Vœu déposé par le groupe "Les Ecologistes" relatif à la non-cessibilité du Parc des Princes. Vœu déposé par l'Exécutif relatif à l'avenir du Parc des Princes.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons, conformément à la décision de la conférence d'organisation de notre Conseil, examiner le v?u n° 1 présenté par l'Exécutif, qui est relatif à l'avenir du Parc des Princes, ainsi que le v?u n° 2 présenté par le groupe "Les Ecologistes". Permettez-moi d'introduire brièvement la discussion. Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, un club de foot est avant tout riche de son histoire, et celle du Paris Saint-Germain s'écrit et s'écrira au Parc des Princes. Depuis 1974, c'est son enceinte historique, mythique, magique, ce chaudron qui est une fierté pour Paris. Le Parc des Princes est un c'ur battant du Paris Saint-Germain et il continuera à battre et à faire battre le c'ur de celles et ceux qui l'aiment. Et on le sait, c'est un amour passionné qui unit le club, son stade, les supporters et nous pouvons en être fiers. C'est dans ce contexte que nous avons fait le choix de déposer ce v?u pour rappeler que le Parc des Princes est la propriété des Parisiennes et des Parisiens et, à travers leur ville, c'est leur présence. Oui, le PSG est un club de foot emblématique de la Ville de Paris. A ce titre, nous voulons, comme de très nombreux supporters parisiens, que le PSG continue d'évoluer au c'ur du Parc des Princes. C'est pourquoi, le PSG doit rester au Parc des Princes. Evidemment, nous sommes à l'écoute depuis toujours pour que le stade puisse s'adapter aux besoins du PSG et que ces évolutions puissent se faire dans le cadre d'un montage satisfaisant pour toutes les parties. D'ailleurs, nous n'avions pas exclu la possible vente du Parc des Princes et une discussion a été engagée avec les dirigeants du club, parce que nous étions soucieux d'entendre les arguments notamment du club sur le modèle économique qui est le leur, mais soucieux avant tout - puisque c'est notre rôle, c'est mon rôle en tant que Maire de Paris et c'est notre rôle en tant qu'élus de Paris - des intérêts des Parisiennes et des Parisiens. Dès lors que cette discussion ne pouvait pas avancer, puisque les propositions qui étaient faites n'auraient pas été respectueuses de ce patrimoine des Parisiens, nous avons décidé d'arrêter cette discussion sur la vente du Parc des Princes, mais de poursuivre bien sûr la discussion sur la transformation. Mais cette transformation ne doit pas impliquer sa cession et vous pouvez compter sur moi pour protéger ce lien si unique qui lie le Parc des Princes à l'histoire et à l'avenir de Paris et du Paris Saint-Germain. Je vous remercie et je nous souhaite une bonne discussion. Je donne la parole à Mme Béatrice PATRIE pour le groupe Communiste et Citoyen. Heureuse de vous retrouver, Béatrice PATRIE.
Mme Béatrice PATRIE. - Merci et, moi aussi, je suis très heureuse de vous retrouver, Madame la Maire, et tous mes collègues au sein de cet hémicycle.
Madame la Maire, chers collègues, très chers collègues, vous savez que la question du Parc des Princes et de son avenir est une question extrêmement importante pour le groupe Communiste et Citoyen. Vous savez aussi combien Nicolas BONNET-OULALDJ, qui a désormais rejoint votre équipe exécutive, a porté cette question avec constance et une grande conviction.
Le Parc des Princes - je vais rappeler des choses qui ont déjà été dites mais qui valent le coup d'être rappelées - est associé au Paris Saint-Germain, qui fait la fierté des Parisiens, jeunes et moins jeunes, mais aussi de beaucoup d'autres supporters en France et à l'étranger. Mais le Parc des Princes est avant tout un bâtiment qui constitue le c'ur même de Paris depuis 1897.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Un peu de silence, s'il vous plaît.
Mme Béatrice PATRIE. - Il fut tour à tour vélodrome, point de départ du Marathon de Paris, stade de rugby pour le XV de France, lieu d'accueil de galas de boxe et même de football américain en France. Il a accueilli de nombreux concerts, les plus fameux étant Mickaël Jackson en 1988, les Rolling Stones en 1990, Johnny Hallyday en 2003 et même NTM en 2010.
Le Parc des Princes, ce n'est donc pas seulement le stade du PSG, c'est avant tout un élément essentiel du patrimoine sportif et événementiel de la Ville de Paris, et donc de nous tous, Parisiens et Parisiennes.
