2022 SG 46 - Agrément et approbation de la nouvelle dénomination de l’Aréna de la Porte de la Chapelle (18e).
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Nous en venons au projet de délibération SG 46. Il s?agit de l'agrément et approbation de la nouvelle dénomination de l'Arena de la porte de La Chapelle, dans le 18e arrondissement.
La parole est pour commencer à M. Emile MEUNIER, pour le groupe Ecologiste de Paris.
M. Emile MEUNIER. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers collègues, ce projet de délibération vise à dénommer l'équipement sportif et culturel Arena Alice Milliat en Adidas Arena. C?est une pratique de plus en plus courante, qui est dite le "naming" ou "dénommage". On nomme donc des grands équipements de la Ville, des équipements publics, financés en très grande partie par les impôts et la collectivité, pour faire de la publicité massive à une grande marque.
Voilà de quoi il s?agit et voilà sur quoi nous allons voter tout de suite. Et pourquoi cela pose un problème ? Je vous donne mon avis, je crois que la gauche, on nous attend sur la cohérence entre nos valeurs et nos actions. Et là, je dois dire qu'il y a du chemin !
On parle de féminisme à tous les Conseils de Paris dans la plupart de nos interventions et qu'est-ce qu'on fait ? On enlève le nom d'une grande sportive, une des pionnières féministes, de l'Arena pour la mettre sur la place juste en dessous, à l'ombre d'Adidas. Voilà le symbole ! Je ne dis pas que c'était votre volonté, mais le symbole est là et c'est ce que l'on va retenir : Adidas en haut en gros, Alice Milliat en petit sur la place. Bravo !
Le sport, j?avais cru comprendre que c'était un vecteur d'émancipation, que cela nous réunissait tous et voilà que l'on alimente la machine au "sport business", à l'"entertainment". Il faut nourrir la bête encore et encore.
L?importance de garder la main, la puissance publique doit garder la main sur son action. Et nous, on laisse trop de place aux intérêts privés et à la marchandisation de notre politique publique - cela ne date pas d'aujourd?hui, on le voit sur de nombreux cas, des Champs-Elysées avec Ferrero au financement de nos équipements publics par les bureaux. Ici encore, nous en avons le plus bel exemple.
On défend l'écologie. J?entendais Mme la Maire dire que les principaux piliers de son action étaient la transition écologique et la transition sociale. J?espère quand même que l'on a compris que cette société de surconsommation, de productivisme, du toujours acheter et encore plus, nous a menés dans l'impasse. Et là, que fait-on à part nourrir cette société de surconsommation qui nous a menés dans l'impasse ?
On défend les droits humains à longueur de Conseils. Est-ce que vous savez que le principal actionnaire d'Adidas, le Groupe Bruxelles Lambert, a été condamné de multiples fois pour corruption et ses activités en Syrie sont dénoncées par les O.N.G. Et on lui déroule le tapis rouge sur un équipement public de la Ville de Paris !
Ces incohérences, je pourrais aussi les citer pour "Accor Arena". Il y avait eu un événement à la Ville pour défendre les forêts primaires, celles qui n'ont pas encore été touchées par les êtres humains, et vous savez qu'"Accor Arena" va détruire 90 hectares de forêt primaire en Côte d'Ivoire, mais elle a le droit de trôner sur un équipement public de la Ville de Paris. Merci la cohérence !
En fait, ce qu'on envoie comme signal, c'est ce que disait Margaret Thatcher : "There is no alternative". Que l'on soit de gauche, de droite, que l'on soit macroniste, quand on fait un équipement public, on y met une grande marque. Voilà, c'est comme cela maintenant, c'est devenu l'habitude. Nous, les Ecologistes, et d'autres bancs sur la gauche, nous le refusons. Nous aurions pu faire autrement en termes de finances. Nous aurions pu avoir un équipement un peu plus sobre. Nous aurions pu allonger la durée de délégation pour que le délégataire s?y retrouve. Nous aurions pu aussi faire un effort budgétaire supplémentaire de la Ville. Mais nous ne l'avons pas fait, nous avons choisi une grande marque et on le regrette. Juste pour finir?
