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2021 SG 5 - Convention d’occupation du pavillon "Maison de l’air" du Parc de Belleville (20e). Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à l'occupation de la Maison de l'air par les "Halles civiques" Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif au devenir de la Maison de l'air.


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération SG 5 ainsi que l'amendement n° 53 et les v?ux référencés nos 54 et 55 qui s'y rattachent. Il s?agit de la convention d'occupation du pavillon Maison de l'air du parc de Belleville dans le 20e. De nombreux inscrits, à commencer par le maire du 20e arrondissement, Éric PLIEZ.

M. Eric PLIEZ, maire du 20e arrondissement. - Bonjour. La question de la Maison de l'air est un sujet sur lequel nous travaillons depuis notre arrivée en juillet. Je vois donc ce v?u et cet amendement comme un encouragement à poursuivre notre démarche.

Le vote du projet de délibération SG 5 - et non pas 5G - est pour nous essentiel car cette occupation temporaire doit permettre le travail serein de nos services pour préparer avec nos équipes, avec les habitants, l'avenir du lieu.

J?ai rencontré vendredi dernier un des collectifs d'habitants, ainsi que les cabinets des adjoints concernés par ce dossier. La démarche de concertation est donc déjà entamée. Je veux donc voir dans votre demande un actif soutien à ma démarche et je vous en sais gré.

S?agissant de la demande d'une occupation non marchande du lieu, celle-ci résulte d'une expression commune des acteurs de ce dossier dans l'arrondissement, encore faut-il s?accorder sur le terme "non marchand". Pour ma part, j?estime qu'une occupation basée sur l'économie sociale et solidaire est compatible avec l'esprit du lieu. Elle ne serait et ne doit pas être écartée d'entrée de jeu. Qui plus est, la recherche d'un équilibre économique garant de la pérennité de la structure ne doit pas être perdue de vue.

Je pense pouvoir être rejoint par tous mes collègues maires d'arrondissement lorsque je considère que l'attribution des locaux de la Ville est un sujet particulièrement complexe et qu'il faut traiter ces questions avec tout le soin et l'attention possible. Ce lieu lui-même nécessite de lourds travaux dont les devis sont en cours d'étude par les services et la temporalité d'une occupation, quelle qu'elle soit, doit en tenir compte.

Donc, la concertation est lancée. Nous comptons bien entendre et faire entendre les voix de l'ensemble des habitantes et habitants, et je dis bien l'ensemble des habitantes et habitants qui souhaiteront s?exprimer sur le sujet, afin de faire émerger les idées idoines à l'adoption de la solution la plus satisfaisante pour tous.

Je souhaiterais aussi rappeler que mener une concertation en temps de crise sanitaire est un exercice complexe. Aussi, la régularité des réunions durant ces six mois de concertation à venir sera nécessairement liée à l'évolution des mesures sanitaires.

Pour tout cela, je soutiendrai donc le v?u du groupe Ecologiste de Paris et je suggère à Mme SIMONNET de retirer son amendement qui, à mon sens, est englobé dans celui du groupe Ecologiste de Paris. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci beaucoup, Éric PLIEZ.

La parole est maintenant à Raphaëlle PRIMET. Je ne la vois pas dans cette salle, donc soit elle est en Salle des fêtes, soit par Webex.

Raphaëlle PRIMET, est-ce que vous êtes avec nous ?

Mme Raphaëlle PRIMET. - Oui. Est-ce que vous m?entendez ?

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - On vous entend parfaitement ! La parole est à vous, pour cinq minutes maximum.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Mes chers collègues, la Maison de l'air revient une fois de plus dans nos débats au Conseil de Paris.

Depuis 2017, la question de sa destination future fait débat pour les habitants du quartier de Belleville et un collectif très actif est mobilisé pour s?assurer que le projet à construire sera bien conforme aux attentes des habitants. Sous la mandature précédente, au vu de l'emplacement magique du bâtiment, tout en haut du parc de Belleville, Mme CALANDRA avait envisagé l'installation d'un restaurant haut de gamme dans ce lieu. Ce projet non concerté avait alors crispé, voire mis en colère les habitants qui souhaitaient un lieu avec des missions relevant de l'intérêt général, des activités solidaires et non marchandes.