Il relève de ces éléments patrimoniaux qui fondent l'empreinte de la ville au niveau national et international et - je vais oser quelques comparaisons osées - au même titre que la Tour Eiffel, le musée du Louvre, l'Arc de Triomphe et je dirais même Notre-Dame. Il ne peut donc pas être considéré comme un simple objet commercial.
Dès lors, comme nous l'avions dit dans un v?u il y a quelques mois déjà, nous nous opposons absolument à sa vente et, sur ce point, nous partageons le point de vue que vous avez exprimé, Madame la Maire.
Aujourd'hui, le PSG se considère à l'étroit dans ce stade qu'il remplit facilement puisqu'il joue systématiquement à guichets fermés. Le club souhaite donc effectuer des travaux afin de rajouter au moins 10.000 places.
Que ce stade évolue, ce n'est rien que de très naturel et c'est d'autant plus légitime que la demande est très soutenue par les supporters qui n'obtiennent pas forcément de places libres. Néanmoins, et le v?u de l'Exécutif est très clair sur ce point, cela ne pourra se faire que dans le cadre très strict d'un montage juridique et financier qui n'implique ni sa cession ni une contribution de la Ville de Paris.
Pour autant, nous devrons imposer un cahier des charges, le plus strict des cahiers des charges, pour porter toutes les attentes en faveur de l'accueil des Parisiens et des Parisiennes refusant que le football, les clubs, les footballeurs ne continuent de n'être que des actifs financiers, malheureusement. Au groupe Communiste et Citoyen, nous récusons ce prisme marchand - vous ne serez pas étonnés -, cette logique de financiarisation qui a transformé le sport en une énorme machine à cash.
Améliorer le stade pour le confort des spectateurs, oui. Créer des loges VIP qui éloigneront encore plus les publics les plus populaires, non. Construire de nouveaux gradins, de nouveaux accès en y associant les clubs de supporters, oui. Laisser les propriétaires transformer ce stade en vitrine de leur méga fortune, non, certainement non.
Il est donc hors de question que le Parc des Princes devienne un objet de convoitises qui échapperait à la sphère publique, passant de main en main, au gré des rénovations, agrandissements ou autres investissements de propriétaires très éloignés de l'amour du sport et parfois peu scrupuleux.
Le stade du Parc des Princes est un bien public qui appartient aux Parisiens et doit le rester. Je le redis car c'est essentiel : les travaux d'extension, s'ils sont validés in fine, devront se faire sans financement de la Ville qui devra respecter les clauses que lui confère son statut de concessionnaire et évidemment ces clauses n'intègrent pas les travaux que souhaite engager le club.
Emmanuel GRÉGOIRE ou Pierre RABADAN l'ont rappelé à plusieurs reprises, si le club veut engager des travaux d'infrastructure d'ampleur pour agrandir le stade, des solutions juridiques et financières existent, à commencer par une location de très longue durée sous la forme d'un bail emphytéotique qui permettrait largement d'amortir les frais engagés. D'autres clubs européens l'ont fait ailleurs et cela fonctionne. Encore faut-il que les clubs ne restent pas campés sur leurs positions et acceptent le dialogue.
Mes chers collègues, pour finir, je ne peux faire l'impasse sur une question pour nous extrêmement importante qu'est la question de ce que l'on appelle le "naming", et rappeler à cette occasion que ce débat, qui est indispensable, est qu'il faut respecter la dénomination historique du Parc des Princes. Cette dénomination fut choisie en lien avec son environnement direct?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure, Madame PATRIE.
Mme Béatrice PATRIE. - A savoir la route des Princes et la porte des Princes en usage au XVIIIe siècle?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.
Mme Béatrice PATRIE. - C'est un fait historique?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Non, il faut conclure maintenant.
Mme Béatrice PATRIE. - Nous avions mené en vain cette bataille et nous recommençons aujourd'hui : nous sommes opposés au "naming". Je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous invite vraiment à respecter vos temps de parole. Merci beaucoup. M. Pierre-Yves BOURNAZEL, président du groupe "Indépendants et Progressistes".
M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, je suis tout d'abord très étonné de ce procédé qui consiste à vous faire un v?u à vous-mêmes, dont acte, toujours un peu vague dans la formulation, toujours pensé un peu rapidement, et le plus souvent inappliquer ces v?ux.
L'addition de belles incantations n'a jamais construit une vision et, dans ce dossier comme sur d'autres, il y a un problème de stratégie d'avenir pour Paris.
Il y a un stade, le Parc des Princes, une enceinte mythique entrée dans l'histoire et le patrimoine de la Ville, c'est d'ailleurs le patrimoine des Parisiennes et des Parisiens.