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Il faut conclure, Monsieur MEUNIER.
M. Emile MEUNIER. - Ne me parlez pas des quartiers populaires, où Adidas va donner 100.000 euros pour permettre aux associations sportives d'acheter des chasubles et des ballons de basket et nous, on les remercie. La Ville en est là, on n'est plus capables de payer des chasubles et des ballons de basket aux associations sportives du 18e arrondissement. C?est une honte !
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur MEUNIER. Je vous invite à conclure.
M. Emile MEUNIER. - Vous avez compris, il faut voter contre et basta !
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - La parole est à M. Rudolph GRANIER, pour le groupe Changer Paris.
M. Rudolph GRANIER. - Merci, Madame la Maire.
Pierre RABADAN, j?avoue que je suis assez épaté par votre talent. Vous faites une chistera, vous pensez la passer au président BONNET-OULALDJ et manque de bol, Emile MEUNIER la rattrape et il veut me la passer !
On ne votera pas contre le projet de délibération, je ne prendrai pas la balle au bond qu'Emile MEUNIER nous tend, on s?abstiendra. Parce que nous pensons que le respect des engagements, qui sont pris au sein de cette Assemblée, est quand même un peu plus fort que toutes les litanies qu'on peut lire dans la presse ou entendre ici. C?est le vote qui compte.
Par conséquent, dans cet esprit de responsabilité, mes collègues et moi-même du groupe Changer Paris, nous ne voterons pas contre ce projet de délibération, parce qu'en réalité c'est l'état catastrophique des finances de la Ville qui est ici avéré. Emile MEUNIER le dit d'une façon, je peux le dire d'une façon différente, mais nous pensons pour le coup la même chose.
Ce qui nous dérange ici également, c'est encore une fois et toujours votre manière de procéder, la façon dont vous nous perdez dans la compréhension de ce dossier. Vous aviez tout en main pour proposer une histoire consensuelle, une belle image sur ce dossier et c'est raté. Oui, Adidas est un équipementier sportif très implanté en France, reconnu dans notre pays. Il a déjà manifesté souvent son engagement dans le sport féminin et il nous propose d'agir dans ce sens à Paris. Vous arrivez, deuxième tour de force de votre part, Pierre RABADAN, à opposer une figure pionnière du sport féminin et des actions en faveur du sport féminin. C?est encore une preuve de votre capacité à transformer en plomb tout ce que vous touchez pour quelques euros de plus. Gabegie budgétaire de la Ville, manque de transparence, je me répète, je le sais, mais il est indispensable que les Parisiens le sachent et nous continuerons de le dénoncer sans cesse, avec Rachida DATI et mes collègues du groupe Changer Paris. Vous agissez toujours dans l'opacité. Au final, vous nous proposez aujourd?hui de renier un vote, c'est juste un non-sens politique. Ces Jeux olympiques, vous savez, Pierre RABADAN, c'est un peu comme ce parent éloigné, que l'on ne connaît que vaguement et qui décède. Le notaire vous convoque pour percevoir l'héritage, dont vous parlez souvent, et qui peut s?avérer être une somme très importante ou alors une dette. Dans ce dossier des Jeux Olympiques, le notaire, c'est vous, et cet héritage, c'est la dette que vous allez laisser aux Parisiens. Je vous confirme que nous nous abstiendrons sur ce projet de délibération.
Je vous remercie.
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GRANIER.
La parole est à Mme Maya AKKARI, pour le groupe Paris en commun.
Mme Maya AKKARI. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers collègues, l'Arena, porte de La Chapelle, emblématique des Jeux 2024, a été pensée bien au-delà de l'événement sportif international, comme un lieu de vie ouvert à toutes et à tous, tourné vers les habitantes et habitants du quartier, proposant de multiples activités sportives de proximité.