Par la suite, mi-juin 2017, un appel à projets pour une occupation temporaire a été lancé par la Ville, un appel à projets prédéfini qui ne tenait pas du tout compte des propositions émanant des habitants. C?était le projet des "Halles civiques", censées être au service de la démocratie participative et développer de nouvelles formes d'organisation collaborative. J?en passe et des meilleurs. On connaît la suite : des espaces loués bien trop cher, peu de lien avec les habitants. Le problème, c'est que ces "Halles civiques" devaient rester peu de temps mais que, à chaque fois, leur occupation a été prolongée, au grand dam des habitants et de notre groupe, qui avait à l'époque voté contre ces prolongations.

Le problème étant qu'au lieu de mettre à profit ce temps d'occupation pour mettre en place la concertation et construire ce projet capable de répondre aux aspirations, le temps s?est égrené sans que rien ne soit fait, et cela alors même que chaque premier dimanche de chaque mois le collectif "Maison de l'air" manifestait au belvédère.

C?est dans ce contexte que, pendant la campagne municipale, y compris dans notre programme, nous avons porté l'ambition de lancer et de travailler à une véritable concertation. M. le Maire Éric PLIEZ - et l'ensemble de notre équipe - est donc bien convaincu et décidé à la mener.

Il est vrai que la situation sanitaire ne nous facilite pas le travail. C?est pour cela que notre groupe a accepté cette nouvelle occupation temporaire, considérant qu'il ne fallait pas laisser les lieux vides trop longtemps. C?est l'association "Démocratie ouverte" des "Halles civiques" qui en a hérité. Cette convention a commencé le 1er janvier pour courir jusqu?au 30 juin. Elle prévoit les clauses habituelles de résiliation anticipée, ainsi qu'une prolongation par reconduction tacite pour une période de trois mois, renouvelable une fois, amenant au maximum jusqu?au 31 décembre 2021. Cela nous paraît correct et laisse le temps d'organiser les choses.

Lors de notre dernier Conseil d'arrondissement, M. le Maire s?est engagé en ce sens et il a d'ailleurs réuni, comme il vient de nous le dire, le 29 janvier dernier, l'ensemble des acteurs concernés autour de ce projet. Le collectif d'habitants impliqué dans l'avenir du lieu, les élus du 20e, le cabinet d'Anouch TORANIAN étaient présents. Cela a été l'occasion d'un engagement réaffirmé de notre équipe pour la mise en place d'une méthode de travail partagée en vue de la réflexion sur le devenir du lieu.

Par ailleurs, des travaux sont nécessaires. Nous attendons un retour des services techniques de la Ville sur le montant des coûts de ces travaux. Nous savons aussi que des travaux sont urgents sur le belvédère du parc de Belleville car il fuit dans la Maison de l'air. Il y a des fuites dans le Maison de l'air. Nous souhaitons que, même si les travaux doivent être concomitants, les montants de la réparation du belvédère ne soient pas ajoutés à ceux de la Maison de l'air, déjà importants.

Pour finir, en Conseil municipal, nous n'avions pas eu le temps de la réflexion, et donc pas voté l'amendement de Danielle SIMONNET. Nous le voterons ici, considérant qu'il ne fait qu'entériner ce que nous nous sommes dit et qu'il est de nature à rassurer les habitants sur nos intentions.

Nous nous abstiendrons sur le v?u du groupe Ecologiste de Paris, considérant qu'il préempte un peu la fin de la concertation en lui donnant déjà une destination dans son quatrième attendu.

Et nous voterons celui, toujours du groupe "Vert", qui demande un autre lieu de ressources pour la démocratie. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci beaucoup, Raphaëlle PRIMET. La parole est maintenant à Sylvain RAIFAUD qui, si je ne m?abuse, est en Salle des fêtes, comme tout à l'heure. Sylvain RAIFAUD?

