Vœu déposé par le groupe Changer Paris relatif aux animaux du lac Daumesnil.
M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Nous reprenons nos travaux dans l'ordre des Commissions précédemment entamées et nous examinons le v?u n° 9 relatif aux animaux du lac Daumesnil.
La parole est à Mme Valérie MONTANDON.
Je ne la vois pas en séance. Elle est en salle des fêtes.
Mme Valérie MONTANDON. - Dans cet hémicycle, nous débattons sur les conditions animales et souvent, d'ailleurs, les compétences sont plutôt nationales et devraient être débattues à l'Assemblée nationale. Aujourd?hui, je vous propose de vous prononcer sur les compétences de la Ville de Paris. J?attire votre attention sur les souffrances animales des oiseaux du lac Daumesnil dans le bois de Vincennes.
Tout d'abord, sachez que les oiseaux manquent de nourriture. Il se trouve que ces oiseaux ne sont pas assez sauvages pour trouver de la nourriture par eux-mêmes et qu'en hiver, les journées étant courtes, ils manquent de nourriture, et donc, ils souffrent de cet état. Mon v?u consiste à demander qu'il y ait une amélioration, soit par la pose de mangeoires - il y en avait il y a plus de six ans, elles ont été supprimées - soit par un autre système qui permettrait aux animaux, notamment les oiseaux, de pouvoir se nourrir à leur faim.
Il y a aussi un autre souci qui engendre des souffrances animales. Il se trouve qu'il y a un déséquilibre entre les canards femelles et les canards mâles. Finalement, les femelles étant sursollicitées, elles meurent. Elles laissent des portées entières de canetons qui sont voués à mourir sans l'intervention humaine. C?est pourquoi l'on vous demande qu'il y ait un système. Il y en a plusieurs. Sachez que la Ville a essayé d'en réintroduire dans le lac Daumesnil, mais elles sont parties, elles ont quitté le site. Il y a plusieurs méthodes. Certaines sont assez violentes, donc on vous le déconseille. En revanche, il existe une solution telle que la taille des rémiges, qui permet aux oiseaux, en taillant leurs plumes, de ne pas partir, quitter le site. Ainsi, cela permettrait un rééquilibrage entre les femelles et les mâles.
Pour toutes ces raisons, je vous demande de voter ce v?u. Je vous avoue que j?ai été très surprise par la réponse qui a été faite en conseil d'arrondissement. Tout d'abord, parce que la réponse était hors sujet. On nous a expliqué pendant plus de cinq minutes qu'il ne fallait pas donner de pain aux oiseaux. C?est une réalité : donner du pain, que ce soit aux oies ou aux canards, est très mauvais pour leur santé. Cela peut même les tuer. C?était complètement hors sujet puisque ce n'est pas ce que je demande dans ce v?u.
(Mme Célia BLAUEL, adjointe, remplace M. Emmanuel GRÉGOIRE au fauteuil de la présidence).
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - S'il vous plaît, nous sommes en train de monter le son. Merci d'écouter Mme MONTANDON.
Mme Valérie MONTANDON. - Ensuite, je pense qu'il y a un manque de prise de conscience sur le fait que ce sont des animaux vulnérables parce qu'ils ne sont pas assez sauvages, parce qu'il y a une très forte fréquentation humaine. C?est donc à nous d'intervenir maintenant. Je vous demande de bien vouloir adopter ce v?u consensuel. Je vous remercie.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.
Pour vous répondre, la parole est à M. Christophe NAJDOVSKI. C?est une demande d'explication de vote. Je pensais que vous vouliez répondre d'abord. Sinon, la parole est à?
Prise de parole de la maire d'arrondissement.
Madame la Maire, la parole est à vous. Vous m?avez demandé une explication de vote, mais allez-y.
Mme Emmanuelle PIERRE-MARIE, maire du 12e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Merci, Madame la Conseillère.
Chers collègues, nous sommes très sensibles, vous le savez, au bien-être des oiseaux du lac Daumesnil. J?ai, à plusieurs reprises, notamment cet hiver, interrogé nos experts ainsi que les experts de la Ligue pour la protection des oiseaux, la L.P.O., à propos d'un éventuel manque de nourriture dont souffriraient les oiseaux.