Il y a aussi un concessionnaire, le même depuis 1974, qui fait aussi la fierté de la Capitale et participe à son rayonnement international : le Paris Saint-Germain. Comme tous les grands clubs de football, le PSG souhaite devenir propriétaire et acheter à la Ville ce stade emblématique. C'est une volonté, dont la presse s'est fait l'écho dès octobre 2015 et qui s'est accélérée début 2022.
Il y a enfin l'Exécutif municipal, à qui il appartiendrait normalement de trancher et d'avoir une stratégie pour l'avenir du Parc des Princes et c'est là tout le problème. On peut comprendre la position de la Ville jusqu'en 2015 mais depuis, on ne la comprend plus.
Revenons-en aux faits, rien que les faits.
Le PSG a formulé une première offre. Vous avez estimé qu'elle n'était pas suffisante mais que la vente du Parc était une option, le 29 novembre 2022, par la voix de M. GRÉGOIRE, votre premier adjoint. Décembre 2022, les groupes "Les Ecologistes" et Communiste et Citoyen, membres de votre majorité municipale, s'opposent à la vente du Parc des Princes dans le cadre d'un v?u au Conseil de Paris. Face aux atermoiements, ils vous appelaient à vous prononcer sur la question du devenir du Parc des Princes. Dans votre propre majorité, on ne comprend plus rien, alors imaginez les Parisiennes et les Parisiens.
S'ensuit alors un emballement médiatique, les petites phrases, les partenaires braqués, pas de pilote, pas de cap, pas de vision. A rebours de votre premier adjoint, Madame la Maire, vous décidiez le 14 janvier 2023 que le Parc des Princes n'était finalement pas du tout à vendre, mais le mal était fait.
Au fond, quelle image cela donne de la Ville comme partenaires de travail ? Vous donnez des informations contradictoires qui vous desservent et desservent Paris, vous naviguez à vue et pour quel résultat ? Tout est au point mort aujourd'hui.
Vous démontrez de nouveau que vous ne savez pas travailler avec vos partenaires, au détriment de Paris. Le Parc des Princes est un sujet trop important pour que soient étalées vos contradictions et l'absence criante de méthode et, je le dis, indépendamment de votre partenaire. Ici, le rôle de la Ville de Paris, c'est de définir un cap, d'avoir une vision claire de long terme pour son patrimoine et dans ses relations avec ses partenaires.
Dans cette vision stratégique, il y a le débat patrimonial historique, il y a ce que représente le Parc des Princes pour Paris. Sur ce point-là, je pense qu'il ne faut pas vendre cette enceinte.
Mais la Ville ne doit pas volontairement éluder une autre partie du débat. Elle mériterait d'ailleurs plus de clarté et de transparence de la part de l'Exécutif municipal. Vous devez la vérité aux Parisiennes et aux Parisiens. Soyons francs, soyons directs, le Parc n'est pas à vendre, car, de toute façon, il ne peut pas être vendu parce qu'il constitue un patrimoine qui permet à la Ville de s'endetter malheureusement toujours plus chaque année. Vendre le Parc à 200 millions, à 350 millions ou même à 1 milliard d'euros ne permettrait pas à la Ville de se désendetter réellement. Pire, cela dégraderait sa future capacité d'emprunt sur les marchés financiers.
Car ce qui rassure les marchés financiers, contrairement à ce que vous nous dites, ce n'est pas votre gestion erratique des finances publiques ou votre incapacité à désendetter la Ville, ce qui rassure les marchés financiers, c'est le potentiel fiscal des Parisiens et le patrimoine de la Ville. Traduction claire : l'augmentation des impôts des Parisiennes et des Parisiens ou la capacité de la Ville à se séparer de ses biens en cas de crise des liquidités. Ce qui rassure les financiers, c'est votre capacité à pouvoir hypothéquer l'avenir des Parisiens et donc de Paris. Au fond, ce n'est pas grave, ce sont les Parisiens qui paieront. Voilà votre stratégie d'avenir. La réalité est que votre situation budgétaire désastreuse empêche de toute façon d'avoir plusieurs marges de man?uvre. Qui pourrait croire aujourd'hui un seul instant que les finances de la Ville vous permettraient d'entretenir à vous seuls le Parc des Princes ? Vous êtes pieds et poings liés. Sur ce sujet d'ailleurs, l'adversaire de Paris, notre véritable combat doit être la gabegie financière. Notre combat, Madame la Maire, c'est de remettre demain de l'ordre dans les comptes de la Ville de Paris, c'est de remettre de l'ordre dans la gestion de la Ville, c'est avoir une stratégie d'avenir et s'y tenir pour Paris.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Ça, c'est un projet politique ! Maud GATEL pour le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes.
