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2017 DVD 27 - Aménagement des 7 places parisiennes (4e, 5e, 8e, 11e, 12e, 13e, 19e et 20e). - Communication du bilan annuel du projet. Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif à la concertation pour le réaménagement de place du Panthéon (5e). Vœu déposé par le groupe les Républicains relatif au mobilier urbain et à l'utilisation de la place du Panthéon (5e).


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DVD 27 et les v?ux nos 132 et 133.

Il s'agit de l'aménagement des sept places parisiennes situées dans les 4e, 5e, 8e, 11e, 12e, 13e, 19e et 20e, certaines sont sur deux arrondissements à la fois. Il s'agit de la communication du bilan annuel du projet.

La parole est, dans un premier temps, à Mme Edith GALLOIS, pour 5 minutes.

Mme Edith GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

La phase de concertation touchant à sa fin, les aménagements des places sont désormais arrêtés.

Le grand défaut de ce plan de rénovation des places, c'est que les aménagements semblent répondre davantage à un objectif chiffré de réduction de la circulation, que par ailleurs on peut entendre, ou à créer de nouveaux usages qu'à répondre aux usages et aux besoins existants des habitants.

J'aborderai essentiellement la question de la place d'Italie et souhaite rendre compte ici des préoccupations des usagers.

Desservie par les lignes de métro 5, 6 et 7, par les bus 27, 47, 57, 59, 64, 67 et 83, l'enjeu des interconnexions doit être au centre du projet des aménagements de la place d'Italie.

Or, le projet de déplacement des arrêts de bus dans le cadre du réaménagement de la place pose plusieurs problèmes.

Premièrement, celui du rallongement considérable des interconnexions et des traversées piétonnes des voies circulantes, alors qu'il aurait fallu veiller à ce que les distances des interconnexions restent les plus courtes possibles pour les usagers.

Deuxièmement, il y a ce projet de déplacement des terminus des bus 59 et 61 sur le boulevard Vincent-Auriol, qui implique le stationnement de nombreux véhicules et la question d'un lieu de repos pour les agents.

Si le réaménagement de la place ne permet pas de résoudre ces questions, il aura été vain.

Ensuite, les autres aménagements proposés semblent être, aux yeux des usagers, comparables au budget participatif. Par exemple, on n'est pas contre, mais on ne comprend pas bien en quoi ils répondent à des exigences ou des besoins prioritaires.

Ainsi, l'aménagement de l'îlot Vincent Auriol en zone de détente ne semble pas prioritaire par rapport aux besoins plus quotidiens de stationnement de deux-roues.

De même, les habitants ne comprennent pas bien à quel impératif correspond l'agrandissement du terre-plein central de la place d'Italie. Encerclé de voies de circulation, le jardin central n'est en fait pas accessible ni agréable, puisqu'il faut pour l'atteindre traverser une circulation qui, même si elle est freinée et concentrée, restera toujours très dense. La place d'Italie est un axe majeur de circulation, d'entrée et de sortie de Paris.

Ce jardin central répond-il à un usage ?

Non, car son insularité fait qu'il est faiblement fréquenté, voire même marginalement, et il le restera tout autant demain malgré son arrondissement et quelques maigres mesures cosmétiques.

Je ne vois pas de familles allant s'installer au milieu d'un carrefour à haute circulation.

Plutôt que d'agrandir le terre-plein central, il aurait fallu agrandir les terre-pleins périphériques, qui eux sont davantage connectés à la ville, ses habitations et ses commerces de pieds d'immeubles.