Or, il ressort qu'à ce stade, ce manque de nourriture n'est aucunement avéré. Les oiseaux d'eau sont capables de se nourrir tout seuls dans l'eau et sur les pelouses. Très exceptionnellement, notamment lors des périodes de grand froid et de gel, surtout les oiseaux de petite taille et afin de les aider à passer ces moments difficiles, on peut leur apporter de la nourriture de qualité : boules de graines variées, de la graisse et de l'eau. En revanche, nous ne souhaitons nullement le retour des mangeoires que vous mentionnez. Nous sommes, en effet, très attachés à ce que les animaux du bois de Vincennes conservent leur caractère sauvage autant que possible, et surtout, nous nous fions à l'expertise des associations de défense des animaux sauvages. Même s?ils vivent dans un espace particulièrement fréquenté, nous sommes sensibles à ce contexte particulier.
Ce qui nous semble prioritaire pour le bien-être des oiseaux du lac est de sensibiliser effectivement au danger de la nourriture avec du pain. Si cette pratique ancestrale peut se comprendre, notamment rechercher un lien avec les animaux et croire bien faire en leur donnant du reste de pain, en réalité, c'est dangereux, voire mortel, pour les volatiles. Comme pour tout ce que nous entreprenons en matière de respect de la faune, nous suivons toujours les recommandations de la Ligue pour la protection des oiseaux. De plus, nous avons, par un réaménagement des voies piétonnes autour du lac, agrandi les berges autour de Daumesnil, ce qui devrait permettre davantage de biodiversité autour de ce lac, au bénéfice de cette faune sauvage.
A propos de la surmortalité des canes, nous prenons en compte votre alerte. A ce stade, s?il est vrai qu'il peut arriver malheureusement parfois que les canards colvert tuent des femelles, ce n'est pas courant. Mais nous restons attentifs aux éléments d'information qui pourraient advenir à ce sujet.
Quant à votre proposition de tailler les rémiges d'une aile, permettez-moi d'être surprise par cette proposition. Nous ne souhaitons pas intervenir comme vous le suggérez. Nous sommes sensibles au respect du caractère sauvage des oiseaux et souhaitons leur permettre d'exprimer leur comportement naturel. Votre proposition ne nous semble pas entrer dans ce cadre. Nous préférons agir pour eux en tâchant de préserver leur habitat, en les soignant s?ils sont blessés.
Trop respectueuse de l'environnement, de la biodiversité de la faune et de la flore de notre arrondissement, et plus particulièrement du bois de Vincennes, vous pouvez compter sur moi et mon indéfectible engagement pour leur protection.
Je vous en remercie.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame la Maire.
Pour vous répondre, M. Christophe NAJDOVSKI.
M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire.
Madame MONTANDON, vous proposez un v?u pour le moins surprenant, pour lequel je vais devoir donner un avis défavorable et pour les raisons que je vais évoquer.
Vous demandez d'abord que soient installées des mangeoires pour les oiseaux du lac Daumesnil. Je rappelle à notre Assemblée que le nourrissage des oiseaux est une pratique interdite par le règlement sanitaire départemental et que nous y sommes tout à fait opposés. Nourrir les oiseaux par la main de l'homme favorise le regroupement et la surpopulation, ce qui entraîne le développement de maladies et de parasites, des déséquilibres nutritionnels et des changements de comportement des oiseaux qui perdent leur instinct naturel. Nourrir les oiseaux, c'est tout sauf leur faire un cadeau.
Nous sommes aussi très attachés à ce que les animaux du bois de Vincennes conservent leur caractère sauvage. Les seules interventions réalisées visent à protéger leur habitat quand la fréquentation humaine peut induire des perturbations, ou à les soigner quand ils sont blessés. Il peut donc être exceptionnellement envisagé d'apporter de la nourriture de qualité aux oiseaux de petite taille, lors des périodes de grand froid uniquement. Je rappelle que si des oiseaux s?installent à Paris, c'est qu'ils y trouvent suffisamment de ressources pour subvenir à leurs besoins.
