2018 DAC 777 - Extension mineure du périmètre de protection des rives de la Seine au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO. Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à l'intégration de l’île aux Cygnes. Vœu déposé par le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants relatif à la mise en valeur de l'île aux Cygnes.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons examiner le projet de délibération DAC 777 et les v?ux référencés nos 130 et 131 qui y sont rattachés.
Je vais donner la parole à Mme de CLERMONT-TONNERRE, à Mme LECOUTURIER, à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, à M. Didier LE RESTE, à M. CONTASSOT, à Mme SIMONNET, à M. GOUJON et à Mme BLADIER-CHASSAIGNE. Karen TAÏEB et Jean-Louis MISSIKA vous répondront ensuite pour l'Exécutif.
C?est Mme de CLERMONT-TONNERRE qui commence.
Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Merci, Monsieur le Maire.
Dans la foulée, je présenterai également le v?u n° 130.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de création, à l'architecture et au patrimoine inscrit désormais dans le droit français la notion de patrimoine mondial. Ce texte impose l'élaboration par l'État et la Ville d'une zone tampon et d'un plan de gestion destinés à assurer la protection des sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette nouvelle disposition permet également de mieux préciser et d'étendre légèrement le périmètre des 365 hectares du site des rives de la Seine, classées depuis 1991 au patrimoine et qui couvrent le linéaire compris entre le pont de Sully et l'axe de l'avenue de Suffren.
Cette extension nous donne l'opportunité d'inclure certains éléments oubliés en 1991 à l'image du Muséum d'histoire naturelle, des théâtres du Châtelet et de la Ville, du palais d'Iéna ou encore de la tour Saint-Jacques, laquelle n'est pas simplement un édifice exceptionnel mais fait partie intégrante des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont le parcours est inscrit au patrimoine mondial.
Je tiens au préalable à remercier Karen TAÏEB d'avoir organisé, le 25 octobre, une réunion de présentation et d'échanges autour de ce projet de délibération, réunion au cours de laquelle nous avons proposé d'intégrer l'Ile-aux-Cygnes dans le périmètre classé au patrimoine mondial.
En effet, l'extension en aval du Champ de Mars, telle qu'elle est décrite dans le projet que nous examinons, porte uniquement sur le pont-viaduc de Bir-Hakeim alors que son escalier monumental permet d'accéder à l'Ile-aux-Cygnes. Construite en 1865 dans le cadre de l'urbanisation de la plaine de Grenelle, cette île fut aménagée en 1878 par la Ville de Paris qui y réalisa une allée plantée de 890 mètres de long. Cette île artificielle qui s?inscrit dans la perspective de la Tour Eiffel sert d'appui à trois ponts : le pont de Bir-Hakeim, le pont de Grenelle-Cadets-de-Saumur et le pont Rouelle, édifié pour l'Exposition universelle de 1900.
Ce site atypique concentre une exceptionnelle biodiversité et constitue un itinéraire de promenade unique. Agrémentée sur ses côtés par 250 arbres d'une grande diversité, l'île compte une soixantaine d'essences différences comme par exemple des tilleuls de Hollande, des savonniers de Chine, des chicots du Canada, des érables de Cappadoce ou des ormes de Sibérie. Au fil des renouvellements, nous veillons d'ailleurs à enrichir ce site emblématique de la diversité arboricole parisienne : 25 nouveaux sujets ont été plantés en 2017.
L?île se termine à ses extrémités par deux esplanades ornées de statues. Sur la pointe amont s?élève la statue équestre de la France renaissante offerte en 1930 par la communauté danoise de Paris ; sur la pointe aval se dresse la Statue de la Liberté, offerte en 1885 par le comité des Américains de Paris. Réplique en bronze de l'?uvre de Bartholdi, elle fut inaugurée le 4 juillet 1889, jour de l'indépendance des États-Unis. Cette île insolite est très fréquentée par les promeneurs, les joggeurs et les touristes, notamment du fait de son ancrage dans l'axe de la Tour Eiffel et de la présence de la Liberté éclairant le monde.
