personnes, de nombreux usagers des bois, et il est vrai qu'ils ont des préoccupations fortes dans ces domaines. Cela rejoint d'ailleurs le rapport de l'APUR établi en 2019, qui pointait déjà les faiblesses principales des bois, c'est-à-dire les activités liées à la prostitution, l'entretien aussi et la propreté des bois. Je voulais souligner aussi que l'urgence climatique, notamment les épisodes de canicule que nous connaissons de plus en plus, nous oblige à prendre des décisions courageuses, et là aussi nous pensons que l'urgence climatique nous oblige à arbitrer sur certains points. Alors oui, nous avons réussi à nous accorder sur un consensus pour protéger et valoriser ce patrimoine naturel, culturel et historique des bois?

(Mme Carine ROLLAND, adjointe, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - J'entends des conversations parallèles...

Mme Valérie MONTANDON. - Nous avons en effet accordé de l'importance à ce patrimoine naturel, culturel, mais aussi historique des bois pour le valoriser, grâce notamment à des parcours et un volet pédagogique pour mieux le faire connaître et apprécier, et donc pour le faire préserver.

Nous avons également convenu de la nécessité de recenser les 750 bâtiments qui existent dans les bois et qui sont dans un état assez inégal. Nous avons proposé qu'il y ait un inventaire précis, qu'il y ait aussi une évaluation de leur potentiel, afin de les entretenir, notamment lors des périodes intercalaires où ils ne sont pas utilisés, mais aussi de trouver de nouvelles méthodes pour leur trouver un rôle utile aux Parisiens.

La pratique du sport a aussi été assez consensuelle dans la reconnaissance de la nécessité d'améliorer les conditions sportives. Pour cela, nous nous sommes entendus sur la nécessité d'une reconquête des terrains délaissés, notamment grâce à des dispositifs innovants, que ce soit sur des surfaces hybrides ou sur les éclairages dits intelligents, qui permettent d'allier l'attente des sportifs qui demandent des créneaux supérieurs à la présence actuelle pour pouvoir pratiquer leurs activités sportives, et bien sûr en préservant la biodiversité et notamment la trame noire.

En matière d'accessibilité et de mobilité, nous avons soulevé dans la M.I.E. une lacune manifeste, à savoir que le plan de Mobilité que nous avions débattu en séance en février dernier n'était pas dédié à un volet spécifique sur les bois. La M.I.E. va donc préconiser que ce plan de Mobilité soit aussi inclusif pour les bois et à partir de ce plan nous aurons l'opportunité de décliner plusieurs mesures que nous avons décidées de façon consensuelle, du moins préconisées. Il s'agit de renforcer tous les parcours et les déplacements en mode doux comme les pistes cyclables, la rénovation aussi de la voirie et de l'accessibilité.

Et enfin, des mesures très pragmatiques telles que la signalétique, les parkings à vélo ou encore des navettes écologiques, mais sur ce point, ma collègue Brigitte KUSTER aura l'occasion de le développer en détail.

Concernant la question difficile du sans-abrisme, bien que la compétence relève majoritairement de l'Etat, la mission a préconisé un renforcement des dispositifs actuels auprès du monde associatif qui ?uvre déjà auprès des sans-abri. Nous avons également préconisé de développer des établissements tels que le pavillon La Terrasse, qui ont vraiment cet objectif de sortir ces personnes qui sont très marginalisées et de leur permettre de remettre un pied dans la société.

C'est dans le même état d'esprit que nous avons abordé les sujets liés à la prostitution en renforçant les dispositifs des acteurs qui ?uvrent déjà auprès de ces personnes, mais aussi en proposant de créer un observatoire de la prostitution dans les bois, ce qui permettra une meilleure coordination des différents intervenants. Oui, l'ensemble de ces mesures fait consensus et j'espère que nous aurons l'occasion, bientôt, de voter justement dans cet hémicycle ces mesures ainsi qu'un plan d'investissement. Bien sûr, nous serons aussi très vigilants à l'application de toutes ces préconisations. Maintenant, comme je l'ai dit en préambule, il y a des sujets sur lesquels nous aurions voulu aller plus loin. En matière de gestion forestière, le débat reste vif. Notre groupe souhaiterait qu'il y ait un moratoire sur les coupes, quelle que soit d'ailleurs la surface des parcelles. Les coupes rases, en effet, pour nous sont inadaptées, notamment à l'urgence climatique dont je faisais état en préambule. Nous prônons une approche beaucoup plus douce, plus moderne, préconisée par de grands acteurs tels que l'O.N.F. ou encore l'Agence régionale de biodiversité en Ile-de-France. Sur ce sujet, mon collègue Franck MARGAIN aura l'occasion de revenir plus en détail. Pour l'organisation des grands événements, la M.I.E. préconise d'établir un protocole pour objectiver les études d'impact sur l'environnement. C'est un premier point, c'est une avancée, et pour moi cela sera très utile pour tous les événements intermédiaires. Mais lorsque les événements sont de grande envergure, nous considérons qu'il n'y a plus à arbitrer, il faut simplement les délocaliser parce que lorsqu'ils sont trop bruyants, lorsqu'ils sont trop fréquentés, ces événements abîment énormément la faune et la flore. Pour nous, il faudrait qu'ils soient en dehors de Paris ou à Paris, mais certainement pas dans les bois. Un autre axe de divergence, c'est vrai que notre groupe aurait souhaité que l'on puisse utiliser davantage les nouvelles technologies à des fins d'optimisation des bois. Nous nous sommes aperçus que le traitement des données avait besoin d'être amélioré, parce qu'il y a des données, mais elles ne seront pas forcément exploitées, mais là encore, pour nous, les nouvelles technologies permettraient de mieux suivre la biodiversité et ainsi de la protéger. C'est aussi le cas pour améliorer les parcours sportifs grâce à des applications numériques ou encore pour lutter contre les incivilités. Les incivilités, je ne prendrai qu'un seul exemple, celui des gravats qui est un véritable fléau au sein des bois : 612 mètres cubes pour Vincennes et 1.809 mètres cubes pour le bois de Boulogne. Si on cumule les deux, c'est l'équivalent d'une piscine olympique à remplir chaque année. A ce sujet, c'est vrai que l'O.N.F. nous avait proposé à la M.I.E. et mis à disposition des procédés qu'ils utilisent de capture photo qui permettent de lutter efficacement. Ils avaient donné tous les protocoles de sécurité pour les mettre en ?uvre. Je regrette, en effet, que la mission ne se soit pas saisie de ce sujet. En matière de propreté et de sécurité, nous arrivons rarement au sein de cet hémicycle à nous mettre d'accord, que ce soit sur l'intramuros ou sur les bois, et il se trouve que là aussi nous savons que la municipalité a tendance tout de même à s'autocongratuler assez facilement, alors que sur ces sujets les Parisiens attendent encore de nombreuses améliorations. Sur ces sujets, c'est ma collègue Véronique BALDINI qui aura l'occasion de revenir en détail. En guise de conclusion peut-être, cette mission a permis de mettre en lumière la nécessité d'améliorer le processus de concertation notamment avec les communes riveraines. Je me réjouis que des préconisations aillent dans ce sens pour améliorer la fluidité et la prise de décision avec ces partenaires. Enfin, cette mission a aussi montré à quel point des recettes sont générées dans les bois, mais ces recettes sont, hélas, fondues dans le budget global de la ville. Nous considérons que si des redevances qui se montent à peu près à 46 millions d'euros étaient fléchées pour la préservation, l'amélioration des bois, ils s'en porteraient beaucoup mieux. En effet, pour l'instant, de l'autre côté, face aux 46,5 millions de recettes, c'étaient 9,8 millions qui étaient affectés à la DEVE pour les deux bois en 2014. Si nous arrivions à les flécher, ils pourraient être mieux utilisés. C'est pour cela que mon groupe proposait une structure dédiée avec un budget et une gestion autonome des bois afin que les 68 préconisations que nous allons présenter et débattre maintenant puissent être mises en place. Je vous remercie.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Madame MONTANDON. Je donne la parole à Émile MEUNIER, rapporteur de la mission.

M. Émile MEUNIER. - Madame la Maire, mes chers collègues, après 6 mois de travail intense?

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Monsieur MEUNIER, vous avez la parole.

M. Émile MEUNIER. - Madame la Maire, puisque c'est Madame la Maire qui la représente, mes chers collègues, après 6 mois de travail intense, plus de 101 auditions et des centaines de documents analysés, voici le rapport de 68 préconisations sur la gestion des bois de Vincennes et de Boulogne. C'est un sujet très complexe et très politique dans ce sens où vous avez un espace restreint par nature, deux bois, et une multiplicité d'usages, de besoins et de personnes qui souhaitent les utiliser, donc vous devez choisir.

Il y a évidemment le premier des usages auquel on pense, c'est le bois urbain, la vocation naturelle. Mais comme c'est un bois urbain et même métropolitain, on ne peut pas juste se dire : cela va servir à la nature, merci, et cela va profiter au rafraîchissement de la ville de Paris. Cela doit aussi profiter aux Parisiennes et Parisiens et à leur vie de tous les jours.

Toutes les questions que l'on s'est posées à ce sujet, de confrontation des usages, on se rend compte, quand on rentre dans le sujet, que ce sont des sujets qui ont été débattus, mais depuis Napoléon III. Depuis Napoléon III, on se dit : ne doit-on faire de ces bois que des bois ? Les lobbys mondain, sportif, colonial peuvent-ils y faire des choses ou pas ? Les mêmes débats que nous avons aujourd'hui, on les a eus il y a maintenant plus d'un siècle. C'est donc très intéressant de se rendre compte qu'il est là vraiment le c'ur du sujet, c'est la confrontation et l'articulation des différents usages sur ce territoire limité.

On a essayé de dépoussiérer tous les sujets un peu polémiques pour vraiment se concentrer sur une personne qui a la charge de ces bois, quels arbitrages elle doit faire, selon différentes thématiques. L'arbitrage sport/nature, l'arbitrage nature/mobilité, et sur la mobilité, quel type de mobilité ? On doit arbitrer entre la mobilité individuelle et la mobilité collective.

Toutes ces questions, en réalité on se les est posées vraiment avec le souci d'aller au fond des choses et de mettre sur la table les choix que tout le monde aura un jour ou l'autre à faire concernant ces bois.