Mme Maud GATEL. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers collègues, les choses ont décidément bien changé depuis l'idylle entre la Ville et les nouveaux actionnaires du PSG au moment de leur arrivée. Aujourd'hui, rien ne va plus, le dialogue est rompu et tant le club que les supporters risquent d'en faire les frais.
Au groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes, nous ne pouvons accepter que les Parisiens subissent les conséquences des atermoiements de la Ville sur la question de l'avenir du Parc des Princes et d'une majorité non tenue.
Vous l'avez rappelé, Madame la Maire, la Ville n'était pas fermée à la vente du Parc des Princes. Dès 2014, vous évoquiez cette possibilité au regard des coûts extrêmement importants d'entretien du stade. Des promesses, semble-t-il, avaient même été faites. Les propriétaires du PSG entendaient, et on peut tout à fait les comprendre, agrandir le stade pour qu'il soit à la hauteur des ambitions du club, augmenter les recettes de billetterie et tout ce qui va avec. Encore fallait-il y mettre le prix compte tenu du déficit abyssal de la Ville.
Ce matin, alors que la situation paraît totalement bloquée, vous appelez à la rescousse le Conseil de Paris pour soutenir votre position du moment. C'est bien la première fois que nous avons un débat organisé sur le sujet de la vente ou non du Parc des Princes, sujet qui touche pourtant à deux éléments essentiels pour les Parisiens : leur club de foot et un actif stratégique de la Ville. Depuis l'offre du PSG, que vous avez jugée ridicule, vous affirmez que vous vous opposez à la cession - c'est aussi ce que rappelle le v?u que vous nous présentez ce matin - mais plutôt vous, Madame la Maire, parce que votre premier adjoint ne semble pas tout à fait sur la même ligne. Aujourd'hui, l'urgence est bien de renouer le dialogue, alors que les discussions sont bloquées depuis des mois. Au groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes, nous avons deux priorités : que le club reste à Paris et que les intérêts immobiliers des Parisiens soient préservés. Et il faut donner les moyens nécessaires au club d'atteindre ses objectifs, le rénover, l'agrandir, y compris en prolongeant le bail emphytéotique qui court jusqu'en 2043, avec une attention toute particulière pour les riverains du Parc des Princes. Mais la manière dont vous avez géré jusqu'alors le dossier, Madame la Maire, nous inquiète profondément et ce n'est pas un blanc-seing que nous vous donnerons. Je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à M. Rémi FÉRAUD, président du groupe Paris en commun.
M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, non, le Parc des Princes n'est pas à vendre et ce v?u vient le redire avec force. La Ville de Paris est propriétaire de son stade, elle entend bien le rester car, au travers de la Ville de Paris, ce sont les Parisiennes et les Parisiens qui sont propriétaires de leur stade. Et non, à Paris, nous ne bradons pas le patrimoine municipal et je me félicite de la présentation de ce v?u.
Paris et le Parc des Princes sont, par leurs histoires respectives, intimement liés, nous l'avons chacun dit. Le Parc des Princes, parce qu'il fait partie intégrante de centaines de milliers de vies personnelles, s'inscrit dans notre histoire collective.
Inauguré à la fin du XIXe siècle, il a connu bien des évolutions, mais son succès et sa fréquentation ne se sont jamais démentis. Il est un emblème du sport populaire et aussi régulièrement de la culture populaire qui nous tiennent particulièrement à c'ur. Mondialement connu, le Parc des Princes est comme nos grands monuments, un de nos ambassadeurs qui font rayonner Paris.
Le Parc des Princes fait ainsi partie intégrante de notre patrimoine et nous devons le considérer comme un bien commun, c'est-à-dire une ressource partagée, maintenue collectivement par la communauté parisienne. Porteur de symbole et de vie collective essentielle, il doit donc appartenir à la communauté parisienne. C'est tout le sens de la propriété publique municipale.
C'est aussi la raison pour laquelle, depuis très longtemps, la Ville de Paris a établi des règles dans le but de préserver, de pérenniser, de gérer le Parc des Princes. Si Paris est liée et attachée à son stade, Paris est aussi liée très fortement à son club, le PSG, que le Parc des Princes accueille depuis 1974. Ils sont engagés ensemble dans un bail emphytéotique jusqu'en 2043.
Si nous entendons les souhaits du PSG, si nous comprenons son besoin et sa volonté d'agrandir, de réaménager le Parc des Princes, nous savons aussi qu'un modèle économique est possible, tout en conservant la propriété municipale du stade. La Ville a d'ailleurs déjà fait, comme le rappelle le v?u, des propositions au club, permettant à la fois la conservation de la propriété par la Ville et la mise en ?uvre de travaux de modernisation, comme ce fut déjà le cas en 2014 et 2015 pour l'Euro.
