2021 DASES 146 - Subvention (149.705 euros) et convention avec l’établissement public de coopération culturelle Centquatre-Paris. - Prise en charge des frais liés à l’hébergement d’un centre de vaccination (19e).
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant des dossiers qui concernent Anne SOUYRIS et en l'occurrence le projet de délibération DASES 146 que j?ai déjà appelé : subvention et convention avec l'établissement public de coopération culturelle Centquatre-Paris. Prise en charge des frais liés à l'hébergement d'un centre de vaccination.
La parole est à Jérôme LORIAU.
M. Jérôme LORIAU. - Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, je ne comprends pas que vous nous présentiez ce projet de délibération aujourd?hui. J?ai bien en tête les mois que nous avons tous traversés en matière de lutte contre le Covid. J?ai bien notion de tous les efforts déployés par ceux qui ont été les acteurs du quotidien de cette lutte et en l'occurrence tous les animateurs de ces 28 centres de vaccination parisiens, et bien au-delà de tous ces acteurs qui ont participé à l'aller vers, à déployer la vaccination auprès des plus vulnérables, des plus démunis et cela continue chaque jour encore aujourd?hui.
Parmi tous ceux-là, bien sûr le Centquatre, c'est vrai, a répondu présent et a permis la vaccination d'un grand nombre de Parisiennes et de Parisiens. Le projet de délibération n'est d'ailleurs pas très clair sur ce point, mais peu importe le centre de vaccination du Centquatre est indéniablement un acteur important de la politique vaccinale à Paris, et cette semaine près de 6.000 vaccinations devraient pouvoir y avoir lieu.
Mais en réalité, un volume de vaccination équivalent, c'est aussi la mission que remplissent au quotidien les mairies du 6e, du 9e, du 10e, du 14e, du 15e, du 17e, du 18e et je ne cite pas les gymnases qui parfois sont des lieux de vaccination municipaux utilisés dans certains arrondissements, du 16e. Et ces centres de vaccination ont aussi assumé des coûts et assument encore des coûts. Où sont les subventions ? Où est l'abondement aux états spéciaux qui permet de couvrir ces coûts ?
Dans le 15e, par exemple, que je connais un peu plus particulièrement et où à la date d'aujourd?hui 60.000 vaccinations ont eu lieu depuis janvier, c'est plus de 80.000 euros par mois qu'il faut débourser pour faire fonctionner le centre de vaccination depuis son ouverture. Je vous laisse donc faire le calcul du montant total du coût du centre de vaccination du 15e à ce jour.
Alors, on nous annonce non officiellement des montants de subventions A.R.S. à hauteur de 50.000 euros. Ce n'est bien sûr pas susceptible de couvrir les coûts occasionnés. Pouvez-vous nous expliquer donc pourquoi un traitement différent doit être apporté au Centquatre, dont je rappelle que le budget annuel est de plus de 10 millions d'euros ?
Alors, Monsieur le Maire, mes chers collègues, si nous apportons une aide financière au Centquatre pour ses actions en matière de politique vaccinale, et nous voterons bien sûr cette subvention, quand et à quelle hauteur allez-vous nous proposer de soutenir tous les autres centres de vaccination ? Allez-vous agir pour que l'Etat lui aussi assume pleinement ses responsabilités en matière de financement de la vaccination ?
Aujourd?hui en tout cas, les montants annoncés par les A.R.S. ne sont vraiment pas sérieux. Cela fait sept mois que les centres de vaccination sont ouverts et ils le sont encore pour de nombreux mois. Il est indispensable qu'enfin ils puissent avoir une réelle visibilité sur le recouvrement des dépenses qu'ils ont engagé au service de tous les Parisiens. Le "quoi qu'il en coûte" ne peut pas être pour ces centres un mode de fonctionnement.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Jérôme LORIAU.
Marie TOUBIANA est également inscrite. Allez-y, je vous en prie.
Mme Marie TOUBIANA. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, mon intervention ira dans le même sens que celle de mon collègue.
L?établissement public de coopération culturelle Le Centquatre dans le 19e arrondissement a participé à la campagne de vaccination contre le Covid. A ce titre, un certain nombre de coûts ont été générés pour le montage, le démontage, la location de "box" pour le personnel d'accueil et de sécurité, et les nettoyages.
