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2021 DEVE 92 - Dénomination "square Samuel Paty" attribuée à l’espace vert situé 2, place Paul-Painlevé (5e). - Modification de la délibération du 28 décembre 1933.


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons à présent examiner le projet de délibération DEVE 92. Il s?agit de la dénomination du square "Samuel-Paty" attribuée à l'espace vert situé 2, place Paul-Painlevé, dans le 5e arrondissement. Il s?agit de la modification de la délibération du 28 décembre 1933.

Je donnerai la parole aux différents orateurs et oratrices qui se sont inscrits.

Mes chers collègues, vous êtes aujourd?hui invités à approuver un projet de délibération qui nous oblige et dont la portée se situe bien au-delà d'une simple dénomination. C?est un projet de délibération d'une solennité toute particulière - et je crois que, toutes et tous, nous en avons conscience - un temps fort de notre vie publique et politique qui nous somme d'être à la hauteur de notre mission, dans cette enceinte où nos choix nous engagent.

Ce projet de délibération vise à attribuer le nom de "Samuel-Paty" au square situé place Paul-Painlevé, dans le 5e arrondissement de Paris. Bordé par la rue des Ecoles et par l'Université de la Sorbonne, ce jardin Samuel-Paty aura toute sa place au c'ur de notre ville, au c'ur de ce Paris universitaire qui chérit l'école, la connaissance, la laïcité et la transmission de nos savoirs. Il sera inauguré samedi prochain, le 16 octobre, un an jour pour jour après l'abominable assassinat, l'abominable attentat dont a été victime Samuel Paty à la sortie du collège où il enseignait, tué par un terroriste islamiste parce que Samuel Paty avait montré les caricatures pour s?en servir et faire son enseignement sur la laïcité.

Ce jardin sera ouvert dès dimanche à toutes celles et à tous ceux qui souhaiteraient s?y recueillir. Ce lieu a été choisi avec la famille de Samuel Paty : ses parents, d'abord, et ses deux s?urs, que je veux saluer très chaleureusement. Je sais qu'ils nous regardent et qu'ils nous écoutent. Je veux aussi avoir une pensée pour sa compagne et son enfant. Je veux leur témoigner mon amitié, mon affection face à cette tragédie qui a endeuillé leur famille, jeté un voile sombre sur leurs existences, mais aussi traumatisé notre pays tout entier et créé une émotion qui, aujourd?hui encore, ne peut pas retomber. Ce lieu a été également choisi avec le plein soutien de la maire du 5e arrondissement, Florence BERTHOUT, que je remercie.

Nous le savons, cette dénomination était nécessaire. Elle était une évidence pour la Maire de Paris que je suis. Nous la devions à la famille, aux proches de Samuel Paty sans attendre. Nous la devions aussi à notre pays, durement éprouvé lui-même par cet attentat. Nous la devions aux Parisiennes et aux Parisiens. Nous la devions à toutes celles et ceux qui veulent rendre hommage à Samuel Paty et ne veulent pas que le temps vienne atténuer ce geste ignoble, ce geste qui a tué un professeur de la République française, mais un geste qui était aussi un geste contre la République tout entière.

Avant ce drame, Samuel Paty enseignait l'histoire et la géographie. Il dispensait l'enseignement moral et civique depuis trois ans au collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine. Samuel Paty aimait son métier. Ses élèves l'aimaient, ses collègues aussi. Il était un homme passionné, humble, désireux d'apprendre et de transmettre. Un citoyen généreux, soucieux de voir ses élèves grandir, s?épanouir, comprendre. Heureux de les accompagner sur la voie de l'émancipation, qui est le rôle de l'école républicaine laïque gratuite, et aussi vers leur libre arbitre. La conscience pleinement exercée de leur esprit critique, c'était cela, aussi, que cherchait Samuel Paty. Il était un enseignant qui faisait vivre la République. Bien au-delà de la proclamer, il l'inscrivait chaque jour au c'ur de ses échanges avec ses élèves. Il répondait à leurs interrogations en les invitant à penser par eux-mêmes. Entre les murs de sa salle de classe, les élèves pouvaient débattre librement dans le respect de leurs convictions. Puis, vint la barbarie, lâche, inhumaine. Cette barbarie qui, par l'intermédiaire d'un fanatique islamiste, dont l'ignorance n'avait d'égale que son abjecte folie, s?est abattue sur Samuel Paty qui incarnait ce que nous sommes : des citoyens libres, dans un pays libre, dans un pays laïc.