Le quartier de La Chapelle, où est implantée cette Arena, est aujourd?hui en pleine mutation. De nombreux projets de transformation urbaine y sont en cours autour de grands équipements structurels : le campus universitaire Condorcet, chère Marie-Christine LEMARDELEY, l'Arena, la Gare des Mines-Fillettes ou encore le parc Chapelle qui prennent d'ores et déjà place au sein d'un espace plus cohérent, plus agréable et mieux partagé, là où jusqu?alors le cadre de vie était plutôt hostile et dégradé.
Alors que nous devons aujourd?hui nous prononcer sur la dénomination de l'Arena, je pense pouvoir dire que nous aimerions tous pouvoir faire autrement. Donner le nom d'une société à un équipement sportif n'est jamais idéal en soi, c'est une réalité. Si cette dénomination a de l'intérêt, c'est évidemment en raison des investissements financiers à long terme, auxquels Adidas, société que l'on pourrait qualifier d'honnête et dont l'image est plutôt positive, s?est engagée pour les associations sportives du 18e, et plus globalement pour tous ses habitants.
Ainsi, chaque année, ce sont plus de 180.000 euros qui seront versés par la société pour financer des actions locales en faveur de l'accès au sport et du développement de la pratique sportive pour toutes et tous, en plus d'autres recettes parisiennes qu'évoquera mon collègue Emmanuel COBLENCE après moi.
Cette dénomination permettra d'apporter des ressources supplémentaires conséquentes pour développer de nouvelles infrastructures - je rappelle ici qu'Adidas a financé la rénovation du skatepark de Charonne dans le 11e arrondissement - ou pour développer de nouveaux dispositifs en faveur de la diversité et de la mixité, à l'image de ce que fait déjà Adidas auprès de l'association locale "Graines de Footballeuses" dans notre arrondissement.
Face à l'Arena, l'un des plus grands espaces publics du 18e arrondissement, un large parvis arboré et végétalisé de 6.000 mètres carrés sera aménagé et dénommé Alice Milliat, en hommage à cette grande figure du sport féminin. Il sera le lieu des fêtes de quartier et des activités organisées par la mairie et par les associations locales.
L?Arena signe le renouveau de la porte de La Chapelle. Avec Éric LEJOINDRE, et d'autres élus dont mon collègue Mams YAFFA en charge du sport dans le 18e, nous étions samedi dernier à la fête du quartier Charles-Hermite, où j?aurais voulu voir mes collègues Emile MEUNIER et Rudolph GRANIER, parce que c'était l'occasion pour eux d'échanger avec les habitants et de voir ce qu'ils pensent. Ici, nous représentons les habitants et pas nous-mêmes. Nous étions donc samedi dernier à cette fête du quartier Charles-Hermite, où va s?implanter l'Arena, une fête qui a pu enfin, après plusieurs années de galère, se tenir dans le square du quartier.
Je rappelle que ce quartier a vécu depuis 2015 les camps des migrants, puis les retombées du démantèlement de la "colline du crack", avec un grand nombre d'usagers de drogues qui ont investi les rues de leur quartier. Les habitantes et habitants, que nous avons rencontrés samedi dernier, attendent avec impatience l'arrivée de l'Arena - ils nous l'ont dit - qui va valoriser et, espèrent-ils, sécuriser leur quartier. Leur sujet, leur priorité n'est pas le "naming", mais bien leur quotidien dans le quartier.
Les associations sportives aussi attendent avec impatience ce "naming". Rendez-vous compte : 182.000 euros par an pour les structures de proximité, ce n'est pas rien.
