2024 DAC 129 - Subvention (10.000 euros) et avenant à la convention avec Paris Audiovisuel - Maison Européenne de la Photographie (Paris Centre).
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DAC 129 : une subvention et un avenant à convention avec? Je suis désolé, vous voulez que je fasse une suspension de séance le temps que vous vous retrouviez dans le déroulé de la séance ? Je suis prêt, il n'y a pas de problème. Nous examinons le projet DAC 129, c'est une subvention, un avenant à la convention avec "Paris Audiovisuel - Maison Européenne de la Photographie". La parole est à Rudolph GRANIER.
M. Rudolph GRANIER. - Patrick BLOCHE préside et tout va mieux, Monsieur le Maire, merci beaucoup pour cette avancée. Monsieur le Maire, mes chers collègues, j'ai souvent eu l'occasion, au sein de cet hémicycle, de m'exprimer au sujet du pont Saint-Ange et des expositions qui y sont régulièrement installées depuis plusieurs années maintenant. J'ai déjà souligné l'absurdité de plusieurs projets culturels quand on connaît l'état désastreux dans lequel se trouve l'espace public à cet endroit, vous parlerez de mésusage, je parle de désastre. Comment ne pas trouver indécents les montants consacrés à ces expositions, alors que cet argent serait mieux employé à nettoyer ou entretenir l'existant ? C'est certain, entretenir l'espace public est une des missions basiques, sans doute ingrates d'une municipalité, mission qui semble ne pas vous intéresser vous et vos ambitions démesurées, c'est moins "sexy" que de faire de belles photos pour les réseaux sociaux. Je me souviens très bien avoir dénoncé l'incongruité de vos photos bien cadrées pour certaines expositions et qui mettent de côté ce que vous regardez, c'est-à-dire des installations de migrants, des pissotières qui coulent, les "tags" à côté, bref, le désastre. Pour ce qui nous concerne, le quotidien des Parisiens et des habitants du 18e arrondissement s'en trouverait légèrement amélioré si vous décidiez d'arrêter ces pratiques. Venons-en aux faits. La thématique de la dernière exposition présentée de février à mai nous a franchement interpellés et notamment deux photographies. Une première représentant une femme sur le point de se marier, entourée par des femmes en niqab. Une deuxième représentant une petite fille voilée en noir de la tête aux pieds. Aucune de ces photographies n'est accompagnée d'un texte expliquant éventuellement la démarche de l'artiste ou mettant en contexte. Qu'en conclure ? Est-ce une dénonciation ? Est-ce une mise en valeur esthétique de telles pratiques ? En tout cas, on ne peut pas se satisfaire de l'ambiguïté de telles images, encore plus dans un territoire comme le 18e arrondissement, et à la lecture du projet de délibération, où il s'agit de mettre en lumière l'identité multiculturelle des quartiers traversés. Pour toutes ces raisons, nous ne voterons donc pas cette subvention pour une nouvelle exposition sur le pont Saint-Ange, et nous vous demandons de considérer ce lieu comme un espace à aménager, à entretenir, et non comme un lieu d'aspiration à subventions pour associations amies en mal de visibilité. Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Comme dirait l'autre, c'est du lourd ! Carine ROLLAND, Madame la Maire, c'est à vous de répondre.
Mme Carine ROLLAND, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, cher Rudolph GRANIER, la liberté d'expression est pour le Conseil de Paris, mais pas sur le pont Saint-Ange, pas entre le 18e et le 10e, pas sur cette passerelle. La liberté d'expression, c'est aussi respecter celle de l'autre, s'il vous plaît. Plusieurs éléments, "cela coûte cher", je rappelle à notre Assemblée que le montant du projet de délibération dont nous parlons est de 10.000 euros. J'ai quelques souvenirs de ce que coûte une intervention sur la chaussée, que ce soit du côté de la DPE ou du côté de la voirie. Je vous assure que les montants sont nettement plus conséquents. Comme je le disais tout à l'heure, nous ne sommes pas pour la concurrence des usages, mais pour la concorde des usages. Oui, nous intervenons sur l'espace public dans le 18e, dans le 10e, sur le pont Saint-Ange, et oui nous souhaitons embellir l'espace public au moyen d'expositions artistiques. C'est ce que nous faisons à cet endroit depuis plusieurs années, en prenant soin d'ailleurs de programmer plutôt des photographes femmes, parce qu'elles sont trop peu nombreuses dans cette esthétique artistique, et qu'il nous semble important de pouvoir exposer leur travail, de le mettre en relation avec les publics grâce à ce type d'intervention. Pour ce qui est de ce que vous dénoncez, je vous invite à y retourner. Nous étions avec Laurence PATRICE, il y a quelques semaines, les cartels existent. Les cartels sont en bout d'exposition de chaque côté de la déambulation. Par ailleurs, dans ces cartels, il est expliqué quelle est la démarche de l'artiste photographe qui vit entre la France et le Bangladesh, entre une culture et une autre, qui interroge les liens entre ces cultures sans les juger, mais en leur faisant place. Ainsi va notre conception de la liberté artistique, cela ne semble pas être la vôtre, c'est dommage, mais assumez-le à ce moment. Ainsi va aussi notre conception de ce qu'il nous semble pouvoir proposer aux habitants du 18e, du 10e et à tous ceux qui passent à cet endroit. Je vous invite à voter favorablement ce projet de délibération en direction des expositions sur le pont Saint-Ange, en direction des expositions artistiques dans l'espace public, en direction de la liberté artistique et je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Carine ROLLAND. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 129. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Un vote contre du groupe Changer Paris, mais ce projet de délibération est adopté. (2024, DAC 129).