34 - 1999, DAC 43 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres ou un marché négocié, dans l'hypothèse où l'appel d'offres serait déclaré infructueux, en vue de la réalisation des travaux de mise en place d'une couverture provisoire au droit des chapelles latérales et de l'assainissement des voûtes de l'église Saint-Eustache (1er)
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAC 43 : autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres ou un marché négocié, dans l'hypothèse où l'appel d'offres serait déclaré infructueux, en vue de la réalisation des travaux de mise en place d'une couverture provisoire au droit des chapelles latérales et de l'assainissement des voûtes de l'église Saint-Eustache.
La parole est à Mme Soizik MOREAU.
Mme Soizik MOREAU. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, en 1998, le Conseil de Paris a voté une enveloppe de 100 millions de crédits pour l'entretien du patrimoine parisien ; un plan " église " a été lancé en 1990 pour sauvegarder ce patrimoine culturel propriété de l'Etat - Ville de Paris.
Quelques années plus tard, l'urgence est totale. Le plan de rénovation n'a pas permis de rénover l'état général des églises parisiennes pour des raisons strictement financières. La Ville n'a pas suffisamment mobilisé les moyens nécessaires à la mise en oeuvre de ce plan. Si elle n'affecte que 50 millions de francs par an à la rénovation des églises, il faudra sans doute plus de 15 ans pour que l'ensemble du patrimoine soit effectivement restauré et pour un montant d'autant plus élevé que le travail de restauration s'étalera sur une longue période.
Si je rappelle ces faits généraux, c'est pour bien montrer que même pour l'église Saint-Eustache qui fait l'objet de la présente délibération, le niveau de la mobilisation financière n'est pas à la hauteur des besoins. Le coût total de la restauration de cette église est estimé à 100 millions de francs par certains experts et ce que vous proposez aujourd'hui n'est qu'une goutte d'eau alors que cette merveille architecturale subit d'importants problèmes d'infiltration.
Je rappelle qu'en 1998, le Conseil de Paris n'a voté qu'une ligne de crédit d'un montant de 10 millions de francs pour la restauration de la façade. Les Parisiens ont toutes les raisons de s'inquiéter. Doivent-ils s'attendre à ce que les églises parisiennes soient bâchées dans les prochaines années dans l'attente de travaux à venir ?
Les élus du groupe du Mouvement des citoyens vous demandent de bien vouloir communiquer à cette Assemblée un bilan des travaux à réaliser dans les 85 églises catholiques, les 9 temples protestants, les 2 synagogues qui sont propriété de l'Etat.
Il semble en effet que les services n'aient pas encore fait le tour de l'ensemble des églises parisiennes et qu'ils n'ont pas procédé à une évaluation complète des besoins.
Il est plus que temps de réagir, la Ville de Paris doit assurer sa responsabilité patrimoniale historique, je sais que c'est très difficile. Il faudrait aussi que la question de la pollution, facteur aggravant de dégradation, soit sérieusement prise en considération.
Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - La parole est à Mme MACÉ de LÉPINAY.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Madame MOREAU, je regrette qu'il soit si tard et que nous ne puissions pas parler longuement du plan " église ".
Vous avez rappelé que la Ville de Paris a à sa charge 96 édifices cultuels ; 40 sont classés parmi les Monuments historiques. Nous ne pouvons pas intervenir seuls et sommes liés à des interventions de l'Etat.
L'Etat subventionne à hauteur de 50 % toutes les communes de France. Pour la Ville de Paris, nous n'avons que 33 %.
De plus, la Direction régionale des Monuments historiques a du mal à mettre en oeuvre les crédits et a du mal à suivre l'ensemble des dossiers qui lui sont confiés. C'est pourquoi l'opération qui nous est soumise ce soir sera financée à 100 % par la Ville. Il s'agit d'une opération de protection qui permettra à l'architecte en chef, M. PERROT, responsable de cet édifice, de faire un bilan et un diagnostic précis des travaux à faire. Elle permettra que cette partie de l'édifice puisse s'assainir, s'assécher avant qu'on puisse entreprendre les travaux complets de réfection.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 43.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAC 43).