Je remarque que la Ville a fait la même erreur avec les berges de Seine, au quotidien les piétons ne les utilisent pas ou très peu, car le parc Rives de Seine n'est relié à la ville que par quelques rampes d'accès distantes les unes des autres alors que les piétons empruntent massivement les quais hauts qui s'inscrivent, eux, dans une continuité urbaine. On pourrait tirer les conséquences de ce que l'on observe dans les aménagements passés pour mieux définir les projets présents et futurs. Bref, le choix retenu d'élargissement du terre-plein central n'est pas du tout une bonne option. Enfin, dernier point d'aménagement, il me paraît indispensable que la nouvelle place d'Italie puisse comporter une piste cyclable bidirectionnelle. C'est une demande que je porte de longue date, afin de faciliter la traversée des places parisiennes pour les cyclistes. Elle pourrait être installée sur les contre-allées périphériques, fermée à la circulation automobile et permettrait une circulation douce mais efficace quel que soit le côté par lequel on y arrive, tout autour de la place. Les décisions que vous avez prises sont comme toujours guidées par une vision toute dogmatique, uniquement pensée pour gêner la circulation routière, sans prendre en compte la qualité de vie ni les usages de vie quotidienne des habitants. Elles n'ont pas pris en compte nos propositions, pourtant pleines de bon sens qui, elles, n'étaient inspirées que par le pragmatisme et le vécu du 13e. Pour l'ensemble de ces raisons, le groupe UDI-MODEM s'abstiendra sur ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. D'ailleurs, s'agissant d'une communication, vous n'aurez pas à la voter, donc vous n'aurez même pas à vous abstenir et nous poursuivons avec Mme Florence BERTHOUT.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Monsieur le Maire, cette communication a au moins le mérite de nous apporter des éclaircissements sur des informations que l'on réclamait depuis de longs mois.

J'y ai trouvé des informations intéressantes, et pour tout dire assez préoccupantes sur le coût de ces aménagements, puisqu'il a déjà été revu à la hausse, avec un nouveau montant annoncé, passé de 30 millions d'euros à 44 millions d'euros, auquel, si j'ai bien compris, il faudrait ajouter 3 ou 4 millions supplémentaires par le biais des budgets participatifs. C'est-à-dire que l'on a un dérapage, chers collègues, de 50 % sur les aménagements des places, étant entendu que le projet de piétonisation du Panthéon qui est dans le 5e arrondissement a été fort heureusement abandonné.

Les seules phases de programmation, de co-conception et de co-construction pour reprendre la fameuse novlangue de la Ville continuent à suivre une augmentation vertigineuse.

Je voudrais vous donner un seul exemple : ces phases pour la place du Panthéon ont coûté plus de 327.000 euros, mais qu'à cela ne tienne ! Alors que l'on a abandonné le projet de piétonisation, dans la communication, on nous annonce que la Ville envisage de dépenser jusqu'à plus de 531.000 euros. C'est tout à fait extravagant quand on sait qu'on a des dizaines et des dizaines de projets de réaménagement de trottoirs qui attendent. Alors, sur le fond, je ne peux évidemment que me réjouir qu'on ait abandonné l'idée, qui était une idée assez saugrenue, de piétonniser la place du Panthéon, pour revenir à une position plus pragmatique en retenant la position, dont je pense qu'elle était une position un peu plus consensuelle, qui était d'en faire une zone de rencontre. Mais il reste deux interrogations majeures.

Il reste celui des aménagements bricolés, dont on me dit qu'ils n'ont pas vocation à être pérennes. Ils le seront, d'ailleurs, d'autant moins que, dans quelques mois, Simone Weil et son époux rentreront au Panthéon. Donc, il va bien falloir faire partir ces aménagements bricolés, dont un étrange Algeco installé place du Panthéon avec des bancs en bois, à côté de ce magnifique édifice. Inutile de vous dire qu'enlever tout ce barnum, cela va coûter beaucoup d'argent.

Alors, j'ai déposé deux v?ux qui ont été réécrits avec mon opposition municipale et adoptés pour que, d'abord, on fasse une réunion publique d'information à mi-parcours sur cette phase de concertation et qu'on voie un peu ce que la Ville, qui ne parle pas toujours d'une seule voix sur ces sujets-là, envisage. Et puis qu'on élabore une charte municipale des usages de la place du Panthéon en lien, évidemment, ou entre des représentants de la Ville, de la mairie d'arrondissement, le conseil de quartier, dans lequel on pourrait, comment dirais-je, intégrer la question, évidemment, du mobilier, même s'il n'a pas vocation à être pérenne, et surtout, la question des aménagements? Des animations, pardonnez-moi, de la place du Panthéon. Parce que j'ai découvert qu'en dépit de tous les engagements qui avaient été pris, des concerts de musique amplifiée ont gentiment été organisés alors que j'avais donné un avis défavorable, à partir de 18 heures, à côté de la bibliothèque Sainte-Geneviève, qui faisaient que les étudiants sont sortis pour se plaindre parce qu'ils ne pouvaient plus travailler. Voilà.

Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame BERTHOUT.

La parole est à présent à Nicolas BONNET-OULALDJ, au nom du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, cette communication "bilan annuel du projet" me permet de revenir sur l'importance de la décision que nous avons prise ensemble de réaménager sept places parisiennes.

Ce travail, suite au succès du réaménagement de la place de la République, même s'il n'a pas tout à fait la même ampleur ni le même coût, nous met devant une responsabilité historique. Les places parisiennes dont nous parlons aujourd'hui ont une histoire différente et un usage différent. Il ne s'agit pas d'uniformiser. Il n'y a pas une place, mais bien des places. En revanche, nous devons répondre sur bien des aspects, et même des questions, aux mêmes attentes des habitants et des habitantes mais aussi des visiteurs et des touristes.

L'aménagement des places parisiennes au XXIe siècle doit répondre à des exigences qui ont bien changé en un siècle : faire passer ces places de simples lieux de passage, de transit ou de stationnement pour la voiture, en des lieux de vie où doivent cohabiter de multiples usages. La place doit être d'abord un lieu de respiration. Il est bon que nous cherchions à la rendre aux piétons et aux circulations douces. Il est important aussi que ce soit un lieu de pause, de repos, de jeux, de rencontres. La végétalisation est donc notre contrainte, que nous nous sommes légitimement fixée. Mais la place doit aussi garder son usage de rassemblement pour des manifestations pacifiques, commémoratives, délibératives ou revendicatives. Elle est le lieu où, spontanément, les foules se réunissent depuis que Paris est Paris.

Que serait la place de la Bastille si elle ne connaissait pas périodiquement des rassemblements pour les droits et la justice, faisant écho à celles et ceux qui ont abattu la prison de la Bastille ? Que serait le Panthéon, chère Florence BERTHOUT, sans la solennité du lieu où l'on se rassemble pour rendre hommage aux grandes Françaises et aux grands Français, telle que Simone Weil prochainement ? Que serait la Madeleine, prolongement de la Concorde et vis-à-vis de la colonne de l'Assemblée nationale, si elle ne témoignait pas de ce Paris bourgeois du XIXe siècle ? Que serait la Nation sans ce parfum de fin de manifestation ? La place d'Italie, victime d'un urbanisme utilitariste, qu'il faut réinvestir, celle des Fêtes qui a été bousculée par l'histoire et qu'il faut redécouvrir et, enfin, la place Gambetta qui ne doit pas être un simple carrefour.

Inscrire notre rénovation en tenant compte de la reprise du terrain sur la voiture, voilà le premier objectif. Inscrire notre rénovation dans le grand chemin de l'histoire qui a marqué Paris et son peuple, ses révoltes et ses révolutions, d'où l'importance que nous insérions dans la réflexion le réaménagement des places, comme cela a été décrit dans le projet de délibération concernant, par exemple, la place des Fêtes. Les Parisiens et les Parisiennes, comme les touristes, doivent pouvoir connaître l'histoire de notre ville.

Inscrire notre rénovation dans l'accès de la place de l'espace public à toutes et tous, porteurs de handicap, afin que nous adaptions notre ville à celles et ceux qui peuvent encore vivre l'espace public comme une course d'obstacles. Je ne reparlerai pas à nouveau, ici, des propositions que j'ai faites sur le réaménagement de la place de la Bastille concernant les usages des déficients visuels qui la fréquentent régulièrement, puisqu'il y a la présence de l'hôpital des Quinze-Vingts.