Vous demandez ensuite que nous pratiquions la taille des rémiges sur les canes pour permettre le rééquilibre de l'espèce. Pour celles et ceux qui ne le savent pas, la taille des rémiges - que l'on appelle aussi le "rémigeage" - est une opération très invasive qui consiste à couper le bout de l'aile d'un oiseau afin de l'empêcher de voler. Cette situation est rejetée par la grande majorité des écologues et experts consultés. Nous considérons, là encore, qu'une telle intervention est contraire à notre principe d'intervenir le moins possible sur les espèces sauvages.
Vous l'aurez compris, il y a un désaccord avec la philosophie qui sous-tend vos deux propositions. Tous les spécialistes de la faune sauvage, et donc nous, selon leurs conseils, pensons qu'elles ne sont pas en mesure d'apporter des améliorations sur les conditions de vie de la faune sauvage du bois de Vincennes.
Pour toutes ces raisons, je formulerai un avis défavorable à votre v?u.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.
Je mets donc aux voix le v?u n° 9 du groupe Changer Paris, avec un avis défavorable de l'Exécutif.
Le vote est ouvert.
(Il est procédé au vote électroniquement).
Le vote est clos.
Le v?u n° 9 est rejeté. V?u déposé par le groupe Changer Paris relatif aux permis de végétaliser.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le v?u n° 10 relatif aux permis de végétaliser.
La parole est à M. Geoffroy BOULARD, pour deux minutes.
M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, il suffit souvent de faire quelques pas dans la rue pour mesurer l'état de délabrement des milliers de pieds d'arbres non entretenus, laissés à l'abandon et transformés parfois en poubelles à ciel ouvert.
Ces végétalisations sauvages sont parfois le reflet d'un manque de rigueur dans l'entretien confié à des tiers, qui peuvent se désinvestir sans qu'une alternative ne puisse être trouvée. Il est donc souhaitable que la délivrance des permis de végétaliser soit soumise à un entretien préalable en mairie d'arrondissement, afin de bien appréhender le degré de motivation et d'engagement durable de tout porteur de projet de végétalisation.
Il est également indispensable de pouvoir remplacer le porteur d'un projet défaillant et d'assurer une harmonie esthétique végétale grâce à une charte commune à tous les arrondissements. L?entretien de ces espaces végétalisés doit faire l'objet d'un suivi strict par les agents de la DEVE afin de responsabiliser chaque lauréat.
Je soutiendrai tous les projets de végétalisation si je suis assuré que les espaces concernés seront bien entretenus de manière régulière, rigoureuse, et donc, bénéfique pour tous.
Je vous remercie.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.
Pour vous répondre, M. Christophe NAJDOVSKI.
M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire.
Monsieur le Maire, merci pour votre v?u qui me permet de détailler notre action et les nouvelles mesures que nous souhaitons mettre en ?uvre concernant les permis de végétaliser.
Pour rappel, nous avons environ 3.000 permis de végétaliser en cours de validité aujourd'hui à Paris, dont 2.000 en pied d'arbre, ce qui représente 1 % du parc arboré présent dans la ville. Ce dispositif, avec celui des jardins partagés, est un outil important pour permettre aux habitantes et aux habitants qui le souhaitent de prendre part à la végétalisation de l'espace public et de créer du lien social dans les quartiers.
Vous demandez dans votre v?u que les mairies d'arrondissement soient mieux associées aux attributions de ces permis de végétaliser. Cela tombe bien, c'est ce qui est prévu. C?est ce qui est d'ailleurs décrit dans la communication sur la territorialisation qui était inscrite à l'ordre du jour de ce Conseil et dont nous avons débattu ce matin.
Comme vous, nous avons bien conscience que ce sont les élus d'arrondissement qui sont les mieux à même d'identifier les porteurs de projets et d'échanger avec eux dans la durée pour assurer la réussite de ces dispositifs. Aussi, à l'avenir, les mairies d'arrondissement pourront directement attribuer ou retirer les permis de végétaliser. Bien sûr, des fonctions supports continueront à être assurées par les directions centrales. Nous prévoyons même de renforcer l'accompagnement qui sera proposé aux citoyennes et aux citoyens "végétaliseurs".