A travers Samuel Paty, c'est le corps enseignant qui a été visé, celles et ceux qui chaque jour se consacrent à la formation des esprits et transmettent les outils pour appréhender toute la complexité du monde à notre jeunesse. Samuel Paty était un fervent défenseur de la laïcité, cette garantie qui permet qu'aucun dogme, aucune croyance, aucune religion ne puisse empiéter sur les autres, qu'il n'y ait pas de loi supérieure à la loi de la République. Face à un tel drame, nous devons nous retrouver pour faire corps et protéger ce que nous avons de plus précieux, cette liberté de penser, et ce lieu où elle s?acquiert, l'école de la République, parce qu'elle est laïque et parce qu'elle est aussi ouverte à tous les enfants de la République.

Jamais nous n'oublierons Samuel Paty. Voilà le message que porte Paris aujourd?hui. Devant le jardin auquel sera désormais associé le nom de Samuel Paty, se dresse le buste de Montaigne, comme un repère. Ce philosophe humaniste qui, dans le contexte des guerres de religion, affirmait que seule l'éducation des enfants mènerait véritablement à la paix. Je crois que c'est toujours d'actualité. L?éducation comme apprentissage du jugement aux dépens du préjugé, comme apprentissage de la liberté aux dépens du fanatisme religieux. Ces deux défenseurs de l'école se rejoignent ici, dans ce jardin paisible où les élèves pourront trouver l'inspiration et l'envie d'apprendre. Le jardin Samuel-Paty au c'ur de Paris - que je vous propose de voter, je l'espère, à l'unanimité - c'est pour moi, c'est pour nous, les élus présents, pour les Parisiennes et les Parisiens, une manière de nous retrouver aujourd?hui autour de ce qui nous unit, notre pacte républicain, et en son c'ur, la laïcité. A chaque fois que nous baisserons la garde, des idéologies mortifères s?élèveront et feront de nouveaux adeptes. Paris se dressera donc toujours contre cette haine en protégeant la liberté, la laïcité et celles et ceux qui la portent en eux. Je vous remercie. Mes chers collègues, merci. Je vais donner la parole à M. Pierre CASANOVA pour le groupe MoDem, Démocrates et Ecologistes.

M. Pierre CASANOVA. - Madame la Maire, merci pour ces mots.

En tant qu'élu du 5e arrondissement et représentant pour l'occasion du groupe centriste, je ne peux qu'évidemment m?associer à vos paroles et, j?en suis sûr, aux pensées de tous nos collègues de tous les bancs. Il y a un an, M. le Président de la République a décoré Samuel Paty à titre posthume chevalier de la Légion d'honneur et des Palmes académiques. Depuis, le consensus national ne s?est pas fendu, il est toujours aussi conséquent. Lorsque son nom sera apposé à cet espace vert entre le musée de Cluny et La Sorbonne, je suis sûr que les Parisiens qui seront présents nombreux partageront également nos v?ux et nos prières en faveur de la mémoire et en hommage à ce héros de la République.

Nous laisserons évidemment de côté la politique au sens vulgaire du terme puisque, quels que soient nos désaccords ou accords - et Dieu sait s?ils sont parfois nombreux et importants - ce qui compte, c'est le destin individuel et le modèle peut-être que représente le parcours de cette personnalité exemplaire. Nous laisserons également de côté la procédure judiciaire qui se poursuit, puisque je rappelle qu'environ une quinzaine de personnes sont poursuivies à des titres divers pour complicité. Je forme simplement le v?u, en tant qu'élu municipal, que les décisions de justice qui seront rendues recueilleront le même accueil consensuel de notre société.

Après, beaucoup de choses peuvent être dites sur le destin tragique de Samuel Paty : des propos politiques, des propos philosophiques, et vous avez cité Montaigne, la République et la laïcité. Evidemment, il est inutile que je poursuive sur ce sillon. Il est conséquent et vous l'avez très bien fait. Simplement, peut-être un mot, une observation sur le destin individuel, puisqu?il est marqué à la fois par son exemplarité, au sens des canons collectifs, et sa solitude. Une solitude dans la souffrance et finissant par le sacrifice suprême, comme d'autres Français dans le passé, aujourd?hui aussi sur d'autres théâtres. C?est peut-être ce destin sacrificiel qui nous impressionne le plus, nous autres élus, puisque nous partageons avec lui l'engagement, mais nous ne courons pas les mêmes risques. Alors, nous vouons un culte, un engagement politique et citoyen, et toute personne, quelle que soit sa profession, qui nous semble le faire avec un tel sens du sacrifice et en allant aussi loin, ne peut qu'intimer notre plus vive admiration.