Nous avons été récemment désignés capitale européenne de l'innovation. Nous allons accueillir prochainement le sommet mondial des "fab labs". Et je pense que nous devons imaginer notre ville comme un laboratoire aussi pour les personnes en situation de handicap, comme c'est le cas au sein de l'institut des Quinze-Vingts avec ce "street lab" et, pourquoi pas, la place de la Bastille comme un "street lab" en temps réel.

Inscrire les places dans la réflexion que vous portez, Madame la Maire, ainsi que votre adjointe Hélène BIDARD, sur l'usage par les femmes de l'espace public. C'est une revendication essentielle pour que toutes et tous se sentent bien dans l'espace public. Il serait bien que des ateliers spécifiques soient organisés, particulièrement avec les jeunes femmes qui ont participé aux visites urbaines. Nous aurions beaucoup à apprendre de leur expertise. Les aménagements ne sont pas forcément coûteux, mais ils permettent de ne pas répéter les erreurs du siècle passé qui avait vu les places confisquées aux hommes pour les automobilistes.

La consultation, la co-construction des projets doit permettre d'aller aussi vers celles et ceux qui ne participent pas naturellement aux consultations. Souvenons-nous de l'effort particulier que nous avons dû faire pour renforcer la participation des habitantes et des habitants des quartiers populaires au budget participatif. Il nous faut aller vers une démarche plus volontariste.

Je terminerai mon propos en évoquant Hannah Arendt : "Le progrès et la catastrophe sont l'envers et le revers d'une même médaille". Nous devons garder en tête que l'urbanisme peut être porteur de progrès comme de catastrophes. Alors essayons d'éviter les erreurs de nos récents ancêtres et mettons, nous, là aussi, l'humain d'abord. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Nicolas BONNET-OULALDJ.

La parole est à présent à Pascal JULIEN pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Pascal JULIEN. - Merci, Monsieur le Maire.

Hier, nous avons discuté du Plan Climat adopté à l'unanimité et, pendant la discussion, on a entendu, sur les bancs de la droite, le fait de dire que c'est bien d'avoir des orientations, mais il faut agir. Est-ce qu'il y a les moyens d'agir ? Nous y sommes aujourd'hui, nous y sommes, et on voit bien qu'au moment d'agir, c'est eux qui reculent, ce n'est pas nous. Car ces places, évidemment, répondent favorablement au Plan Climat. On double : l'espace est réservé aux piétons. Dans une ville où l'auto représente 7 % des déplacements et 77 % de l'occupation de l'espace public, ces places vont vers le rééquilibrage. Et au lieu d'entendre une chaleureuse approbation à cette politique de reconquête et de végétalisation des places, on entend des réserves diverses et variées. On voit bien, donc, qu'au moment d'agir, ceux qui reculent, ce n'est pas nous, c'est eux.

Alors, maintenant, sur la concertation, j'ai entendu, dans certaines interventions, qu'elle n'était pas satisfaisante. Et pourtant, place du Panthéon, il a bien été dit que la zone piétonnière était, finalement, devenue une zone de rencontre sous l'effet des discussions. Donc, il faudrait que la droite accorde un peu ses violons : est-ce qu'il y a eu discussion ou pas ?

Enfin, sur l'investissement, on nous parle de dérapage. Excusez-moi, mais faites le calcul : pour les sept places, cela fait 6,2 millions par place en moyenne évidemment, il y a des écarts à la moyenne selon les places. Un peu plus de 6 millions comparés aux 24 millions qu'avaient coûté la place de la République sans que cela soulève des émeutes, c'était extrêmement modeste. Je dirai même, d'un point de vue personnel, que je trouve cela presque trop modeste. Cela oblige effectivement à réaménager ces places non seulement sous l'effet d'une certaine contrainte budgétaire, parce que la Ville a une gestion sobre du budget et de la dépense, contrairement à ce qui vient d'être dit, je l'ai démontré, mais il y a d'autres contraintes, avec la R.A.T.P. notamment, et diverses. Voilà pour dire que nous soutenons chaleureusement cette communication et que la concertation doit continuer pour tenir compte, ici ou là, des critiques toujours positives qui peuvent être exprimées, y compris sur les bancs de l'opposition.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Pascal JULIEN.