Tout en apportant notre soutien au projet de délibération, il m?a semblé cohérent d'intégrer l'Ile-aux-Cygnes dans l'extension du périmètre de protection des rives. C?est le sens du v?u rattaché n° 130 qui a été voté à l'unanimité lors du Conseil du 15e arrondissement du 29 octobre. Avec l'inscription de l'Ile-aux-Cygnes au patrimoine mondial de l'UNESCO, nous aurions là, mes chers collègues, une belle opportunité de protéger, de valoriser et de faire rayonner la troisième île parisienne. Je vous remercie.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie. La parole est à Mme LECOUTURIER.
Mme Béatrice LECOUTURIER. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, le patrimoine exceptionnel de notre ville est le fruit d'une histoire, d'événements, de souverains, d'architectes, d'un peuple qui a traversé les époques en laissant une empreinte indélébile sur notre territoire parisien.
Même s?il est majestueux à Paris, ce patrimoine n'en est pas moins fragile. Si les Parisiens et les touristes s?émerveillent toujours devant les joyaux de notre capitale, c'est qu'il a été soigneusement entretenu et préservé.
Merci, Monsieur DUBUS, de votre silence.
Il ne m?entend pas?
En inscrivant les rives de la Seine à Paris au rang du patrimoine mondial en 1991, l'UNESCO a souligné le caractère exceptionnel et la valeur universelle de ce site. Il est vrai que ce site est une richesse exceptionnelle à Paris. En partant du pont de Sully jusqu?au pont Bir-Hakeim, ces rives de Seine imposent un éblouissement renouvelé à chaque fois que nous longeons cette scène si familière qui a fait l'histoire de Paris.
En termes de protection du patrimoine, les intégrations supplémentaires proposées dans ce projet de délibération ont un sens, même si les choix effectués relèvent encore d'une certaine imperfection, puisque le pont Mirabeau, classé monument historique en 1975, est toujours exclu de ce périmètre.
Sur le principe de la création d'une zone tampon, il conviendra de voir ce qui sera retenu, sachant que la zone "Rive de Seine" est déjà très étendue, mais elle peut avoir du sens en termes de patrimoine. En effet, à Paris, de nombreuses rues ou aménagements urbains historiques ont été pensés dans une vision globale de perspective de la ville. Il convient absolument de préserver cette notion de perspective architecturale dans notre capitale. C?est pourquoi notre groupe s?était opposé au maintien de la Grande Roue, place de la Concorde, pour des raisons de perspectives historiques, l'axe Obélisque-Jardin des Tuileries-Champs-Élysées ayant été cassé par la Grande Roue.
Mais les considérations patrimoniales de la mise en place de cette zone tampon ne doivent pas occulter une actualité judiciaire récente concernant les berges de Seine.
Curieusement, ces berges de la Seine et leurs perspectives sont devenues un enjeu politique pour la Mairie de Paris. En effet, le motif de la pollution ayant été rejeté par le tribunal administratif pour la piétonisation des quais, vous vous êtes emparés du classement des berges au patrimoine mondial de l'UNESCO pour motiver cette décision de fermeture de celle-ci à la circulation. Le tribunal a accepté cette motivation.
Cette décision du tribunal administratif crée maintenant une jurisprudence. Désormais, il sera possible à la Mairie de Paris, par simple arrêté municipal, de décider la fermeture aux voitures de tout axe, permettant de protéger ce site des rives de Seine. Ainsi, toute extension supplémentaire de ce périmètre deviendra autant d'axes routiers susceptibles d'être fermés à la circulation. Je regrette que la défense du patrimoine devienne alors une justification politique de fermeture des axes de circulation, certains structurants dans l'identification d'une nouvelle zone tampon dans la capitale.
La piétonisation des espaces à fort caractère patrimonial est une vraie question qu'il convient d'étudier avec intelligence et dans le dialogue. L?idée de la piétonisation n'est pas à rejeter en bloc mais doit faire l'objet d'une réflexion globale sur les zones piétonnes à Paris. Néanmoins, afin de ne pas répéter les erreurs dramatiques de méthode avec laquelle la Mairie de Paris a décidé de piétonniser les berges de rive droite, il serait bon d'associer, à la définition de cette zone tampon, les mairies d'arrondissements concernées et des groupes de travail de Paris et que soient écoutés également l'avis de la Métropole du Grand Paris et celui des maires des communes adjacentes.