Vous avez cité Montaigne, je l'ai dit. Permettez-moi de citer Benjamin Constant, qui était un ami de la liberté et a lui-même affronté dans notre pays la folie des hommes, les massacres et les tueries. Benjamin Constant, dans un autre hommage - ce n'est pas l'hommage à Samuel Paty, évidemment - a eu ces paroles, qui me paraissent peut-être s?appliquer à ce destin individuel : "Plus on a de facultés brillantes, plus il faut savoir les dompter. Lorsqu?on offre aux vents impétueux de si vastes voiles, il ne faut pas tenir un gouvernail faible d'une main tremblante. Plus les dons de la nature sont nombreux, éclatants et diversifiés, plus il faut marcher au milieu des hommes avec défiance et réserve. Qu?entre le génie révolté et la société sourde et sévère, la lutte n'est pas égale. Que pour les âmes profondes, les caractères fiers et sensibles, les imaginations ardentes, les esprits étendus, trois choses sont nécessaires sous peine de voir le malheur tomber sur eux : savoir vivre seul, savoir souffrir, savoir mépriser". Face à la mort, Samuel Paty, malheureusement, malgré l'amour des siens, sa famille, ses amis - nous en avons parlé - était seul. Il a souffert pour lui, mais aussi pour la République. Mais, aujourd?hui, il est aimé et admiré de tous. Et s?il a méprisé la peur, le conformisme et les menaces sur les réseaux sociaux ou sur d'autres supports, aujourd?hui, il n'est plus seul, il ne souffre plus et son mépris pour nous est un modèle et un exemple. Voilà les quelques mots, Madame la Maire, que je voulais vous dire au nom des habitants du 5e arrondissement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur CASANOVA.

La parole est à M. Rémi FÉRAUD, président du groupe Paris en commun.

M. Rémi FÉRAUD. - Madame la Maire, chers collègues, le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie au collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, était lâchement assassiné, victime du terrorisme islamiste, pour avoir montré, dans un cours d'enseignement moral et civique sur la liberté d'expression, des caricatures publiées dans "Charlie Hebdo" quelques années auparavant. Sa mort a suscité une indignation et une émotion immenses dans notre pays tout entier, et bien au-delà.

Lors du Conseil de Paris de novembre dernier, notre groupe Paris en commun avait déposé un v?u pour demander qu'un lieu de Paris porte le nom de Samuel Paty. Un an après, notre v?u est en passe d'être concrétisé puisque nous examinons - à votre initiative, Madame la Maire - un projet de délibération visant à dénommer "square Samuel-Paty" l'espace vert situé au centre de la place Paul-Painlevé, dans le 5e arrondissement, juste en face de La Sorbonne, lieu ô combien symbolique.

Je tiens à vous remercier tout particulièrement, Madame la Maire, pour votre volonté, votre détermination sans faille sur le sujet, ainsi que Florence BERTHOUT et l'ensemble des élus du 5e arrondissement.

L?examen de ce projet de délibération intervient aussi, permettez-moi de le souligner, peu de temps après l'ouverture du procès tant attendu et si douloureux des attentats du 13 novembre 2015 qui nous ont si tragiquement endeuillés.

Quel symbole fort que de dénommer un square "Samuel-Paty" juste en face de l'Université de La Sorbonne, lieu depuis des siècles de l'acquisition des savoirs, lieu du débat d'idées, de la construction de l'esprit critique, de la tolérance, lieu par excellence de la lutte contre l'obscurantisme et contre toutes les formes d'intégrisme. En inscrivant le nom de Samuel Paty à Paris, nous honorerons sa mémoire et nous opposerons aux ennemis de la liberté et aux ennemis de la France, notre reconnaissance à tous les enseignants et notre volonté de sans cesse promouvoir l'école de la République et, par elle, la construction d'un esprit critique, rationnel, libre.

Cette décision marque notre fidélité aux valeurs pour lesquelles nous nous battons avec une conviction inébranlable. Ces valeurs qui sont un acquis de l'histoire de la République et au premier rang desquelles la laïcité. La laïcité est un principe sur lequel nous ne transigerons jamais. Elle est la pierre angulaire de notre école, de notre démocratie, de notre société républicaine. En France, elle est et reste plus que jamais la condition de la liberté, de l'égalité, de la fraternité.

Ce projet de délibération fera donc aujourd?hui l'objet d'un vote sans réserve de notre Conseil. Ensemble, nous apporterons ainsi une réponse déterminée à ceux qui veulent diviser notre société en semant la haine et la mort. Nous inscrirons la mémoire de Samuel Paty au c'ur de la capitale de la France, au c'ur du Paris universitaire. Avec détermination, nous transmettrons la mémoire du professeur Samuel Paty aux générations futures.

Pour marquer ce moment solennel, je demanderai, Madame la Maire, sur ce projet de délibération si important, si essentiel, un scrutin public de notre Conseil. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Bien sûr, cette demande est de droit.

Madame Nathalie MAQUOI pour le groupe "Génération.s".

Madame la Présidente?