Je ne vais pas vous lister, évidemment, les 68 préconisations. Ce que je peux vous dire en tant que rapporteur, c'est que globalement, les bois de Vincennes et de Boulogne sont bien gérés, je le pense. J'y suis rentré vraiment comme un béotien en me demandant comment c'était géré et si c'était bien géré. Je vous garantis que si cela ne l'avait pas été, je l'aurais dit comme cela. Je trouve que tout le travail mené par les équipes fait en sorte que ces bois fonctionnent et fonctionnent de mieux en mieux et sur tous leurs aspects, naturel, propreté, et sécurité, j'y viendrai. C'est une bonne nouvelle. Evidemment, et c'était aussi tout l'objet de notre travail, on doit chercher des améliorations et il y en a à mener. C'est sur ce point que je vais me concentrer si vous me le permettez, puisque mon temps de parole est évidemment limité. Il y avait la question des coupes d'arbres. C'est un peu par là que l'on est rentré dans cette mission. Les coupes rases pour certains, les enclos de régénération pour d'autres. Ce sont 2.000 mètres carrés qui tout d'un coup sont rasés dans la forêt, ce qui a suscité des incompréhensions de la part de nombreuses personnes. Nous avons étudié si ces coupes sont conformes à l'état de l'art de ce que l'on pourrait attendre pour la gestion d'une forêt, d'un bois urbain. Je ne pourrai pas rentrer dans le détail, mais on est rentré vraiment dans le fond de la technique. Oui, ces enclos de régénération sont utiles pour avoir un bois diversifié à la fois en âge, mais aussi en essence et pouvoir s'adapter au réchauffement climatique qui s'accélère. On doit donc multiplier la fréquence de renouvellement des essences pour être sûr d'avoir les bonnes qui soient adaptées. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autres façons de faire. Il nous a aussi été montré qu'il y avait possiblement d'autres manières de faire, ce que l'on appelle à couvert continu, sans passer par cet enclos de régénération. C'est difficile pour nous de trancher, mais étant donné qu'un plan de gestion annuel a été validé par les services de l'Etat, par la Ville, par des experts, que d'autres experts disent que cette façon de faire fonctionne et que dans les faits, cela fonctionne puisqu'on a régénéré les bois, il est hors de question, évidemment, de tout arrêter, de lever la hache et se dire que l'on va faire autrement. Ce n'est pas vrai. Je pense que même si la droite était aux responsabilités demain, elle ne reviendrait pas sur le plan en disant : on arrête toutes les coupes. En revanche, il ne nous est pas interdit d'explorer d'autres voies. C'est pourquoi la mission préconise des parcelles à couvert continu, donc on prélève de façon plus précise. Evidemment, cela entraîne de nombreuses complexités. Est-ce que les arbres peuvent pousser sous un couvert continu ? Notamment le chêne qui a besoin de lumière ? Est-ce que cela ne coûte pas cher en logistique, en personnes déployées pour le résultat escompté ? Ce sont des questions de politique publique. Il faut expérimenter, c'est ce que l'on préconise. Dans tous les cas, il faut informer mieux et les élus et les habitants de ce que l'on fait et pourquoi on le fait. On a commencé à le faire et c'est une bonne chose, mais je pense qu'on peut aller plus loin. Sur la propreté, il a été validé que la politique de réduction de la poubelle réduit le déchet et notamment dans le 12e arrondissement avec la maire Emmanuelle PIERRE-MARIE. Evidemment, ce sont encore les déchets, mais les chiffres que l'on a montrent que les déchets tendent à diminuer, donc cela fonctionne. Il faut continuer dans cette voie. Il peut y avoir des zones de friction entre les communes avoisinantes et le bois. Peut-être que là, il faut penser à des bacs, des choses comme cela, mais la logique de réduire la poubelle pour réduire le déchet est une bonne logique. Il y a la question des déchets sauvages où des actions coup de poing, je pense, et répressives, pourront permettre d'améliorer les choses. Sur le sans-abrisme et la prostitution, de la même manière, c'est plutôt stable, voire en légère baisse. Il faut, comme partout, renforcer l'accompagnement social et surtout le volet psychologique, parce que c'est un public particulier qui est dans les bois. J'ai pu me rendre compte que, honnêtement, nos services sociaux qui opèrent dans les bois font vraiment un gros travail. Chaque personne est connue de nos services par son prénom, son nom, sa situation. J'aimerais qu'il en soit de même pour toutes les personnes sans abri ou en situation de prostitution à Paris. Il y a donc tout de même un très bon investissement pour la question sociale dans les bois. On a relevé que le volet répressif de la loi de 2016, la pénalisation des clients, a précarisé les personnes en situation de prostitution puisqu'elles sont obligées de s'éloigner plus en profondeur dans le bois pour que leurs clients ne se fassent pas verbaliser, et donc s'exposent à des risques supplémentaires. La principale violence qu'il y a dans ces bois, c'est d'abord sur ces personnes concernées et évidemment tout l'écosystème qui peut tourner autour puisqu'on l'a vu, les infractions sont en baisse, à part les infractions routières du fait du parking payant maintenant des voitures, mais il n'y a pas plus d'infractions, il n'y a pas plus de délinquance dans les bois. Proportionnellement, il y en a même moins qu'ailleurs dans Paris ou les villes à côté. Sur l'événementiel, parce qu'on en a beaucoup parlé aussi, les foires, il y a un impact, c'est une évidence. Cela a été démontré. Il ne peut pas ne pas y avoir d'impact. La question est : est-ce que l'impact est raisonnable au regard des services poursuivis et rendus par ce type d'événement pour le lien social, la fête, le contact avec la nature ? On n'a pas préconisé d'arrêter ces événements, on n'a pas préconisé non plus d'en faire plus. On a préconisé de faire une étude, de mettre en place un protocole pour étudier l'impact sur la biodiversité. Un protocole qui pourrait s'appliquer pour tous les événements. Il ne faut pas que ce soit chaque événement qui arrive avec son petit protocole, "regardez, j'ai fait un partenariat avec L.P.O., ou avec tel expert, je vous jure, cela ne pose pas de problème". Non, un protocole de la Ville qui passe au crible tous les événements et ensuite on pourra décider de façon objective. Sur la biodiversité, il y a eu des polémiques sur le développement de la trame bleue, toutes ces mers, ces ruisseaux un peu artificiels. Cela produit des résultats positifs sur la biodiversité, c'est incontestable. On mettait des têtards, des poissons, qui viennent d'ailleurs naturellement. Cela attire des oiseaux, tout ce que l'on aime bien dans le cycle de la nature. Pour autant, on peut peut-être éviter de mettre des recouvrements en plastique pour faire des mares. Il existe des solutions comme l'argile. Cela fait partie des préconisations. Je voudrais finir sur deux points : la gouvernance et les finances. La gouvernance, tout le monde a reconnu qu'il y avait, certes, un effort de communication avec les villes limitrophes, mais s'agissant de bois urbains et métropolitains on pouvait faire mieux. Je me réjouis vraiment que de part et d'autre du périphérique il y ait cette envie de collaborer, de travailler ensemble. Cela peut se faire à travers une version "atelier des bois" qui existe déjà, renouvelée, renforcée, avec différentes strates. Peut-être une strate plus politique pour que les maires puissent se parler?

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Monsieur MEUNIER, je vous invite à conclure.

M. Émile MEUNIER. - De même la charte des bois, qui date de 2003, on peut la réactualiser, cela peut être un grand moment de refondation démocratique autour de ces bois. Juste un mot pour remercier la présidente, les membres de la M.I.E., tous les services, toutes les personnes auditionnées, cela a été un travail très complet, très intelligent et je vous en remercie.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur MEUNIER. Après ces deux introductions très complètes, nous ouvrons donc les débats en commençant par Mme Véronique BALDINI, pour le groupe Changer Paris.

Mme Véronique BALDINI. - Madame la Maire, mes chers collègues, tout d'abord je voudrais remercier également la présidente et le rapporteur de cette Mission, ainsi que tous les services de la Ville et les services de mon groupe Changer Paris, c'est-à-dire Florent et Cyprien, qui ont beaucoup travaillé parce que nous avons eu une mission fort intéressante et chargée.

Les bois de Boulogne et Vincennes, comme il a été dit plusieurs fois, sont des trésors naturels de la Ville de Paris. Nous nous devons donc, nous, de les préserver, en évitant surtout leur mitage et l'exploitation commerciale intempestive. Ils offrent aux Parisiens, ces bois, une opportunité idéale pour se promener, s'aérer et reprendre le contact avec la nature dans une ville très dense.

Nous avons le devoir, nous, élus parisiens, de maintenir ces trésors afin de les transmettre aux générations futures, ce qui pour le moment n'est pas le cas. Ce travail, il faut l'effectuer mieux et dans de meilleures conditions. Entretenir nos bois, c'est aider la faune et la flore à se développer, mais aussi entretenir un bâti qui possède souvent une histoire, et améliorer l'identité, la propreté, la sécurité de ces lieux.

Ces derniers points font partie des sujets qui nous ont le plus occupés pendant nos travaux. Les méthodes utilisées, où l'importance et la formation des équipes qui les appliquent sont des biais essentiels pour proposer des améliorations durables et dignes de nos ambitions. C'est pourtant sur ces méthodes que nous avons le moins été d'accord. Notre groupe Changer Paris continuera de proposer des solutions modernes et innovantes pour aider les équipes de la Ville, en respectant évidemment l'environnement particulier des bois. Ainsi, à l'image de ce que fait l'O.N.F. à Compiègne où des pièges photographiques aident les agents à lutter contre les dépôts sauvages, comme le disait la présidente Valérie MONTANDON, ces équipes, en plus de mieux les équiper, il faut aussi les former. Pourquoi ne pas en faire une vraie police de l'environnement chargée de la sécurité, de la propreté des deux bois, incluant aussi une dimension pédagogique envers les visiteurs ? Immanquablement la question des moyens pour financer tout cela se pose. Mais comme c'est écrit dans le rapport, et comme nous le répétons aujourd'hui, les bois rapportent plus à la Ville que ce qu'ils coûtent. Alors, nous n'avons pas d'excuse pour ne pas mieux entretenir et valoriser ce patrimoine naturel et bâti, parfois essentiel dans notre lutte contre le changement climatique. Travaillons donc à la transparence de notre action en présentant des budgets complets chaque année, pour nos bois, ou de façon plus ambitieuse encore en créant un établissement public qui gérerait entièrement chaque bois, entièrement, c'est-à-dire voirie, sécurité, signalétique et propreté. Les projets et les besoins sont nombreux, et les bois comme les Parisiens le méritent. Je vous remercie.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Madame BALDINI. La parole est à Mme Chloé SAGASPE, pour le groupe "Les Ecologistes".

Mme Chloé SAGASPE. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, Madame la Présidente, chère Valérie, Monsieur le rapporteur, cher Émile MEUNIER, je m'associe aux remerciements à l'ensemble des membres de la Mission, aux services, c'est ma troisième M.I.E., donc on connaît la qualité du travail mené, merci pour les auditions, mais aussi merci aux collaborateurs et collaboratrices et en particulier au collaborateur de notre groupe, Aimé, qui n'a pas compté ses heures pour travailler à nos côtés.

Vous le savez, les bois ne sont pas simplement des lieux de promenade, de détente, de loisirs ou encore moins de transit, ce sont de véritables réserves de biodiversité qui sont essentielles pour Paris et le bien-être de ses habitants et habitantes.

Pour nous, écologistes, bien sûr, préserver ces poumons verts parisiens, c'est avant tout préserver notre héritage écologique pour les générations futures. Vous le savez, j'ai pour habitude de dire que nous sommes dans un contexte inédit de sixième extinction de masse du vivant et face au dérèglement climatique, protéger la biodiversité est donc devenu plus qu'une nécessité, c'est un impératif vital.

Comment favoriser effectivement la cohabitation harmonieuse entre la faune et la flore des bois et leurs usagers et usagères ? Comment réduire les pressions anthropiques s'exerçant sur les bois ? Tout au long de la mission, nous écologistes, avons eu à c'ur comme à notre habitude d'être force de proposition et de tenter de trouver des solutions concrètes pour concilier à la fois la conservation de la biodiversité et les activités humaines.

Nous nous réjouissons que bon nombre de nos préconisations, notamment sur la biodiversité, aient été reprises dans le rapport final et je n'en citerai que quelques-unes pour ne pas tomber dans un inventaire à la Prévert : l'expérimentation de la futaie irrégulière, pied à pied, qui favorise la régénération naturelle de la forêt et maintient d'ailleurs le couvert forestier ; la préservation de la berge de Seine du bois de Boulogne qui est la seule berge naturelle de Paris ; ou encore l'identification de nouvelles zones à haut potentiel de biodiversité à sanctuariser.

Cependant, nous regrettons que bon nombre de nos préconisations, pourtant porteuses d'une ambition très forte et exemplaire, n'y figurent pas, en particulier celle de faire des bois parisiens des territoires zéro déchet. Une politique qui a d'ailleurs fait ses preuves, notamment à Tokyo que nous avons eu la chance d'auditionner, mais aussi qui a été initiée dans le bois de Vincennes par notre chère maire écologiste Emmanuelle PIERRE-MARIE, que je salue ici.