De même, comme le demande notre groupe UDI-MODEM depuis de longues années, la Ville de Paris ne pourra pas faire l'économie d'un vrai plan de circulation dans la capitale qui prenne en compte cette dimension de protection du patrimoine au regard de la décision du tribunal administratif.
Voilà pourquoi notre groupe votera pour ce projet de délibération, mais restera très prudent concernant ce projet de délibération et suivra avec beaucoup d'attention la mise en place de cette zone tampon. Je vous remercie.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie. La parole est à Nicolas BONNET-OULALDJ.
M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, "la Seine a de la chance, elle n'a pas de souci quand elle se promène tout le long de ses quais avec sa robe verte et ses lumières dorées". Comme un écho à la chanson de Jacques Prévert, les rives de la Seine sont classées au patrimoine de l'UNESCO depuis 1991. Les quais de Seine sont jalonnés de chefs-d'?uvre architecturaux et urbains édifiés du Moyen Age jusqu?au XXIe siècle. Ainsi, une promenade sur la Seine ou le long des quais permet d'observer les strates successives de l'histoire de Paris.
Nous voterons pour ce projet de délibération qui prévoit une extension - mineure - du périmètre de protection des rives de la Seine au titre du patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette extension permettra d'inclure des monuments qui n'y figuraient pas auparavant comme le Muséum d'histoire nationale ou la tour Saint-Jacques. La création d'une zone tampon est soumise au vote de notre Conseil. Nous approuvons le principe de cette zone tampon dans l'attente de la définition de son périmètre.
Je profite de ce projet de délibération pour me féliciter de la volonté politique de notre majorité de piétonniser les berges de Seine. Nous avons rendu ce patrimoine historique, cet espace géographique particulièrement exceptionnel aux habitants et aux habitants de Paris, aux promeneurs et promeneuses, aux touristes qui viennent visiter notre ville. La fermeture des voies sur berge à la circulation automobile est une décision qui va dans le sens de l'Histoire. Elle figure dans nos engagements de campagne et a été prise avec le soutien des Parisiennes et des Parisiens.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - C'est faux !
M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - J'en profite aussi, mon cher Jean-Louis, Monsieur le Maire, pour vous interpeller sur toute construction nouvelle. Evidemment, nous ne sommes pas opposés à la modernité, nous sommes pour l'évolution de notre ville, mais cela doit s'inclure dans ce nouveau périmètre.
Nous avons débattu au Conseil du 12e arrondissement de la place Mazas, Quai de la Rapée. Je sais votre vigilance, celle de la maire du 12e arrondissement sur le devenir de ce projet. Nous sommes nous-mêmes vigilants, afin que les berges de Seine, ce quartier et cette extension, permettent la pacification, permettent la promenade, la tranquillité et que Paris se tourne vers son futur.
L'appropriation du fleuve, la lutte contre la pollution, la préservation des berges inscrites au patrimoine de l'UNESCO, comme le rappelle ce projet de délibération, sont des raisons suffisantes pour que l'on maintienne l'interdiction des circulations automobiles sur la rive droite de la Seine.
C'est ce qu'a reconnu la juridiction administrative il y a quelques semaines. Aussi, aujourd'hui, les Parisiens et les Parisiens ont de la chance, ils n'ont pas de souci quand ils se promènent le long des quais de Seine.
Je vous remercie.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.
La parole est à M. Yves CONTASSOT.
M. Yves CONTASSOT. - Merci, Monsieur le Maire.
Après Prévert, Apollinaire : "Sous le pont Mirabeau coule la Seine et nos amours, faut-il qu'il m'en souvienne ?".
Quel Parisien, quelle Parisienne n'a en mémoire le superbe poème de Guillaume Apollinaire, ode à son amour déçu tout autant qu'à Paris et son fleuve.
La Seine, comme tous les fleuves qui traversent les villes, est non seulement à l'origine de la ville, mais elle en est le symbole au même titre que ses monuments les plus connus. C'est un joyau qui n'aurait jamais dû être défiguré par une hideuse autoroute urbaine et que nous avons décidé de restituer à la promenade, comme tous les quais devraient l'être.