Dès l'automne prochain, nous déploierons un service clefs en main aux porteurs de projets en proposant non seulement des conseils, de la terre et des graines, mais aussi un entourage des pieds d'arbres pour éviter les dysfonctionnements que vous mentionnez et que nous avons pu également constater.
Je me réjouis donc que nos réflexions sur les pistes d'amélioration et de développement de ces dispositifs soient convergentes. Considérant les engagements pris, notamment dans le cadre de la territorialisation, je considère que vos demandes sont prises en compte et vous propose donc de retirer votre v?u, en vous rappelant ma disponibilité pour travailler avec vous et avec l'ensemble des maires d'arrondissement à l'augmentation de la place de la nature en ville.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, votre v?u est-il maintenu ?
M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire, pour vos explications.
Je vais retirer mon v?u et je souhaite effectivement que l'on converge sur une meilleure régulation, notamment des pieds d'arbres et de la gestion de ces pieds d'arbres. Donc je retire mon v?u.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire. 2021 DEVE 34 - Participation à la Chaire partenariale Agricultures urbaines, services écosystémiques et alimentation des villes : convention entre la Fondation AgroParisTech et la Ville de Paris.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DEVE 34 relatif à la convention entre la fondation "AgroParisTech" et la Ville de Paris.
La parole est à Mme Chloé SAGASPE, pour cinq minutes.
Mme Chloé SAGASPE. - Merci, Madame la Maire.
Mes chers collègues, alors que l'Union européenne travaille avec difficulté à une nouvelle politique agricole commune et que les grandes lignes que nous connaissons aujourd'hui posent déjà des questions sur son ambition environnementale, notre Ville doit également prendre ses responsabilités en matière de production et d'alimentation durable. Repenser l'agriculture productiviste, intensive et à fort impact sur les écosystèmes, est devenu une nécessité.
Les villes sont de plus en plus denses et s?étalent de plus en plus. Il est donc impératif d'anticiper les mutations des campagnes et des métropoles pour trouver un nouveau contrat entre le monde rural et le monde urbain, qui permettra un approvisionnement de produits de qualité dans les zones fortement peuplées, tout en garantissant une production agricole rémunératrice. Ce nouveau contrat doit donc passer par le développement d'un modèle agroécologique fondé sur la production locale périurbaine et urbaine, qui implique d'accompagner la transformation des métiers de l'agriculture de proximité.
Ce projet de délibération, que nous voterons bien entendu, est une réponse à ces enjeux d'une alimentation saine, durable et plus juste. Via l'enseignement et la recherche, la chaîne partenariale d'"AgroParisTech" porte en effet l'ambition de lutter contre les précarités alimentaires, de réduire les pressions sur la biodiversité, tout en protégeant les ressources en eau. Les subventions accordées participeront notamment à l'acquisition de matériel d'identification de la biodiversité des sols et permettront également de renforcer les connaissances en matière d'impact climatique via l'analyse des substrats.
Au nom du groupe Ecologiste de Paris, je tiens toutefois, mes chers collègues, à rappeler plusieurs points fondamentaux qui appellent notre vigilance collective. Soutenir l'agriculture urbaine, soutenir l'enseignement, la recherche et l'innovation pour la préservation des sols, c'est une bonne chose. Mais cette subvention à la charte partenariale d'"AgroParisTech" ne doit absolument pas être l'arbre qui cache la forêt. Nous, écologistes, le rappelons depuis plusieurs Conseils de Paris : faire de la politique, c'est aussi avoir une vision systémique des enjeux, en particulier en ce qui concerne l'agriculture. Pour rappel, cette même école d'ingénieurs est, depuis plusieurs années, dans une situation de forte tension vis-à-vis de la vente de son site historique de Grignon, dans les Yvelines. "AgroParisTech" va, en effet, perdre son terrain d'étude. Car il s?agit ni plus ni moins de privatiser un domaine de plus de 300 hectares, où l'on trouve un château du XVIIe siècle qui abrite depuis plus de 200 ans la haute institution de formation des ingénieurs agronomes. L?Etat brade donc ses bijoux de famille, et par la même occasion, ses terres agricoles.