M. Sylvain RAIFAUD. - J?y suis toujours, Monsieur le Maire.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Parfait. A vous la parole.

M. Sylvain RAIFAUD. - Merci beaucoup.

Mes chers collègues, je vais concentrer mon intervention sur le devenir des Halles civiques en tant que lieu dédié à la démocratie.

Le site de la Maison de l'air a été confié en 2017 à une association "Les Halles civiques" pour en faire un lieu de ressources et inventer de nouvelles façons de produire des politiques publiques et revitaliser notre démocratie. Il nous est proposé de prolonger la convention d'occupation pour une durée de six mois avec une partie du collectif. Nous soutenons ce projet de délibération mais souhaitons que cette période soit mise à profit pour tirer le bilan de cette expérience et tracer des perspectives sur ce que devrait être un nouveau lieu dédié à la démocratie à Paris.

En effet, trois ans après, le bilan est mitigé. D?un côté, de nombreux ateliers et conférences - plus d'une centaine en 2019 - organisés par un panel large d'associations et de collectifs se sont tenus dans ce lieu qui, avant la fermeture provoquée par la crise sanitaire, a bien joué un rôle de centre de ressources. L?initiative de la Convention citoyenne pour le climat doit beaucoup aux associations qui ont été hébergées en ce lieu. De l'autre, et cela a été dit par plusieurs intervenants, les habitants et associations du quartier ont regretté que ce lieu ne leur soit pas plus accessible.

Nous proposons de tirer un bilan sincère de cette expérience pour déterminer les conditions dans lesquelles de nouvelles halles civiques parisiennes devraient prendre place dans un autre lieu. En effet, il est important que la Ville continue de chercher en permanence à revivifier et à renforcer la démocratie, comme nous avons pu le constater au sujet de plusieurs projets de délibération inscrits à ce Conseil.

Nous avons besoin d'un lieu de rendez-vous pour les volontaires du budget participatif et de la démocratie locale, les animateurs bénévoles des conseils de quartier, un lieu d'information sur les projets de la Ville et de ses partenaires, d'espaces pour penser, expérimenter les nouveaux modes de relation entre les élus, les citoyennes et les citoyens, et les administrations. Il serait dommage que Paris se prive d'un tel équipement.

C?est la raison pour laquelle nous demandons, au travers de notre projet de v?u, premièrement que la Ville de Paris réalise une évaluation des engagements pris et tenus par les occupants depuis la signature de la première convention accordée en 2017 à l'association "Halles Civiques", et notamment en termes d'ouverture aux citoyens et aux citoyennes, aux habitants et aux habitantes, et associations du quartier ; deuxièmement, au regard de ce diagnostic, que soient proposées de façon concertée les conditions d'implantation d'un nouveau lieu-ressources dans un espace à identifier pour l'organisation de formations, débats, conférences, ateliers citoyens sur la démocratie et les grands enjeux parisiens. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Sylvain RAIFAUD. La parole est maintenant à François-Marie DIDIER.

M. François-Marie DIDIER. - Monsieur le Maire, je m?en félicite, on parle d'un nouveau sujet essentiel pour le 20e arrondissement.

Dans ce projet de délibération, je rappellerai quelques éléments qui n'ont pas été rappelés par mes prédécesseurs. Vous souhaitez que l'on prolonge de six mois l'occupation du pavillon du parc de Belleville, l'actuelle Maison de l'air, et cela avec une nouvelle association "Démocratie ouverte" présidée par l'un des fondateurs des "Halles civiques", l'association qui occupait jusqu?à maintenant la Maison de l'air.

L?association des "Halles civiques", je l'ai rencontrée à plusieurs reprises, et notamment pendant la dernière campagne municipale avec Rachida DATI. Cette association nous avait présenté son projet, ses ambitions. Malheureusement, c'est indiqué dans l'exposé des motifs, la crise sanitaire a eu raison de cette association qui est actuellement en liquidation. Leur projet n'a donc pas pu aller au bout.