La Seine, dont les rives sont inscrites au patrimoine de l'UNESCO depuis 1991. Depuis la loi relative à la création, à l'architecture et au patrimoine de 2016, les sites inscrits à ce patrimoine sont reconnus et doivent être préservés par la création d'une zone tampon d'une part, et un plan de gestion d'autre part.
Nous sommes particulièrement heureux qu'enfin une grande réflexion soit menée pour la sauvegarde de la Seine, de ses rives, des perspectives visuelles et que soient intégrés au document d'urbanisme le plan de gestion et la zone tampon.
D'après l'exposé des motifs, la DRAC a missionné le bureau d'études BLANC-DUCHÉ pour qu'il propose à la fois une extension mineure du périmètre actuel et la zone tampon.
Je regrette que cette étude n'ait pas été annexée au projet de délibération. Je souhaite que vous puissiez nous la communiquer assez rapidement.
Pouvez-vous déjà nous dire s'il y a des informations sur le périmètre de la zone tampon proposé dans cette étude ?
De même, le dossier dit technique joint au projet de délibération est assez succinct, car il ne comporte qu'un plan, sans la légende correspondant aux différents éléments indiqués.
L'exposé des motifs précise qu'il serait nécessaire de procéder à une étude paysagère approfondie afin de définir la zone tampon. Nous en sommes parfaitement d'accord. Nous souhaitons que le cahier des charges de l'étude puisse être débattu, peut-être au sein de la cinquième commission, et aussi en commission du Vieux Paris, pour que nous puissions faire part de nos attentes en la matière.
A ce stade, nous estimons, cependant, qu'il serait assez logique que la zone tampon couvre au minimum toute la partie de la Seine comprise dans Paris intra-muros, y compris le pont Mirabeau.
Nous souhaitons que tous les projets envisagés sur la Seine ou à proximité immédiate soient suspendus dans l'attente d'un nouveau débat au sein de notre conseil à l'issue de l'étude envisagée.
Ce projet de délibération est d'autant bienvenu que nous avons dans un passé récent souhaité protéger les abords de la Seine de constructions la défigurant.
En conclusion, je cite à nouveau Apollinaire, " Sous le pont de Mirabeau coule la Seine, et nos amours, faut-il qu'il m'en souvienne ? La joie venait toujours après la peine." Après la peine de nos propositions rejetées, voici la joie d'un projet porteur d'espoir.
Merci.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Pour continuer en poésie, Madame Pascale BLADIER-CHASSAIGNE, vous présenterez le v?u n° 131.
Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE. - Ce v?u, Ile-aux-Cygnes, pour mettre en valeur cette magnifique digue créée en 1825 sur la Seine entre les 15e et 16e arrondissements, dans le cadre du projet de port fluvial de Grenelle.
Cette promenade publique, qui comporte plus de 60 essences d'arbres est un endroit apprécié des Parisiennes et des Parisiens, non seulement pour son calme, mais aussi parce qu'il fait partie intégrante du patrimoine parisien.
Reconnaissable de loin grâce à la réplique en bronze réalisée par Bartholdi, de la statue de la Liberté de Liberty Island à New York, offerte à la France en 1889 pour le centenaire de la révolution française, cette île a accueilli d'emblématiques événements.
En 1900, à l'occasion des premiers Jeux Olympiques de Paris, un concours de pêche à la ligne y fut organisé. En 1937, lors de l'exposition universelle, l'île y a accueilli le centre des colonies. 190 pavillons avaient été bâtis entre le centre de l'île et la Concorde.
Plus récemment, en 2012, dans le cadre du projet d'aménagement des berges de Seine, une partie de l'île a été rénovée, l'éclairage renforcé, des équipements sportifs installés. Les conseils de quartiers y ont organisé des événements comme les joutes nautiques, les fêtes américaines et même la journée de la pêche pour la plus grande joie de plus de 3.000 spectateurs.
On peut aussi noter qu'aujourd'hui même, un projet de port solaire sur cette île est à l'étude. Sa réalisation serait une bonne chose, tant sur le plan de l'écologie que de l'innovation.
Cependant, en comparaison des années et siècles précédents, cette île est aujourd'hui sous-valorisée, voire délaissée.