De nombreuses personnalités, dont les écologistes, ont appelé à maintes reprises à ce que ce site soit préservé contre le rachat par des promoteurs immobiliers, qui n'auront pour projet que l'irrémédiable artificialisation des sols de ce site patrimonial. Nous soutenons, à ce titre, le projet "Grignon 2026", porté par d'anciens élèves de l'école en association avec la communauté de communes C?ur d'Yvelines, qui vise à racheter ce domaine pour sécuriser les terres agricoles et préserver sa fonction de formation sur l'agriculture et l'alimentation de demain. On ne parle pas uniquement du site de Grignon puisque, comme vous le savez, cette école va déménager très prochainement sur le site du plateau de Saclay qui subit depuis des années l'implantation anarchique de nouvelles installations sans cohérence. A la fois des entreprises, des usines, des écoles, des logements, tout cela sans aucune infrastructure de transport réfléchie sur les terres agricoles pourtant les plus fertiles d'Europe, sacrifiées pour créer une pâle copie de la Silicon Valley. Encore un non-sens écologique.
Et puis, là, on ne présente plus le triangle de Gonesse, dont nous avons déjà débattu au précédent Conseil, pour lequel le Gouvernement vient à nouveau d'annoncer un projet absurde d'artificialisation des terres, alors que les collectifs locaux et les élus écologistes proposent des projets de maraîchage alternatif pour limiter la dépendance alimentaire de notre région.
Nous appelons donc à nouveau à ce que la Ville de Paris se positionne contre tout projet de bétonisation et d'artificialisation des terres agricoles franciliennes, de Gonesse à Saclay. Il est en effet de la responsabilité de notre Ville de prendre part à une stratégie cohérente et responsable de la production agricole en Ile-de-France, afin de permettre à toutes et tous de se nourrir avec des produits sains, relocalisés, à faible impact écologique, dans un projet qui garantit des revenus et des débouchés aux agricultrices et agriculteurs de la région.
Je vous remercie.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.
Pour vous répondre, la parole est à Mme Audrey PULVAR.
La parole est à Mme Audrey PULVAR et uniquement à Mme Audrey PULVAR. Merci.
Mme Audrey PULVAR, adjointe. - Je vous manque tant que cela ?
Chère Chloé SAGASPE, chère collègue, vous pouvez compter sur moi, et j?espère que vous le savez, pour avoir une vision systémique des questions d'agriculture et d'alimentation et de la nécessaire transformation du modèle agricole de l'Ile-de-France, puisqu?il s?agit de notre bassin de population et bien au-delà, avec l'ensemble des acteurs, des associations, des militants avec lesquels je discute au quotidien de ces questions.
Votre intervention me permet de mettre en lumière le beau partenariat qui lie la Ville à la chaire partenariale d'"AgroParisTech", chaire qui est dédiée à l'agriculture urbaine. Je ne ferai pas l'affront à cet hémicycle de rappeler l'excellence, tant en termes de recherche que d'enseignement, d'"AgroParisTech". Je souligne cependant l'originalité de ces chaires partenariales hébergées par la fondation "AgroParisTech", qui associent "AgroParisTech" à des acteurs publics et privés autour d'une thématique de recherche commune afin de répondre ensemble à des questions d'intérêt général pour le bénéfice du plus grand nombre. La Ville est l'un des membres fondateurs, aux côtés d'"AgroParisTech", de la chaire partenariale "Agriculture urbaine, service écosystémique et alimentation des villes". Il s?agit effectivement de résilience et de faire de notre région une région nourricière. Cette chaire entend accompagner le développement de l'agriculture urbaine au service de la résilience des villes et contribuer à relocaliser des formes de production et de transformation à proximité des villes.
