Vœu déposé par le groupe "Les Ecologistes" relatif à l'aménagement équilibré et harmonieux de la Porte de Montreuil. Vœu déposé par l'Exécutif.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons, dans la plus grande sérénité, les v?ux n° 81 et n° 81 bis relatifs à l'aménagement équilibré et harmonieux de la porte de Montreuil.
La parole est à Nathalie MAQUOI qui va présenter le v?u n° 81 du groupe "Les Ecologistes". C?est Antoinette GUHL. Très bien, il suffisait de me le dire. Merci.
Mme Antoinette GUHL. - Monsieur le Maire, chers collègues, le réaménagement de la porte de Montreuil est un acte important. Un acte important pour Paris, un acte important pour le 20e, un acte important pour le quartier populaire où elle se trouve, mais aussi pour nos voisins de Montreuil et de Bagnolet. C?est un acte structurel qui devrait montrer l'urbanisme que nous voulons, montrer notre vision de la ville, témoigner de notre ambition écologique.
Je le dis clairement, nous, écologistes, sommes vent debout contre le projet que vous nous proposez, car rien ne va dans ce projet. C?est important, c'est pourquoi je vais essayer d'être pédagogique et d'expliquer clairement la position des écologistes.
Je voudrais faire passer trois messages : le premier, c'est dire notre volonté absolue de réaménager la porte de Montreuil ; le deuxième, c'est d'expliquer pourquoi nous ne voulons pas une muraille de bureaux entre Paris et Montreuil ; le troisième point, c'est d'expliquer ici ce que nous voulons.
Premier point, oui, mille fois oui, nous voulons le réaménagement de la porte de Montreuil. Je veux le dire et mettre fin aux rumeurs qui courent sur cette position écologiste. Nous le voulons, la porte de Montreuil est dangereuse, inhospitalière, sale et elle génère de l'insécurité.
Deuxièmement, comme nous le disions en 2019 - c'est Jérôme GLEIZES ici présent qui le disait -, comme je l'ai affirmé moi-même en 2021, comme nous l'avons dit lors du jury pour la porte de Montreuil, la position des écologistes est une position constante : nous ne voulons pas du projet Nexity qui est un non-sens.
Un non-sens urbain d'abord, c'est le premier point, car vous dressez une muraille de bureaux, une muraille de 60.000 mètres carrés de bureaux, 8 immeubles de bureaux entre Paris et Montreuil. Mais quelle idée de vouloir fortifier cette porte de Montreuil ? Alors qu'au contraire, nous devrions faire un trait d'union entre Paris et Montreuil, un trait d'union urbain et non une fermeture de cette porte.
Un non-sens urbain aussi, car vous ne créez aucune activité sur cette place, laissant un grand espace qui se transformera très vite en haut lieu de délinquance urbaine, puisqu?aucune animation aujourd?hui n'y est prévue.
Un non-sens urbain, parce que ce projet met à mal la transformation future du périphérique, une transformation future sur laquelle pourtant nous étions d'accord. Mais si tous les talus du périphérique appartiennent à des entreprises privées qui auront leur immeuble de bureaux, expliquez-nous comment, dans vingt ans, nous pourrons transformer ce périphérique ?
C?est aussi un non-sens économique, parce que ces 60.000 mètres carrés de bureaux seront des mètres carrés de bureaux vides dans quelque temps, puisqu?il n'y a pas besoin de 60.000 mètres carrés de bureaux porte de Montreuil ; il y a déjà des immeubles de bureaux qui eux-mêmes ne sont pas remplis.
Mais c'est aussi la volonté de vendre cette porte de Montreuil au privé que nous contestons. Un non-sens économique aussi, parce que les espaces parisiens de cette porte de Montreuil sont vendus à des prix très bas : certains prix de vente sont à moins de 100 euros le mètre carré. Il faudrait nous expliquer comment nous pouvons arriver à ces prix.
Puis c'est bien sûr un non-sens écologique, parce que ces immeubles seront construits sur les talus du périphérique et que l'immeuble-pont au-dessus du périphérique doit être bâti pour héberger un hôtel, parce que le projet prévoyait plus de 200 abattages d'arbres, et parce que le rapport de l'Autorité environnementale dit clairement que le nouveau projet sera un îlot de chaleur plus important qu'il ne l'est déjà dans ce lieu.