Compte tenu de son histoire patrimoniale remarquable, mais également d'une situation géographique exceptionnelle, cette île magnifique mériterait véritablement d'être beaucoup plus mise en valeur.
C'est pourquoi aujourd'hui mes collègues et moi-même émettons le v?u, alors que nous avions dit que la Ville de Paris poursuit la réhabilitation de l'île aux Cygnes, vous avez amendé cette phrase en nous disant : "envisage de poursuivre la réhabilitation totale de l'île aux Cygnes".
On accepte cet amendement en espérant que cet artifice sémantique ne soit pas de nature à reculer aux calendes grecques cette réhabilitation dont l'île a tant besoin.
Emettons également le v?u que la Ville de Paris assure une meilleure sécurisation de ce lieu et étudie la tenue d'un événement culturel ou sportif populaire récurrent tirant profit des caractéristiques géographiques, historiques et artistiques de cet espace.
Je vous remercie et vous rappelle que ce v?u a été voté à l'unanimité en Conseil du 15e arrondissement.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie pour vos interventions. Je donne la parole à Karen TAÏEB puis à Jean-Louis MISSIKA.
Madame TAÏEB ?
Mme Karen TAÏEB, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, merci à tous les intervenants. Je vous remercie pour vos interventions qui ont inspiré beaucoup d'entre vous. Ces interventions qui permettent une nouvelle fois de souligner l'immense beauté des rives de la Seine, ?uvre collective construite au fil des siècles ; fruit du génie français, du talent de nos architectes, de nos artistes et artisans.
Les quais de la Seine sont jalonnés d'une succession de chefs-d'?uvre architecturaux et urbains édifiés du moyen-âge au XXe siècle, qui ont conduit l'Unesco à classer les rives de la Seine au patrimoine mondial en 1991. L'Unesco utilise l'expression "valeur universelle exceptionnelle" V.U.E. pour qualifier les sites classés. La valeur universelle des rives de Seine nous engage non seulement auprès de nos concitoyens, mais aussi de tous les Français, de l'humanité tout entière et des générations à venir.
Pendant de nombreuses années, la circulation automobile intense le long des berges de la Seine a non seulement fait obstacle à la contemplation sereine de ce magnifique paysage, mais également mis en péril l'intégrité du site.
L'UNESCO l'a bien compris en déclarant en 2017, lors de l'adoption des déclarations rétrospectives de valeurs universelles exceptionnelles, que : "l'interdiction de circulation des véhicules à moteur sur les quais bas des berges de la Seine contribue à préserver l'authenticité et l'intégrité du bien classé."
La suppression de la circulation automobile sur les berges de la Seine permet de retrouver pleinement la beauté et le charme du site, mais nous assure désormais que ce chef-d'?uvre du génie humain sera préservé dans les meilleures conditions pour les générations futures.
Comme l'ont déclaré il y a quelques mois mon collègue Bernard GAUDILLÈRE et les présidents de S.O.S. Paris et Paris historique dans une tribune : "? Il est rare qu'un site renoue avec sa beauté d'origine. (?). C'est pourtant précisément ce qu'il vient de se passer sur les berges de la Seine".
Je tiens donc à le répéter, et les amoureux du patrimoine ne pourront qu'acquiescer, et à saluer une nouvelle fois la décision récente du tribunal administratif entérinant la décision prise par la Maire de Paris de supprimer la circulation sur les quais bas de la rive droite.
Par ailleurs, nous sommes pleinement conscients de la nécessité de valoriser auprès de tous la beauté et la richesse patrimoniale de ce bien inscrit voilà près de trente ans. C?est ce que nous faisons. Nous avons notamment travaillé à la mise en ?uvre d'un plan d'installation de plaques rappelant cette inscription : la première a été apposée par la Maire de Paris, Anne HIDALGO, et la directrice générale de l'UNESCO, Audrey AZOULAY, le 15 septembre dernier à l'occasion des Journées européennes du patrimoine. Je voudrais remercier ma collègue Véronique LEVIEUX qui a participé à cette organisation.