Le projet de délibération que je vous soumets, dont nous avons parlé en 8e Commission, permet de renforcer notre coopération autour de 3 axes qui sont au c'ur de ma feuille de route pour Paris. La lutte contre les précarités alimentaires, l'agriculture urbaine et la biodiversité, puisque les méthodes agricoles les moins prédatrices pour l'environnement, qu'elles soient urbaines ou de plein champ, ont évidemment un impact positif sur la préservation de la biodiversité. Et puis, l'agriculture urbaine et l'eau - cher Dan LERT - puisque cette thématique, qui est aujourd'hui peu étudiée, présente de larges marges de progression pour augmenter la durabilité des projets d'agriculture urbaine, et pas seulement : au-delà, évidemment. Dan LERT voulait prouver, avec "Eau de Paris", au-delà de l'agriculture urbaine, aussi dans l'agriculture de plein champ.
Participer à cette chaire, ce n'est donc pas uniquement soutenir les projets dont nous avons discuté et que je vous présente très rapidement, mais c'est aussi cocréer dans un cadre innovant et participer à un ensemble de réflexions, de production d'outils, de savoir-faire et de formations au service des agriculteurs de proximité favorables au développement durable de nos villes, mais aussi à la production d'un revenu décent pour les agriculteurs et les agricultrices, et de méthodes agricoles les plus respectueuses de l'environnement, mais qui sont également les plus respectueuses de la santé de celles et ceux qui sont au contact direct de la fabrication des denrées qui nous nourrissent, c'est-à-dire les agriculteurs et les agricultrices.
Je vous remercie.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.
Je mets aux voix le projet de délibération DEVE 34.
Le vote est ouvert.
(Il est procédé au vote électroniquement).
Le vote est clos.
Le projet de délibération est adopté. (2021, DEVE 34).
Nous en avons terminé, chers collègues, avec les travaux de la 8e Commission. Compte rendu de la 1ère Commission.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous abordons maintenant les dossiers de la 1ère Commission.
Conformément au règlement intérieur du Conseil de Paris, je donne la parole à Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, présidente.
Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Je vous remercie, Madame la Maire.
Très brièvement, la réunion de notre Commission a été évidemment consacrée en grande partie aux comptes administratifs. Je pense que, comme le débat a eu lieu, il n'y a pas le souci de prolonger inutilement nos travaux. Quelques mots pour dire que j?ai organisé - je m?en réjouis et je pense les élus qui y ont participé s?en réjouissent également - une réunion de la 1ère Commission en amont de cette réunion d'examen des projets de délibération, consacrée à l'audition des partenaires sociaux de la Ville de Paris, à savoir les syndicats représentatifs et l'adjoint en charge des ressources humaines du service public et du dialogue social. Je ne sais plus trop dans quel ordre, mais enfin, ce sont les trois items.
Au cours de cette réunion très riche, les syndicats comme l'adjoint nous ont fait part non seulement de leurs priorités concernant la gestion des ressources humaines à Paris et de leurs attentes en matière de dialogue social pour aborder non seulement les questions liées au temps de travail, qui sont d'actualité aujourd?hui, mais beaucoup plus largement des questions qui tiennent au sens de leur travail, à ce que les Parisiens sont en droit d'attendre d'un service public à leur service en temps ordinaire, en temps de pandémie, les contraintes qui ont pesé sur les agents de la Ville de Paris durant cette phase de pandémie et leurs attentes pour l'avenir.
Je me réjouis que l'on ait organisé cette réunion qui était, je crois, une première pour la Commission des finances. Evidemment, c'était un échange de vues avec un objet extrêmement vaste. Nous organiserons ce type d'audition très régulièrement. J?ai à c'ur, comme présidente de la Commission, que les élus, sans évidemment se mettre à la place des partenaires sociaux qui sont compétents pour discuter, soient pleinement informés des enjeux sur lesquels la 1ère Commission est compétente. La place des ressources humaines à Paris - malheureusement, je crois que l'adjoint en charge des ressources humaines, du dialogue social et du service public ne me démentira pas - cette place des agents de la Ville de Paris occupe trop peu de place au sein de nos débats. Tout simplement parce qu'elle est souvent abordée de manière fractionnée, technique, que, parfois, pour certains élus, et je ne leur jette pas la pierre, le coût d'entrée est compétent pour véritablement s?y intéresser. Vraiment, je crois que, de tous bords politiques, nombreux sont les élus qui s?intéressent à cette question et aux agents qui l'incarnent.