J?avais compris, lors du Conseil du 20e arrondissement, qu'il y aurait un v?u commun. Alors, j?entends que le maire vient de dire qu'il voterait favorablement le deuxième v?u présenté par le groupe Ecologiste mais, sur le premier, on n'a pas entendu le maire. Encore une fois, vous semblez ne pas arriver à vous entendre.

Sur les deux v?ux du groupe Ecologiste, j?y reviendrai.

Pour ma part, et comme beaucoup d'habitants du 20e, je fais le constat que l'initiative de la Ville de Paris concernant la Maison de l'air n'a pas du tout fonctionné. L?idée initiale était que ce lieu devienne un symbole de la démocratie locale, que ce lieu si cher aux habitants leur soit ouvert, ainsi qu'aux associations de quartier, et cela n'a pas été le cas. C?est un échec total.

Ce que la Ville de Paris propose donc dans ce projet de délibération, c'est le néant absolu. Il n'y a aucune dynamique, aucun projet. La Ville souhaite seulement gagner du temps en prolongeant de six mois l'occupation de la Maison de l'air. Moi, je crois que ce lieu ne vous intéresse pas vraiment en fin de compte. J?entends parler de concertation mais je ne vois quand même pas beaucoup de choses qui sont mises en place.

En fait, vous n'êtes pas capables de faire de véritables propositions quant à l'avenir de la Maison de l'air. Et, pour toutes ces raisons, nous nous abstiendrons concernant ce projet de délibération.

S?agissant des v?ux du groupe Ecologiste, je vais gagner un peu de temps, et donc donner nos positions de vote. Sur le premier v?u, nous nous abstiendrons. En revanche, sur le second v?u, qui concerne l'avenir de la Maison de l'air, je partage votre constat : c'est ce que je viens de décrire. Il faut un véritable projet construit en concertation avec les habitants. D?ailleurs, je crois fondamentalement qu'il faut aller au-delà de la Maison de l'air. Il faut réhabiliter le parc de Belleville dans son ensemble, réaménager le belvédère également, pour que les habitants se réapproprient leur quartier. C?est leur demande d'ailleurs depuis de nombreuses années. Bref, avoir une vision? Or, une vision, c'est bien ce qui fait désespérément défaut à votre majorité. Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, et merci d'avoir tenu votre temps de parole.

Mme Antoinette GUHL, qui va présenter, je crois, les v?ux nos 54 et 55 au nom du groupe Ecologiste de Paris? Antoinette GUHL, où vous retrouve-t-on ?

Mme Antoinette GUHL. - En Salle des fêtes, Monsieur le Maire.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - A vous la parole.

Mme Antoinette GUHL. - Monsieur le Maire, chers collègues, vous l'avez compris aux interventions précédentes, la Maison de l'air est un sujet important pour le 20e. C?est un sujet important pour le 20e, pour ses habitants, et bien sûr relayé par ses élus. C?est bien pour cela que nous sommes ici aujourd?hui présents et que nous défendons un v?u qui demande que le devenir de la Maison de l'air soit étudié en toute concertation avec les habitants.

Ce qui s?est passé à l'installation des "Halles civiques" il y a quelques années, en réalité, n'est pas une grande réussite au vu de l'articulation avec le quartier. Bien sûr, c'était une? J?allais dire une tentative, une innovation de pouvoir avoir des halles civiques à Paris, et je le dis : la démocratie doit aussi innover et essayer des choses. Il se trouve que, là, au regard du quartier et des liens avec les habitants, ce projet n'a pas convaincu.

Et pourtant, la Maison de l'air est idéalement placée, au milieu d'un des plus beaux parcs - j?allais dire de Paris, mais vous verrez là un peu de chauvinisme 20e - avec une vue imprenable sur Paris et cette maison en lien avec l'écologie - je rappelle qu'elle accueillait jusqu?à il y a encore peu de temps des écoles dans l'éducation à l'environnement et au développement durable - aujourd?hui tombe en désuétude.