Il faut poursuivre ce dialogue de manière constructive dans l'intérêt de tous et cela concerne toutes les parties. Mais soyons clairs, pour le groupe Paris en commun, et je crois pour les autres groupes de la majorité, la vente n'est pas souhaitable. Ce serait une décision sans retour en arrière possible et qui retirerait pour toujours le Parc des Princes de notre patrimoine commun. C'est pour cela que nous devons aujourd'hui exclure la vente du Parc, pour que les Parisiennes et les Parisiens conservent la maîtrise du destin de leur grand stade. C'est l'objet de ce v?u que nous voterons parce que, pour nous, le patrimoine municipal est, comme l'ensemble du service public, avant tout le patrimoine de ceux qui n'en ont pas. Oui, le Parc des Princes est et doit rester propriété de la Ville. Madame la Maire, au regard de l'importance du sujet, pour donner à notre vote toute la force politique qu'il requiert, je vous demanderais la tenue d'un scrutin public. Je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Très bien. Bien sûr, la demande est de droit. M. Jérémy REDLER pour le groupe Changer Paris. Monsieur le Maire du 16e, vous avez la parole.
M. Jérémy REDLER, maire du 16e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.
Madame la Maire, mes chers collègues, votre v?u répond au v?u déposé par "Les Ecologistes". Effectivement, ils ne souhaitent pas vendre le Parc des Princes pour des raisons idéologiques sans considération du bon sens. Aucune vente, mais évidemment ils exigent que les travaux soient à la seule charge du Paris Saint-Germain.
En l'état, le club réside au Parc, dont la Ville est propriétaire, et le contrat d'exploitation actuel court jusqu'en 2044. Ce v?u relance l'idée d'un nouveau bail emphytéotique. D'un point de vue extérieur aux parties, cette solution pourrait avoir du sens puisque la très longue durée de ce type de bail permettrait au PSG d'amortir ses investissements lourds sur plusieurs décennies, tandis qu'elle vous éviterait d'afficher une vente sèche qui pose problème à la gauche et à sa majorité plurielle.
Cependant, votre refus de vendre le Parc des Princes ne répond qu'à des impératifs de communication. Les plus grands clubs européens, Real Madrid, FC Barcelone, Bayern de Munich, Juventus, sont non seulement propriétaires de leur stade mais ils disposent d'enceintes ultramodernes, créant une expérience pour les visiteurs, qui contribuent au rayonnement de la ville.
Le Parc ne peut être simplement le stade d'une histoire, quand bien même cette dernière est légendaire, il doit être le stade d'un avenir. Le rayonnement du Parc va bien au-delà du football. Ainsi, Terrence MALICK, Palme d'or à Cannes, déclarait en 2001 : "Il est fondamental que le PSG reste au Parc des Princes, le Parc des Princes est l'âme du PSG".
En cas de vente, il n'existe véritablement qu'un problème : le désaccord quant à la valorisation du bien, effectivement entre les travaux lourds déjà entrepris et surtout à effectuer par le PSG, et la Ville de Paris qui ne souhaite pas perdre la face.
Le PSG, par la voix de son président, a jusqu'ici toujours refusé une telle proposition. Le risque majeur est de voir le PSG quitter le parc. Alors même que l'histoire du PSG et l'histoire du Parc des Princes se confondent, le PSG appartient tout autant que le Parc, si ce n'est plus, au patrimoine parisien et aux Parisiens.
Ainsi, entendre en janvier que le président est toujours à l'étude d'une solution pour faire jouer son club, notre club et le club des Parisiens, ailleurs en faisant bâtir une nouvelle enceinte est de bien mauvais augure.
Si le club quitte le Parc, et par conséquent la Ville de Paris, que va devenir le stade ? Il est raisonnablement impensable d'en faire un site de rencontre entre amateurs ou encore un lieu de pratiques sportives dans le cadre des cours d'E.P.S. pour les écoliers du 16e, d'autant que l'entretien du site sera trop coûteux pour la Ville de Paris.
Si le stade rapporte peu d'argent à la Ville, il ne lui coûte pas grand-chose. La convention d'occupation du domaine public dispose que le coût des investissements, le cas échéant réalisés, est à la charge de l'occupant. Du jour au lendemain, la Ville devra assumer tous ces coûts d'entretien et d'investissement pour un stade devenu vide.
