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Vœu déposé par les groupes Paris en commun, "Les Ecologistes" et Communiste et Citoyen relatif au campement installé sur le parc de Belleville.


 

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Nous passons à l'examen d'un v?u non rattaché. Nous examinons le v?u n° 63 relatif au campement installé sur le parc de Belleville. Je donne la parole à M. Éric PLIEZ, maire du 20e arrondissement.

M. Éric PLIEZ, maire du 20e arrondissement. - Ce v?u s'inscrit dans le droit fil de ce que l'on vient de dire. Il a été adopté par le conseil du 20e arrondissement pour mettre d'abord en lumière la situation dramatique des personnes sans domicile fixe qui vivent et qui dorment dans le parc de Belleville.

Début août, j'ai interpellé le Préfet de Région. À ce moment-là, il y avait une cinquantaine de personnes qui vivaient dans ce jardin. Aujourd'hui, ils sont plus de 180. Une trentaine de tentes sont dénombrées quotidiennement, donc une très forte augmentation qui nous inquiète à plusieurs titres.

Les acteurs publics et associatifs qui interviennent sur le site constatent en effet une dégradation de la situation sanitaire et sociale de ces jeunes qui sont en situation d'errance depuis plusieurs semaines et pour certains depuis plusieurs mois. À ces conditions de vie indignes s'ajoutent évidemment des conditions d'hygiène et de propreté du parc qui se dégradent de jour en jour malgré l'intervention renforcée des services de la Ville, que je veux saluer. Je veux saluer la qualité de l'engagement des agents du service public parisien dans ce parc très prisé par les familles du 20e arrondissement.

Pour autant, la prolongation dans le temps de ce campement génère inévitablement des comportements agressifs et expose ces jeunes en situation d'extrême détresse au développement de trafics en tout genre. Elle génère aussi une mobilisation citoyenne légitime d'habitantes et habitants choqués par l'absence de solution proposée à ces jeunes. Je veux saluer cet engagement solidaire que la mairie du 20e arrondissement a vocation à soutenir et à accompagner.

La Ville de Paris, Léa l'a rappelé, et la mairie du 20e arrondissement ont déjà proposé aux services de l'État des solutions permettant d'héberger une partie de ce public qui a été reconnu majeur par l'Aide sociale à l'enfance et dont la prise en charge relève donc de ce fait de l'État, même si un grand nombre d'entre eux ont déposé des recours pour faire reconnaître une minorité.

Le 20e arrondissement, terre d'accueil et de solidarité, prend toute sa part avec l'ouverture en 2023 de plusieurs lieux d'accueil. Nous veillons également, en lien avec Léa FILOCHE que je remercie, à renforcer l'aide alimentaire pour les jeunes de Belleville et à coordonner les distributions. Mais comment ne pas s'indigner des décisions gouvernementales de fermeture de places d'hébergement et de réduction de budget des associations dans un tel contexte de pénurie et d'augmentation nationale du nombre de sans-abri ?

C'est pourquoi j'en appelle solennellement à la responsabilité du Préfet de Région pour que ces jeunes puissent bénéficier d'un hébergement et d'un accompagnement dans les meilleurs délais. Tout doit être fait, en effet, pour éviter une crise humanitaire avant l'hiver et avant que ce campement ne prenne des proportions incontrôlables. Je vous remercie.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire du 20e arrondissement. Pour vous répondre, je donne la parole à Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci, Monsieur le Maire du 20e arrondissement, cher Éric PLIEZ. Je vous remercie pour ce v?u qui nous permet d'interpeller une nouvelle fois - et vous venez de le faire très solennellement - la Préfecture de Région sur la situation particulièrement alarmante rencontrée par les jeunes en recours, notamment ceux installés depuis de nombreuses semaines dans le parc de Belleville. Aujourd'hui, ils sont près de 200 à y dormir chaque nuit.

L'absence d'opération de mise à l'abri depuis plus d'un an, conjuguée au refus des services de l'État d'accueillir en journée les jeunes dans des structures qu'il finance, crée une situation absolument dramatique pour les jeunes concernés. Comme nous le faisons habituellement, nous tentons donc à notre niveau de pallier le refus clair de l'État d'assumer ses responsabilités. En dehors de toute réalité du terrain, il y a quelques mois l'État refusait ainsi notre proposition de créer 70 places d'hébergement dédiées précisément à ce public dans un lieu que nous avions identifié justement dans votre arrondissement, Monsieur le Maire.

En situation d'errance, laissés sans solution d'hébergement, privés de certains lieux en journée, les jeunes fréquentent donc massivement la halte humanitaire de la Fondation Armée du Salut, installée dans l'ancienne mairie du 1er arrondissement, qui est un dispositif financé intégralement par la Ville et qui est devenu l'un des seuls points de repère de ces jeunes, l'un des seuls lieux où ils accèdent à des services répondant à leurs besoins fondamentaux. Ils peuvent y trouver du repos après souvent des nuits difficiles. Ils peuvent se laver, recharger leur téléphone, laver leurs affaires. Néanmoins, une fréquentation massive met en difficulté les équipes de la halte, que je salue.

Par ailleurs, nous organisons seuls à nouveau de l'aide alimentaire pour ces jeunes. Nous faisons ainsi appel aux partenaires associatifs que nous finançons ainsi qu'aux restaurants solidaires municipaux pour permettre de les nourrir le matin, le midi et le soir. Il est donc urgent que l'État agisse face à cette situation indigne et réponde aux besoins fondamentaux des personnes, l'accès à un hébergement, à la nourriture, à l'hygiène, sujets qui dépassent par ailleurs largement la question des frontières parisiennes, puisque ce sont toutes les villes qui sont concernées par ces publics.

J'émets donc bien sûr un avis favorable à votre v?u avec quelques amendements et je vous remercie.

M. Pierre RABADAN, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 63 amendé des groupes Paris en commun, "Les Écologistes" et Communiste et Citoyen.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. Je vous remercie. (2023, V. 181).

 

Octobre 2023
Débat
Conseil municipal
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