La parole est maintenant à Joëlle MOREL ? Non. Mme Danielle SIMONNET n'est pas là. Mme Catherine LECUYER est là, donc, c'est à vous. Pardon, vous êtes désinscrite. Je donne donc la parole, pour répondre à l'ensemble des orateurs, à Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Depuis 2014, nous avons déjà débattu du projet de réaménagement de ces sept places parisiennes à de nombreuses reprises, et des grandes orientations de ce vaste projet, ce qui a d'ailleurs permis d'enrichir, au fur et à mesure, les propositions programmatiques issues d'un travail que je veux qualifier de remarquable de l'équipe projet. Elle est composée à la fois d'équipes de la Direction de la Voirie et des Déplacements, de la Direction des Espaces verts et de l'Environnement, de l'APUR, l'Atelier parisien d'urbanisme, ainsi que de la mission "P.A.V.E.X." au Secrétariat général. Je tiens à les remercier chaleureusement du travail qui a été effectué maintenant depuis trois ans sur ce beau projet.

Ce travail s'est évidemment fondé sur une concertation très riche intervenue en 2015 et qui se poursuit depuis, grâce à une méthode innovante confiée à des collectifs pluridisciplinaires sur chaque place.

Ces places, qui s'apparentent encore aujourd'hui à des giratoires, vont enfin trouver un nouveau visage et, dans la lignée de la place de la République et en lien avec les autres projets de la mandature telle que la ville à 30 km/h, le Plan Vélo, le Plan Piéton, ces réaménagements vont transformer l'espace public parisien en un espace support de vie sociale et non plus comme des giratoires à voiture.

Le réaménagement de ces sept places s'inscrit donc dans cette philosophie générale de ville apaisée, d'une ville végétalisée, plus conviviale et constitue un des leviers de baisse de la pollution urbaine et de bien-être en ville.

D'ailleurs, l'exposition qui vous est présentée à la bibliothèque du Conseil, réalisée par les services de la DVD - je les remercie d'avoir monté cette exposition et je vous invite d'ailleurs à la visiter - montre l'ampleur du travail réalisé et la qualité des aménagements prévus.

Les budgets place par place ont d'ailleurs été affinés, suite aux études d'avant-projet, et la maîtrise budgétaire a permis, à la fois, de proposer des projets de grande qualité sur chaque place, mais aussi d'intégrer un investissement particulièrement audacieux concernant la place de la Bastille, avec la découverte du canal Saint-Martin, au Sud de la place, et la liaison vers le bassin de l'Arsenal.

Le projet des sept places est donc un projet qui a une vocation d'amélioration de la qualité paysagère, à des coûts qui sont tout à la fois raisonnables pour chacune des places, avec des méthodologies qui sont pertinentes de tests, de préfiguration, de co-construction avec les habitants.

Nous ne faisons pas des projets table rase ni des reprises excessives de chaussée ou de trottoir, là où l'existant est encore en bon état, par exemple. Les investissements sont ciblés de manière fine avec une grande vigilance. Le budget intègre bien une part consacrée à cette démarche de co-construction avec des acteurs locaux, que ce soient les habitants ou des associations, qui se matérialise par l'intervention de collectifs pluridisciplinaires et qui s'est traduite par l'installation d'une base de préfiguration sur chaque place, au début de l'année 2017.

Cela me permet de dire quelques mots sur la question du coût.

L'enveloppe, qui a été inscrite au plan d'investissement de mandature en 2014, était une enveloppe indicative de 30 millions et avant une définition plus précise des projets. Il est donc normal que son montant évolue dans le temps en fonction des choix qui ont été réalisés, et notamment le fait de faire l'intégralité de ces projets, dans la mandature, ce qui n'était pas forcément évident en 2014.

Pour mémoire, je rappellerai que le ratio moyen de coût, sur l'ensemble de ces sept places, correspondra à 170 euros du mètre carré, quand le ratio habituel de ce style d'aménagement est au minimum de 350 euros du mètre carré.