Cette politique novatrice a été adoptée d'ailleurs par d'autres métropoles françaises comme Angers et Lyon, et a déjà permis d'améliorer la propreté des bois et les conditions de travail des agents et des agentes, cela a été souligné en audition.

Mais les bois ne sont pas seulement essentiels à la biodiversité parisienne, ils le sont également pour les plus vulnérables et les plus précaires d'entre nous, comme les sans-abri et les personnes en situation de prostitution. Parce qu'il est également essentiel d'écouter les travailleuses et travailleurs du sexe et les associations de santé communautaires qui les accompagnent sur les politiques publiques qui les concernent directement, je me réjouis que sur notre proposition, nous ayons pu auditionner "Act Up-Paris" que je tiens à saluer. Je vous invite d'ailleurs, mes chers collègues, à lire le rapport éclairant sur l'impact du stationnement payant dans les bois sur la précarité, la santé et la sécurité des travailleuses du sexe. Nous, écologistes, souhaitons favoriser les dépôts de plainte par la reconnaissance et l'identification des officiers de liaison LGBT au sein des commissariats, abroger cet arrêté municipal et mettre un terme aux contrôles d'identité sur les travailleuses et travailleurs du sexe qui sont, nous le savons, de plus en plus exposés à des violences depuis la loi de pénalisation des clients qu'Émile MEUNIER a mentionnée. Quant au v?u de la droite qui est rattaché à ce projet de délibération, permettez-moi d'abord de vous rappeler, mes chers collègues, qu'il est plus que malvenu d'essayer de caser des propositions qui n'auraient pas été retenues, au moment où nous sommes censés adopter à l'unanimité ce rapport. Imaginez si chaque groupe faisait de même, ce n'est ni l'usage ni l'esprit qui guide le principe de consensus de toute M.I.E. C'est peut-être parce que votre groupe Demain Paris n'existait pas au moment de la création de cette M.I.E. et que vous voulez tenter d'exister en faisant de mauvaises manières à votre ancien groupe politique. De plus, faire un v?u pour demander que la Maire s'engage à mettre en ?uvre des recommandations votées à l'unanimité, et que la Ville communique sur les avancées mises en ?uvre est pour le moins cocasse pour ne pas dire inutile. Si vous preniez la peine de lire, mes chers collègues, la charte de fonctionnement des missions d'information et d'évaluation, vous sauriez qu'un chapitre entier est consacré au suivi des missions d'information et d'évaluation, qui stipule très précisément que l'Exécutif doit nous informer des suites réservées aux travaux de la M.I.E., cela nous ferait gagner un temps considérable. Dois-je également vous rappeler qu'il n'y a pas de garde forestier dans les bois comme vous le mentionnez dans votre v?u et que cette M.I.E. a permis de démontrer, ne vous en déplaise, que malgré un sentiment d'insécurité, il n'y a pas de problème objectivé d'insécurité selon la police elle-même. Arrêtez donc d'agiter le chiffon rouge de la peur, car en 2023, et les chiffres parlent d'eux-mêmes, mes chers collègues, seulement 3 % des faits constatés par le commissariat du 12e ont eu lieu dans les bois. Enfin, sur les fameuses coupes rases dont vous parlez, Émile MEUNIER a très bien répondu, vous savez pertinemment qu'on ne peut les qualifier ainsi. Bien sûr, les écologistes voteront contre ce v?u d'affichage et se réjouissent de l'adoption de ce rapport, que je vous invite à lire pour que l'on puisse enfin dépasser les polémiques inutiles et nous construire ensemble des bois à la hauteur des défis de demain. Je vous remercie.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Madame SAGASPE. Pour votre information et celle de l'Assemblée, le v?u qui avait été déposé par "Les Républicains, Les Centristes - Demain Paris !" a été retiré. C'est très récent ! Je donne la parole à M. Jean-Philippe GILLET, pour le groupe Communiste et Citoyen.

M. Jean-Philippe GILLET. - Merci, Madame la Maire. Avant toute chose, le groupe communiste et moi-même nous associons sans réserve et avec une grande sincérité aux remerciements adressés à Mme la Présidente, à M. le Rapporteur, à tous les groupes, à tous les auditionnés et à toutes les agentes et tous les agents qui ont rendu possible la tenue de cette M.I.E. dans des conditions dont nous nous réjouissons. Chers collègues, les bois de Vincennes et de Boulogne représentent un bien commun pour les Parisiens, dont le rôle écosystémique en matière d'amélioration de la qualité de l'eau, de l'air et de rafraîchissement, ainsi que de la lutte contre l'érosion des sols n'est pas ou plus à démontrer. Les bois urbains ont également un rôle social, car ceux-ci accueillent de nombreuses balades, activités sportives et culturelles plébiscitées par les Parisiens et les Franciliens. Ils permettent à toutes et tous de se relaxer et d'échapper au bruit et à la chaleur de la ville. Ces bois sont parties prenantes d'un espace habité. Ils doivent rester des lieux populaires accessibles à toutes et tous pour y développer des activités tout au long de leur vie, de la petite enfance au grand âge. C'est ce rôle social des bois qui doit guider la relation que l'on entretient avec eux. Pour le groupe communiste, il est donc nécessaire d'éviter les mesures qui pourraient entraîner de potentiels phénomènes d'enclosure de ces lieux de balade. La multiplication des concessions privées et une trop forte augmentation des zones fermées au public, sous prétexte de préservation de la biodiversité, pourraient entraver les différents usages dans ces lieux, et même entraver leur simple accès. Pourtant, les nécessités écologiques ne doivent pas s'opposer aux vertus sociales des bois, au risque de perpétuer et même d'accentuer les formes de ségrégation sociospatiale qui se jouent d'ores et déjà en ville. Nous pensons notamment aux déserts médicaux, au recul des services publics, à la défaillance des transports, gérés d'ailleurs par la droite régionale, au mal-logement favorisé par un marché hautement spéculatif, à l'éloignement des espaces verts, et au manque d'équipements sportifs. Le manque d'équipements sportifs n'est d'ailleurs pas un petit problème. Beaucoup trop de terrains dans la périphérie de ces bois sont inutilisables, laissés à l'abandon et la question de l'intensité des usages se pose. Nous pensons que la Ville doit établir un plan de reconquête de ces terrains non entretenus ou abandonnés, en développant les terrains hybrides et en herbe, afin de garantir un usage régulier pour les nombreux licenciés des différents clubs sportifs. À cette question s'ajoute également l'enjeu de l'éclairage afin de permettre une utilisation de tous ces terrains pendant les soirs d'hiver. En résumé, il ne faut pas confondre des bois et des forêts, qui ne répondent pas du tout à la même philosophie. Le sentiment de la nature, pour se référer à un chapitre du "Paysan de Paris" d'Aragon, n'est pas exactement l'expérience de la nature. Les forêts sont source de préoccupations nombreuses et légitimes, eu égard aux dynamiques de privatisation et à la baisse de leur capacité en matière de captation de carbone, qui nécessitent des réponses fortes à l'échelle nationale. En zone urbaine, en revanche, l'objectif de la biodiversité doit être la réponse aux besoins des populations humaines, comme l'a notamment rappelé Serge MULLER, professeur émérite, chercheur au Muséum d'histoire naturelle, dans le cadre de cette mission. Je le cite : "Ce n'est pas dans les bois de Paris que l'on va sauver la biodiversité mondiale. Les bois dits suburbains doivent servir à l'activité humaine, tandis que nos massifs forestiers, eux, doivent être à tout prix préservés". En l'espèce, la biodiversité doit être conciliée avec les usages humains. Rapprocher les Parisiens et les Franciliens des bois, c'est les rapprocher et les sensibiliser à la préservation de la biodiversité des bois et aux grands défis environnementaux de notre siècle. Ainsi, à Paris, le groupe communiste porte une vision sociale des bois dans une perspective d'écologie populaire. Vision qui vise à s'attaquer aux déterminants et déterministes sociaux, et aux inégalités afin de permettre à toutes les Parisiennes et tous les Parisiens de bénéficier d'un capital semi-naturel d'activités créatrices de liens sociaux permettant d'atténuer certaines activités propres à la ville et ainsi d'encore mieux vivre à Paris. Je vous remercie.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GILLET.

La parole est à Sandra BOËLLE, pour le groupe "Les Républicains, Les centristes" - Demain Paris !".

Mme Sandra BOËLLE. - Madame la Maire, chers collègues, j'ai l'honneur d'être conseillère de Paris dans un arrondissement qui abrite un des poumons verts de la Capitale et un réservoir de biodiversité, le bois de Boulogne. Le 16e arrondissement a toujours été tourné vers le bois, comme les riverains. Patrimoine commun des Parisiens, il revêt une importance particulière aux yeux des habitants du 16e arrondissement.

Depuis longtemps, nous alertons sur l'enjeu que représentent pour notre ville les bois de Boulogne et de Vincennes. C'est d'ailleurs dès 2020 que Francis SZPINER, alors maire du 16e, avait souhaité la création d'un conseil de quartier bois de Boulogne, une initiative pionnière pour améliorer la transparence de la gestion du bois.

Alors que notre Ville doit se préparer à contrer les effets du réchauffement climatique, accentués par sa forte densité et sa bétonisation, les bois de Boulogne et de Vincennes apparaissent comme des éléments structurants de notre politique de résilience. Ils forment de formidables opportunités pour les Parisiens, largement sous-dotés en espaces verts.

Si on additionne leurs 1.840 hectares avec les 520 hectares de jardins publics, Paris dispose de 11 mètres carrés par habitant d'espaces verts, soit moins que le minimum recommandé par l'O.M.S., qui est de 12 mètres carrés, et que nos villes voisines. Sans les bois, on tomberait à 2,4 mètres carrés par habitant.

Ils sont à comparer avec les 42 mètres carrés par habitant de Berlin, les 13,5 mètres carrés par habitant de Londres, ou même les 91 mètres carrés par habitant de Nantes.

Pour rendre les bois aux Parisiens, mon groupe "Les Républicains, Les Centristes - Demain Paris !" prendra toute sa part dans ce travail important et primordial afin d'inscrire Paris dans son futur.

Nous nous réjouissons donc des 68 préconisations adoptées à l'unanimité, qui suivent des préoccupations et des préconisations que nous formulons de longue date : protection des sites naturels et de la biodiversité, lutte contre les constructions, accueil des publics, sécurité, accompagnement des publics fragilisés, gouvernance, mobilité et accessibilité, entretien des bois, et tant pour la propreté que pour les mobiliers.

Tous ces enjeux sont cruciaux. C'est la raison pour laquelle nous serons vigilants à ce qu'elles soient réellement suivies d'effets et que ce rapport ne soit pas un énième projet voté et rangé dans un placard. Les conclusions de ce rapport vont dans le bon sens, mais mon groupe "Demain Paris !" estime qu'il faudrait aller plus loin avec :

- Mettre en ?uvre des plans de gestion arboricole cohérents et travaillés en concertation avec les riverains et les usagers des bois.

- Lutter contre les coupes rases qui nuisent gravement à la biodiversité des bois.