Vous l'avez compris, nous ne le voulons pas. Nous voulons la renaissance de la ceinture verte avec une coulée verte qui va de la porte de Montreuil à la porte de Vincennes. Nous voulons une place réaménagée d'ouest en est. Nous voulons une végétalisation importante?
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.
Mme Antoinette GUHL. - Et nous voulons un espace de promenade et de traversée cycliste, ainsi bien sûr que les puciers. Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup.
Je rappelle que la présentation d'un v?u, c'est deux minutes. Vous avez fait 4 minutes 17.
Mais hier, cher Rudolph GRANIER, j?ai donné cinq minutes à un membre, une membre éminente de votre groupe pour présenter son v?u.
Je donne la parole à Emmanuel GRÉGOIRE qui bénéficie donc de 4 minutes 17, s?il le souhaite.
M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.
Le sujet mériterait beaucoup plus que 4 minutes 17, mais nous avons déjà eu souvent l'occasion d'en parler et nous le referons dans l'avenir.
Beaucoup d'expressions sur le projet ont déjà été énoncées dans la presse, etc., avec le désordre peut-être qu'engendrent ces expressions médiatiques. Ce que je propose d'abord, comme on a l'occasion de le faire et que la disponibilité de moi-même, de mon cabinet et de la DU le permet, c'est de bien représenter tout en détail. Quand je vois le nombre d'informations fausses circuler dans la presse, c'est qu'il y a déjà en soi un sujet.
Première chose, ce projet est connu ou devrait être connu lui aussi depuis de très nombreuses années, avec des engagements qui ont été pris et des votes. Quel regret, chère Antoinette GUHL, que vous n'ayez pas exprimé cela bien avant. Pardon de rappeler qu'en matière de politique publique, nous engageons des processus et qu'il est difficile de faire des revirements, de cette façon au dernier moment, y compris au moment le plus compliqué.
C?est plus compliqué pour deux raisons. La première est que nous avons, que notre Assemblée a pris des engagements vis-à-vis des porteurs de projets et vis-à-vis des communes limitrophes. Je veux bien que l'on juge négativement le projet - c'est d'ailleurs le droit de chacun d'entre nous - mais dire que l'on construit une frontière avec Montreuil et Bagnolet ? Vous savez que les maires de Montreuil et de Bagnolet soutiennent ardemment ce projet.
L?une des raisons pour lesquelles nous construisons - j?ai déjà eu l'occasion de le dire mais je le redis - est que ce sont des espaces - dans l'imaginaire collectif, je crois qu'ils étaient de "bucoliques abords de périphérique", comme je l'ai vu dans la presse, et c'est l'un des "trucs" qui m?a fait le plus sourire - qui sont pollués, déjà très largement imperméabilisés, dans lesquels il y avait des incivilités majeures, des campements, des locaux de la Ville de Paris, dont je considérais moi-même qu'ils n'étaient pas franchement à la hauteur des agents que nous y logions.
En réalité, nous voulons travailler ce front urbain entre Paris et Montreuil, car que disent Montreuil et Bagnolet ? Ils disent qu'il n'y a pas d'habitants de Paris à cet endroit, aucun, zéro. Les premiers habitants de Paris sont au moins à plusieurs centaines de mètres. Ils disent : vos habitants sont du côté de la porte de Montreuil, des Maréchaux, et nous, nous avons vos problèmes.
Donc, la question fondamentale de la construction, qui est pourquoi construire à cet endroit - il est vrai qu'il est légitime de se poser cette question -, c'est parce que nous voulons recréer un front urbain, recréer des usages, recréer de la densité d'utilisation de ces espaces au profit, vous le savez, de la création d'un immense espace vert, largement de pleine terre, très marginalement en dalle, puisque la seule dalle que l'on construit n'est d'ailleurs pas une dalle, c'est juste de couvrir les voies du périphérique. En effet, on ne va pas mettre de la terre sur le périphérique. Sur le cercle, sur la moitié, c'est de la pleine terre que nous allons rehausser et, sur l'autre moitié, nous couvrons les voies. Pour le reste, nous faisons de la pleine terre dans tous les endroits où nous le pouvons.