Quelles solutions ensuite ? Laisser le stade à l'abandon ? La Ville perdrait à la fois son équipe phare, qui brille sur la scène européenne et mondiale, et l'utilité de son plus beau stade à Paris. Les deux parties ont, en réalité, tout intérêt à s'entendre. En cas d'achat, le PSG aura à sa charge tous les travaux. C'est dans ce sens que le PSG souhaite que le montant des travaux effectués ou à venir puisse être intégré dans la définition du prix, comme dans toute transaction immobilière classique. "Les Ecologistes" s'opposeront systématiquement à toute logique de vente uniquement par principe. Aujourd'hui, la position du bon sens est la poursuite du dialogue, Madame la Maire, avec le Paris Saint-Germain pour conserver le club des Parisiens dans ce stade devenu mythique, stade qui fait rêver chaque semaine lors des plus belles rencontres du football français et mondial. Pour conclure, il est indispensable de trouver un accord avec le Paris Saint-Germain, en considérant toutes les solutions possibles, en assurant le soutien de la Ville de Paris au club, afin d'éviter son départ. Le groupe Changer Paris rejette l'option de s'enfermer dans une position plutôt que de se laisser la liberté de choix après de nouvelles discussions que vous allez engager avec le club. C'est donc pour ces raisons que nous nous abstiendrons sur ce v?u. Je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire. M. MEUNIER pour le groupe "Les Ecologistes" et vous présentez votre v?u aussi.
M. Émile MEUNIER. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers collègues, avant de parler du fond, j'aimerais quand même dire quelques mots sur la manière dont l'actionnaire du club Paris Saint-Germain? comment dire? discute avec la Ville. Et je fais une parenthèse tout de suite : nous, "Les Ecologistes", nous faisons bien la distinction entre le club Paris Saint-Germain et son actionnaire. Le club, c'est évidemment plus large : c'est une histoire, un palmarès, une équipe, des salariés, des supporters, un stade ; c'est une ville, Paris, et c'est un actionnaire qui accessoirement peut changer. Et comment cet actionnaire s'adresse à la Ville de Paris ? A votre premier adjoint, qui avait le malheur de faire valoir la position de la Ville, c'est : "Lui, il parle trop !" Et à notre adjoint à la mobilité, David BELLIARD, ce sont quasiment des accusations de racisme et cela s'appelle de la diffamation. Et je ne parle pas des menaces répétées de quitter la ville si nous ne cédions pas le Parc pour une bouchée de pain.
Madame la Maire, peut-être que les milliards achètent tout, mais tout n'est pas à vendre et certainement pas la docilité des élus de cette Assemblée. Je demande donc que M. Nasser AL-KHELAÏFI puisse parler un peu plus raisonnablement à la Ville et, à travers elle, aux Parisiennes et aux Parisiens.
Sur le fond, les choses sont très simples, en réalité. Il y a un actionnaire, et c'est bien son droit, qui veut acheter le Parc pour valoriser la valeur de son club et de son actif, mais nous, nous ne voulons pas le vendre. Il faut être deux pour conclure un accord.
Pourquoi nous ne voulons pas le vendre ? C'est pour des choses simples. Je sais bien qu'en ce moment le marché prend tout, que la mode est à tout acheter et que le privé se croit tout-puissant, mais il y a encore des choses qui sont inestimables. Et j'ose dire, comme l'ont dit nos amis communistes, au même titre que le Champ-de-Mars, les Tuileries, la Tour Eiffel ou une partie du bois de Boulogne, le Parc des Princes fait partie de Paris. On ne se sépare pas d'un membre comme cela qui fait partie intégrante de ce que représente cette capitale en France et dans le monde.
C'est aussi un outil de politique culturelle et sportive. Donc nous sommes libres demain, au prochain concessionnaire ou dans un renouvellement de la concession, d'imposer des tarifs sociaux, par exemple pour les quartiers populaires, ou une programmation plus culturelle ou le partage du stade avec d'autres clubs et d'autres sports que l'on veut valoriser. Peut-être que nos successeurs et ceux d'après auront des idées que nous n'avons pas. Nous devons leur laisser la possibilité de choisir et d'agir avec cet outil formidable de cohésion et de rayonnement qu'est le Parc des Princes.
Sur les travaux, je voudrais dire un mot également. Les travaux d'agrandissement, qui doit les payer ? Il paraît acquis à tout le monde le fait qu'il faille agrandir ce stade mais, je suis désolé, la question mérite de se poser. Moi, je ne suis pas d'accord pour que l'on participe à cette course au sport business, que l'on s'aligne sur les grands clubs espagnols, anglais, que l'on génère toujours plus d'argent et que l'on favorise une forme de football à deux vitesses. On l'a vu récemment avec ces clubs qui voulaient faire une ligue à eux, les huit clubs les plus riches, qui excluait tous les autres pour avoir tous les droits de télé les plus riches. C'est de la sécession des riches ! Et ça, nous, "Les Ecologistes", nous n'en voulons pas.
