relatif au maintien des grilles du square de la tour Saint-Jacques.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons au v?u n° 36 relatif au maintien des grilles du square de la tour Saint-Jacques. La parole est à la présidente Maud GATEL.
Mme Maud GATEL. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.
La Maire de Paris, dans un entretien à la presse, a annoncé la transformation de la place du Châtelet et la re-nomination du théâtre de la Ville en théâtre Sarah Bernhardt, suivant ainsi le vote d'un v?u porté par notre collègue Fadila MÉHAL, que je souhaite ici remercier pour son action.
Dans cette même interview, la Maire de Paris a aussi annoncé son intention de retirer les grilles du square Saint-Jacques. Pourquoi ? Cela fait écho aux propos tenus à l'instant par mon collègue Pierre-Yves BOURNAZEL. Pourquoi retirer les grilles ? Pour transformer ce square autour de la tour Saint-Jacques en une pelouse ouverte jour et nuit. Une nouvelle fois, et cela fait aussi écho au débat que nous avons eu lors du précédent Conseil de Paris sur les squares de l'Île-de-France et de Notre-Dame, ce qui fait l'identité parisienne? Pourquoi vouloir à ce point la détruire ? Dans la ville peuvent parfaitement cohabiter des squares et des pelouses. Pourquoi vouloir tout uniformiser ? Pourquoi vouloir détruire ce qui fait l'identité de Paris et mettre en jeu la biodiversité en supprimant les haies et les bosquets ? Par ce v?u, nous demandons à la Ville de revenir sur son souhait de retirer les grilles du square Saint-Jacques. Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup. C'est clair. Merci, Madame la Présidente.
La parole est à Christophe NAJDOVSKI.
M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
La Maire de Paris a exprimé avec une grande clarté dans l'article du J.D.D. que vous citez : "nous voulons une ville plus végétalisée, plus ouverte". La végétalisation de la ville, c'est aussi une nature qui n'est pas simplement cantonnée aux jardins, mais qui irrigue toute la ville, et notamment l'espace public, dans l'idée d'une porosité plus forte entre ces espaces de nature et l'espace public. Étudier le retrait des grilles du jardin de la tour Saint-Jacques, c'est mettre en ?uvre cette vision. Par ailleurs, nous menons une politique d'ouverture des espaces verts pour permettre à chacune et à chacun, dans le contexte de changement climatique que nous connaissons, de pouvoir accéder à des espaces qui sont notamment des espaces de fraîcheur la nuit.
Il n'est pas du tout question de supprimer des haies ou des bosquets. Au contraire, d'ailleurs, nous en remettons même systématiquement quand nous faisons des opérations de rénovation de jardins existants dans lesquels il n'y avait pas ces haies ou ces bosquets. Si vous évoquez peut-être la question des jardins de Notre-Dame, comme vous le savez, c'est un projet mené suite à un appel à un concours international. Nous avons d'ailleurs signifié au maître d'?uvre qu'il était nécessaire de maintenir et de protéger les haies qui existent.
Pour en revenir à notre sujet du square de la tour Saint-Jacques, il s'agit d'un projet qui s'inscrit d'ailleurs dans un projet d'aménagement structurant plus large, qui concerne le Centre de Paris, avec une vision d'ensemble qui va de la place du Châtelet aux quais de Seine et à l'avenue Victoria, qui est aujourd'hui très circulée, qui demain pourra très certainement être réaménagée dans le sens d'une réduction de la circulation automobile et donc d'une porosité là aussi plus forte entre l'espace public et le square de la tour Saint-Jacques.
Enfin, vous me permettrez de dire un mot tout de même sur l'un de vos considérants qui parle de déclin de la biodiversité à Paris. Quand on sait que le Ministre de l'Agriculture, qui est issu de votre formation politique, est un défenseur notoire des pesticides, qu'il s'en glorifie même devant les caméras et quand on sait que le déclin des populations d'oiseaux en Europe ou encore des abeilles en France aussi est dû à l'usage massif des pesticides, cela pourrait prêter à sourire que de vous entendre prétendre défendre la biodiversité. D'autant plus qu'à Paris nous sommes en zéro pesticide depuis plus de dix ans pour ce qui concerne nos espaces verts, depuis 2015 pour ce qui concerne nos cimetières et que cela a un effet très positif sur la biodiversité parisienne, qui se porte de mieux en mieux. Merci.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire, cher Christophe.