Deuxième erreur, c'est évidemment sur les arbres. Oui, dans le projet d'origine - vous le saviez, beaucoup d'entre vous étaient au jury et pas moi -, beaucoup d'arbres étaient prévus en coupe, mais les projets alternatifs, qui avaient la préférence d'autres groupes de la majorité, en prévoyaient aussi beaucoup. Cependant, nous avons travaillé arbre par arbre pour limiter les coupes. Le seul endroit où il y a eu des arbres coupés, et vous savez qu'ils l'ont déjà été, c'est où nous devons aménager le site provisoire des Puces, parce qu'on ne va pas laisser les Puces s?installer sur de la pleine terre pour une raison évidente de logistique. Nous allons donc utiliser cet espace pour les Puces provisoires et il sera construit après.
C?est un projet dont le sens est double. D?abord, la végétalisation, c'est vraiment un projet d'aménagement d'espace public au profit de la végétalisation avec des plantations massives d'arbres. Ensuite, oui, il y a des constructions, mais ce n'est pas mal de construire. Il faut arrêter de dire cela. Ce n'est pas vrai, pas que sur les talus, c'est sur un espace qui est aujourd?hui du goudron parce qu'il accueille les Puces actuelles. Le plus grand bâtiment est construit sur une dalle de goudron.
Nous pensons donc vraiment que ce projet est d'un intérêt majeur et le deuxième sujet est celui de la perte de temps. Ce projet à la porte de Montreuil est compliqué, très compliqué ; c'est un délaissé urbain, actuellement un "no man?s land". Aujourd?hui, renoncer au projet, tel qu'il a été engagé, nous ferait perdre à nouveau des années et nous ne pouvons pas nous le permettre.
C?est un beau projet. Il n'est pas parfait, comme tous les projets, mais c'est un beau projet qui sera un immense gain qualitatif pour les habitants en proximité, pour tous ceux qui habitent en banlieue, qui doivent venir prendre le métro à la porte de Montreuil ou qui doivent aller à Montreuil, que ce soit sur le secteur de la C.G.T. ou celui de toutes les grandes implantations tertiaires qui ont été faites à Montreuil.
C?est pourquoi j?émettrais un avis défavorable à votre v?u. Nous avons fait un v?u de l'Exécutif pour en expliquer le sens et j?espère obtenir votre soutien.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le premier adjoint.
Je vais d'abord demander au groupe "Les Ecologistes" s?il maintient son v?u n° 81.
Mme Antoinette GUHL. - Oui et nous demandons un scrutin public.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Et vous demandez un scrutin public, d'accord, sur le v?u n° 81. Parfait.
De ce fait, comme il y a également un v?u n° 81 bis de l'Exécutif, cela donnera le temps aux groupes de préparer le scrutin public sans suspendre la séance, nous allons passer aux explications de vote.
La parole est d'abord à François-Marie DIDIER pour le groupe Changer Paris.
M. François-Marie DIDIER. - Merci, Monsieur le Maire.
Chers collègues, en effet, c'est vrai que nous avons débattu à de nombreuses reprises autour de ce projet de la porte de Montreuil, depuis plusieurs mois et même dans la mandature précédente, où je n'étais pas élu et, moi non plus, je n'ai pas voté ce projet.
Pour ma part, en tout cas, j?ai toujours défendu trois idées.
La première est que cette porte emblématique de notre ville cumule de nombreuses difficultés - j?ai déjà eu l'occasion de le dire : insécurité et trafics, saleté, circulation difficile. Sur ce point - je parle en tout cas pour les élus du 20e -, nous sommes évidemment tous d'accord, de façon unanime. C?est un vieux projet, il y a eu beaucoup de travail depuis vingt ans, nous le savons tous.
Le deuxième point est de trouver une solution pour les puciers. J?ai toujours été à leurs côtés. Je sais que les discussions sont en cours et je serai évidemment vigilant, comme je l'ai toujours été.
