2018 DU 170 - Dénomination "place Louise-Catherine Breslau et Madeleine Zillhardt" (6e).
Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous passons au projet de délibération DU 170 relatif à la dénomination "place Louise-Catherine Breslau et Madeleine Zillhardt" dans le 6e.
La parole est à Mme PRIMET.
Mme Raphaëlle PRIMET. - C'est pour remercier, parce que nous avions proposé ce v?u en mars dernier, Catherine VIEU-CHARIER et les services de la Ville pour la rapidité de la réalisation.
Le choix du croisement de rues, cette place qui est certainement une des plus vivantes du quartier Saint-Germain-Odéon est fort judicieux. Elle est au c'ur du Paris intellectuel que Louise-Catherine et Madeleine ont fréquenté au début du XXe siècle.
Je ne reviens pas sur la carrière et le destin de ces deux femmes en détail. Ces deux femmes artistes et amoureuses ont connu la vie à l'arrière du front, alors que Français et Allemands s'affrontaient sur le champ de bataille au cours de la Première Guerre mondiale.
Louise-Catherine témoignera par son ?uvre des ravages de la guerre et aura soin d'offrir ses portraits aux anciens combattants ou à leurs familles.
Madeleine survivra à Louise-Catherine 23 longues années qu'elle consacrera entièrement au souvenir de sa muse et de son amoureuse.
Que cette plaque soit le souvenir éternel de ces deux femmes associées dans un même hommage.
Je vous remercie.
Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.
Mme VIEU-CHARIER pour répondre.
Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Merci, chers collègues, de parler de Louise-Catherine Breslau et Madeleine Zillhardt, qui elles aussi sont assez peu connues, il faut bien le dire. Elles se sont rencontrées toutes les deux à l'Académie Julian, en effet à l'époque l'Académie des beaux-arts n'acceptait ni les femmes ni les étrangers. C'était restrictif.
Louise-Catherine est la première à rencontrer le succès, elle est médaille d'or des expositions universelles de 1889 et 1900, troisième femme et première personnalité non française à recevoir la Légion d'honneur en 1901.
Elle devient donc l'une des grandes peintres de Paris de l'époque.
Madeleine va l'accompagner dans sa carrière en étant sa muse, son inspiratrice, sa compagne, tout en poursuivant une carrière dans les arts décoratifs et dans l'écriture, et elle, elle devient l'une des plus célèbres décoratrices de son temps.
Comme tant d'autres, les tableaux de Louise-Catherine Breslau seront moins exposés au fil du temps. Son ?uvre a été heureusement redécouverte aujourd'hui et fait partie des collections du Louvre, du musée d'Orsay, des grands musées suisses et suédois.
On perçoit notamment dans ses tableaux, la vie et l'intimité du couple en toute délicatesse à différents âges de sa vie, mais toute la mémoire de l'époque.
Ce projet de dénomination prend un sens tout particulier au moment où nous commémorons le centenaire de l'Armistice. Les deux femmes se sont illustrées en mettant leur travail au service des soldats, chacune dans leur art. Louise-Catherine, dans son studio francilien, peignait des portraits de soldats, d'infirmières, de médecins, et les offrait à leurs familles avant de partir au front. Certains figurent d'ailleurs dans les collections du musée Carnavalet.
Les deux femmes ont vécu pendant 40 ans ensemble. Madeleine, effondrée de chagrin après la mort de Louis-Catherine en 1927, consacrera le reste de sa vie à perpétuer son souvenir. Elle a fait don des ?uvres de sa compagne à de grands musées et institutions culturelles, et comme vous l'avez rappelé tout à l'heure, Monsieur VESPIRINI, la Ville de Paris lui a acheté des ?uvres, en effet.
Grâce à elles, l'?uvre de Louise Catherine Breslau est toujours vivante et je vous propose de célébrer ce couple hors du commun, en attribuant leur nom à une place au c'ur de Paris.
Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 170.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2018, DU 170).
V?u déposé par le GEP