Le périmètre ainsi classé en 1991 allait du pont de Sully à la Tour Eiffel et au Trocadéro. Dans ce projet de délibération, il s?agit, d'une part de proposer une extension mineure du bien classé, et de prévoir une zone tampon d'autre part. L?expression extension mineure, je rassure, fait partie du lexique de l'UNESCO. Il s?agit par ce moyen de répondre à quelques incohérences ou manquements lors du classement de 1991.
Ce qui est ainsi proposé permet de mieux prendre en compte la géomorphologie, comme l'ancienne île Louviers qui sera ajoutée, de supprimer des dents creuses comme l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, la place du Châtelet avec ses deux théâtres qui ne figurait pas ou encore de réparer les oublis flagrants, comme la tour Saint-Jacques, la place Saint-Michel ou le palais d'Iéna.
Il s?agit d'autre part de se mettre en conformité avec la loi LCAP relative à la liberté de création à l'architecture et au patrimoine, promulguée en juillet 2016, qui inscrit pour la première fois la notion de patrimoine mondial dans le droit français.
La loi prévoit désormais la mise en place d'une zone tampon, vous en avez parlé, recouvrant les abords du bien, ainsi que d'un plan de gestion assurant la conservation et la valorisation du bien dans le cadre d'une collaboration étroite entre les services de l'Etat et les collectivités locales.
Le projet de zone tampon devra faire l'objet d'une étude paysagère approfondie, permettant d'en identifier le périmètre le plus adapté. Nous vous proposons par ce projet de délibération d'en approuver le principe, principe de la création d'une zone tampon. Je pourrais dire à mon collègue Yves CONTASSOT, à l'occasion de ce plan de gestion, on pourra aborder à nouveau la question des détails que vous souhaitez voir et qui figurent peut-être partiellement en annexe. En tout cas, je suis à votre disposition pour organiser des réunions pour étudier tout cela, comme je l'ai déjà fait d'ailleurs.
J?ai souhaité réunir les maires des arrondissements concernés par ce périmètre puisqu?on parle pour l'instant du périmètre. C?était donc le 25 octobre, comme vous l'avez souligné, et je les remercie. La mairie du 15e arrondissement a demandé que l'Ile aux Cygnes soit ajoutée au périmètre. Madame de CLERMONT-TONNERRE, j?ai bien entendu vos arguments concernant l'intérêt patrimonial de ce lieu unique qui a accueilli une partie de l'exposition universelle de 1937, où se trouve effectivement la réplique de la statue de la Liberté de Bartholdi, mais aussi de toute cette biodiversité que vous avez bien décrite.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Il va falloir aller vers votre conclusion, Madame TAÏEB.
Mme Karen TAÏEB, adjointe. - Je donnerai donc un avis favorable à votre v?u.
Nous avons également entendu la maire du 8e arrondissement qui demandait que soit intégré l'ensemble des quatre fontaines identiques du rond-point des Champs-Elysées.
Je voudrais parler d'un mot du deuxième v?u sur l'Ile aux Cygnes qui est proposé par le groupe PPCI. Il y a certainement des besoins supplémentaires de réhabilitation. Je propose un avis favorable si l'amendement est effectivement accepté concernant la demande d'organisation d'un événement plus populaire, culturel ou sportif. Il faudra tenir compte des contraintes de lieu. Je pense que vous pourrez le faire également en lien avec la mairie du 15e arrondissement.
En conclusion, Paris est fier de la Seine et si la Seine pouvait parler, je pense qu'elle dirait : merci Paris. Oui, nous sommes fiers. Ce patrimoine universel qui a tant inspiré Flaubert, Apollinaire, Beauvoir ou encore Maupassant, qui inspire encore et toujours mais respire aujourd?hui et mieux chaque jour.
Je vous remercie.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.
Monsieur MISSIKA, vous avez la parole.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci à tous les orateurs et en particulier à Karen TAÏEB pour ces éléments.
Ce projet de délibération nous offre l'opportunité de réfléchir à nos priorités pour les bords de Seine, pour la préservation de ce paysage exceptionnel et son meilleur accès pour tous.
Dans ce contexte, je souhaite vous informer du lancement prochain d'un Atelier Seine qui aura pour but de mettre autour de la table toutes les parties prenantes concernées par le fleuve et ses abords. La démarche "Réinventer la Seine" avait déjà montré la pertinence de travailler sur des projets concrets avec Port de Paris, Voies navigables de France et les communes voisines, afin de coordonner nos visions.