On est bien donc dans un projet de sobriété, d'ailleurs tout à fait conforme aux objectifs de la mandature. Nous ne sommes pas, comme cela a été par le passé, avec un projet comme celui de la place de la République qui, à lui seul, a représenté 24 millions d'euros. Donc il faut mettre en relation ces 43 millions d'euros sur cette place avec ce qu'a pu coûter, dans la précédente mandature, le réaménagement de la place de la République, pour bien voir à quel point aujourd'hui on est sur des ratios, en termes d'aménagement, qui sont 50 % moins chers que ce qui a été réalisé sous la précédente mandature. J'insisterai également sur le fait que nous sommes sur des aménagements qui vont permettre une reconquête de l'espace pour de nouveaux usages, notamment pour ce que l'on appelle les mobilités actives, la marche ou les déplacements à vélo. Par exemple, sur la place du Panthéon, la préfiguration qui s'est établie à l'emplacement initialement réservé à des stationnements automobiles, sur lesquels des assises en matériaux recyclés ont été réalisés, aujourd'hui, ces emplacements sont très utilisés à la fois par les touristes et par les habitants. Ce sont de nouveaux usages qui se sont installés. Je peux vous dire qu'aujourd'hui, la place est bien plus vivante qu'elle ne l'était auparavant. Place de la Bastille, le terre-plein qui est proche du bassin de l'Arsenal a vu l'installation d'assises modulaires qui vont donc aussi servir à la co-construction du projet notamment et à l'animation de cette partie de la place. Pour ce qui est de la place de la Nation, nous avons un dispositif de préfiguration du projet définitif qui a été lancé en avril dernier, avec une place dévolue à la circulation sur la chaussée centrale qui a été réduite de 24 mètres à 12 mètres, ce qui a ouvert un espace public inédit que les piétons et cyclistes se sont très vite appropriés grâce à l'accompagnement du collectif. Là aussi, de nouveaux usages sont apparus, notamment sur la chaussée centrale. Place de la Nation, nous avons également vu le succès de la ludothèque mobile qui a été installée à titre provisoire et qui a eu tellement de succès que la ludothèque, qui avait dû partir, est revenue. Nous réfléchissons à la possibilité d'une pérennisation d'un équipement comme celui-ci, qui est très fortement apprécié des parents et des écoles, sachant qu'il y a des écoles à proximité de la place. On voit bien qu'il s'agit d'ouvrir, comme l'ont dit d'ailleurs nos collègues Nicolas BONNET-OULALDJ et Pascal JULIEN, de nouveaux espaces de respiration et de vie sur des places qui étaient auparavant de simples giratoires. Je voudrais dire à Mme GALLOIS qu'il y a eu beaucoup de réunions de concertation et que manifestement, elle n'y a pas participé puisque, si elle y avait participé, elle aurait appris que ce n'est pas le jardin central que l'on agrandit sur la place d'Italie, mais ce sont bien justement les terre-pleins périphériques qui sont agrandis. Les élus du 13e arrondissement pourront le confirmer. Pour répondre aussi à Mme la Maire du 5e arrondissement, pour ce qui concerne l'aménagement de la place du Panthéon, je voudrais vous dire, Madame la Maire du 5e, que l'installation du collectif nous permet en réalité de faire des économies. Eh oui ! Alors je vais vous dire comment. Je vais vous expliquer puisque, concernant la réalisation et l'installation de 250 bancs qui ont été posés, si nous avions sollicité une entreprise, un tel mobilier acheté sur catalogue aurait coûté environ 300.000 euros...

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Mais personne ne vous réclame des bancs?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Mais, Madame, on réfléchit justement à l'aménagement de nouveaux espaces. Que vous considériez que la place du Panthéon doit rester un parking, c'est votre droit, c'est ce que vous vouliez, vous vous êtes d'ailleurs beaucoup battue à travers des v?ux que vous avez? Si, Madame !

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Vous mentez !

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Vous avez déposé des v?ux pour maintenir?

(M. Patrick BLOCHE, adjoint, remplace M. Ian BROSSAT au fauteuil de la présidence).