Je dois dire que ce ne sont pas les milliards qui font vibrer. J'ai autant vibré pour le Paris Saint-Germain de Jay-Jay OKOCHA ou de Rai, et il n'y avait pas autant de milliards et il n'y avait pas cet actionnaire, qu'aujourd'hui avec Kylian MBAPPÉ et peut-être demain les nouvelles stars. L'argent ne fait pas les émotions et je le dis à la droite.
Admettons qu'il faille agrandir le stade. Dans ce cas, c'est la volonté de l'actionnaire et c'est très simple : comme c'est lui qui va en tirer des recettes, c'est à lui d'investir puisque c'est le prestige de son actif, de son club ; c'est la valeur du club qui sera augmentée et ce n'est pas à la Ville de payer pour que l'actionnaire s'enrichisse. Là, nous avons une petite divergence avec Emmanuel GRÉGOIRE, puisque vous avez dit récemment que vous étiez prêts à augmenter la durée, très bien, mais que vous étiez aussi prêt à ce qu'ils paient un loyer moins cher. Je suis désolé, cela s'appelle une subvention déguisée puisque c'est de l'argent en moins que l'on va finalement donner aux actionnaires pour qu'ils fassent leurs travaux. Il y a donc une sorte de flou?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure, Monsieur MEUNIER.
M. Émile MEUNIER. - Qui fait que nous demandons à l'Exécutif de bien vouloir retirer son v?u au profit de celui des "Ecologistes" qui est beaucoup plus clair?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - D'accord.
M. Émile MEUNIER. - Et qui a le mérite de l'ancienneté puisque nous avions cette position dès décembre 2022.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Absolument.
M. Émile MEUNIER. - Je vous remercie.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Dernier orateur, pour une minute, M. SOREL.
M. Laurent SOREL. - Merci, Madame la Maire.
Ah ! Le Parc des Princes. Je vais vous faire une confidence, dans ma jeunesse, je l'ai fréquenté un peu, mais il y aurait eu à l'époque les tarifs pratiqués aujourd'hui, je ne pense pas que j'y aurais mis les pieds. La vérité, c'est que les supporters du PSG aujourd'hui se saignent à blanc pour aller voir les matchs, alors que le Parc des Princes, il faut le dire, est une véritable poule aux ?ufs d'or pour le Qatar pour une redevance ridicule versée à la Ville.
On a compris, Nasser AL-KHELAÏFI veut faire pleurer dans les virages contre les méchants élus. Je peux comprendre l'inquiétude des supporters, mais regardons aussi la responsabilité du Qatar dans l'histoire. La passion du foot ne doit pas nous amener à accepter tous les excès du foot business, elle doit être respectée.
Discutons avec les supporters, expliquons, mais pas question de vendre et de donner carte blanche au Qatar pour faire ce qu'il veut de ce patrimoine. Et pas question que les contribuables mettent la main à la poche pour les travaux. Je voterai donc le v?u des "Ecologistes" qui est plus clair sur ce point. Et je tiens à dire que je ne suis pas d'accord pour qu'il y ait un loyer moins cher pour le Parc des Princes. Discutez, oui, mais ne cédez pas au bluff et au chantage. Le PSG, c'est le Parc des Princes. Vive le Parc, vive le football populaire et que Nasser AL-KHELAÏFI ne vienne pas me chercher sur le racisme !
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. Je crois que ne pas céder est un peu notre marque de fabrique, notamment face à des pressions. Cher Pierre RABADAN, vous avez la parole pour répondre à ce débat.
M. Pierre RABADAN, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci à toutes et à tous pour les différentes interventions sur ce sujet important et qui nous anime depuis quelque temps. Je voudrais réaffirmer des choses qui ont été dites, mais que je vais me permettre de redire en tant qu'interlocuteur à la fois du Paris Saint-Germain et adjoint en charge des sports. D'abord, nous voulons depuis le début que le Paris Saint-Germain reste au Parc des Princes. Cela a toujours été le cas, depuis le début de nos discussions, et j'y reviendrai. Ensuite, nous ne souhaitons pas céder le patrimoine parisien. Je crois que la Maire et les différents orateurs ont bien entendu la position de l'Exécutif sur le sujet et c'est d'ailleurs tout l'objet de ce v?u. Puis le troisième argument qu'il vous faut entendre est que nous n'avons, jusqu'à 2022, jamais cessé d'avoir des discussions?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Un instant, Pierre RABADAN. Je demande vraiment aux élus de s'asseoir. Ils ont posé des questions, ils ont fait des interventions, ils écoutent la réponse de l'Exécutif. Pierre RABADAN.