Mes chers collègues, à longueur de Conseils de Paris, nous nous exprimons et nous demandons à faire des pistes cyclables, planter des arbres, valoriser le travail de nos agents, construire du logement social ou même transformer des bureaux en logement social, cher Emile, améliorer la qualité des goûters dans nos écoles - on en parlait hier -, ne pas nous endetter, financer des associations culturelles et sportives, construire des piscines, que sais-je encore, et tout cela a un coût.
Comme nous sommes en responsabilité, nous devons faire des choix, nous devons faire tous les jours le moins mauvais choix au service de l'intérêt général. Et le moins mauvais choix, ici, est de voter pour le "naming" de l'Arena par la marque Adidas. Les recettes engrangées par ce "naming" nous permettront d'améliorer notre action publique au service des Parisiennes et Parisiens en général, et des habitants de la porte de La Chapelle et du quartier Charles-Hermite qui en ont bien besoin. Je vous remercie.
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Madame AKKARI.
Je voudrais pouvoir donner la parole, dans le silence, je vous remercie, à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, pour le groupe Communiste et Citoyen.
M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.
Nous avions la possibilité - c'était inscrit dans le projet de délibération - de recourir ou pas au "naming". La possibilité, ce n'est pas une obligation, cela veut dire que nous devons étudier plusieurs hypothèses. J?avais donc soumis, il y a deux ans, ce v?u pour que l'Arena s?appelle Alice Milliat. Nous venons de voter le nom de l'esplanade. Je regrette que nous n'ayons pas pu donner le nom d'Alice Milliat et que nous allions vers du "naming".
Vous connaissez notre combat contre le "naming", il ne date pas d'hier. Nous avions d'ailleurs voté contre le "naming" "AccorHotels Arena". Depuis plus de dix ans, nous nous sommes mobilisés sur la question, afin de lutter contre cette pratique tout droit sortie des cahiers du libéralisme.
Je voudrais rappeler, pour les personnes amnésiques, que c'est sous le Gouvernement de Nicolas SARKOZY, à travers un rapport qu'il a commandé à Éric BESSON et Philippe Seguin, qu'ils ont inscrit sous le Gouvernement François FILLON le ""naming" comme une possibilité d'aider les clubs à assumer leur mutation vers l'entreprise de spectacles sportifs que la compétition économique et sportive exige, et d'en finir avec la gestion publique des grands stades qui est un frein à cette mutation". Tout est écrit là. Au fond, il s?agit de concevoir les équipements comme une usine à fric, parce que le "naming" traduit un processus de désengagement financier public au profit du privé.
Les collectivités locales, principaux propriétaires des équipements sportifs, ont de moins en moins de ressources financières pour financer seules des enceintes, dont les contraintes sont imposées par les instances sportives internationales. Depuis plus de quinze ans, ces mêmes politiques libérales visent à réduire les budgets des collectivités et de l'Etat, et elles ont permis l'appropriation de l'identité des stades par des entreprises privées pour les sortir progressivement du patrimoine public.
C?est précisément l'objet de mon intervention sur le débat d'orientations budgétaires, sur le budget supplémentaire. Depuis des années, on constate une érosion massive des ressources des collectivités qui conduit à une perte totale d'autonomie. Il est urgent de trouver de nouvelles ressources, afin de retrouver notre indépendance, d'une part vis-à-vis de l'Etat, mais surtout vis-à-vis de ces multinationales.
Au-delà de cette privatisation, le "naming" pose une question d'ordre culturel : la vente de l'espace public. Les stades, les salles de sport et de spectacle sont des marqueurs symboliques de la ville, leur nom et l'architecture sont des repères urbains de notre civilisation. Au même titre que les places, les rues, les événements qu'ils accueillent participent à la construction culturelle de la ville.
Dans le premier contrat, qui a été conclu en France suite au rapport Besson-Fillon, ce fut d'abord la MMArena du Mans en 2011. Puis les "namings" se sont multipliés : Allianz à Nice, Kinder à Rouen, Matmut à Lyon. Ou ce sont encore toutes les compétitions sportives et je vois, par exemple dans le handball, maintenant Lidl a même des affiches dans le métro disant : venez jouer au stade de Lidl. Puis, chers amis socialistes, dernière nouvelle en date, le stade Pierre-Mauroy à Lille portera désormais le nom de Décathlon.