Mme Nathalie MAQUOI. - Madame la Maire, chers collègues Conseillers et Conseillères de Paris, chers collègues enseignants et enseignantes, un vendredi soir de vacances, un professeur est décapité à la sortie de son établissement, dans la rue, par un jeune de 18 ans qu'il n'a jamais vu. A l'origine de cette violence, une soi-disant vengeance pour avoir montré en cours une caricature de Mahomet pour illustrer la liberté d'expression. Il s?appelle Samuel Paty. Samuel est prof d'histoire-géo et d'éducation civique en collège. Son métier, c'est apprendre à des enfants de 10 à 15 ans l'esprit critique, le recul par rapport aux sources, le monde si incertain dans lequel nous vivons. Le métier de Samuel, c'est éduquer à un âge où l'on se cherche, respecter les individualités en formation et leur donner du commun. Le métier de Samuel, c'est de transmettre des savoirs, des attitudes, une soif de comprendre et d'expliquer. Pour cela, Samuel a à sa disposition son expérience - à 47 ans, il en a vu passer, des classes - son énergie, la foi dans le fait d'être enseignant et la foi dans le fait que ce n'est pas un métier comme les autres.

Dans les jours qui suivent cet assassinat, j?entends des commentaires sur la pertinence d'utiliser une caricature de Mahomet pour des élèves de 13 ans comme support de cours. Samuel a donc montré en cours cette caricature. Le pouvait-il ? Bien évidemment. Est-ce que cela choque des élèves ? Sûrement. Il faut parfois une sacrée dose de recul sur sa croyance pour voir représenté et si désacralisé ce en quoi l'on croit. Aurait-il dû s?abstenir ? Non. Je pars du principe que l'on peut tout montrer en cours parce que l'essentiel est l'accompagnement pédagogique. Parmi les documents utilisés en cours, la caricature est le plus difficile à appréhender pour un élève, quel que soit son âge, et le plus difficile à enseigner. Elle joue sur l'implicite, sur des références culturelles pour en décrypter le sens. Elle est le document qui conduit le plus au contresens, qui demande le plus de médiation, que l'on ne peut pas comprendre sans un enseignant.

L?école publique, c'est l'école de la République. Nous y arrivons à la même heure, pour - nous, profs et élèves - commencer notre journée ensemble et partager un même programme. C?est le lieu commun où nous passons tous et toutes, au gré des générations, pour nous former, nous mélanger, comprendre l'autre, celui qui est différent, celui qui existe et qui a de la valeur. Mais, l'école publique, c'est aussi le lieu des apories, ces contradictions qui semblent impossibles à résoudre.

L?école, c'est bien souvent l'endroit où l'élève découvre qu'il y a d'autres façons de penser, de vivre, de se comporter, que ce qui lui est transmis dans sa famille. Alors, c'est difficile parfois pour elle, cette famille, quand il rentre, d'accepter ce qu'il raconte parce qu'il est éduqué aussi par d'autres. Dans une classe, c'est compliqué d'enseigner avec la coexistence de modèles éducatifs et parfois leur contradiction. C?est tout l'enjeu de la coéducation entre parents et communauté éducative. C?est la première aporie.

L?inégalité sociale se reproduit et s?amplifie à l'école malgré la promesse républicaine. Le mythe de la méritocratie produit, certes, des réussites accidentelles érigées en exemples, mais pour une majorité un échec. C?est la deuxième aporie.

Les mêmes conditions seraient assurées partout, parfois corrigées par l'éducation prioritaire, qui part du principe que mettre plus d'heures suffirait à corriger les inégalités scolaires. Quand un élève n'a pas mangé le matin, dort dans un studio insalubre, vit dans l'angoisse d'une expulsion, grandit dans un milieu où la langue française n'est pas la langue première, où la violence règne. Or, une salle de cours ne peut être propice à gérer tous les problèmes qui se déroulent en dehors. C?est la troisième aporie.

L?enjeu devant nous est de penser une école publique qui accueille tous les enfants. Cela veut dire que notre priorité doit aller à celles et ceux qui la font - les enseignants et les enseignantes - que nous avons trop longtemps laissé seuls. Payons-les à la juste rémunération de ce que nous estimons être la coéducation. Incluons dans les établissements des assistants et des assistantes sociales, des psys, des "éducs".