Ariel WEIL, en tant que maire de Paris Centre, a souhaité très logiquement intervenir. Il a la parole.
M. Ariel WEIL, maire de Paris Centre. - Merci, Monsieur le Président. Merci à tous les intervenants.
Je voulais d'abord parler de ce projet, qui est celui de la place du Châtelet, puisque - vous l'avez dit, Maud GATEL - c'est une exégèse d'un article qui parle principalement de cette transformation - Christophe NAJDOVSKI l'a évoqué aussi - qui est au Centre de Paris, avec l'arrivée de la zone à trafic limité. La limitation de la pollution passe par une plus grande place accordée aux piétons. L'effort se concentre surtout sur la place du Châtelet, mais on en a déjà parlé, avec la nomination - vous l'avez aussi évoqué et il en sera question dans ce Conseil - du théâtre de la Ville. Avant sa réouverture, il va retrouver son nom de Sarah Bernhardt. Tout cela est extraordinaire et on s'en félicite.
La question de la biodiversité. Votre citation du rapport du G.I.E.C. me ravit aussi. Nous sommes engagés dans un travail pour augmenter encore la biodiversité, pour protéger, pour augmenter la végétalisation de Paris. Cela passe parfois par des ajustements, des modifications du tracé.
En ce qui concerne le square du Temple, vous l'aviez dit dans votre v?u écrit, la Maire a envisagé. Elle a dit qu'il était en discussion, qu'il était envisagé. Pour ma part, je crois qu'en l'occurrence les solutions sont à adapter à chaque situation. Pour le square du Temple, de toute façon, il est classé "monument historique". C'est le premier square de Paris conçu un peu à l'anglaise sur un endroit qui a été extrêmement transformé. C'est le premier square dessiné par Alphand. Je crois qu'il date de 1856, de mémoire, avec ses grilles. Ses grilles ne sont pas d'époque, car elles avaient été ôtées en 1969 et je crois qu'elles ont été remises en 1995, après que le square ait été très dénaturé.
Justement, cela a déjà été tenté et cela n'a pas bien marché. Il faudrait donc, pour qu'on les enlève, à mon avis, que l'on ait un projet qui le justifie et pour cela que l'on modifie la végétation. En attendant, la Maire a parlé d'intensifier, de planter des arbres, de densifier la végétation. C'est ce que je retiens. Pour moi, l'urgence n'est certainement pas au retrait des grilles, d'autant que l'on a d'autres projets qui sont plus intéressants, comme faire une ouverture au Sud.
On a pratiqué il y a quelques années - tout le monde est persuadé qu'elle est d'origine - une ouverture au Nord. C'est un projet du budget participatif. Cela nous a d'ailleurs permis de relier et de faire une traversée pour les piétons - peu de gens le savent : elle n'est pas d'origine - rue de Rivoli, ce qui permet d'accéder directement et de tomber sur la tour Saint-Jacques elle-même. On pourrait commencer par faire la même ouverture au Sud et je crois que ce serait une très belle manière de relier la place de Châtelet, que nous voulons rendre beaucoup moins hostile aux piétons, au square.
Demain, je crois que l'on aura aussi un beau projet, cher Christophe NAJDOVSKI, pour à un moment donné reprendre cette avenue Victoria démesurée, en tout cas dans sa partie ouest, comme l'est la rue Saint-Denis. Là, on a un potentiel de végétalisation extraordinaire. Avant de s'attaquer aux grilles, à mon avis, on a encore du chemin à faire en termes de végétalisation. Je voudrais, j'espère, vous rassurer sur ce point, mais la porosité est extrêmement importante. Ce que l'on fait dans les squares en les laissant par exemple ouverts plus tard la nuit ou quand il fait chaud, en canicule, c'est ce que nous faisons aussi dans les cours d'école, les cours "Oasis", en les débitumant et en les rendant ouvertes aux familles le week-end et demain peut-être au grand public quand il fera très chaud. Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire, cher Ariel WEIL.