M. Pierre RABADAN, adjoint. - Merci.
Puisque je vois que chacun se nourrit des articles dans la presse, des bruits qu'il peut entendre, je vous le dis et, si besoin, je le réaffirme : entre 2018 et 2022, nous avons passé quatre ans à travailler sur un projet d'extension souhaité par le club, partagé par la Ville sur un certain nombre d'exigences d'une capacité plus grande du Parc des Princes pour accueillir plus de spectateurs - ils sont à guichets fermés comme cela a été très bien dit par ma collègue - et sur un certain nombre de demandes que le club a dans son évolution.
Sur ce point, nous avons toujours été d'accord. La discussion s'est arrêtée le jour où ils ont conditionné, comme la Maire l'a rappelé, ces travaux d'agrandissement à un achat pur et simple. En tant que partenaire, nous n'avons pas fermé la porte immédiatement et cela a été rappelé par la Maire. Par contre, une fois que nous avons examiné, expertisé, et vu?
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Un peu de correction, écoutez la réponse.
M. Pierre RABADAN, adjoint. - Et vu les intentions du club dans ce secteur, nous avons effectivement décidé de ne pas continuer vers cette option. A ce moment-là, les discussions se sont arrêtées, vous l'avez bien vu publiquement. Ce sujet n'était pas jusqu'alors et il est venu à ce moment-là.
On le regrette et on n'a eu de cesse, que ce soit la Maire de Paris, son premier adjoint ou moi-même directement auprès de nos interlocuteurs, de demander un retour du dialogue par voie de presse parfois, par voie privée et directement au sein du club, ce que nous n'avons toujours pas aujourd'hui.
Ce v?u réaffirme - cela a été dit et je vais le rappeler, pour l'avoir moi-même connu puisque j'ai eu la chance d'y jouer plusieurs fois - que c'est un lieu absolument unique de l'expérience du sport et au-delà même de la France. C'est une enceinte absolument exceptionnelle pour la pratique du sport, du football évidemment et c'est son lieu principal, mais aussi d'autres sports qu'il a accueillis.
Maintenant, il est concentré sur le football mais je vais amener un complément d'information. Pourquoi nous pouvons aujourd'hui organiser le football pour les Jeux olympiques au Parc des Princes ? C'est parce que nous avons une convention qui nous permet d'avoir des jours d'exploitation et donc d'accueillir d'autres compétitions que celles du Paris Saint-Germain.
Nous avons toujours été et nous sommes toujours - Emmanuel GRÉGOIRE l'a redit et moi également - pour des conditions différentes de celle de la vente et qui permettront le développement du club, qui feront qu'il restera absolument au Parc des Princes parce que le PSG doit rester au Parc des Princes. C'est son enceinte historique et c'est là où ce club continuera de grandir. C'est ce que nous souhaitons très largement.
J'ai entendu des interventions qui prônaient le "on ne veut pas vendre mais vous faites mal", etc. Le "en même temps" a aussi ses limites et il faut parfois savoir donner des positions et c'est ce que nous demandons au travers de ce scrutin public. Je le réaffirme, nous souhaitons que le PSG reste au Parc des Princes, mais nous ne souhaitons pas vendre ce bien commun qui est le bien des Parisiens et qui doit le rester. Enfin, sur le v?u n° 2, on a sensiblement le même v?u, Monsieur MEUNIER. J'ai entendu votre demande cocasse, mais je vous demande, moi, de le retirer et de voter le v?u de l'Exécutif, sinon j'émettrai un avis défavorable. Merci.
Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
Je pense que c'est important, parce qu'effectivement la presse s'en mêle, avec les commentaires des uns et des autres, les tourmentes auxquelles peut être confronté le club aujourd'hui, c'est important qu'il y ait un moment où l'expression transparente, ouverte, à partir d'un vote de ce Conseil, dise quelle est la position des représentants des Parisiens dans leur majorité, en ayant aussi, bien sûr, pour chacun la connaissance de ce vote. Je crois que la demande, qui a été faite par Rémi FÉRAUD, est tout à fait légitime et participe de cette transparence nécessaire dans le débat public.
Est-ce que vous maintenez votre v?u ? Oui.
Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 2 avec un avis défavorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Ne prend pas part au vote ?
Le v?u n° 2 est donc rejeté.
Est-on prêt dans les groupes ?
Pas encore, donc on se donne une minute pour distribuer les cartes.
Suspension et reprise de la séance.