Le jeune a tué Samuel dans un geste d'une extrême violence. Qu?est-ce qui pousse aujourd?hui un jeune de 18 ans à mourir en commettant un crime ? Qu?est-ce qui le pousse à se sentir investi d'une mission au nom d'adultes éructant le droit de tuer ? Dans quel avenir se projette-t-il pour trouver dans le crime et la mort une perspective suffisante ? La mémoire de Samuel Paty a toute sa place à Paris. Puisse ce jardin face à La Sorbonne être un lieu apaisant pour tous ceux qui l'aimaient. Puisse ce jardin nous rappeler qu'il s?appelait Samuel Paty.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste et Citoyen.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

La nuit du 16 octobre, nombre de Parisiens et de Français profitaient d'une dernière soirée conviviale, car nous étions à la veille de la mise en place d'un couvre-feu dont la durée était incertaine. Ce vendredi, Samuel Paty aurait également dû retrouver sa famille, sa femme, son fils. Ce soir-là, le professeur d'histoire-géographie a été lâchement assassiné par le plus terrible des obscurantismes. Ce crime atroce avait alors provoqué un émoi dans tout le pays. Samuel Paty a été assassiné pour avoir fait son travail : transmettre son savoir et enseigner la liberté d'expression. Il avait joué son rôle avec courage et détermination. Un gardien des Lumières tombé face au fanatisme le plus vil.

En s?attaquant sauvagement à Samuel Paty, l'assaillant a fait le choix d'assiéger une institution au c'ur de la République. Il s?est attaqué à l'enseignant, à celles et ceux qui chaque jour font naître l'esprit critique et la conscience. Il s?est attaqué à un idéal : celui de l'instruction publique, gratuite et obligatoire. Celui des portes de la science toutes grandes ouvertes à toutes les intelligences. Celui de la rationalité, de l'analyse rigoureuse et du travail de recontextualisation face à la déraison, à la polémique, au climat d'indignation systématique, à un modèle médiatique perfusé à la rumeur, au "buzz", à la petite phrase, à la polémique qui se répand dans le débat public.

En s?attaquant à Samuel Paty, il s?est attaqué à un modèle propre à notre pays qui veut que partout où il y a un village, une ville, il y ait aussi un livre, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas une commune sans école, pas une ville sans collège, pas une métropole sans université. En un mot : l'échelle de la connaissance humaine accessible à toutes et tous. En s?attaquant à Samuel Paty, c'est tout le personnel éducatif qui a été touché. Des enseignants et des agents municipaux chaque jour au service de la transmission du savoir, qui ?uvrent souvent avec courage et détermination, parfois dans un sentiment d'ingratitude, toujours dans des conditions difficiles.

Au groupe Communiste et Citoyen, nous regrettons la surdité du Gouvernement face aux revendications des enseignants. Nous regrettons que, depuis le début du quinquennat, il y ait eu plus de 7.400 suppressions de postes dans les collèges et lycées. Nous regrettons que le point d'indice des salaires soit gelé depuis désormais 11 ans. Nous regrettons qu'il n'y ait pas assez de temps pour l'enseignement moral et civique. Ni fainéants, ni héros, les enseignants doivent simplement disposer des moyens nécessaires pour permettre à tous les élèves de pouvoir s?instruire et s?émanciper.

Répondre à la hauteur de ce crime, c'est engager une politique de justice sociale et d'égalité réelle entre les citoyens, une politique de développement des services publics, de perspective d'emploi pour la jeunesse, de développement du sport et de la culture, de lutte contre les discriminations ou contre le racisme qui mine le vivre ensemble. La promesse républicaine d'une égalité des droits, c'est sortir de l'état d'urgence permanent, aujourd?hui dans notre droit commun. Nous ne répondrons jamais au terrorisme par la restriction, mais par la liberté. Face à cette attaque, nombreux sont ceux et celles de droite et d'extrême droite qui ont tenté d'aiguiser les haines et brandir les logiques d'amalgame.

Vous vous sentez visés, peut-être ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Poursuivez, Monsieur le Président.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Les Parisiens et les Parisiennes ont su, eux, rester unis, soudés, face à ces gardiens de l'obscurantisme ; ils ont su trouver le sursaut de l'humanité, de l'humilité, de la solidarité, qui constitue les bases du vivre ensemble dans notre pays. Aucune Parisienne, aucun Parisien ne doit être stigmatisé du fait de sa religion. Chacun doit pouvoir se sentir libre de croire ou de ne pas croire. Ce sont les fondements de la laïcité. Nous avons tous en mémoire un enseignant ou une enseignante comme Samuel Paty, à qui nous devons beaucoup dans notre construction de citoyen et de citoyenne. C?est pourquoi, en son nom, ce sera à sa juste place, sur ce square rue des Ecoles, face à La Sorbonne, ce haut lieu de la transmission du savoir. Comme lorsqu?il enseignait, il continuera ainsi de se trouver du côté des lumières et de la connaissance. Aujourd?hui, sa mort nous oblige à honorer sa mémoire et à poursuivre son combat pour les futures générations. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur le Président.