Le troisième point est la question des arbres. En tout cas, c'était l'objet de mon v?u que j?avais présenté au Conseil de Paris en juin dernier, dans lequel je demandais que l'on empêche l'abattage des arbres prévu à l'emplacement actuel du marché aux Puces. Je demandais à la Ville de revoir le projet, en intégrant évidemment la totalité de ces arbres au sein de la future dalle. Malheureusement, en juin dernier, j?étais bien seul à porter ce v?u qui n'avait pas été voté ni par l'Exécutif ni par le groupe "Les Ecologistes". Je me réjouis évidemment que, dans ce v?u, les écologistes reprennent finalement ma proposition et ma demande de préserver les arbres porte de Montreuil.
L?urgence climatique nous impose de revoir les projets, quels qu'ils soient, et j?ai déjà défendu ici des v?ux du 20e arrondissement, notamment impasse des Chevaliers où on a abattu un arbre parce qu'on voulait du logement.
Ce projet n'est pas encore finalisé, c'est ce que j?ai aussi lu dans la presse. Je crois qu'il est encore temps de revoir, en tout cas, cette question des arbres. C?est la raison pour laquelle le groupe Changer Paris votera pour le v?u des écologistes.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, François-Marie DIDIER.
La parole est à Nathalie MAQUOI pour le groupe "Les Ecologistes" pour une explication de vote évidemment sur le v?u n° 81 bis de l'Exécutif.
Mme Nathalie MAQUOI. - Merci. On les fait maintenant avant les votes, c'est cela ?
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Oui parce que toutes les explications de vote étaient sur le v?u n° 81 bis de l'Exécutif. Je trouve donc plus cohérent que tous les groupes s?expriment sur le v?u n° 81 et le v?u n° 81 bis avant de soumettre le v?u n° 81 au scrutin public. Sinon François-Marie DIDIER n'aurait pas pu dire qu'il allait, au nom du groupe Changer Paris, voter le v?u des écologistes.
Mme Nathalie MAQUOI. - Pas de souci, Monsieur le Maire.
Monsieur GRÉGOIRE, vous nous demandez, dans un v?u de l'Exécutif qui nous a d'ailleurs déjà été présenté dans le 20e au conseil d'arrondissement, de voter pour une manière de faire la ville qui appartient au passé, alors que le dérèglement climatique s?accélère.
Vous nous demandez de construire des bureaux avec une charge foncière très basse.
Vous nous demandez de construire sur le périphérique, sur les talus, alors que l'on sait aujourd?hui que les immeubles, lorsqu?ils sont sur le périphérique, accentuent les taux de pollution de l'air à leur entrée et à leur sortie. On a fait une M.I.E. de six mois et je sais que vous avez lu les travaux.
Vous nous demandez de faire une grande place sans équipements structurants et dont l'animation et la sécurité interrogent.
Vous nous demandez d'approuver un projet qui met en danger l'activité des puciers.
Et vous nous expliquez dans ce v?u, en même temps que le projet ne peut évoluer qu'à la marge et que vous voulez quand même répondre aux interrogations des puciers. Il y a un petit souci, un petit sujet. Les mettre dans un bâtiment sur deux étages, avec un parking en sous-sol de 100 places pour 400 puciers, seulement deux ascenseurs pour décharger, avec des emplacements trop petits, notamment pour leur activité et des activités qui marchent, cela ne fonctionne pas.
Et comme vous dites dans votre v?u que vous ne pourrez pas bouger ou à la marge, c'est donc que vous les envoyez dans le mur. Il y a quand même beaucoup d'habitants de Paris, du 20e, qui fréquentent les Puces. C?est d'ailleurs un des seuls endroits où se vêtir à des prix modiques et cela compte aujourd?hui quand les prix augmentent partout.
Vous nous proposez donc d'approuver un projet qui mobilise une part de la société civile contre lui et qui continuera à se mobiliser. Quand vous parlez de calendrier, celui-ci va glisser puisque vous ne donnez aucun signe d'ouverture et qu'il y aura, du coup, de la mobilisation, des recours.
Donc si vous ne le retirez pas, nous serons obligés de voter contre.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Nathalie MAQUOI. La parole est à Raphaëlle PRIMET pour une explication au nom du groupe Communiste.