Nous tenons, nous, effectivement, à ce que ce projet soit réalisé avec quatre idées motrices. La première est une concertation et une vraie concertation. J?ai bien entendu, Monsieur le Maire, que cet objectif était partagé. J?ai entendu aussi les positions des autres groupes politiques. Je crois que, sur ce point, nous sommes d'accord. Le deuxième point, c'est qu'il n'y ait dans ce lieu aucune activité marchande au sens propre du terme et, bien entendu, vous connaissez notre attachement à l'économie sociale et solidaire. Nous y accueillerons volontiers, en tout cas en ce qui nous concerne, des activités d'E.S.S. Nous tenons à ce qu'il y ait un lien fort au quartier, à ses habitants, et que des activités en lien avec la nature puissent être réalisées dans ce lieu. Enfin, le dernier point, c'est que la concertation doit démarrer au plus tôt, bien sûr dans le respect des règles sanitaires. Elle doit démarrer au plus tôt car ce projet de la Maison de l'air, du devenir de la Maison de l'air? Vraiment, cela commence à faire maintenant très longtemps qu'on en parle. Les habitants et les associations risquent de se lasser et leur confiance à notre égard est en jeu, donc je vous invite toutes et tous à voter ce v?u. Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci beaucoup, Antoinette GUHL.

La parole est à Danielle SIMONNET qui présentera aussi l'amendement n° 53.

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, mes chers collègues, la Maison de l'air : hier, aujourd?hui et demain. Il est important de revenir sur ces trois étapes.

Hier, le passé. Ce n'est pas simplement celui de Frédérique CALANDRA, l'ancienne maire du 20e. Je voudrais quand même revenir un peu sur les propos de Raphaëlle PRIMET parce que, lorsque la Maison de l'air? Si on en a beaucoup parlé il y a quelques années, c'est parce que la Mairie centrale avait décidé que le statut de cet équipement, statut de pavillon, devait absolument ramener des recettes à la Ville, des redevances, et qu'il y avait un premier projet qui était d'y implanter un restaurant ou un café, qui permettait de ramener de l'argent à la Ville. C?était donc bien un problème, d'abord, lié à un choix de la Mairie centrale. Et puis, il y a eu une bronca des habitants, fort heureusement, qui ont dit : "Dans notre quartier populaire, au milieu de ce jardin magnifique, on ne veut pas d'un lieu lucratif et l'objectif de l'équipement? Tout équipement public qui se respecte est la propriété de celles et ceux qui n'en ont pas. On doit définir ces usages".

Ensuite, deuxième étape du passé : la Mairie centrale avec la mairie du 20e - et pas la mairie du 20e toute seule ! - ont plaqué les "Halles civiques". Or, les "Halles civiques", dans leur identité même, ce n'est pas une structure d'éducation populaire. Les "Halles civiques", ce n'est pas une structure qui cherche à s?impliquer localement. Les "Halles civiques", c'est une association qui pense la question de l'implication par le biais du numérique. C?est une autre approche. Et, d'ailleurs, il n'était en rien dans les projets des "Halles civiques" de faire des choses engagées dans le quartier, et donc c'était bien cela, le désaccord avec les habitants du quartier : on leur plaquait une structure, là où eux voulaient collaborer à l'usage et la vie d'un équipement avec et pour les habitants du quartier. Forcément, cela a été un échec total !

Alors, je rappelle que, sur cet échec total, nous avons quand même été amenés au mois de juin - non pas de l'année dernière, mais de l'année d'avant -, ici en séance, à revoter une augmentation de subventions pour permettre aux "Halles civiques" de renforcer leur ancrage local, et notamment d'embaucher? A ce moment-là, c'était : "Ils vont embaucher quelqu?un et vous allez voir : ils vont "vachement" s?ancrer localement !" Alors, quand même, regardons la situation : c'est un échec total. C?est pour cela que je voterai l'amendement du groupe GEP qui demande une évaluation parce que, quand même? On a là laissé un lieu - sans loyer, je rappelle ! - avec des subventions. C?est un échec total et on ne fait pas d'évaluation.