- Lutter contre les constructions, y compris provisoires et notamment événementielles comme la fête des Tuileries délocalisée sur les pelouses de la Muette, ou encore le centre d'hébergement d'urgence en lisière du bois de Boulogne. Les bois parisiens ne peuvent être considérés comme une réserve foncière dès lors qu'un besoin se faire ressentir. Les bois doivent être préservés à tout prix. - Renforcer les efforts des gardes forestiers, qui ne peuvent pas aujourd'hui lutter efficacement contre les incivilités et les atteintes à l'environnement. - Lutter contre les ventes sauvages avec la police nationale et la police municipale, avec une saisine systématique des produits vendus. - Offrir de nouveaux moyens de transport, notamment pour les personnes âgées et à mobilité réduite, pour leur permettre de profiter de ces poumons verts, notamment avec l'instauration du stationnement payant. Pour conclure, il reste encore du chemin à faire pour garantir la pérennité et le bon usage des deux bois, qui sont autant un patrimoine naturel formidable qu'un potentiel inexploité pour les Parisiens. Soyons ambitieux. Je vous remercie.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Madame BOËLLE. La parole est à Catherine IBLED, pour le groupe "Indépendants et Progressistes".

Mme Catherine IBLED. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, tout d'abord je tiens à saluer et à remercier Mme la présidente Valérie MONTANDON, et M. le rapporteur Émile MEUNIER. Je remercie et félicite également les services de l'administration parisienne, les collaborateurs des groupes et plus particulièrement notre collaborateur, Lucas, très investi, pendant six mois ils ont apporté leur précieux soutien. Ensemble, ils ont donc coordonné, organisé les auditions, le travail de synthèse et participé à l'élaboration de ces 68 préconisations consensuelles.

Cette M.I.E. nous a rappelé à juste titre que les bois de Boulogne et de Vincennes sont les poumons verts de Paris. Ils sont nos meilleurs alliés pour lutter contre le dérèglement climatique qui affecte particulièrement notre capitale, comme l'a si bien démontré la M.I.E. Paris à 50 degrés, dont je tiens à souligner l'excellent travail.

Ces bois permettent aux Parisiens riverains, mais aussi aux touristes, de se promener, d'admirer des ?uvres d'art, de respirer, et surtout d'échapper aux rythmes incessants imposés par notre Capitale.

Ils sont notre bien commun, à nous donc de les chérir, de les entretenir, de les embellir, d'en prendre soin pour le bien de toutes et tous et pour le bien de la biodiversité. Nous avons eu collectivement à c'ur de trouver des solutions opérationnelles pour faire de nos bois des lieux de respiration, plus accessibles, plus sûrs, plus verts. Ces bois représentent 15 % de la surface de Paris. Pourtant, parmi les 39 adjoints de l'Exécutif parisien, aucun ne se charge spécifiquement des bois, nous avons donc demandé qu'un adjoint puisse les avoir en particulier. Ces 1.840 hectares de nature se dégradent en raison d'une gestion dispersée, d'une gouvernance trop verticale de la Ville avec les concessionnaires, les associations et surtout les communes riveraines. Ainsi, malgré le travail formidable des agents de la Ville pour maintenir les bois plus propres, plus sûrs, plus accessibles, nous assistons tristement à une lente dégradation des bois. Lors de nos visites au contact des concessionnaires et des agents de la Ville, nous avons constaté le délabrement prononcé du patrimoine historique comme certains pavillons d'entrée laissés purement et simplement à l'abandon. Les sportifs et les concessionnaires auditionnés nous ont relaté une insécurité permanente, des campements de personnes en situation de prostitution et une augmentation croissante du mitage. Côté propreté, ce n'est guère mieux, les agents se plaignent à raison de la multiplication des décharges sauvages. Nos bois sont sales et pas que nos bois d'ailleurs. Juste un élément de comparaison, chaque année les dépôts sauvages dans nos bois représentent l'équivalent de 10 % du volume de l'Arc de Triomphe. Ainsi, le tri devrait être la norme, mais malheureusement il n'est pas de mise dans cette M.I.E. Autre pollution : les mégots de cigarettes, c'est pourquoi nous avons, avec mon groupe, demandé la création d'espaces non-fumeurs dans les bois. Nous avons également proposé d'améliorer l'accessibilité en transport et le renforcement de la présence policière. Dans la lignée de nos interventions en Conseil de Paris, alors que la consommation des poissons pêchés est interdite, nous interpelons l'Exécutif parisien pour protéger la biodiversité marine des bois en ne renouvelant pas les conventions d'autorisation de pêche avec les associations concernées dans les deux bois. Dernier point, ces deux poumons verts de la Capitale représentent une manne financière pour la Ville via les redevances des concessionnaires. A l'heure du réchauffement climatique, pourquoi ces montants ne sont-ils pas plus réinjectés dans l'entretien, le renouveau et l'embellissement de nos bois ? Ces revenus pourraient financer en partie des propositions innovantes que nous avons fait adopter, comme la création d'une ceinture verte piétonne afin de relier les deux bois entre eux ; la création de pépinières d'arbres directement implantées dans les bois qui permettraient de limiter les importations d'arbres venant des Pays-Bas ou d'Allemagne, ce qui est une double aberration à la fois économique et écologique avec un épouvantable bilan carbone. Toutes nos préconisations n'ont pas été adoptées, toutefois espérons que les préconisations retenues par les différents groupes politiques le seront par l'Exécutif parisien. Nous demandons donc à la Mairie de créer un comité de suivi de mise en ?uvre de ces mesures, qui les présentera régulièrement au sein de cette assemblée. Les problématiques sont longues, il faudra un renouveau de la gouvernance avec les communes riveraines, les associations, les concessions et les Parisiens pour assurer une meilleure gestion de nos bois. Les bois de Boulogne et de Vincennes doivent redevenir des lieux populaires, des lieux conviviaux, plus sûrs, plus accessibles et plus verts. Je vous remercie.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Madame IBLED. La parole est à Mme Béatrice LECOUTURIER, pour le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes.

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Maire, mes chers collègues, je tiens à mon tour à remercier le groupe Changer Paris de nous avoir proposé cette M.I.E. sur les bois de Boulogne et de Vincennes, et particulièrement sa présidente Valérie MONTANDON. Une grande reconnaissance également au rapporteur de cette mission, Émile MEUNIER, tous les deux ont fourni un travail considérable, mené des débats avec beaucoup de patience et ont fait preuve d'un esprit de concorde et de rassemblement inédit pour arriver à l'adoption de ce rapport assorti de ces 68 propositions, et pourtant au départ ce pari était loin d'être gagné. De grands remerciements vont également à l'ensemble des services du bureau et des missions de l'Assemblée, ainsi qu'à nos collaborateurs qui ont été très investis sur le sujet et je vous en remercie.

Je crois qu'il faut rendre hommage également à l'histoire, et à Napoléon III qui confia au baron Haussmann le soin de créer ces deux poumons verts de la Capitale et à ses architectes Alphand et Davioud qui les mirent en ?uvre. Ils ont été mis en ?uvre pour la détente des Parisiens, mais en 2024, en dehors de l'aspect récréatif de détente des Parisiens, ces deux bois représentent un enjeu fondamental dans la réponse aux défis climatiques et environnementaux auxquels est confrontée notre ville.

Vous connaissez notre attachement à la sauvegarde du patrimoine à Paris et notamment celle du petit patrimoine que nous avons fait voter dans cette Assemblée. Les deux bois de Boulogne et de Vincennes recèlent de véritables trésors patrimoniaux souvent inconnus et nous avons constaté sur place leur très mauvais entretien.

Nous demandons alors un inventaire exhaustif du bâti, un diagnostic de leur état et une rénovation des éléments patrimoniaux les plus en urgence. Les habitudes de déplacement ont largement évolué avec une diminution notoire des déplacements en voiture dans les deux bois. Nous regrettons par ailleurs qu'ils n'aient pas été inclus dans le plan de mobilité adopté en 2024, ils y avaient pourtant toute leur place.

Il faut donc penser à une amélioration de la signalétique dans les bois, à un meilleur entretien des trottoirs comme des voies piétonnes et des pistes cyclables, réfléchir à l'installation de bancs, d'abris bus respectueux du paysage, sans oublier l'installation de toilettes, car c'est bien connu, personne n'a jamais envie d'aller aux toilettes quand il va se promener en famille dans les bois de Boulogne et de Vincennes, tant mieux, car il n'y a pas de toilettes ou si peu !

Le sujet des coupes rases dans les bois a été un sujet épidermique entre les "pro" et les anticoupes rases. Selon les experts, les coupes rases ont de grandes conséquences écologiques : dégradations de la structure des sols en cas de fortes pluies ou de fortes chaleurs, mais c'est aussi très traumatisant pour les Parisiens de voir des surfaces entièrement arborées coupées du jour au lendemain, laissant un paysage lunaire à la place.

Les arbres ont pris de plus en plus de place protectrice dans nos vies et je comprends que cette méthode choque nos concitoyens.

Nous proposons alors de privilégier la sylviculture irrégulière permettant le couvert forestier et donc de favoriser une régénération des arbres de manière ponctuelle et éparse.

Nous proposons également le respect de la biodiversité et de la sécurité par la mise en place d'un éclairage intelligent, afin de respecter les trames noires nécessaires à la faune.

Les débats sur la propreté et la sécurité ont été particulièrement houleux selon les sensibilités politiques des différents groupes. La Ville de Paris a choisi de diminuer drastiquement le nombre de corbeilles pour moins de déchets.

L'idée peut paraître absolument séduisante, mais encore faut-il proposer une offre alternative aux Parisiens venus pique-niquer un dimanche ou se retrouver entre amis, et le compte n'y est pas. Les points de collecte de déchets doivent être repensés et installés aux abords des concessions, des équipements sportifs et sur les grands axes des deux bois. En ce qui concerne la sécurité, notre groupe tient à saluer tout le travail de prévention et de lien social qu'effectuent les associations, il existe une forte précarisation des populations dans les bois entraînant une grande violence. A saluer également le travail des polices municipale et nationale, mais avec des effectifs encore insuffisants. Enfin, un autre grand sujet de friction, la gouvernance des bois, avec les communes jouxtant les deux bois. Il y a manifestement une volonté de non-collaboration de la Ville de Paris à travailler avec ces communes limitrophes. Notre groupe regrette le manque d'ambition de ce rapport pour mettre en place des conventions bilatérales entre la Ville de Paris et les communes limitrophes. Bilan donc mitigé pour cette M.I.E., dans la vitalité et l'audace de ses propositions pour satisfaire certains groupes politiques peu désireux de faire avancer ce débat sur des sujets devenus idéologiques. Cette M.I.E. est une première. Nous serons attentifs bien évidemment à la bonne exécution de ses préconisations et nous espérons surtout qu'il y aura d'autres M.I.E. sur les bois de Boulogne et de Vincennes. Ils le valent bien et les Parisiens aussi. Je vous remercie.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci. Je donne la parole à Mme GARRIGOS.

Mme Geneviève GARRIGOS. - Madame la Maire, mes chers collègues, si je tiens à remercier la présidente, chère Valérie, et le rapporteur, cher Émile, ainsi que tous les membres de la mission avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler, les associations, les experts, les parties prenantes que nous avons auditionnées, je tiens surtout à remercier et à saluer particulièrement les équipes de la Ville qui nous ont accompagnés et permis de découvrir en profondeur les bois de Boulogne et de Vincennes.

Les agents de la Direction des Espaces verts et de l'Environnement ont partagé avec nous leurs connaissances très étendues sur les bois, la flore, la faune, leur fonctionnement, l'organisation mise en place pour les entretenir, la planification arboricole à court, moyen, et long terme. Nous pouvons être rassurés par leur professionnalisme et loin de ce que j'ai pu entendre ce matin, je regrette que certaines intervenantes n'aient pas participé à nos travaux assidûment. Cela leur aurait évité certainement des assertions très éloignées de la réalité, voire mensongères.