Mme Raphaëlle PRIMET. - Pour nous, ce v?u est une véritable déclaration de guerre contre les habitants de la porte de Montreuil, un des quartiers les plus populaires de Paris.
Chère Antoinette, chère Nathalie, vous savez très bien que, contrairement à ce que vous dites, tout ce que vous proposez repoussera obligatoirement de plusieurs années la réalisation de ce projet attendu depuis 2001, soit vingt et un ans. Vingt et un ans !
Ce projet est avant tout un projet de végétalisation. Il permet de créer 7.000 mètres carrés d'espaces végétalisés, de planter 224 arbres supplémentaires.
Il a fait l'objet d'un large consensus durant la concertation et vous le savez. Il était le projet phare de notre liste aux municipales dans le 20e, tant au premier qu'au second tour. C?était il y a à peine deux ans et jamais il n'a été remis en cause. Que vont penser ces habitants qui se sentent déjà abandonnés et qui se désintéressent de la politique ? Alors, arriver la bouche en c'ur, vingt et un ans après, pour nous dire qu'il faut tout remettre à plat, qu'il faut repartir à zéro, ce n'est pas sérieux, ce n'est pas responsable, c'est mépriser les habitants.
Comme il est dit dans le v?u de l'Exécutif, ce projet peut encore évoluer pour préserver les 107 arbres qui pouvaient être impactés, pour en maintenir sur place de très nombreux, pour transplanter les autres, pour que les puciers disposent des espaces nécessaires.
Comme la très grande majorité des habitants, qui subissent au quotidien de lourdes nuisances, nous refusons de prendre encore des années et des années de retard. Vingt et un ans d'attente, cela suffit. C?est ce que nous disent très majoritairement les habitants de la porte de Montreuil, ceux que nous rencontrons, au porte-à-porte, au marché Davout les mardis et vendredis matin. En à peine deux semaines, ils sont plus de 1.000 habitants des deux côtés de la porte à avoir signé notre pétition.
Il est grand temps de réduire cet îlot de chaleur urbain, de créer un grand jardin, de construire des liaisons cyclables et piétonnes sécurisées. Il est grand temps de réduire la pollution majeure causée par le bruit. Il est grand temps de renforcer un pôle économique à l'est de l'Ile-de-France. Il vaut mieux construire des bureaux à l'est de Paris que laisser l'immobilier économique se concentrer toujours plus dans les Hauts-de-Seine avec les conséquences désastreuses que l'on connaît pour l'environnement.
Les habitants de la porte de Montreuil peuvent compter sur les élus et les militants communistes. Non, nous disons mille fois non à un nouveau report de ce projet.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - J?ai une demande d'explications de vote du groupe Paris en commun.
La parole est à Thomas CHEVANDIER.
M. Thomas CHEVANDIER. - Merci, Monsieur le Maire.
Chers collègues, nous soutenons le projet d'aménagement de la porte de Montreuil, parce qu'il s?agit aujourd?hui d'un espace pollué, minéral, d'une traversée dangereuse pour les piétons et les cyclistes, d'un "no man?s land" pour les riverains qui en attendent la transformation depuis longtemps.
Nous le soutenons, parce que le projet déjà voté en 2019 permet de baisser de 20 % les effets d'îlot de chaleur et d'augmenter de 19 % la perméabilité des sols.
Nous le soutenons, parce qu'il sécurise la traversée dangereuse, anxiogène de l'anneau central pour les piétons et pour les cyclistes.
Nous le soutenons, parce qu'il protège les riverains de la pollution sonore très significative à cet endroit de Paris et dangereuse pour leur santé.
Nous le soutenons, parce qu'il y a besoin à cet endroit de locaux d'activité économique pour animer le quartier, limiter les déplacements pendulaires des salariés, faire de la mixité fonctionnelle.
Nous le soutenons, parce que les constructions envisagées mobiliseront un maximum de matériaux réemployés, biosourcés, locaux, qui seront vertueux du point de vue énergétique.
Nous le soutenons, parce qu'il s?inscrit en cohérence avec la réhabilitation et la rénovation des 2.600 logements H.B.M. passoires thermiques à proximité, au titre du Plan Climat.