Maintenant, aujourd?hui, qu'est-ce que qui se passe ? On maintient quand même "Démocratie ouverte", une des 17 structures à l'origine des "Halles civiques". On la maintient six mois de plus dans les lieux, sans aucun appel à projets, alors que l'on sait pertinemment que c'est simplement pour que le lieu ne soit pas occupé, en fait. On ne va pas se raconter d'histoire ! C?est pour cela que vous les maintenez là pendant six mois, et c'est dommage, parce que c'est une occasion ratée.

Je suis persuadée qu'il y avait d'autres structures que vous pouviez mettre dans le lieu avec comme mission d'approfondir le débat et l'échange entre toutes les structures associatives du quartier et citoyennes pour justement contribuer à la co-élaboration du futur projet.

Alors, maintenant, le futur. Moi, je voudrais saluer les propos qu'a pu avoir le maire du 20e qui, oui, dès son arrivée dans la mairie du 20e, a décidé de permettre qu'il y ait débat sur ce sujet. Je sais, Monsieur le Maire du 20e, que vous avez eu des mots forts pour que ce lieu ne soit pas un lieu gentrifié, pour que rien ne se fasse sans les habitants. Cela tombe bien parce que je pense que c'est vraiment la demande, donc c'est une très bonne chose.

Maintenant, il faut que l'on précise entre nous : est-ce qu'on veut co-élaborer le projet de devenir de la Maison de l'air avec tous les acteurs du quartier ? Est-ce qu'on peut simplement concerter et décider in fine sans forcément tenir compte ? Ou est-ce qu'on veut simplement intégrer un lien fort avec le quartier ? C?est pour cela que, le v?u du groupe GEP, je pourrais le voter mais il ne va pas assez loin. On ne veut pas simplement un lien fort avec le quartier. On voudrait que cela puisse être une co-élaboration.

Cette co-élaboration et ce projet, à quels impératifs doivent-ils répondre ? On sait que des travaux importants doivent être faits. Qui doit payer ces travaux ? Est-ce que ce sont les porteurs du projet qui vont faire vivre le lieu qui doivent payer les travaux ? Eh bien, moi, je ne pense pas. Je pense que la Ville doit assumer de faire les travaux, de financer les travaux, d'investir dans cet équipement public et que le coût de cet investissement public ne doit pas être porté par une "rentabilité économique" des porteurs du projet. Sinon, vous verrez que? Quand vous dites : "Il faut que ce soit une structure qui relève de l'économie sociale et solidaire"?

Je voudrais revenir sur les propos d'Antoinette GUHL qui dit qu'il faut que ce soit non marchand. Je dirais plutôt qu'il faut que ce soit "absolument pas lucratif" parce que, sinon, je ne vois pas comment on va avoir des recettes possibles pour financer un loyer s?il n'y a absolument pas? Enfin, voilà, donc je ne comprends pas ! Je pense que c'est à la Mairie centrale de payer et non pas à la future structure. Puisque, auparavant, les "Halles civiques" ne payaient pas de loyer, je ne vois pas pourquoi la future structure paierait un loyer. Qu?allons-nous? Je terminerai sur cette question du fonctionnement des centres sociaux pour lesquels on estime qu'il n'y a pas de loyer à payer. Gardons cet esprit de co-élaboration véritable et pas simplement de concertation avec les acteurs du quartier. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

Pour répondre à l'ensemble des intervenants, la parole est à Anouch TORANIAN.

Mme Anouch TORANIAN, adjointe. - Monsieur le Maire, chers collègues, je l'ai rappelé à l'occasion de la charte du budget participatif nouvelle génération, le précédent mandat a été marqué par de nombreuses avancées en matière de participation citoyenne à l'instar, entre autres, de la création du site "Idee.paris" et l'organisation de nombreuses concertations.

Cette politique très ambitieuse s?est faite dans un contexte national marqué par l'émergence de nouveaux enjeux, de nouveaux outils et de nouveaux acteurs. Le besoin d'une structuration et d'un soutien à ce jeune champ d'action s?est fait ressentir assez vite du côté des innovateurs démocratiques qu'il nous fallait soutenir dans leur démarche.