Je pense qu'il faut aller plus loin et créer une instance de dialogue, accompagnée et informée par l'APUR, qui permette d'établir une vision commune pour la Seine.
Cet Atelier Seine, qui concernera les périmètres définis avec l'UNESCO, sera coordonné avec le comité des usages fluviaux organisé par Michel CADOT, le Préfet de Région, avec lequel j?ai échangé à ce sujet et qui sera présent ou représenté à cet atelier.
Les sujets sont nombreux, entre les transformations des modes de déplacements sur le fleuve avec le développement des Hydrofoils, la transition de la motorisation des bateaux de tourisme vers l'électrique et l'hydrogène, la piétonisation du c'ur de ville des quatre premiers arrondissements de Paris, mais aussi les projets urbains qui se développent en bord de fleuve, et l'extension de la grande promenade amorcée par la piétonisation des voies sur berges.
Dans le cadre de "Réinventer la Seine", nous avions sélectionné plusieurs projets, que ce soit au niveau du pont de Grenelle, de la place Mazas ou du port de Tolbiac, qui amènent des nouveaux usages en bord de Seine et qui ont un impact paysager.
J?entends le besoin de dialogue sur ces projets. Je considère que l'extension du périmètre de l'UNESCO oblige à un réexamen de ces projets et incite à l'élaboration d'une doctrine globale sur le grand paysage de la Seine. C?est aussi à cela que doit servir l'Atelier Seine.
Nous devons définir ensemble nos invariants pour tout aménagement en bord de fleuve, que ce soit pour des raisons patrimoniales ou écologiques. Nous devons nous assurer de la sauvegarde des vues, des courants d'air frais du fleuve, mais aussi d'un meilleur accès des Grands Parisiens à la Seine, notamment dans la perspective de la création des zones de baignade à l'horizon 2024. En ce sens, l'Atelier Seine rejoindra les réflexions de la consultation internationale sur le périphérique et les autoroutes urbaines, pilotées par le Forum Métropolitain car il y a beaucoup de sujets d'interface, notamment dans le 12e arrondissement. Je tenais donc à vous informer du lancement de ces réflexions qui pourront être débattues le moment venu en Conseil de Paris. La première session de cette Atelier Seine aura lieu en janvier 2019, et tous les groupes du Conseil de Paris y seront représentés, comme c'est le cas dans tous nos ateliers d'urbanisme. Je vous remercie.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 130 déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 582).
Le v?u du groupe PPCI avec l'amendement est-il accepté ?
Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE. - L?amendement est accepté, comme je vous l'ai dit dans le corps de mon texte.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - D?accord.
Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 131 déposée par le groupe PPCI, amendée par l'Exécutif.
Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?
La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 583).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 777.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, DAC 777). V?u déposé par le groupe Démocrates et Progressistes relatif à la valorisation des ponts de Paris.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons examiner le v?u non rattaché référencé n° 132 relatif à la valorisation des ponts de Paris.
La parole est à Mme Fadila MÉHAL.
Mme Fadila MÉHAL. - Merci, Monsieur le Maire, chers collègues.
Je vais revenir une année en arrière, deux années même, puisqu?à l'époque, en décembre 2016, avec le groupe UDI-MODEM, nous avions présenté un v?u sur la promotion des ponts enjambant la Seine et les sites culturels alentours.
Ce v?u qui avait été adopté à l'unanimité a une acuité tout à fait particulière puisque le tribunal administratif a confirmé la piétonisation des berges au nom de la préservation du patrimoine. Je rappelle que cela concerne 37 ponts de Paris. Chacun l'a rappelé d'ailleurs, les voies sur berges sont classées patrimoine mondial de l'Unesco, de même que de nombreux ponts qui sont aussi inscrits aux monuments historiques.
Je souhaiterais revenir un peu sur ce v?u parce qu'autour de ces ponts, de ces berges existent de nombreux musées et des institutions culturelles reliées le plus souvent par les ponts de Paris. C?est vrai aussi qu'une signalétique particulière de ces institutions culturelles, se trouvant aux extrémités des ponts, avec un parcours culturel dédié à ces structures, permettrait de découvrir la ville d'une autre manière valorisant ainsi le patrimoine de la Seine.