Ainsi, ce projet de délibération propose de valider une subvention de 149.705 euros. Vous en conviendrez, le montant n'est pas faible. Il nous étonne, surtout que nous n'avons pas eu connaissance de subventions similaires pour d'autres établissements ayant rempli la même mission.
L?Etat étant censé prendre en charge la partie médicale, nous nous demandons pourquoi ne prend-il pas en charge les aménagements des centres de vaccination ? le Centquatre a-t-il fait une demande en ce sens auprès de l'A.R.S. ? Est-il normal que ce soient les contribuables parisiens qui prennent en charge ces coûts alors qu'ils relèvent d'un remboursement de l'Etat ?
Autant de questions auxquelles nous espérons que vous voudrez bien apporter une réponse et des éclaircissements.
Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Marie TOUBIANA.
Je donne la parole à Anne SOUYRIS pour vous répondre.
Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci d'abord d'intervenir sur cette question de la vaccination qui est absolument essentielle en ce moment.
Vous savez comme moi que la vaccination sera peut-être le seul levier, en tout cas le levier majeur d'une quatrième vague atténuée. Nous avons donc tous intérêt à continuer cet effort, que ce soient les mairies bien sûr, et la mairie centrale en particulier qui met beaucoup de sa personne, et l'Etat évidemment.
Vous savez aussi que nous avons interpellé à plusieurs reprises le Premier Ministre pour mettre la main au pot, comme on dit, c'est-à-dire de rembourser et de payer, beaucoup plus que ce qui est le cas, les efforts que font les collectivités locales, en l'occurrence Paris.
J?ai envie de dire que Paris fait beaucoup d'efforts parce qu'elle a quand même un certain nombre de moyens, que ce n'est pas le cas de toutes les villes et qu'il est très anormal que l'Etat soit aussi peu réactif sur ces sujets. Même si l'Agence régionale de santé organise un certain nombre d'événements, il est vrai que la logistique est largement faite par les mairies d'arrondissement.
Ce n'est pas une question de mairie du 15e ou du 19e. Je le dis quand même, c'est pareil, c'est exactement le même traitement. La question du Centquatre, c'est le fait que c'est le plus gros centre qui a été monté jusqu?à présent et qui est du coup subventionné, mais tous sont quand même subventionnés et il n'y a pas de non-subventionnement des centres de vaccination.
J?en profite pour dire deux ou trois mots sur ce qui nous arrive là, puisque la Ville a participé à la mise en place d'une ambitieuse campagne de vaccination depuis le départ. Ce sont d'abord 15 centres de vaccination au 15 janvier, puis nous avons mis en place 20 centres montés par la Ville ou les mairies d'arrondissements ; cela a été extrêmement important et je remercie encore les maires d'arrondissement qui ont été très véloces, très rapides dans cette mise en place. Puis ce sont 30 centres de vaccination éphémères dans les quartiers "politique de la ville" entre mars et mi-juillet et en particulier le week-end.
Ce sont également 600 agents volontaires et 100 cadres A de la Ville mobilisés. Je le dis parce qu'il y a eu un engagement remarquable, y compris de tout le personnel de la Ville, de tous les services de la Ville. Cela aussi n'est jamais regardé par l'Etat et c'est extrêmement important.
Les opérations d'aller vers sont de plus en plus nécessaires quand on sait la remontée de l'épidémie en ce moment. Quand on regarde, par exemple, les eaux usées qui sont une espèce de signe avant-coureur de la remontée de l'épidémie, on voit bien que les quartiers populaires sont plus touchés que les autres et en même temps ce sont ceux qui sont le moins vaccinés.
Nous allons donc faire en particulier une grande campagne de nouveau auprès des quartiers populaires et auprès des jeunes. Pour le coup, tous lieux confondus, tous territoires confondus parisiens, ils sont actuellement complètement sous-vaccinés et ils sont, vous le savez, pour l'instant dans les franges rouges de contamination et d'augmentation de contamination ces derniers jours.
Pour cette raison, nous allons continuer de travailler dans ces centres. Je vous remercie de continuer à y participer, maires d'arrondissement, parce que sans vous on ne pourrait pas continuer, on ne pourrait pas intensifier cette campagne qui doit être plus importante que jamais et nous continuerons tout l'été, même si quelques centres ferment de manière minimale.
Je vous remercie.
M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Anne SOUYRIS.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 146.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s?abstient ?
Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2021, DASES 146).