Je vous remercie.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame la Présidente. 2021 DAE 91 - Subvention (160.000 euros) à l'association E2C (Ecole de la Deuxième Chance) dans le cadre du plan Boost Emploi.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous démarrons donc avec l'examen du projet de délibération DAE 91 : subvention à l'Association "Ecole de la 2e Chance".
La parole est tout d'abord à Mme Camille NAGET, qui, je crois, est en salle des fêtes.
Mme Camille NAGET. - Merci, Madame la Maire.
Chers collègues, ce projet de délibération accordant une subvention à l'Ecole de la 2e Chance de Paris nous donne l'occasion de souligner tout le travail mené par cet établissement. D?autant plus dans ce contexte de crise sanitaire qui touche de plein fouet la jeunesse. 31,80 % de chômage à Paris concerne les moins de 25 ans et "a fortiori" plus fortement les jeunes appelés ( ?). Nous aurons l'occasion de revenir dans ce Conseil sur l'urgence d'un plan à destination des jeunes Parisiens et Parisiennes.
L?Ecole de la 2e Chance, c'est un espace unique, pensé et conçu à destination des jeunes adultes ayant quitté le système sans diplôme ni formation, pour ainsi lutter contre l'exclusion ou les exclusions. C?est un mode de fonctionnement et un accompagnement qui permet aux jeunes non seulement de s?insérer professionnellement, mais surtout de s?insérer durablement dans une filière qu'ils ou elles auront choisie. C?est une dimension importante. Le morcellement du marché du travail a conduit à effacer les métiers pour préférer des emplois que l'on doit à son employeur. Or, trouver un emploi, c'est une étape, mais choisir un métier, cela peut être pour la vie. L?Ecole de la 2e Chance accompagne donc les jeunes dans cette voie. Avec réussite, puisqu?elle a un taux de positivité de plus de 75 %, ce qui lui a valu le label excellence "E2C".
Dans un contexte de crise sanitaire, de confinement, ils ont réussi le tour de force d'une hausse de 100 % des entrées cumulées entre octobre 2020 et mars 2021 par rapport à la même période l'année précédente. Depuis le début de l'année, 278 jeunes ont été accueillis. Un succès indiscutable dû à la qualité de la formation dispensée et aux intervenantes et intervenants. D?ailleurs, victime de son succès, l'ouverture d'un nouvel espace est prévue d'ici la fin du mois de juin dans le 19e arrondissement, rue du Maroc, à quelques centaines de mètres de leurs locaux dans le 18e arrondissement, afin de leur permettre de répondre à la demande grandissante. L?occasion d'appuyer leur recherche de local - 1.000 mètres carrés dans le Sud parisien - pour renforcer leur rayonnement auprès de tous les jeunes Parisiens et Parisiennes. Si 43 % viennent des arrondissements populaires du Nord-Est parisien - les 18e, 19e et 20 arrondissements - la part des jeunes du Sud parisien est en hausse. Les attentes sont fortes et les besoins sont partout.
L?Ecole de la 2e Chance, c'est l'insertion professionnelle et citoyenne. Une double dimension à laquelle le président, Denis BOUCHARD, et toutes les équipes qui l'accompagnent sont fortement attachés. En plus du volet insertion professionnelle et de l'accompagnement des jeunes vers l'emploi, à l'Ecole de la 2e Chance, on considère qu'être inséré, c'est aussi être pleinement citoyen. Ainsi, les stagiaires ont mené des actions de propreté dans les 18e et 19e arrondissements, des actions en faveur de l'accès à l'eau à travers la planète, ou encore, fin mai, une création artistique pour le vingtième anniversaire de la loi Taubira de reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. D'ailleurs, je sais qu'ils venaient assister, avant les restrictions dues à la crise sanitaire, à une partie de nos séances du Conseil de Paris. Une raison de plus, s?il en fallait une, de nous comporter de manière respectueuse les uns envers les autres.