Ma question est simple : ce v?u qui a été adopté à l'unanimité, qui prend une acuité particulière, est-ce que la Ville peut nous présenter un état d'avancement de la réflexion sur cette valorisation des ponts, et notamment la mise en place du parcours culturel que nous avions appelé de nos v?ux et qui avait été voté à l'unanimité.
J?ai en mémoire ce qu'a dit Florence BERTHOUT, ce sont des v?ux. Seront-ils exécutés ? C?est toute la question.
Merci, Madame l'adjointe de nous répondre.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme TAÏEB pour vous répondre.
Mme Karen TAÏEB, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire et mes chers collègues, et merci, Madame la conseillère.
Chère Fadila MÉHAL, je vous remercie pour votre v?u qui me permet, en effet, de vous faire part des nombreuses actions que nous avons initiées?
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Excusez-moi, Madame TAIËB. Est-ce que vous pourriez faire un peu moins de bruit parce qu'il y a un brouhaha qui commence ? Donc, les discussions, il faut les avoir dehors. Je vous remercie. Continuez.
Mme Karen TAÏEB, adjointe. - Oui, je reprends.
Je remerciais Mme Fadila MÉHAL pour son v?u parce que cela permet de faire part des nombreuses actions qui ont été initiées autour des ponts de Paris. En premier lieu, les cadenas d'amour, qui sont chers à notre collègue Christophe GIRARD, puisqu?il était intervenu sur ce sujet. Cette année, ce sont à nouveau plusieurs tonnes de cadenas qui ont été retirées afin de protéger l'intégrité des ouvrages. De plus, à l'instar de ce que nous avons déjà fait sur le pont des Arts, les barrières temporaires qui protègent les rambardes du square du Vert-Galant sur le pont Neuf seront remplacées au printemps prochain par des plaques de plexiglas qui empêcheront de nouvelles accroches.
Nous avons, par ailleurs, travaillé à la création d'un parcours artistique et patrimonial autour des ponts de Paris, afin de permettre à tous de redécouvrir ce patrimoine exceptionnel et de les inviter à déambuler sur les berges de la Seine. Ce parcours, qui prend la forme d'un dépliant - je ne sais pas si vous l'avez eu ; en tout cas, il est à votre disposition - a été diffusé pour la première fois à l'occasion des Journées européennes du patrimoine. Il est édité en français et en anglais, et diffusé par l'Office du tourisme et sur notre site Internet.
Toujours en adéquation avec notre volonté de promouvoir l'histoire de la Seine et de ses ponts, nous avons soutenu financièrement le projet "Gens de la Seine", créé à l'initiative du C.N.R.S. C?est accessible gratuitement sur Internet. On peut néanmoins regretter que le projet proposé par les Parisiens dans le cadre du dernier budget participatif et qui prévoyait d'éclairer des ponts et passerelles de Paris, n'ait pas été lauréat.
Avant de terminer, je tenais également à rappeler les actions que nous avons menées dans le cadre plus général de la valorisation du bien "Paris, rives de la Seine" inscrit, comme nous venons de le dire, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco et qui comprend 23 des 37 ponts. Ceux qui sont descendus sur les berges à l'occasion des Journées européennes du patrimoine ont pu voir des affiches réalisées par des jeunes illustrateurs, mettant en valeurs six ponts emblématiques de Paris et de son histoire : le pont Alexandre-III, le pont Marie et le pont des Arts...
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Il va falloir conclure.
Mme Karen TAÏEB, adjointe. - La passerelle? Je m'arrête là. On pourra vous donner la liste.
Ces affiches ont été exposées sur le site et ont fait l'objet d'une médiation auprès des Parisiens par plusieurs membres du Conseil parisien de la jeunesse. J'espère que tous ces éléments montrent notre volonté de valoriser la Seine.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci. C'est deux minutes la réponse sur les v?ux, comme le temps de présentation sur les v?ux.
Mme Karen TAÏEB, adjointe. - Pardon.
M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Démocrates et Progressistes, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.
Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 584).