Pour en revenir aux bois, c'est sous le Second Empire que Napoléon III, inspiré par les espaces verts londoniens, a chargé l'ingénieur Alphand d'aménager le bois de Boulogne, alors chasse royale, puis a fait de même avec le Bois de Vincennes. L'objectif était de créer des espaces de nature à proximité immédiate de Paris, et l'un des apports majeurs du travail réalisé est la création de réseaux hydrauliques d'ampleur dans chacun des deux bois.

Les grands axes créés par Alphand étaient destinés à la promenade. Néanmoins, du fait de l'extension progressive de Paris, les bois sont aujourd'hui des lieux partagés avec plusieurs villes voisines, et avec le développement de la voiture, des axes de promenade ont été transformés en routes traversantes souvent très, j'ose dire trop fréquentées, dévoyant par là leur fonction première.

C'est le cas de l'allée de Longchamp dans le bois de Boulogne. C'était le cas de la route de Suresnes que la Ville de Paris a choisi de fermer à la circulation pour que les personnes, et notamment les enfants, puissent l'utiliser en toute quiétude.

Les maires de Saint-Cloud et de Puteaux ont saisi la justice pour annuler cette fermeture, et cette demande ayant été rejetée en février dernier par la cour administrative d'appel, nous ne pouvons que nous en féliciter.

En effet, les bois parisiens sont des réservoirs de biodiversité et de fraîcheur et ces rôles essentiels ne sont pas compatibles avec une circulation automobile trop importante. Il nous faut donc continuer à fermer des voies à la circulation en les renaturant pour une piétonisation définitive et trouver des solutions pour réduire le bruit ainsi que l'éclairage. L'une d'entre elles pourrait être la généralisation de la limitation à 30 kilomètres/heure de toutes les voies.

Quant aux trames hydrauliques développés par Alphand, leur mise en valeur doit être poursuivie. Je pense notamment dans le bois de Boulogne à la renaturation et la débitumisation autour des lacs de Longchamps, au rétablissement de la continuité entre les différents plans d'eau.

Ces évolutions imposent bien évidemment d'améliorer l'accès avec des transports en commun, ou le développement des mobilités douces. L'accès par exemple avec des pistes cyclables, afin que le plus grand nombre puisse accéder au bois, en incluant bien évidemment les personnes en situation de handicap. C'est pourquoi il nous semble particulièrement important que les bus circulent régulièrement dans les bois en semaine comme en week-end. Bien évidemment, en contournant les zones Paris Respire. Les usages des bois sont divers, cela a été rappelé : promenade, sport, culture. S'il nous faut poursuivre l'amélioration de la cohabitation entre les différents usagers, nous ne devons pas perdre de vue que sur les 1.840 hectares, 1.500 sont des espaces boisés classés dont la protection doit être notre priorité malgré les demandes parfois pressantes de certains usagers. Les nouvelles technologies, la tentation du plus pratique ne doivent pas conduire à l'urbanisation des bois et nous devons nous attacher à préserver leur caractère singulier. On ne vient pas au bois pour y retrouver la ville, ses commodités, mais pour y apprendre la forêt et la résilience, y découvrir la nature, la flore, la faune. Les activités pédagogiques, "l'école dehors", destinées aux enfants en sont une très belle illustration ainsi que la collaboration entre les services de la Ville et les usagers, formés et accompagnés pour assurer le suivi des différentes espèces, leur évolution, sans avoir recours à des systèmes tels que les drones ou des caméras dans les arbres. Nous devons veiller à ce que les bois entrent dans la ville et non l'inverse. Créer des couloirs de biodiversité, établir une continuité entre les bois et le c'ur de Paris, cela permettrait de diffuser cette richesse et c'est pourquoi nous avons proposé que soit créée une continuité, notamment entre le bois de Boulogne et la place du Trocadéro, et permettez-moi de rêver à la transformation de l'avenue Henri Martin en forêt urbaine. Pour finir, il a beaucoup été question de gouvernance dans nos échanges. Les auditions de responsables d'espaces boisés d'autres villes en France ou à l'international nous aurons permis de découvrir différents services de gouvernance difficilement transposables à notre contexte. Si nous avons entendu les insatisfactions formulées par certaines communes riveraines, il me semble que l'amélioration des échanges, la bonne volonté, et la révision de la charte qui nous lie, qui interviendra dans les prochains mois, devraient nous permettre de lever ces insatisfactions. Pour conclure, je vous remercie pour ce très beau travail.

Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Madame GARRIGOS. La parole est à Brigitte KUSTER, pour le groupe Changer Paris.

Mme Brigitte KUSTER. - Merci, Madame la Maire.

Je vais également me joindre aux remerciements de mes collègues concernant le travail constructif qui a été réalisé au cours de ces nombreuses auditions, particulièrement par la présidente Valérie MONTANDON et le rapporteur Émile MEUNIER. Je pense que sur tous les bancs de cette Assemblée, ceux qui ont eu la chance de siéger dans cette mission ne pourront que confirmer ces propos. Je veux aussi associer évidemment mes remerciements aux services de la Ville ainsi qu'aux collaborateurs du groupe Changer Paris.

Madame la Maire, mes chers collègues, nos bois trouvent leur originalité, leur singularité, dans un équilibre entre une vie humaine, une vie animale et une vie végétale, ce qui pousse de nombreux Parisiens et leurs familles à y venir pour se couper de l'intense animation parisienne. C'est pourquoi cette mission d'information et d'évaluation sur le rôle et la gestion des bois est une véritable opportunité offrant de belles perspectives d'amélioration, comme cela a été évoqué précédemment par mes collègues Valérie MONTANDON, Véronique BALDINI et Franck MARGAIN. Pour ma part, je m'attarderai sur nos propositions en matière d'accessibilité. En effet, cela pourrait inciter beaucoup plus de personnes à bénéficier de ces poumons verts s'il était plus facile de s'y rendre et d'y stationner. Nos travaux ont démontré de nombreuses failles à ce sujet. La gestion municipale actuelle ne permet pas de les combler, bien au contraire. C'était d'ailleurs une des principales préoccupations, d'ailleurs de manière récurrente, des personnes que nous avons auditionnées. Que ce soient des clubs sportifs, acteurs culturels, représentants des communes riveraines, associations ou tout simplement "joggeurs" ou promeneurs, le constat était unanime sur le fait que cette accessibilité est un préalable au dynamisme des bois. Ce dynamisme aussi existe par l'implication des acteurs économiques des bois, à l'image des acteurs culturels, à l'image de la fondation Louis Vuitton ou des théâtres de la Cartoucherie qui ont développé leurs propres navettes pour accompagner leurs visiteurs. Le problème est que ces bonnes intentions privées ne peuvent se superposer et rester isolées. Nous appelons ainsi à plus de concertation avec les gérants de concessions qui sont prêts, pour beaucoup, à participer au financement pour aboutir à un projet de navettes écologiques qui feraient le tour des lieux majeurs dans les deux bois précités. Par ailleurs, il est clair que la fréquence des transports en commun n'est pas assez adaptée au rythme des usagers des bois. Qu'il s'agisse de la fréquence horaire ou de l'amplitude et même de la régularité, puisque suivant les jours de la semaine les bus ne desservent pas systématiquement ces bois. Nous proposons donc d'optimiser ce réseau existant, tant en matière de régularité que de visibilité. Nous souhaitons également que les bois soient mieux valorisés aux arrêts de métro, tram et bus en les indiquant de manière systématique quand ils sont à proximité. Ces besoins d'ailleurs se font d'autant plus importants et décisionnaires qu'il est de plus en plus difficile maintenant pour les familles ou tout simplement ceux qui le souhaitent, de venir profiter des bois, depuis la mise en place du stationnement payant. C'est pourquoi il faut cesser de pénaliser entre autres les familles les mercredis et les samedis, celles qui amènent leurs enfants faire du sport dans nos bois pour des disciplines introuvables ailleurs, mais aussi pour celles qui viennent juste passer une journée au vert, car elles ne peuvent le faire dans d'autres lieux. Concernant l'usage du vélo, cette mission a démontré la nécessité d'augmenter la capacité de stations Vélib' et que celles-ci soient mieux alimentées. Par ailleurs, il a été évoqué l'idée de revêtements mieux adaptés sur certains sentiers. L'éclairage aussi s'est révélé être un problème et un sujet d'inquiétude majeure, non seulement pour les piétons, mais également pour les cyclistes. C'est pourquoi nous proposons des méthodes d'éclairage plus efficaces et mieux adaptées, afin de permettre aux usagers de traverser le bois de manière plus sécurisée. Toutes ces questions sont essentielles pour faire de l'ambition de cette M.I.E. des résultats concrets au service des Parisiens, avec des bois qui nous offriront de manière durable des moyens de répondre aux enjeux de notre siècle liés au changement climatique. Je vous remercie.

(M. Pierre RABADAN, adjoint, remplace Mme Carine ROLLAND au fauteuil de la présidence).

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Bonjour à tous. Je donne la parole à Mme Emmanuelle PIERRE-MARIE, pour le groupe "Les Ecologistes".

Mme Emmanuelle PIERRE-MARIE, maire du 12e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, j'aime mon bois, j'aime m'y rendre le plus souvent possible, j'aime mon bois pour me ressourcer, me reconnecter à la nature, réfléchir, marcher, courir, rêver, me perdre, la liste est longue. Oui, c'est une véritable déclaration d'amour au bois de Vincennes et je pense que je ne suis pas la seule.

Je remercie toutes les équipes qui le choient sous l'?il avisé d'Éric LAMELOT pour le rendre si vert, si beau, si agréable et sauvage, pour la faune et la flore qui s'y nichent.

Je rappelle régulièrement que j'ai deux arrondissements. Mon engagement pour le 12e reste sans limites, autant pour sa partie urbanisée que boisée. J'assume pleinement mes responsabilités de maire dans toutes ses composantes et tous ses dossiers. Parfois ce travail de l'ombre et de terrain est moins visible et absent des réseaux, mais absolument majeur et nécessaire pour le bien-être du bois.

Cette M.I.E. aura mis en lumière les bois de Paris dont nous parlons souvent dans cet hémicycle, mais que peu connaissent réellement finalement. Les bois nourrissent des fantasmes, qui sont parfois alimentés par la méconnaissance de celles et ceux qui ont pu s'en servir occasionnellement pour nous opposer artificiellement.

Le travail de fond réalisé par cette mission, sa présidente que je salue, le rapporteur et l'ensemble de ses membres est profondément pédagogique, et ce, grâce au rapport des experts auditionnés, des associations, des agentes de la Ville mobilisés au quotidien au service de sa végétation, de sa renaturation, de celles et ceux qui le traversent, y pratiquent leur passion culturelle, sportive, y travaillent, mais aussi s'y cachent et s'y protègent parfois. Je les remercie.

Ces bijoux de verdure profitent encore à trop peu de Parisiennes et Parisiens. Notre politique doit répondre à cet équilibre complexe entre la protection essentielle de ces espaces naturels, portée par une politique de reconquête de la nature continuellement renouvelée dans un Paris toujours plus exposé à la brutalité climatique et dont le bois reste un cadeau que nous ne pouvons nous permettre d'abîmer, et la nécessaire démocratisation du bois, la poursuite de son ouverture pour faire du bois une réelle partie intégrante de la ville.