Madame Fatoumata KONÉ, présidente du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, il y a déjà presque un an, le vendredi 16 octobre 2020, Samuel Paty mourait, victime d'un odieux attentat terroriste. Cette attaque a frappé la République en son c'ur, l'école.

Je tiens à redire ici les pensées du groupe Ecologiste de Paris pour cet homme, cet enseignant, pour ses proches, ses collègues et ses élèves. C?est également à toute la communauté enseignante que le groupe Ecologiste de Paris souhaite renouveler sa solidarité. La communauté éducative, ainsi que l'ensemble des Françaises et des Français, restera à jamais marquée par cette abominable tragédie. Car, à travers Samuel Paty, d'abord harcelé en ligne avant d'être assassiné, c'est l'école de la République, porteuse d'un idéal émancipateur construit sur la transmission de l'esprit critique et le respect de la liberté d'expression, qui a été attaquée par le terrorisme islamiste. A travers Samuel Paty, c'est le principe d'une école laïque, respectueuse de la liberté de conscience, qui a été visé. Samuel Paty était l'un de ces 800.000 enseignants et enseignantes qui ?uvrent chaque jour dans les écoles, les collèges et les lycées de notre pays pour former les élèves, éveiller leur curiosité et transmettre des savoirs qui leur permettront de devenir citoyennes et citoyens éclairés. Professeur passionné, il avait enseigné l'histoire et la géographie ici, dans l'Est parisien, avant d'officier dans les Yvelines. La Ville de Paris s?honore aujourd?hui de proposer que ce square en face de La Sorbonne, symbole du rayonnement de notre ville, de la culture et de l'émancipation par la connaissance, porte son nom. Face aux attaques des terroristes islamistes et l'obscurantisme, notre devoir - à nous, élus de la République - est de nous montrer dignes de ces enseignements. Nous ne devons pas céder à la violence et à la haine, mais nous devons défendre plus que jamais nos libertés, nos valeurs d'ouverture, de démocratie et d'humanité.

Le groupe Ecologiste de Paris votera ce projet de délibération. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame la Présidente. Madame Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, dans quelques instants, le Conseil de Paris va décider d'attribuer le nom de Samuel Paty à un joli square de la place Paul-Painlevé, dans le 5e arrondissement, à quelques mètres de La Sorbonne, de la rue des Ecoles et du musée de Cluny, au c'ur du Quartier latin qui a vu naître la première université gratuite, le premier livre écrit en français, berceau historique et intellectuel de tous les grands combats qui ont contribué à forger notre démocratie.

Ces combats qui ont nourri le paradoxe qui a façonné justement la singularité française de notre démocratie, c'est-à-dire le respect absolu de la dignité de chacun, certes, mais aussi le respect absolu de la liberté de pensée et d'expression. Je crois que l'école de la République, tel que Samuel Paty l'a pratiquée, tel qu'il l'a portée, est tout entière contenue dans cette singularité qu'il a incarnée jusqu?au sacrifice. Si nous décidons tous ensemble d'attribuer le non de Samuel Paty au joli square de la place Paul-Painlevé, ce n'est pas uniquement parce que cet enseignant passionné a été atrocement assassiné le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste. Ce n'est pas seulement parce que cet acte d'une violence bestiale, rappelant les heures les plus sombres de notre histoire, touche un enseignant. Si nous décidons d'attribuer le nom de Samuel Paty à un lieu symbolique entre tous, c'est parce que Samuel Paty incarne aussi et surtout le visage mutilé de la République laïque, une et indivisible. Et cette république doit renaître chaque seconde, chaque minute, chaque heure dans toutes les salles de classe de toutes les écoles, à Paris comme partout en France. C?est l'armée pacifique de nos enseignants qui incarne cette République et la fait renaître à chaque minute. Cette armée, qui forme inlassablement des citoyens - ceux d'aujourd?hui, ceux de demain - à lutter contre l'ignorance, ce puissant fond auquel nous sommes confrontés quotidiennement, qui alimente la peur de l'altérité et la haine de l'autre. Je suis fière et très émue, Madame la Maire, chers collègues, que le square Samuel-Paty puisse désormais accueillir, par exemple, ce monument fontaine du recteur Octave Gréard, premier instituteur de France, comme disait Jules Ferry, l'un des pères fondateurs de l'instruction publique qui a beaucoup ?uvré notamment pour la féminisation de l'accès au secondaire, à l'enseignement supérieur, à qui nous devons l'entrée des femmes dans les écoles normales. Fière que le square Samuel-Paty puisse accueillir aussi - vous y avez fait référence - la statue de Montaigne, celui que des grands philosophes ont appelé "le sage pour les gens ordinaires", qui nous invite à appréhender la complexité et à toujours garder à bonne distance ceux qui croient posséder la vérité absolue et incontestable. Cette présence de Montaigne nous rappelle implicitement que la liberté pédagogique, cette liberté-là tout particulièrement, ne peut souffrir d'aucun compromis. Le choix des moyens d'enseigner appartient bel et bien aux professeurs, comme le rappelait courageusement Souâd AYADA, la présidente du Conseil supérieur des programmes de l'Education nationale. J?espère, chers collègues, que, dans quelques instants, nous dirons tous, dans une sobre unanimité, oui à cette proposition de la Ville et de la famille, comme nous l'avons tous fait au Conseil d'administration du 5e arrondissement. Nous soutenons, par ce geste symbolique, tous les enseignants de France. Nous sommes avec eux et nous leur disons que nous ferons tout pour les protéger et les défendre, en même temps que nous leur exprimons notre immense gratitude et notre immense reconnaissance. Nous leur devons tous, ici comme ailleurs, un peu de ce que nous sommes devenus comme femmes et hommes publics, et aussi dans nos vies personnelles et professionnelles. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame la Maire.