Aujourd'hui, plus aucun bout de terrain ne doit échapper au sceau d'une marque. La prochaine étape, nous la connaissons déjà. Ce sont les stations de métro et de bus, comme les chevaux de course, et c'est déjà le cas dans d'autres pays, les squares, les bibliothèques, les musées, les écoles.
J?ai d'ailleurs quelques propositions à vous faire que je pourrai inscrire dans mon rapport sur les finances publiques locales. Nous n'avons qu'à nommer la nouvelle piscine, rue Belliard dans le 18e arrondissement, Speedo piscine. Ou bien la future place Daumesnil, place Eiffage. Ou encore renonmmer la porte Maillot porte BNP !
Plus sérieusement, en nommant notre patrimoine vivant par le nom d'une personnalité ayant marqué l'histoire du pays, d'une ville, du sport ou de la culture, nous faisons un travail de transmission culturelle des luttes, des progrès sociaux, des conquêtes, des moments de joie qui ont jalonné l'histoire de notre peuple. C?est un travail politique avec une dimension éducative et culturelle qui participe à l'élaboration de notre patrimoine commun. Cette transmission, c'est celle des valeurs du sport, c'est celle du pacte républicain.
Pour toutes ces raisons, nous avions proposé au Conseil de Paris d'étudier la possibilité de donner le nom d'Alice Milliat à la nouvelle Arena porte de La Chapelle. Cela aurait permis, pour une première fois dans l'histoire, de donner le nom d'une femme à un équipement olympique. Ce choix n'a pas été fait. C?est le choix d'Adidas, au mépris des valeurs d'affichage portées par la multinationale, qui n'a pas accepté non plus le "co-naming" avec Alice Milliat, sur lequel nous aurions été peut-être favorables.
Alors l'Arena aurait pu être le premier équipement olympique portant le nom d'Alice Milliat, nous passons à côté de l'histoire et pour toutes ces raisons, nous voterons contre ce projet de délibération.
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BONNET-OULALDJ.
La parole est à Emmanuel COBLENCE, pour le groupe Paris en commun.
M. Emmanuel COBLENCE. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, en septembre 2023, conformément au calendrier des travaux et malgré les contraintes qui ont pesé sur le chantier, difficultés d'approvisionnement, crise sanitaire, etc., l'Arena accueillera ses premiers spectateurs porte de La Chapelle.
Multifonctionnelle, la salle accueillera des compétitions sportives de niveau national et international, le Paris Basketball en résidence, mais aussi des concerts, des spectacles ou encore des congrès. Deux gymnases seront dédiés au sport de proximité pour les sportifs et les scolaires du quartier.
Attendu avec impatience par les habitants du 18e, et au-delà du 18e arrondissement par tous les Parisiens, il s?agit du seul équipement construit pour les Jeux Olympiques et Paralympiques 2024. Avec un coût d'un peu plus de 100 millions d'euros, financés pour moitié par la Solideo et pour l'autre par la Ville, cette Arena répond au plus haut standard moderne, notamment en matière d'exigences environnementales, d'architecture et de confort pour les spectateurs et les athlètes.
Je me suis déjà exprimé au sujet de sa dénomination lors de notre dernier Conseil et je tiens à le redire. Le principe du "naming" de cet équipement a été adopté ici même lors de deux délibérations : la procédure de mise en concurrence pour l'exploitation commerciale de l'Arena en juillet 2019 et l'attribution du contrat de délégation de service public de l'Arena porte de La Chapelle de juillet 2020. Comment, chers collègues, pourrions-nous nous soustraire à nos propres engagements votés en Conseil de Paris, il y a seulement quelques mois ?