Ce rapport conforte la politique écologiste menée. Une politique où la protection de l'environnement, de l'humain est essentielle, est l'essentiel. Une politique que nous souhaitons toujours plus sociale, mais aussi toujours plus accessible. Ce dernier point pèche encore. En tant que maire, je suis confrontée à la complexité de cette gestion et je suis chanceuse de contribuer au quotidien à une gestion écologiste et sociale du bois de Vincennes. Une renaturation croissante, une biodiversité préservée, 8.000 mètres carrés végétalisés sur la route de la ceinture du lac Daumesnil. 1.040 arbres plantés sur le parking du parc floral. Dans le bois, le partage des espaces, la cohabitation des usages, la qualité de la mobilité piétonne et cyclable sont au c'ur des aménagements réalisés et en projet. Je peux également mentionner la multiplication des Paris Respire et la fermeture des voies que nous portons avec David BELLIARD et Christophe NAJDOVSKI. Nous avons encore du travail en termes de mobilité. En effet, le rapport pointe les faiblesses du maillage du réseau de transports en commun dans le bois. Pour le rendre réellement accessible, cet enjeu doit être porté politiquement à tous les niveaux, dans toutes les instances décisionnaires possibles. Je compte sur vous. La recherche de l'équilibre entre la préservation et l'ouverture ne peut se faire au détriment de la protection des personnes les plus fragilisées dans les bois, qui font parfois office de refuges sauvages perçus comme étant étonnamment parfois moins redoutables que nos c'urs de ville. Notre rôle est de protéger ces invisibles des bois, les visibiliser au travers des politiques sociales que nous menons, les accompagner vers une sortie souhaitée de leur situation, une protection, une écoute que la Ville soutient à l'image du travail formidable de veille, d'accompagnement et d'insertion effectué par Emmaüs, par le C.H.U. la Terrasse, et de l'engagement militaire ou des associations "Aux captifs", "le Bus des femmes", "Act Up Paris", "AIDES", je ne les citerai pas tous, auprès des personnes en situation de prostitution. A l'échelle du 12e arrondissement, nous avons une coordination des acteurs qui ?uvrent auprès des publics en situation de prostitution, pour partager des informations, des ressources auprès de toutes les personnes qui y sont quotidiennement confrontées : police nationale, police municipale, maraudes associatives ou agentes ou agents de la Ville de Paris. J'espère que la création de l'observatoire que nous avons appelée de nos v?ux verra le jour pour généraliser ce travail utile de formation et d'accompagnement à l'échelle du bois de Boulogne.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Je vous invite à conclure.

Mme Emmanuelle PIERRE-MARIE, maire du 12e arrondissement. - L'avenir de la préservation des bois passera inévitablement par la sensibilisation de la jeunesse, qui doit s'approprier ces espaces ; par l'école, avec les dispositifs tels que la "Classe dehors" du bois de Vincennes ; mais aussi par leurs équipements sportifs et culturels. Nous devons poursuivre les améliorations portées par Pierre RABADAN et Christophe NAJDOVSKI au travers du schéma directeur sportif du bois de Vincennes et continuer à accompagner les institutions culturelles avec bienveillance et soutien financier, comme nous avons pu le faire récemment avec Carine ROLLAND pour la Cartoucherie où j'irai ce soir ouvrir la 18e édition du festival June Events organisé par l'Atelier de Paris. Je suis fière de la politique écologiste que nous menons et que nous poursuivrons dorénavant avec l'appui du travail réalisé dans le cadre de cette M.I.E. J'aime mon bois, je pourrais en parler des heures et je vous en remercie.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire. Je donne la parole à Camille NAGET, pour le groupe Communiste et Citoyen.

Mme Camille NAGET. - Merci.

Monsieur le Maire, chers collègues, je m'inscris dans la lignée de ce qu'a présenté mon collègue Jean-Philippe GILLET et aux remerciements. Cette mission aura confirmé notre conviction que les bois urbains doivent accueillir les Parisiennes et Parisiens pour leur offrir un espace de nature près de chez eux.

Il en va d'une meilleure accessibilité pour les enfants, en s'assurant, par exemple, que tous les petits Parisiens et petites Parisiennes puissent bénéficier de visites guidées et d'expériences ludiques dans les bois au cours de leur scolarité, mais aussi en développant de nouvelles aires de jeux, notamment des aires de jeux inclusives accessibles aux enfants en situation de handicap. Il faut aussi renforcer l'accueil des adultes qui souhaitent se promener, faire du sport, ou même au printemps ou en été, faire un pique-nique et pourquoi pas un barbecue, en prévoyant des aires délimitées afin que cela s'inscrive dans une bonne cohabitation des usages. On pourrait, à ce titre, s'inspirer de l'expérimentation lancée dans le 18e arrondissement. Il faut également renforcer l'accès P.M.R. des bois et renforcer les transports qui y mènent pour que toutes et tous puissent jouir des espaces. Cette préoccupation est souvent revenue dans nos débats, rendre plus accessibles les bois pour toutes et tous et à tous les moments de la journée, je pense en particulier à l'hiver où il fait nuit à 17 heures et où un certain nombre d'espaces des bois sont difficilement accessibles. Madame la Maire, vous avez parlé du théâtre de la Cartoucherie, qui est un endroit très important avec une histoire forte, une histoire forte pour Paris que nous devons soutenir, qui a d'ailleurs besoin de renouveler sa navette, puisque le théâtre de la Cartoucherie a pu renouveler sa navette grâce au soutien de Paris. Madame MNOUCHKINE nous avait expliqué à quel point c'est important, parce que cela permet aux spectateurs en situation de handicap, âgés, ou avec des difficultés à se déplacer, de venir au théâtre même le soir, même la nuit, même quand c'est loin. Comme l'a rappelé mon collègue Jean-Philippe GILLET, ce bois est un bois urbain et c'est aussi un bois habité, parce qu'il y a deux aires d'accueil des gens du voyage, une dans le bois de Boulogne, une dans le Bois de Vincennes. Ce sont des espaces très importants, déjà parce qu'ils sont obligatoires. La Ville de Paris est encore en deçà de ce que nous devrions faire en matière d'aires d'accueil ou d'aires de passage, mais ces aires d'accueil sont présentes depuis quelques années dans les bois et nous devons absolument les préserver, même si nous ne pouvons pas les agrandir pour nombre de raisons et notamment pour les raisons de typologie et de préservation du bois. Nous devons continuer de soutenir cette politique et nous savons que cette compétence va passer à la Métropole et nous serons très attentifs et attentives à ce qui va se passer, notamment en termes d'accompagnement social sur ces aires d'accueil. Enfin, j'ai dit que ces bois étaient habités, de nombreuses personnes en situation de sans-abrisme sont aussi dans les bois. La dernière Nuit de la Solidarité en indiquait 168, c'est beaucoup, c'est énorme. Les bois peuvent paraître un lieu hostile, mais sont aussi parfois un lieu refuge pour des personnes qui sont dans des situations extrêmement difficiles, des situations de précarité sociale, mais aussi de précarité psychique, et nous devons continuer, là aussi, de soutenir l'accueil et l'installation dans ces bois, autant avec "Emmaüs Solidarité" dans le bois de Vincennes, qu'avec Les Promesses de l'Aube dans le bois de Boulogne. Je vous remercie.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci beaucoup. Je donne la parole à Mme Halima JEMNI, pour le groupe Paris en commun.

Mme Halima JEMNI. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je voudrais dire combien, avec mes collègues Geneviève GARRIGOS, Nathalie LAVILLE et Hamidou SAMAKÉ, nous avons été heureux de participer à cette M.I.E. Les 5 visites de terrains nous ont montré à quel point les agents de la DEVE sont attachés aux bois parisiens, que leur gestion est remarquable. Leur compétence et connaissance précieuse de chaque parcelle de ces bois, des différents arbres, des difficultés parfois rencontrées, ont été le point d'orgue de cette mission. Je salue, bien entendu, l'investissement de l'Exécutif parisien, particulièrement celui d'Emmanuel GRÉGOIRE et de Christophe NAJDOVSKI pour maintenir un peuplement et une biodiversité aussi riches et pérennes grâce à un plan de gestion arboricole rigoureux. Ces visites nous ont permis de mieux comprendre la géographie des bois, de découvrir certaines concessions et d'échanger avec de nombreux agents qui avaient des fonctions très variées. Le groupe Paris en commun a d'ailleurs proposé de développer une signalétique pour mieux expliquer le travail mis en ?uvre par ces agents. Cette pédagogie doit être accentuée afin de mieux exposer les méthodes utilisées pour la régénération forestière, en installant des écriteaux explicatifs à proximité des parcelles sur lesquelles des opérations de gestion ont lieu. Elle permettrait également d'éviter tout malentendu, particulièrement lors de coupes d'arbres. Grâce aussi à ces visites et aux nombreuses auditions organisées, nous avons pu prendre connaissance de la diversité des activités que proposent les deux bois à tous les Franciliens, qu'il s'agisse d'activités culturelles comme entre autres le théâtre de la Cartoucherie, festives comme les festivals "We Love Green" ou "Solidays", familiales avec de nombreux pique-niques, promenades en barque ou à vélo, commerciales et leurs nombreuses concessions comme le Jardin d'acclimatation ou le Pavillon du lac, et éducatives où nous avons découvert les "Classes hors les murs". Il s'agit aussi des pratiques sportives qui sont, selon nous, à diversifier et à étendre, car comme vous l'avez rappelé, Monsieur le Maire, cher Pierre RABADAN, lors de votre audition, 54 % des sportifs franciliens citent la nature comme l'une des principales motivations pour faire de l'activité physique. Les bois parisiens sont des espaces naturels précieux qu'il nous faut chérir et défendre en veillant à l'équilibre entre ces nombreuses activités et la préservation de la nature. Il ne faut pas oublier qu'ils accueillent chaque année 20 millions de visiteurs et que ce sont aussi des lieux de vie avec un public précaire spécifique. Nous avons abordé la question des modes de vie et celle des réalités sociales présentées dans chacun des bois, notamment la question des personnes en situation de prostitution, les habitants des aires d'accueil des gens du voyage, ainsi que les personnes sans abri. Beaucoup habitent dans les bois et particulièrement celui de Vincennes, qui accueille 4 fois plus de sans domicile fixe que son pendant de l'ouest. Ce constat nous oblige à renforcer les actions de suivi médical, psychologique et social de ces personnes, même si la Ville de Paris fait beaucoup en soutenant de nombreuses associations telles que "Emmaüs" ou "AURORE". Nous souhaitons également le développement des établissements tels que celui de la Terrasse. A travers ces différents usages, nous avons donc pu constater que les bois présentent tous les aspects et les mêmes problématiques que nous pouvons rencontrer dans nos quartiers. Pour autant, les relations paraissent plus apaisées et nous ne sommes pas du tout d'accord avec ce qu'a dépeint tout à l'heure Mme IBLED, entre autres sur les catastrophes qu'elle a indiquées en termes de propreté et bien entendu en ce qui concerne la sécurité. En effet, qu'il s'agisse de la délinquance ou de l'incivilité, les chiffres communiqués par les commissaires des 12e et 16e arrondissements nous ont rappelé que la délinquance était dans ces bois urbains moins élevée que dans les autres quartiers de la ville. Dans la partie urbaine du 12e arrondissement, sur 21 faits enregistrés, seuls 3 % concernent le bois de Vincennes comme l'a indiqué avant moi Chloé SAGASPE. Puisque j'évoque des relations apaisées, le groupe Paris en commun tient à saluer le binôme improbable, mais redoutable d'efficacité de la présidente et du rapporteur, qui ont pu et su faire preuve d'esprit de consensus. En effet, malgré les divergences, et il y en a eu, les différents échanges ont toujours été respectueux, constructifs et chaleureux. Pour terminer, je tiens à remercier tous les collaborateurs des différents groupes, ainsi que les nombreux services de la Ville auditionnés. Enfin, Michel DES BOSCS et toute l'équipe de la Mission de l'Assemblée qui ont rendu ce travail et ce rapport possibles. Merci à vous.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame JEMNI. Je donne la parole à M. Franck MARGAIN, pour le groupe Changer Paris.