C?est pour répondre à cet objectif que la Halle civique a vu le jour en 2017 grâce à un appel à projets portant sur la gestion et l'animation des locaux de l'ancienne Maison de l'air dans le 20e arrondissement. Aujourd?hui plus qu'hier, nous nous inscrivons dans cette ambition d'aller toujours plus loin dans l'association des Parisiens dans l'élaboration de notre politique publique et dans la volonté d'innover et d'expérimenter de nouveaux outils.

En revanche, comme nombre d'entre vous, je constate qu'au niveau local, après quelques années d'existence, la greffe a eu du mal à prendre. Les actions d'ouverture au quartier et aux acteurs ont été déployées de façon conséquente en 2019 mais elles sont sans doute arrivées un peu tardivement pour être réellement efficaces. Il n'en reste pas moins, et je tiens à le souligner, que ce projet a été un vrai coup de pouce pour nombre d'acteurs émergents sur les enjeux de participation citoyenne. Je pense notamment au collectif "Gilets citoyens" qui a permis la mise en place de la Convention citoyenne pour le climat. Plusieurs événements et rencontres ont été organisés au fil des ans. Tous ont permis de décider, expérimenter et enrichir les nouvelles formes d'action collective.

La proposition de prolongation d'occupation de ce lieu par "Démocratie ouverte" n'occulte en aucun cas le travail à mener sur le devenir de la Maison de l'air, ni sur celui de la "Halle civique".

Pour conclure, j?ajouterai deux points à mon propos. Je rejoins plus que favorablement le v?u déposé par le groupe GEP demandant un bilan de cette expérimentation. C?est ce que nous faisons systématiquement. Ce bilan est incontournable à la fois d'un point de vue de la qualité de l'offre et de son implantation à l'échelle du 20e arrondissement. Il nous permettra d'identifier à la fois les points de réussite, nombreux, et les écueils à éviter. Et il servira de base pour l'élaboration d'un futur projet consacré à l'engagement citoyen à Paris, innovant et audacieux, à l'image de tout ce que nous entreprenons en matière de participation citoyenne.

Sur l'amendement de Danielle SIMONNET et le second v?u GEP, comme l'a dit M. le Maire Éric PLIEZ, le travail de concertation est d'ores et déjà enclenché au niveau local. J?attire néanmoins votre attention sur le fait que nous souhaitons que la concertation soit la plus ouverte possible sur l'avenir de ce lieu et ne soit pas restreinte ou orientée vers certaines thématiques. Ce sujet reviendra à l'ordre du jour du prochain Conseil de Paris puisque le maire du 20e, Éric PLIEZ, portera un v?u dédié à ce projet. Notre avis est par conséquent favorable aux deux v?ux et à l'amendement. Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci beaucoup, Anouch TORANIAN.

Je mets donc aux voix l'amendement n° 53 de Mme Danielle SIMONNET, avec un avis favorable de l'Exécutif?

Qu?est-ce qu'il y a ?

Oui, oui?

Il y a donc un avis, pardon, favorable de l'Exécutif sur l'amendement de Danielle SIMONNET et je suis saisi d'une demande d'explication de vote de François-Marie DIDIER, pour le groupe Changer Paris.

M. François-Marie DIDIER. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce qui me ravit, c'est que, quand il y a un sujet essentiel pour le 20e, on arrive quand même à être tous à peu près d'accord. Mme TORANIAN a répondu sur le premier v?u du groupe Ecologiste concernant le bilan et l'évaluation des "Halles civiques". C?est pour cela que nous nous abstiendrons pour la simple raison qu'une convention a été signée par les "Halles civiques", donc qu'il y a un bilan, des obligations que doit remplir cette association. Mme TORANIAN a répondu sur ce sujet.

Sur le deuxième v?u, nous voterons favorablement.

Merci beaucoup.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 53 déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 53 est adoptée.

Pas de demande d'explication de vote, je peux passer au vote.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 54 déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2021, V. 18).

Je mets maintenant aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 55 déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2021, V. 19).

Et je mets enfin aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 5 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2021, SG 5).

 

Février 2021
Débat
Conseil municipal
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