C?est un projet utile, vertueux, attendu parce que déjà voté en 2019, parce qu'il a fait l'objet récemment, fin 2020, de réunions publiques avec les habitants, avec l'ensemble des composantes de notre majorité, et on n'a pas entendu les positions qui sont exprimées ce soir devant les habitants, que l'on a pris à témoin de nouveau à la fin de l'année 2020.
Eh oui, chère Nathalie, on a le droit de changer d'avis, mais quand on est élu, on a aussi une responsabilité vis-à-vis des habitants dans les projets que l'on porte.
C?est un projet sur lequel il existe encore quelques marges d'évolution, mais c'est en responsabilité, avec détermination et pour qu'il se fasse pour les habitants le plus vite possible que nous voterons le v?u de l'Exécutif.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.
Dernier intervenant, il s?agit en l'occurrence du maire du 20e arrondissement. La parole est à Éric PLIEZ.
M. Éric PLIEZ, maire du 20e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voulais commencer en disant que ce qui devait nous guider est l'intérêt des habitants et je ne suis pas sûr qu'on ne l'ait pas perdu en route.
Je vais commencer en disant qu'il n'y avait pas, d'un côté les bétonneurs, et de l'autre les Amish, mais plutôt la volonté commune de faire au mieux pour ceux qui vivent là. Je n'ai pas le sentiment que le débat aille dans ce sens.
Ce projet est attendu depuis vingt ans par les habitants et il peut être désormais lancé. Or, toute remise en cause du permis d'aménager, il faut le redire ici, nous fera perdre des années.
En 2019 le Conseil de Paris, à la quasi-unanimité, a validé ce projet, même si je note que certains élus, qui défendaient hier ce projet devant les habitants du 20e, ont subitement et tardivement changé d'avis.
Le conseil du 20e arrondissement veut garder le cap. Il l'a confirmé à une large majorité lors du conseil du 3 octobre dernier, même si la volte-face de M. DIDIER de LR me surprend?
C?est une volte-face quand même. Quand on vote pour et qu'on dit aujourd?hui que l'on va voter contre, il y a quelque part une volte-face.
Le conseil du 20e tient au respect des engagements pris auprès des habitants de ce quartier parmi les plus pauvres de Paris, même si nous sommes évidemment prêts à corriger ce qui doit l'être.
Je voudrais d'abord qu'on évite les caricatures. Ce projet présente de grandes qualités environnementales et sociales : quartier bas carbone avec des constructions utilisant des matériaux biosourcés ; une boucle énergétique indépendante ; une baisse de l'îlot de chaleur par la couverture partielle du rond-point central ; une grande esplanade végétalisée ; une place qui fait le lien avec Montreuil et propose un espace de rencontres sécurisé dans un espace public que tout le monde reconnaît aujourd?hui comme hostile et accidentogène ; une place qui laisse une large place aux piétons et aux cyclistes, comme nous le disaient récemment "Paris en Selle".
Alors, oui, il faut déplacer les arbres qui doivent l'être, mais au final nous sortirons avec 244 arbres supplémentaires.
Je le redis, ce projet - ce n'est pas un projet qui a trente ans, ce n'est pas Notre-Dame-des-Landes -, vous l'avez voté en décembre 2019 et je n'étais pas là. Le projet a été pensé en tenant compte déjà de l'accélération de la crise climatique et c'est bien dans cet esprit qu'il faut poursuivre.
Bien entendu, des améliorations à l'intérieur du projet sont possibles, notamment pour mieux installer les commerçants des Puces. On a su le faire pour l'installation temporaire, on va continuer à le faire sur l'installation définitive.
Nous voulons aussi que cette place soit vivante, animée, isolée du bruit, qu'elle ne soit pas un simple lieu de passage mais un lieu de vie, d'activité et de convivialité. Et je vais le dire ici : l'immeuble peut y contribuer.
Nous voulons également que ce projet d'aménagement soit un levier de revitalisation économique. Ces travaux permettent de ramener de l'activité, des commerces, de la restauration, des activités d'économie sociale et solidaire. Alors, oui, les habitants des quartiers populaires ont aussi le droit à des emplois et à des services sur leur territoire. Nous ne voulons pas d'une ville fossilisée !