Je crois que nous sommes tous d'accord pour dire que l'on ne recourt pas au "naming" d'un équipement pour le plaisir de donner le nom d'une marque ou d'une société à un équipement sportif, il s?agit davantage d'un principe de responsabilité. Et au passage, on ne débaptise pas l'Arena. Je crois, Emile MEUNIER, que vous ne servez pas utilement votre message en racontant des contrevérités.
Les ressources financières apportées par Adidas s?élèvent en tout à 2,6 millions d'euros par an. Ce montant est sans équivalent en France, ni même en Europe pour des Arena de dimension similaire. La Ville avait d'ailleurs anticipé dans son modèle économique des recettes bien moindres autour de 1 million d'euros.
A ces 2,6 millions d'euros annuels, on peut rappeler que la convention de délégation de service public prévoit une redevance additionnelle de 10 %, soit 260.000 euros par an au profit de la Ville. Il s?agit bien de ressources supplémentaires, qui bénéficieront directement au service public, à l'amélioration du cadre et de la qualité de vie des Parisiennes et Parisiens. Plus de 180.000 euros par an sont par ailleurs dédiés aux associations et clubs sportifs du 18e arrondissement.
Alors, peut-on imaginer sérieusement aujourd?hui se passer de ces ressources ?
On voit bien, en France et en Europe, que l'association d'une marque à un équipement sportif est de plus en plus répandue. Parce qu'il constitue un instrument utile pour les collectivités locales, ce modèle permet bien souvent de trouver l'équilibre financier pour la construction, la rénovation ou l'exploitation d'un grand équipement sportif.
Il s?agit ici d'un équipement très attendu par les habitants d'un quartier populaire en plein renouveau, celui de la porte de La Chapelle. Voilà pourquoi nous apportons notre soutien à ce projet de délibération. Je vous remercie.
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur COBLENCE.
Mme SIMONNET était inscrite, mais je ne la vois pas en séance.
Pour répondre, je donne la parole à Pierre RABADAN, au nom de l'Exécutif.
M. Pierre RABADAN, adjoint. - Merci, Madame la Maire, et merci à toutes et à tous pour vos interventions. Elles ont posé le débat qui s?articule autour du "naming".
Monsieur BONNET-OULALDJ, vous avez rappelé qu'il existe de nombreux recours à cette pratique qui souligne aussi le fait que ces équipements sont structurellement difficiles à équilibrer. C?est en ce sens que nous avions voté le modèle d'exploitation de l'équipement en juillet 2019 et que nous avons choisi l'exploitant en 2020, avec la possibilité d'un recours à un "naming" qui réponde à une demande, que vous portiez à l'époque Monsieur GRANIER.
Dans votre tentative de décrédibilisation permanente, vous m?aviez tancé en disant : on verra si l'Arena est déficitaire et si les Parisiens vont devoir payer l'exploitation déficitaire de cette Arena. Vous venez maintenant me reprocher d'avoir recours au "naming", alors même qu'il peut participer à l'équilibre. Je pense que cela traduit parfaitement l'incohérence de vos propos à ce sujet.
Ici, nous ne parlons pas des Jeux olympiques, je suis désolé de le rappeler, mais d'un équipement qui servira pour les Jeux olympiques et qui était aussi un besoin identifié par la Ville avant les Jeux. Il servira pour les Jeux olympiques et paralympiques, nous en sommes très fiers et très heureux, mais il servira surtout à la transformation du quartier et tout ce qui a été rappelé.
A ce sujet, en cohérence avec les décisions que cette Assemblée a prises en juillet 2019 et en juillet 2020, amenant à trouver un "namer", nous le proposons ici.