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Madame la Maire, laissez Christophe NAJDOVSKI terminer. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Vous n'avez jamais déposé de v?ux demandant le maintien du stationnement sur la place du Panthéon ?

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - C'est un vieux sujet, vous le savez.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Arrêtez et cessez de raconter n'importe quoi, Madame.

Nous avons donc, sur la place du Panthéon, de nouveaux usages qui se sont installés et l'économie réalisée est de 300.000 euros par rapport à un mobilier qui aurait été acheté sur catalogue.

Par ailleurs, ce type de mobilier permet une économie de 225.000 euros supplémentaires qu'aurait représentée la mise en ?uvre de dispositifs antibélier qui sont aujourd?hui notamment réclamés par la Préfecture de police dans le contexte que nous connaissons. Au final, en ne prenant que cette prestation de mobilier, nous avons déjà une économie de 360.000 euros simplement sur le mobilier au niveau de la place du Panthéon. Pour ce qui est du v?u que vous déposez, cette préfiguration, qui a été mise en place sur la place du Panthéon, a permis d'enrichir le débat sur les méthodes de fabrication de l'espace public, ainsi que sur les usages à privilégier. Est-ce que l'on préfère des voitures qui stationnent ou des piétons qui lisent et pique-niquent au soleil ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Madame BERTHOUT, est-ce que vous pouvez ne pas interrompre M. NAJDOVSKI qui va aller vers sa conclusion ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Je souhaiterais rappeler, en réponse aux considérants que vous déposez, qu'en ce qui concerne la place du Panthéon, nous avons une seule nuisance qui a été effectivement notée depuis six mois et qui concerne un concert.

Les contraintes d'accès ont fait l'objet d'échanges avec les exploitations du Panthéon et elles ont été prises en compte. Pour ce qui est de la giration des bus et des cars, elles ont été étudiées. La configuration actuelle permet ces girations et entraîne d'ailleurs une baisse de la vitesse des véhicules qui est profitable pour l'apaisement de la zone. L?utilisation des structures en bois, comme piste de skateboard que vous avez signalée dans votre v?u, reste marginale à ce jour. Les installations, qui ont été faites et qui, je le rappelle, sont provisoires puisqu?il s?agit d'une préfiguration - ce que vous ne semblez pas comprendre - ont été présentées aux architectes des Bâtiment de France et modifiées suite à leurs remarques. Leur avis conforme officiel sera recueilli lors de la pérennisation des installations. Les mobiliers qui sont installés font bien l'objet d'une évaluation avec à ce jour plus de 1.000 personnes qui ont donné leur avis.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Si vous pouvez aller à votre conclusion car cela fait 10 minutes.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Oui, je termine.

L?évaluation de cette préfiguration nous permettra d'objectiver les ressentis des riverains et des usagers, et d'adapter au mieux le mobilier aux usages et aux esthétiques privilégiés.

Pour conclure, nous sommes tout à fait ouverts à travailler à une charte que vous proposez dans votre v?u, qui permette de mieux articuler les différents usages, sans toutefois intégrer la question du mobilier urbain qui ne peut pas faire l'objet d'une charte mais qui est bien concertée dans le cadre du projet de réaménagement.

C?est la raison pour laquelle nous donnerons un avis favorable avec des amendements, si toutefois vous acceptez qu'un certain nombre de considérants puissent être amendés par l'Exécutif municipal. Voilà. C?est simplement pour vous dire que ce travail concernant l'ensemble des places progresse. Nous avons également une préfiguration qui est en place sur la place de la Madeleine et qui nous permettra de voir fonctionner cette place avec les nouveaux usages. C?est pour vous dire également que ces nouveaux usages, qui s?installent sur les places, permettent de dessiner un nouveau visage de Paris. On l'a vu également sur la place des Fêtes, où des premiers aménagements ont été réalisés dès cet été. Ce sont donc aussi des travaux qui vont permettre de faire de ces places, qui étaient auparavant de simples giratoires, de nouveaux espaces de vie, de nouveaux espaces de respiration en différents points de la Capitale. C?est aussi cela le projet d'une ville apaisée, vivable et durable que nous souhaitons pour Paris.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Christophe NAJDOVSKI.