Explication de vote sur ce v?u n° 36 de la part du groupe Changer Paris. La parole est à Nelly GARNIER.
Mme Nelly GARNIER. - Merci.
Je conçois que l'on puisse avoir des clivages idéologiques sur beaucoup de sujets. J'ai du mal à comprendre que l'on fasse de la destruction des grilles des parcs et jardins parisiens un combat idéologique. Il faut dire que vous êtes tout de même inefficaces sur beaucoup de choses. Les Parisiens le savent. Cependant, il y a quelque chose sur lequel vous êtes efficace, c'est que vous vous attaquez systématiquement et de manière méthodique à toutes les grilles de tous les parcs et jardins parisiens.
On a parlé à l'instant des squares sur le boulevard Richard-Lenoir. On a également parlé des squares de l'Île-de-France et Jean-XXIII. Vous invoquez la question climatique. Je rappelle que la question climatique, c'est aussi que beaucoup de Parisiens dorment les fenêtres ouvertes la nuit. On a eu le cas notamment dans le 11e, vous le savez, au jardin Truillot. Avoir des squares ouverts où des personnes peuvent venir "squater", écouter de la musique, fumer et boire toute la nuit. Cela crée des dommages pour les jardins, mais aussi pour les riverains. Vous invoquez la question climatique. C'est aussi la question des tempêtes. Les grilles, c'est aussi ce qui permet de fermer les squares quand il existe des risques de chute d'arbre. Sur le square de la tour Saint-Jacques, il y a eu la chute d'un arbre lors des dernières tempêtes. À cela s'ajoute, et cela a été rappelé par mes collègues des autres groupes, la question esthétique, avec cette ferronnerie. À chaque fois que vous touchez aux grilles, vous touchez aussi à toute une géométrie, à toute une esthétique parisienne autour des squares et jardins. C'est un débat que nous avons souvent eu. C'est un débat que ne comprennent pas les Parisiens. Vous voyez, nous sommes unis à plusieurs groupes politiques à vous interpeller en espérant que vous allez changer de politique et arrêter de faire un combat de vie de détruire toutes les grilles de nos parcs et jardins parisiens. Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup. J'imagine que le v?u est maintenu. Je le mets donc aux voix. Je suis désolé. C'est vrai que vous êtes venu demander légitimement une explication de vote au nom de votre groupe, cher Président. Je vous donne la parole, cher Pierre-Yves BOURNAZEL.
M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire, cher Patrick BLOCHE.
Je voudrais dire que l'on va voter le v?u de Maud GATEL. Je pense que Maud GATEL, comme un certain nombre d'élus ici, porte avec constance et cohérence une idée assez simple qu'il faut d'abord entretenir notre patrimoine, qu'il faut savoir le rénover le cas échéant. Quand on rénove notre patrimoine, on fait au fond une vraie politique écologique. C'est mieux que de vouloir détruire pour reconstruire. C'est une vision importante de l'avenir de la Ville de Paris parce que c'est ainsi que l'on va conserver notre biodiversité. Ce n'est nullement contradictoire avec l'idée qu'il peut y avoir une rénovation qui permet de davantage végétaliser. Au fond, ce que nous voulons, ce que nous vous disons, c'est que l'on doit faire du beau et du vert à Paris, que nous faisons des propositions extrêmement constructives en la matière et que ces propositions sont portées par beaucoup de Parisiennes et beaucoup de Parisiens.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets donc aux voix, à main levée, ce v?u n° 36 du groupe MoDem, Démocrates et Écologistes, avec un avis défavorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le v?u n° 36 est rejeté.