M. Franck MARGAIN. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je m'associe, bien sûr, aux remerciements de mes collègues à la présidente Mme MONTANDON et au rapporteur M. Émile MEUNIER, ainsi qu'aux équipes de la M.I.E. et aux services de la Ville. Notre Mission d'Information et d'Evaluation, qui s'achève, nous a offert la formidable chance de dialoguer avec de nombreux experts de gestion forestière et de biodiversité. Toutes ces personnes, passionnantes, nous ont fait part pendant plusieurs mois de leur fine maîtrise des enjeux écologiques entourant les bois. Il est tout de même assez surprenant de constater l'écart qui existe aujourd'hui entre les techniques préconisées par la plupart des experts et celles qui sont effectivement appliquées dans les bois, les fameuses coupes rases largement questionnées et dénoncées, qui ne sont plus adaptées en raison, par exemple, des fortes chaleurs qui détruisent les jeunes pousses lorsqu'elles sont surexposées au soleil. Au groupe Changer Paris, nous prônons la sylviculture irrégulière à couvert continu. Certes, un mot très technique, mais qui permet de conserver un ombrage sur les jeunes pousses et qui, dans ce sens, est bien mieux adapté à nos enjeux environnementaux actuels. C'est une très bonne chose que notre rapport de mission recommande de mener des expérimentations allant dans ce sens dans les bois. Maintenant, il faut les poursuivre et les généraliser. Un autre sujet fondamental, c'est l'implantation au c'ur du bois de Vincennes du festival "We Love Green". Il n'est pas question ici de remettre en cause les intentions et la programmation de ce festival qui sont, nous sommes tous d'accord pour le dire, de grande qualité. Cependant, ce festival a un mauvais impact certain sur la faune et la flore locales. Les études menées par les organisateurs du festival pour réduire son impact sur la biodiversité le prouvent. Près de 90.000 personnes continuent tout de même à déferler sur les pelouses, sur les chemins, piétiner ce bois, et détruisent malgré elles l'habitat des animaux, les effraient, les font fuir. Tout ceci sans parler, bien sûr, de l'impact sonore d'un tel événement sur la faune aux alentours. Cette installation de "We Love Green" dans le parc du bois de Vincennes est d'un autre âge. Le groupe Changer Paris, à l'inverse de Mme HIDALGO et de ses équipes, ne bradera pas ses convictions écologiques pour réellement protéger la faune et la flore. Vous pouvez rire, mais ce n'est pas drôle du tout, je suis désolé. La recette est pourtant non loin d'être la bonne. Au groupe Changer Paris, nous appelons à relocaliser le festival dans un lieu moins vulnérable et plus adapté à l'accueil d'un large public. A l'heure où le rayonnement et le développement de Paris dépassent le périphérique et se mesurent au niveau même de son aire urbaine, des solutions peuvent être trouvées plus largement. Nous sommes convaincus que cette mission sur les bois va dans le bon sens. Il ne faut maintenant pas avoir peur d'aller au bout de nos ambitions et accélérer la cadence. Je vous remercie.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci. La parole est à M. Hamidou SAMAKÉ, pour le groupe Paris en commun.