J?ai une demande d'explication de vote de Mme la Maire du 5e arrondissement pour trois minutes.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

D?abord, le principe de la suppression des places de stationnement de part et d'autre du Panthéon, en tout cas du côté de Soufflot, a été acté. Je n'en parle pas dans le v?u et arrêtez, Monsieur NAJDOVSKI, d'agiter les chiffons rouges qui vous arrangent.

Ils vous arrangent parce que vous avez imposé cet aménagement bricolé qui, je le dis, coûte 800.000 euros aux contribuables. C?est une honte intégrale. Personne ne demandait ces aménagements bricolés. N?allez pas faire des différences entre des installations qui n'existaient pas et qui coûtaient zéro avec des installations que vous exigez d'installer et qui, par conséquent, coûtent et effectivement peut-être moins cher que si vous aviez commandé sur le catalogue AGOSPAP ou je-ne-sais-quoi. Il faut être sérieux deux minutes !

Pour autant, le v?u que vous réécrivez, je le voterai parce qu'il y a au moins un élément positif qui est de se mettre d'accord sur une charte. Je trouve incroyable que, sur une charte des usages, vous n'y incluez pas la question du mobilier, dont vous ne voulez absolument pas que le conseil de quartier se saisisse parce que vous êtes détenteur du bon goût. C?est ce qui est très préoccupant aujourd?hui : il n'y a pas avec vous de discussion possible, vous êtes détenteur du bon goût.

Et dernière chose, je regrette que vous refusiez des réunions publiques. Cela en dit long sur l'opposition totale des riverains, des administrés à votre projet. Voilà.

Et je redis que la suppression des places de stationnement a été actée, donc n'en faites pas un chiffon rouge, on n'y revient pas. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame BERTHOUT.

Une explication de vote de M. DUBUS pour son groupe une minute.

M. Jérôme DUBUS. - Rapidement, pour répondre à Pascal JULIEN, qui nous a condamnés en disant que nous allions reculer par rapport à notre vote sur le Plan Climat, je voudrais dire qu'en ce qui concerne notre groupe, nous voterons ce projet de délibération, donc nous ne reculons pas, contrairement à ce que vous avez dit.

Je trouve que, dans ce projet de délibération, nous avons un certain nombre de grands principes qui vont dans le bon sens. Restent deux sujets. Nous avions d'ailleurs dans le plan pluriannuel d'investissement condamné la modique somme qui était inscrite. Donc, on ne va pas dire l'inverse aujourd?hui puisque cette somme a augmenté et que cela a été plutôt dans le bon sens. Avec des améliorations, certes, car tout n'est pas parfait et nous voterons le v?u qui a été présenté sur le Panthéon, mais tout ceci va dans le bon sens.

Donc, nous ne disons pas l'inverse de ce que nous avons dit auparavant. Nous avons préféré voter ce projet de délibération et être en cohérence avec ce que nous avions dit à l'époque sur le plan pluriannuel d'investissement.

C?était d'ailleurs dans notre programme municipal, lorsque Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET s?est présentée devant les Parisiens en 2014. Ce n'était pas forcément ces orientations très précises place par place, mais c'était aussi dans notre projet de réaménager les places parisiennes parce qu'elles en ont besoin.

Donc merci, nous voterons ce projet de délibération.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur DUBUS.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 132 du groupe les Républicains avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.

Concernant le v?u n° 133 du groupe les Républicains, est-il amendé, Monsieur NAJDOVSKI ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Un amendement de l'Exécutif a été proposé. Sous réserve de l'acceptation de cet amendement, l'Exécutif donnera un avis favorable.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 133 ainsi amendé avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u amendé est adopté. (2017, V. 296).

Je vous remercie.

Comme le projet de délibération DVD 27 est une communication, il n'y a pas de vote sur ce projet.

 

Novembre 2017
Débat
Conseil municipal
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