Nous nous félicitons donc du soutien de la Ville de Paris à l'Ecole de la 2e Chance. Avec ma collègue Barbara GOMES, nous continuerons de les soutenir, notamment au sein du conseil d'administration. Pour terminer, je reprendrai leurs mots : "Tous les jeunes doivent pouvoir avoir accès à l'emploi et trouver leur place dans la société, sans discrimination ni stigmatisation".
Je vous remercie.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame la Conseillère.
La parole est maintenant à Mme Catherine IBLED.
Mme Catherine IBLED. - Madame la Maire, mes chers collègues, les jeunes, notamment pendant cette crise, font face à beaucoup d'obstacles. D'ailleurs, j?ai déjà pris la parole sur ce sujet dans cet hémicycle. Le champ des possibles est réduit et de puissants mécanismes d'autocensure limitent également leurs aspirations. La fracture s?intensifie avec la crise sanitaire, entre les jeunes qui peuvent s?adapter aux standards actuels et ceux qui sont freinés par leur situation personnelle.
Les décrocheurs du collège et du lycée, les décrocheurs de la première année d'études supérieures, ceux qui se sont égarés, ou enfin ceux, qui après avoir fait deux ou trois ans d'études, se retrouvent dans un secteur qui ne leur plaît pas ou qui ne recrute pas. Environ 100.000 jeunes sortent chaque année du système de formation initiale sans diplôme ni qualification. Le Gouvernement s?est fortement engagé et a d'ailleurs lancé un programme complet pour soutenir les jeunes, notamment avec les plateformes "1 jeune, 1 solution", "1 jeune, 1 mentor", qui viennent directement en aide aux jeunes. L?Ecole de la 2e Chance ne délivre pas de diplôme, mais accrédite des compétences en partenariat avec des coaches, des entreprises. Elle propose une insertion professionnelle par l'immersion en entreprise, une insertion citoyenne par des expériences sociales, solidaires ou associatives.
Cette association répond donc à un réel besoin, et je trouve que la subvention de la Ville de Paris est tout à fait bienvenue et légitime. Je vous remercie.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.
Pour vous répondre, la parole est à Mme Afaf GABELOTAUD.
Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - Madame la Maire, mes chers collègues, je suis presque gênée de prendre la parole après ces deux interventions, parce que vous avez, très bien, Mesdames, résumé ce que fait l'Ecole de la 2e Chance. C?est avec beaucoup de fierté que je peux partager avec vous cette émotion que vous avez fait passer et cette réalité que l'Ecole de la 2e Chance apporte aujourd?hui, c'est-à-dire une formation, un accompagnement, une écoute et la possibilité de retrouver un espoir, un avenir, parfois après des vies particulièrement compliquées ou des situations à des âges où l'on est plutôt perdu. Je vous remercie pour vos interventions.
Je n'en dirai pas plus puisque, que ce soit Mme NAGET ou Mme IBLED, je trouve que vos interventions se suffisent à elles-mêmes pour rendre hommage à cette très belle maison. Effectivement, c'est une école, mais c'est aussi une maison. Vous l'avez dit, c'est un accompagnement, des stages, des formations, du coaching, mais également de l'insertion, de la citoyenneté.
Je suis très fière de proposer d'abonder, dans le cadre d'un engagement supplémentaire du plan "Paris boost emploi" que nous avons adopté en novembre dernier - le renforcement de notre soutien aux structures accompagnant les Parisiennes et les Parisiens les plus éloignés de l'emploi - 160.000 euros sur un nouveau projet pour agrandir et accueillir plus de jeunes à l'Ecole de la 2e Chance, en plus des 400.000 euros socle que l'on verse tous les ans. Vous pouvez être assurés de notre soutien et du fait que nous continuerons à ?uvrer auprès de l'Ecole de la 2e Chance pour les accompagner et pour accompagner tous nos jeunes.
Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.
J?ouvre donc le vote sur le projet de délibération DAE 91.
Le vote est ouvert.
(Il est procédé au vote électroniquement).
Le vote est clos. Le projet de délibération est adopté. (2021, DAE 91).
Je vous remercie.