M. Hamidou SAMAKÉ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la Mission d'Information et d'Evaluation sur les bois parisiens a tenté de répondre à la grande problématique qui concerne nos deux bois urbains à Boulogne et à Vincennes. Cette problématique, je voudrais la formuler ainsi : comment concilier la préservation et le développement de la biodiversité en zone urbaine avec les activités humaines et notamment l'aspiration des Parisiennes et Parisiens à la pratique d'activités sportives et culturelles au sein de ces deux espaces de fraîcheur et de nature exceptionnelle ? Parmi les points qui ont particulièrement mobilisé les élus de notre groupe et pour lesquels nous avons fait des propositions, je tiens à en souligner deux. Le premier point, c'est la préservation de la biodiversité. Nous avons longuement réfléchi à ce nécessaire équilibre entre les diverses activités humaines et la préservation de l'environnement dans le contexte du réchauffement climatique que nous connaissons. Geneviève GARRIGOS a évoqué notre proposition de création d'un couloir de biodiversité entre le bois de Boulogne et le Trocadéro par l'avenue Henri Martin. Cela passe aussi par la renaturation de certains espaces autour de l'étang de Longchamp, par exemple. Nous avons également porté des propositions sur le nécessaire travail de pédagogie à mener auprès des visiteurs, notamment des enfants. A la ferme de Paris par exemple, en évoquant l'idée que plus de groupes scolaires puissent y être accueillis, mais aussi par la "Classe dehors", une initiative qui prend de l'ampleur à Paris et qui pourrait être encore développée grâce à la proximité des bois, comme l'a évoqué ma collègue Halima JEMNI. Le second point, c'est l'amélioration de l'accessibilité des bois aux personnes à mobilité réduite. Aujourd'hui, les passages piétons et les arrêts de bus ont été mis aux normes P.M.R., nous en avons beaucoup parlé hier. De nombreuses places de stationnement ont été créées pour les personnes en situation de handicap, les trottoirs ont été rénovés. Toutefois, la communication de la Ville pourrait être améliorée afin que les personnes en situation de handicap se sentent totalement à l'aise pour envisager de venir profiter pleinement des bois. Je sais que la DVD travaille à la mise en place d'activités pédagogiques dans les bois, à destination des personnes en situation de handicap, et là c'est une bonne chose. La cohabitation entre les différents usagers des bois, piétons, cyclistes, usagers des concessions, commerçants, promeneurs, etc., fait partie des grandes questions soulevées par la M.I.E., et nous avons veillé à toujours intégrer les personnes à mobilité réduite dans les préconisations qui ont été faites. Pour terminer, je me joins aux remerciements mérités qui ont été faits pour cette M.I.E., qui a fait un travail remarquable au bénéfice des Parisiens et des Parisiennes et au-delà de tous les usagers et usagères.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur SAMAKÉ. Pour répondre à toutes ces interventions à deux voix, je donne d'abord la parole à M. Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues, je remercie les différents orateurs et oratrices, et membres de la M.I.E. qui ont conduit ces travaux sur les bois. Je salue aussi les préconisations retenues dans le rapport, qui vont d'ailleurs dans le sens de ce qui est souvent déjà mis en ?uvre par l'Exécutif parisien ou qui demande des compléments, des renforcements, ou des améliorations de mesures existantes. Vous le savez, les deux bois parisiens sont, à juste titre, considérés comme les deux poumons verts de la capitale, et sont des espaces de respiration et de biodiversité qui répondent à un besoin vital de nature. Ils sont aussi des lieux de promenade pour faire du sport, se cultiver, se détendre, s'amuser. Les bois de Vincennes et de Boulogne sont des bois urbains au c'ur de la zone dense métropolitaine, très fréquentés avec près de 20 millions de visiteurs par an. Il faut rappeler qu'ils ont été aménagés par l'ingénieur Alphand au XIXe siècle, qu'ils ont été cédés à la Ville de Paris pour qu'elle entretienne ces lieux à titre perpétuel avec une vocation de promenade publique. Nous avons à c'ur, dans l'esprit de ce que sont les bois depuis l'époque d'Alphand, de trouver un juste équilibre entre les différents usages et également de protéger ce patrimoine naturel exceptionnel. Notre action en matière d'environnement et de gestion est guidée par la volonté de renaturer les bois, c'est-à-dire de rendre à la nature des espaces qui sont actuellement imperméabilisés ou qui ont été anthropisés. Dans les bois comme dans Paris, nous débitumons, nous plantons partout où cela est possible. Dans le bois de Vincennes, ce sont ainsi 13 hectares qui ont été renaturés depuis 2009. Je me réjouis de la décision récente de la Cour administrative d'appel qui a confirmé l'arrêté de piétonisation de la route de Suresnes dans le bois de Boulogne, qui a été végétalisée sur plusieurs milliers de mètres carrés ces derniers mois. La priorité est d'offrir de nouvelles promenades piétonnes, de nouveaux aménagements cyclables, des espaces apaisés, de réduire au maximum la place de la voiture et des espaces privés non accessibles à tout public. Nous le savons, nous sommes face à des dérèglements climatiques de plus en plus visibles et inquiétants. A Paris, en 2050, nous connaîtrons le climat de Séville et c'est pourquoi les bois sont plus précieux pour les Parisiennes et les Parisiens. La présentation de ce rapport est l'occasion également pour moi de remercier chaleureusement les agents de la Ville de Paris, qui font un travail remarquable au quotidien. Les agents du service public qui travaillent dans nos bois aiment ces lieux. Ils les entretiennent avec la plus grande attention et le plus grand respect et pourtant leur travail est malheureusement régulièrement remis en cause, et cela de la pire façon qui soit, dans la presse et les réseaux sociaux par certains groupes et malheureusement également relayés parfois par les groupes présents dans cet hémicycle. Soyez assurés que chaque personne qui travaille dans les bois a à c'ur d'en faire des lieux accueillants, respectueux dans leur histoire et leur nature. Je pense en particulier à nos ingénieurs sylvicoles et nos techniciens forestiers qui veillent à la gestion des massifs forestiers avec la passion du service public. Rappelons aussi que contrairement aux autres forêts, il n'y a pas de vente de bois issu des deux bois parisiens, et donc aucune recherche de rentabilité financière liée à cette gestion. La conclusion du rapport de la mission est d'ailleurs sans équivoque : nos bois sont bien gérés, avec sérieux et même avec passion par les agents de la Ville de Paris, ce qui leur vaut d'ailleurs la certification ISO 14.001. Malgré cela, de fausses informations circulent encore, qui ont été encore relayées dans le cadre de ce débat. Je le répète encore et encore, la Ville de Paris ne réalise pas de coupes rases dans les bois parisiens, n'en déplaise à M. MARGAIN, à Mme MONTANDON ou encore à Mme LECOUTURIER, qui ont encore évoqué ces propos, alors même que le rapport que vous avez présidé, Madame MONTANDON, et que vous avez également suivi, Monsieur MARGAIN et Madame LECOUTURIER, le confirme puisque ces termes ne figurent pas dans le rapport de la M.I.E. Les opérations de régénération qui sont menées dans les bois concernent des parcelles de moins de 0,2 hectare, soit moins de 2.000 mètres carrés dans des bois d'agrément qui ne produisent pas de bois de production, tandis que les coupes rases que vous évoquez concernent des parcelles qui sont plus grandes et dans des forêts de production, donc cela n'a strictement rien à voir. La proposition que vous faites par ailleurs de futaies irrégulières consiste aussi à couper des arbres, notamment des arbres matures, et il n'est pas prouvé que cela ait moins d'impact que les opérations actuelles de régénération qui, elles, portent leurs fruits et sont reconnues par les experts et les services de l'État comme l'Inspection des sites. Je rappelle que ce plan de gestion arboricole a même été voté et adopté en Commission départementale de la nature, des paysages et des sites, et que ces bois sont soumis à une réglementation stricte, ce qui est une très bonne chose, et que bien évidemment, il y a aussi des garde-fous comme la Commission départementale de la nature et des paysages pour éviter toute dérive. Notre objectif à Paris est de pérenniser le massif forestier, de rendre les peuplements résilients, d'assurer que nous aurons toujours nos deux bois dans 100 ans et même dans 200 ans. Nous devons également assurer la sécurité du public, et c'est la raison pour laquelle aussi on ne peut pas envisager de laisser des arbres morts tomber sur les gens. C'est pourquoi nos services interviennent, mais sans réaliser de coupes rases et avec le souci de rendre le massif forestier plus fort et plus résilient. Des mesures réalisées sur site par la division de la biodiversité de la DEVE montrent que la biodiversité est deux fois plus élevée qu'avant opération sur les parcelles concernées, et c'est donc avec cette boussole, préservation de la biodiversité et renforcement des massifs forestiers, que nous poursuivons notre gestion des bois. Concernant la mobilité dans les bois, les préoccupations exprimées dans le rapport vont dans le sens également de nos actions : améliorer, sécuriser les mobilités, développer les mobilités actives et les transports en commun. Les membres de la M.I.E. nous encouragent à aller plus loin, à proposer toujours plus d'aménagements pour les vélos et les promeneurs. C'est le sens de ce que nous faisons déjà avec les piétonisations et renaturations de voies. Depuis le début de la mandature en 2020, cinq routes ont été renaturées dans les deux bois parisiens pour que les promeneurs et cyclistes en profitent en toute sérénité. Ces aménagements sont accompagnés depuis 2019 par un renfort d'offre de transports en commun que nous avons déployé dans le cadre de la restructuration du réseau de bus parisien, avec cinq lignes de bus supplémentaires qui desservent les bois : les lignes 43, 63 et 70 pour le bois de Boulogne, et les lignes 77 et 201 pour le bois de Vincennes. Nous sommes prêts, comme l'ont évoqué Mme MONTANDON et Mme KUSTER, à mener avec vous et avec Mme PÉCRESSE, dont vous aurez certainement l'oreille, le renforcement encore de l'offre de transports en commun dans les bois sans y porter atteinte. Un mot sur le sport et cela intéressera bien évidemment notre collègue et ami Pierre RABADAN, pour dire qu'avec Pierre RABADAN nous veillons à développer l'offre sportive pour la pratique pour toutes et tous. En témoigne le projet d'espace paysager multisport que nous portons ensemble sur la plaine Mortemart dans le 12e arrondissement, avec la rénovation et la réfection de 8 terrains de sport, football, rugby, baseball, qui seront entièrement rénovés à partir de la fin de cette année. Un mot, enfin, sur la question des manifestations culturelles comme les festivals. Là, vous me permettrez, Madame MONTANDON, mais également Monsieur MARGAIN, de dire que vous pratiquez une forme de démagogie et de double discours. Démagogie lorsque vous réclamez le départ d'un événement comme "We Love Green", alors qu'il n'a lieu que trois jours par an et qu'il est encadré par un cahier des charges particulièrement strict, notamment sur les questions de bruit et de biodiversité, puisque les mesures vont être menées en partenariat avec "la Ligue de protection des oiseaux". Egalement, la protection de la biodiversité ne se limite pas à regarder les impacts de manifestations qui sont temporaires, encadrées et limitées dans le temps. La protection de la biodiversité s'apprécie sur des mesures qui ont un impact quotidien, tout au long des 365 jours de l'année. Reconstituer de matière pérenne les trames vertes, trames bleues, trames nocturnes, cela a des effets incomparablement plus bénéfiques pour la biodiversité. Double discours également, car les conseillers régionaux que vous êtes par ailleurs, comme un certain nombre d'élus de votre groupe, votent la subvention pour "We Love Green" en tant que conseillers régionaux, puisque la Région Ile-de-France subventionne ce festival. Vous justifiez donc ainsi, par ce vote, la présence de ce festival dans le bois. Alors, on peut chercher à jouer sur tous les tableaux, on peut chercher à jouer les chevaliers blancs, rassurez-vous, cela se voit. Je conclurai en remerciant à nouveau toutes les personnes, en particulier les agents et agentes du service de l'Arbre et des bois de la DEVE, qui se sont mobilisés pour donner à voir l'étendue des actions menées dans nos bois. Vous redire tout mon engagement pour ces espaces exceptionnels et vous assurer que nous continuerons notre action pour la sauvegarde des bois, moins de voitures, plus de nature, du sport et des usages culturels et festifs encadrés, accessibles à toutes et à tous. Je vous remercie.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci. Je donne la parole à M. Emmanuel GRÉGOIRE.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire, quelques mots pour compléter l'intervention de Christophe NAJDOVSKI, qu'il me soit permis de rebondir sur deux éléments essentiels. Le premier, c'est la très mauvaise manière dont vous traitez les agents de la Ville. Ce ne sont pas les élus ni l'Exécutif qui décident des techniques arboricoles. En pensant nous attaquer, vous attaquez les agents de la Ville de Paris. Vous attaquez les grands spécialistes des arbres qu'ils sont, et le travail très méticuleux qu'ils mènent avec l'Office national des forêts. Deuxième point, la duplicité du propos qui consiste à nous accuser d'accueillir "We Love Green" ici, et comme vient de le dire Christophe NAJDOVSKI, de le financer par ailleurs sur vos autres mandats. Mais à quel moment considère-t-on qu'il est sain démocratiquement de se plaindre des effets dont vous êtes la cause ? Vous faites voter des délibérations à "We Love Green" et vous nous accusez ici de l'accueillir. J'aime beaucoup "We Love Green", j'irai d'ailleurs. Cela n'a pas l'air d'être le cas, puisque vous nous reprochez en permanence de le soutenir. J'ai même vu que certains d'entre vous vont participer à une manifestation contre "We Love Green". Je gage que vous ne serez pas très nombreux et qu'il y aura beaucoup plus de festivaliers. La relocalisation de "We Love Green" est à l'étude, nous en avons déjà maintes fois parlé. Je n'ai pas le souvenir que vous ayez conditionné votre vote au Conseil régional de soutien à "We Love Green" à ce sujet, et je trouve qu'il est ici pertinent d'en dénoncer la forfaiture, parce que l'on ne dit pas la même chose quand on s?adresse aux festivaliers, quand on s'adresse au producteur du festival, quand on s'adresse aux habitants du 12e, aux conseillers régionaux et aux conseillers de Paris. À quel moment considère-t-on que c'est sain démocratiquement ? Désolé d'être un peu taquin en insistant sur ce point, mais je veux le dénoncer. Derrière cela, le rapport de cette M.I.E. est très intéressant. Christophe NAJDOVSKI a abordé de très nombreux points qui concernent sa délégation, je le complèterai par quelques éléments, en remerciant très chaleureusement la présidente Valérie MONTANDON, et Émile MEUNIER le rapporteur, sur la qualité des échanges et l'ensemble des membres, qui permettent d'avoir un rapport de M.I.E. qui sera utile à l'Exécutif. Quelques mots sur des thématiques qui ont été abordées, notamment de façon très fournie dans le rapport. Tout d'abord, le sujet de la gouvernance, oui, cela a été dit, la charte des bois doit être refondue, rénovée, nous y veillerons avec Christophe NAJDOVSKI pour ce qui concerne sa délégation, et en lien avec les communes limitrophes pour faire en sorte que les ateliers des bois deviennent un véritable outil de gouvernance partagée. La gouvernance partagée, cela ne veut pas dire que les autres décident à notre place. Je rappelle souvent à mes homologues maires des communes limitrophes que si leurs populations sont les premiers bénéficiaires d'une grande partie du bois de Vincennes, le contribuable parisien en est le seul financeur. Cela suppose donc aussi qu'il y ait une lecture qui soit à l'aune de ce point, notamment sur un des aspects qui nous perturbent et contre lequel on lutte, qui est d'utiliser les bois comme axes de transit des circulations automobiles. Mais je le dis en toute transparence ici, nous souhaitons concevoir les projets d'évolution du bois et traiter les nuisances ou effets négatifs qui peuvent s'y déployer, en concertation très étroite et parfaite avec les communes limitrophes. Je réinsiste notamment auprès du Conseil départemental du 94 et auprès des communes sur l'intérêt de nos conventions bilatérales pour en formaliser les termes et la méthode. Deuxième sujet évoqué, la question du sans-abrisme dans le bois de Vincennes. Nous y travaillons régulièrement avec Léa FILOCHE et avec les mairies d'arrondissement concernées. Le 12e est concerné, mais le 16e l'est également. Evidemment, nous refusons d'aborder cette question uniquement par l'angle sécuritaire et c'est d'abord par les médiations sociales, par les politiques de solidarité et de proximité que nous traitons ce sujet, qui permettra et qui permet de temps en temps d'accompagner des gens dans des voies de réinsertion et d'hébergement plus pérennes. Je veux rappeler une anecdote qui m'a beaucoup touché. Quand vous faites une maraude sociale dans le bois de Vincennes ou de Boulogne, les unités d'appui aux sans-abri connaissent quasiment le nom de chacun des S.D.F. C'est dire la qualité de l'accompagnement, elle n'est pas parfaite évidemment, mais la qualité de la disponibilité de nos agents pour cela. Sur le sujet de la prostitution, celui-ci recouvre deux réalités différentes. J'ai entendu, Madame SAGASPE, votre sensibilité peut-être à une forme de harcèlement policier et je ne crois pas que l'on règle le problème de la prostitution ainsi, mais il faut aussi avoir conscience, et je veux rendre hommage au travail de la police, de la réalité des réseaux criminels absolument immondes, ignobles qui se déploient en particulier dans les bois. Il faut notamment avoir en tête que quand la police, y compris sur l'action de nos maires d'arrondissement, intensifie les répressions ou en tout cas la lutte contre les réseaux de prostitution, notamment au secteur des portes de Paris, les déports sur l'intérieur du bois sont immédiats, avec quelques secteurs tristement connus dans le bois de Vincennes pour cela. Je ne voudrais pas que l'on confonde, d'une certaine manière, la notion de harcèlement de quelques personnes travailleuses du sexe, et de réseaux de trafic d'êtres humains absolument ignobles, qui ne méritent rien d'autre qu'une très forte répression policière et une déstructuration sans aucune retenue compte tenu de la violence, de la brutalité et de l'ignominie de ceux qui les animent. Sur la question de la propreté, de très nombreuses propositions également dans le rapport sont très intéressantes, beaucoup sont évidemment déjà mises en ?uvre, mais nous les nourrirons sur la base des éléments qui sont donnés. Évidemment, nous aurons des ajustements de dispositifs d'investissement, de réceptacle de propreté, etc., pour améliorer la propreté et lutter contre les dépôts sauvages. La sécurité est évidemment un sujet de préoccupation, car je rappelle que les personnes sans abri font partie des premières victimes dans le bois. A travers nos outils de prévention situationnelle, à travers l'intervention coordonnée de la police municipale, de la garde républicaine et des expériences internationales dont vous avez fait état et qui peuvent nous inspirer, nous améliorerons les choses. Nous sommes, je le crois, tous très attachés à nos bois, qui ont vécu une vie avec des injonctions un peu contradictoires. La première, c'est leur aménagement historique qui les a détournés de leur vocation de forêt pour en faire de grands parcs paysagers. La deuxième, ce sont des usages multiples, parfois conflictuels, combien de fois avons-nous eu à traiter des conflits d'usage entre les promeneurs, entre les cyclistes, y compris professionnels qui utilisent les anneaux cyclables, les familles qui s'y baladent et ne veulent pas se prendre un cycliste à 80 kilomètres/heure dans la poussette ? La question de tous ces usages multiples des bois est au c'ur de l'objectif de l'Exécutif, de tous les servir, de les mettre en ?uvre et de les articuler harmonieusement. A nouveau mes remerciements chaleureux à la présidente, au rapporteur, à l'ensemble des membres de la M.I.E., et à tous les agents qui ont appuyé ces travaux. Ce rapport sera très utile, et je suis heureux de retenir de notre séance d'aujourd'hui qu'il est adopté, d'après ce que j'ai compris, à l'unanimité.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le premier adjoint. S'agissant d'un rapport, il n'y a pas de vote, nous pouvons à présent reprendre l'ordre du jour.

 

Mai 2024
Débat
Conseil municipal
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