La parole est à M. Francis SZPINER pour le groupe Changer Paris.

Monsieur le Maire du 16e arrondissement...

M. Francis SZPINER, maire du 16e arrondissement. - Madame le Maire, il y a des moments où ce qui nous rassemble est plus puissant que ce qui nous divise : l'amour et la défense de la République, la laïcité, la défense de nos libertés.

Je vous remercie, Madame la Maire, d'avoir dit les mots justes et clairs. Samuel Paty a été victime de la barbarie islamiste. Outre les violences qui ont frappé aveuglément des victimes, le terrorisme a ses cibles : le policier, le soldat, le juif, le prêtre, le professeur. Samuel Paty a été assassiné parce qu'il était professeur, parce qu'il enseignait le droit à la liberté de conscience, à la liberté d'expression. Samuel Paty aimait enseigner, c'est-à-dire apprendre à ses élèves à découvrir le monde, à le comprendre, à l'aimer. Il était ce que la République a célébré en son temps : les hussards noirs, ceux qui ont formé des générations à penser librement, sans dogme ni vérité révélée. Il a été assassiné tout simplement parce que cet amour de la liberté est intolérable pour les islamistes. Il est devenu un symbole, il est devenu l'un des visages de la République, et il est donc normal de lui rendre hommage.

Ce choix du lieu - on l'a déjà dit - au c'ur du Quartier latin, proche de La Sorbonne, est évidemment le plus approprié. C?est un hommage qui lui est rendu, mais, à travers lui, à tous ceux qui doivent continuer à enseigner sans peur, librement, pour faire grandir les élèves et les former à la citoyenneté. Il est bon que le nom de son assassin soit oublié et que celui de Samuel Paty reste à jamais dans nos mémoires. "La tragédie de la mort", disait Malraux, "c'est transformer la vie en destin". Le 16 octobre 2020, le destin de Samuel Paty s?est accompli. Mais un lieu de mémoire n'est pas seulement un lieu de souvenir. Il doit être un lieu d'espérance, il doit être un lieu de devoir, il doit être un lieu de résistance pour les enseignants, pour l'école de la République et pour tous ceux qui aiment la liberté. Je souhaite donc, évidemment, qu'à l'unanimité le Conseil de Paris vote cette appellation. Je souhaite aussi, mais cela a déjà été demandé, que nous procédions à un scrutin public. Je pense qu'aujourd?hui nous avons le devoir d'exemplarité. Nous ne tenons pas à répondre aux polémiques parce qu'elles n'ont pas leur place sur ce que peuvent penser les uns et les autres, sur les revendications syndicales de tel corps enseignant. Je trouve cela déplacé. Nous sommes là tout simplement pour rendre hommage à un homme qui a été et restera le visage de la République. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Maire du 16e arrondissement. Dernière oratrice, Madame SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Terrible 16 octobre 2020. Samuel Paty, enseignant en histoire-géographie, était atrocement et lâchement assassiné par un terroriste islamiste dans une rue d'Eragny, dans le 95. Comme cela a été dit précédemment, il a été assassiné parce qu'il incarnait un serviteur de la République, un hussard noir de la République, celui dont le noble métier sert la formation de l'esprit critique des futures citoyennes et citoyens, celui qui contribue à l'émancipation des jeunes personnes, celui qui transmet l'idéal de notre République inachevée, étroitement lié à la liberté de conscience.

Le lieu pour lui rendre hommage est bien choisi. Ce jardin dans ce quartier symbolise justement l'éducation, la culture, notre école de la République dont Samuel Paty était l'honneur, comme le décrit bien le projet de délibération, face à La Sorbonne, au c'ur du Quartier latin.