Je tiens à le dire, Adidas est un équipementier sportif que beaucoup de gens utilisent. C?est à titre individuel ou d'équipes qui bénéficient de contrats de partenariat avec cet équipementier sportif international. A son initiative également, en plus du contrat de "naming" direct qui est finalement ce qui nous permet d'échanger à ce sujet, Adidas proposait un fonds de dotation de 180.000 euros - pas 100.000 euros, Monsieur MEUNIER, comme vous l'avez précisé et c'est donc un peu plus - qui bénéficiera à des actions de développement de la pratique du sport local et féminin. Ce sont eux-mêmes qui ont défini ces deux axes et c'est dans ce domaine que seront fléchés ces budgets.
Bien sûr, nous en portons d'autres, mais il nous semble que le déficit potentiel d'un équipement ou de son équilibre économique ne doit pas peser, comme vous l'aviez demandé, Monsieur GRANIER, sur la collectivité publique et avoir recours à un "naming" nous permet d'atteindre cet objectif.
Je salue l'engagement d'Adidas sur ce sujet. J?entends qu'il y ait des divergences. Peut-être que nous aurions fonctionné différemment dans un monde idéal, mais nous sommes confrontés à une réalité, à laquelle nous faisons face et ce partenariat me paraît tout à fait équilibré.
Je salue donc cet engagement et je voudrais vous dire que j?entends les alertes, les positions des uns et des autres, mais je crois aussi que, dans chacun de vos groupes, des gens ont reconnu que le recours à cette Arena - cela a été souligné par Maya AKKARI - a été extrêmement bien accepté localement et personne ne peut le nier.
Nous n'avons pas dénommé Alice Milliat, je suis désolé, Monsieur MEUNIER, mais un v?u étudiait la possibilité de l'appeler Alice Milliat-Arena, mais comme vous le savez, puisque vous habitez le 18e, l'Arena est toujours en construction et elle n'a donc pas de dénomination ; on l'appelle l'Arena de la porte de La Chapelle ou l'Arena 2. Nous ne l'avons pas dénommée et c'est bien pour cela que le v?u - que j?ai ressorti car certains l'ont peut-être mal lu - était d'étudier la possibilité de nommer. On savait qu'en ayant voté pour un contrat, on ne pourrait pas la nommer Alice Milliat. On le savait et la délibération est là - je vous en fais une spéciale, si vous voulez.
Non, ce n'est pas faux. Nous avons regardé si c'était possible et, de fait, cela ne l'était pas. Nous avons trouvé, je le redis?
Merci de me laisser parler, Monsieur GRANIER. Ne faites pas comme d'habitude, je vous en prie.
Nous avons trouvé la possibilité de mettre en avant le nom d'Alice Milliat, d'avoir un équilibre économique, auquel l'exploitant peut recourir avec le "naming"?
D?accord, c'est faux ! Mais tout est faux pour vous, Monsieur GRANIER. Il n'y a que la vérité qui est fausse chez vous !
Aujourd?hui, cette dénomination qui est proposée pour l'Arena de la porte de La Chapelle avec le "naming" d'Adidas nous semble équilibrée pour profiter localement, s?inscrire dans la durée et surtout amener l'équilibre économique qui permettra de ne pas avoir de déficit potentiel pour un équipement qui sera une grande salle, des gymnases de proximité et un programme de locaux complémentaires pour s?insérer parfaitement dans l'environnement, ce que tout le monde ici souhaite.
Je vous remercie donc de voter ce projet de délibération.
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire. Je mets donc aux voix le projet? Pardon.
M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Juste un rappel au règlement. Nous demandons que les voix soient comptées. Et comme je suis membre du conseil d'administration, je me déporte, comme l'ensemble des élus qui ne pourront pas voter sur ce projet de délibération. Merci.
Mme Carine ROLLAND, adjointe, présidente. - Je vous remercie, Monsieur BONNET-OULALDJ.
Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 46. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?
Je vous énonce les résultats du vote : 33 voix pour ; 17 voix contre ; 26 abstentions.
Le projet de délibération est adopté. (2022, SG 46).