Et ce projet participe du rééquilibrage métropolitain. Plus de logements à l'Ouest, plus de commerces et d'activités à l'Est nous semble juste. Plus largement, les habitants doivent pouvoir mieux vivre dans ce quartier et le projet y contribue.
Alors, oui au vaste Plan Climat lancé sur les H.B.M. avec 200 millions d'investissements, la rénovation de la porte voisine de Bagnolet, la création d'un parc de 3 hectares qui rejoindra la porte de Montreuil, la construction de la crèche et école Anne Sylvestre, l'installation du Wikivillage qui regroupe des acteurs de l'E.S.S. et des O.N.G., la végétalisation, les constructions vertueuses, les commerces et les emplois créés qui vont continuer à faire évoluer positivement ce quartier.
Les habitants ne comprendraient pas que ce projet ne démarre pas dès 2023, à cause d'une remise en cause du permis d'aménagement qui nous fera perdre entre six et dix ans. Ce changement radical du cadre de vie des habitants des portes est possible dès maintenant. S?il vous plaît, ne trahissons pas les attentes et les espoirs d'une vie meilleure aux portes du 20e. Merci.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Je suis saisi non pas d'une mais de deux demandes de scrutin public de la part du groupe "Les Ecologistes" sur le v?u n° 81, et ensuite sur le v?u n° 81 bis. Je demande aux secrétariats généraux des groupes s?ils sont prêts pour commencer ce scrutin public ?
Certains et certaines d'entre vous étaient là hier soir et d'autres pas, je vais donc vous réexpliquer comment on vote. Nous allons peut-être le faire tous ensemble. Dans un premier temps, vous allez d'abord voter pour vous, et ensuite vous voterez pour votre mandant, si vous avez une procuration.
Dans un premier temps, vous votez d'abord pour vous. Paradoxalement, vous allez retirer votre carte?
Non, c'est quand je dirai : le vote est ouvert.
Vous retirez votre carte, l'écran va devenir vert, vous réintroduirez à ce moment-là votre carte et vous pourrez voter. Une fois que vous aurez voté, si vous avez une procuration, vous retirerez votre carte et vous introduirez la carte de votre mandant pour pouvoir voter une seconde fois.
Nous allons prendre notre temps. Hier, nous avons réussi, si j?ose dire, mais cela a pris du temps et cela devrait normalement prendre moins de temps aujourd?hui.
Si les secrétariats généraux des groupes m?y autorisent, le scrutin est ouvert.
Je rappelle que nous votons d'abord pour le v?u n° 81 avec un avis défavorable de l'Exécutif. V?u n° 81 avec un avis défavorable de l'Exécutif. (Les votes sont recueillis électroniquement).
Une fois que vous avez voté, vous retirez évidemment votre carte et vous introduisez la carte de votre mandant pour pouvoir voter une seconde fois.
Visiblement, cela marche mieux qu'hier soir puisque tout le monde a pu voter, y compris pour son mandant.
Le scrutin est clos.
Les résultats sont les suivants :
Nombre d'inscrits : 163 Nombre de votants : 160 Suffrages exprimés : 158 Majorité absolue : 80 Abstentions : 2 NPPV : 0 Pour : 92 Contre : 66 (Voir détail des votes annexe n° 3). Le v?u n° 81 est adopté au scrutin public. (2022, V. 235).
On me dit que je peux ouvrir le scrutin sur le v?u n° 81 bis de l'Exécutif avec évidemment un avis favorable de l'Exécutif sur son v?u.
Le scrutin est ouvert.
(Les votes sont recueillis électroniquement).
A priori, je pense que tout le monde a voté vu le nombre de votants.
Si vous m?y autorisez, le scrutin est clos.
Les résultats sont les suivants : Nombre d'inscrits : 163 Nombre de votants : 160 Suffrages exprimés : 149 Majorité absolue : 75 Abstentions : 11 NPPV : 0 Pour : 66 Contre : 83 (Voir détail des votes annexe n° 4). Le v?u n° 81 bis est rejeté au scrutin public.
La séance est levée, elle reprendra à 14 heures 30.
Suspension et reprise de la séance.