Chers collègues, soyons toutes et tous conscients que la menace terroriste n'est pas dernière nous, hélas. Le travail de mémoire, d'hommage, est essentiel pour toujours souder notre peuple. Demain comme hier, nous devons faire peuple uni contre les terroristes islamistes. Ne perdons jamais de vue leur objectif : semer la terreur et diviser le peuple.

Celles et ceux qui se sont empressés dans la course de vitesse raciste pour montrer du doigt nos concitoyens et concitoyennes de confession musulmane réelle ou supposée, font finalement le jeu des islamistes, parce qu'ils sèment la haine et la division tel que les islamistes en rêvent. De ce fait, ils piétinent, eux aussi, les principes de notre République. Hélas, je ne parle pas que de l'extrême droite. Tant de mois monopolisés par ce sinistre débat sur le séparatisme qui rappelle tant celui sur l'identité nationale. Et voilà que certains s?étonnent de la montée des agissements violents de groupuscules d'extrême droite ou de la banalisation des discours lepénistes "zemmouriens".

Dernièrement, une chaîne Telegram de plus de 4.500 personnes a dressé une liste des juifs et une liste de soi-disant islamo-gauchistes, et a appelé à prendre les armes dans l'indifférence médiatique gouvernementale. Une organisation d'ultra-droite avait envisagé des attentats contre des mosquées et des personnalités politiques. L?un des accusés, fondateur de ce groupuscule, vient d'ailleurs d'être condamné à 9 ans de prison ferme. Il faut le redire sans relâche : la République n'a pas de problème avec une religion en particulier. La République ne reconnaît ni ne finance aucun culte. La lutte contre toutes les formes d'obscurantisme passe précisément par plus de liberté, plus d'égalité et plus de fraternité. L?unité du peuple, à laquelle tout républicain se doit d'être attaché, c'est celle qui refuse aux terroristes la victoire de leurs objectifs essentiels que sont la peur dans nos rangs et la division dans le peuple.

Hommage à Samuel Paty, restons peuple uni, déterminés dans nos engagements, contre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme, contre toutes les formes d'obscurantisme semant la haine et la mort. Je souhaite, moi aussi, que ce projet de délibération soit adopté à l'unanimité. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, mes chers collègues, pour les propos unanimes que vous avez portés. Je crois que cela honore notre Assemblée et le rôle qui est le nôtre. Je me réjouis de ce rassemblement. Je crois que nous le devons à notre pays, à la République et, bien sûr, à Samuel Paty. Je vais donner la parole à Mme Laurence PATRICE pour répondre aux différents orateurs, puis nous mettrons aux voix. Puisque deux demandes de scrutin public ont été présentées par des présidents de groupes, nous ferons, bien sûr, un vote à partir des cartes, un vote électronique. Je pense que les groupes se sont organisés pour pouvoir récupérer les cartes et les attribuer, puisqu?on a le droit à une procuration. Nous voterons chacun à nos places. Mais, tout d'abord, Laurence PATRICE, vous avez la parole.

Mme Laurence PATRICE, adjointe. - Merci, Madame la Maire, et merci surtout pour vos mots forts et justes. Je veux aussi remercier tous mes collègues qui sont intervenus pour leurs interventions qui honorent cette Assemblée.

Je tiens, pour ma part, à remercier les parents de Samuel Paty, qui nous écoutent effectivement, pour nos échanges, pour la confiance qu'ils nous ont accordée quand nous cherchions avec vous, Madame la Maire, un lieu à la hauteur de cet hommage.

Je remercierai également publiquement et très chaleureusement la maire du 5e arrondissement, Mme Florence BERTHOUT, pour avoir facilité ce travail autour de cette proposition. Vous l'avez dit, ce lieu est symbolique. J?ajoute que la place Paul-Painlevé garde effectivement son nom. C?est donc le square qui deviendra, après ce vote, le "square Samuel-Paty". C?est donc un lieu symbolique de la transmission des savoirs, des esprits ouverts, de la culture, ces valeurs de l'école républicaine dont Samuel Paty était l'honneur. J?ajouterai juste, pour conclure, que l'inauguration de ce square aura lieu effectivement samedi dans la plus stricte intimité, comme le souhaite la famille de Samuel Paty. Mais, dès dimanche matin, à 9 heures, les Parisiennes et les Parisiens, tous ceux qui voudront rendre hommage à Samuel Paty pourront venir se recueillir dans le square. Je vous remercie pour ce vote qui, je l'espère et n'en doute pas, sera à l'unanimité de notre Assemblée.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous, chère Laurence PATRICE.

Est-ce que les groupes veulent distribuer les cartes ? On prend une minute de suspension. Pendant ce temps, vous distribuez les cartes. Merci.

Suspension et reprise de la séance.

 

Octobre 2021
Débat
Conseil municipal
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