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2015 DAC 315 - Plaque commémorative en hommage aux jeunes résistants du lycée Buffon à Paris et aux jeunes résistants de la Rose Blanche à Munich, musée Jean Moulin (15e).


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DAC 315 : plaque commémorative en hommage aux jeunes résistants du lycée Buffon à Paris et aux jeunes résistants de la Rose Blanche à Munich, musée Jean Moulin. La parole est à M. François-David CRAVENNE.

M. François-David CRAVENNE. - Merci, Madame la Maire. Mes chers collègues, comment être contre ce projet de délibération, d'autant plus au lendemain d'un puissant hommage républicain à l'esprit de Résistance. Ce projet de délibération propose en effet d'apposer une plaque associant les cinq lycéens du lycée Buffon et les cinq jeunes résistants allemands qui vont connaitre le même sort tragique en février 1943. Permettez-moi de noter ici que l'organisation de la Rose Blanche est une des rares associations résistantes allemandes à s?être alarmée du sort des juifs en Allemagne. Nous voterons donc bien évidemment ce très opportun projet de délibération qui correspond parfaitement à notre conception du devoir de mémoire. En revanche, permettez-moi de m?étonner du choix de l'emplacement pour apposer cette plaque. En effet, vous avez choisi le musée Jean Moulin-Maréchal Leclerc, alors que vous avez décidé de déménager le musée dans le 14e, ce n'est pas très cohérent, vous le reconnaîtrez. Votre choix contestable me donne l'occasion de réitérer pour la troisième fois ici l'opposition de Philippe GOUJON, ainsi que de tous les élus majoritaires du 15e contre le déménagement du musée. En nous battant pour son maintien dans le 15e arrondissement, nous ne faisons que respecter l'engagement pris pendant la dernière campagne municipale et validé par 63 % des habitants du 15e? Et demi, exactement, merci, Monsieur le Maire ! Engagement de tout faire pour que le musée soit amélioré, agrandi mais reste sur le site si symbolique, si fort de la signature de la reddition allemande à Paris. Ne répondez pas, Madame, comme Bruno JULLIARD, en stigmatisant mon esprit d'arrondissement. Je l'assume et je continuerai fièrement à regretter votre dédain pour une démarche légitime. Votre manière de procéder afin de déménager ce musée n'est pas respectueux des habitants du 15e. Opacité et manque total de transparence sont vos maîtres mots. Une fois de plus, le 15e arrondissement vous demande d'organiser au plus vite une concertation digne de ce nom. Je vous remercie.

(M. Mao PENINOU, adjoint, remplace Mme Colombe BROSSEL au fauteuil de la présidence).

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Sergio TINTI ?

M. Sergio TINTI. - Merci, Monsieur le Maire. Le groupe Communiste - Front de Gauche se félicité de l'apposition d'une plaque commémorative en hommage aux résistants du lycée Buffon à Paris et du mouvement de la Rose Blanche à Munich. Ce que l'on appelle les cinq martyrs du lycée Buffon, Jean-Marie Arthus, Jacques Baudry, Pierre Benoît, Pierre Grelot et Lucien Legros s?engagent dans la résistance dès 1940 en participant notamment à la manifestation du 11 novembre de cette même année. Les cinq lycéens adhèrent ensuite au groupe des Francs-tireurs et Partisans et multiplient les actes de résistance avec opiniâtreté et mobilisant d'autres jeunes. En juin 1942, quatre d'entre eux sont arrêtés et remis aux autorités allemandes. Pierre Benoît, qui était parvenu à s?échapper, est arrêté en août 1942 et a rejoint ses camarades en prison. Le 15 octobre, ils sont jugés et condamnés à mort avant d'être exécutés par les nazis le 8 février 1943. Au terrain, la résistance contre le régime s?organise également. Au printemps 1942, un mouvement nommé la Rose Blanche est créé par des étudiants munichois et prend appui sur une frange du monde universitaire et des intellectuels. Leur lutte s?organise autour des dénonciations des actions commises sous le Troisième Reich et prend la forme de distributions de tracts ou encore d'inscriptions de mots d'ordre pacifistes sur les murs de Munich. Le 18 février 1943, Hans et Sophie Scholl, très engagés dans le mouvement de la Rose Blanche sont arrêtés par la Gestapo à l'issue d'une distribution de tracts aux universitaires de Munich. Un autre jeune membre du groupe, Christoph Probst est arrêté peu après. Tous trois condamnés à mort le 22 février 1943, ils sont guillotinés le jour même. S?en suivent des arrestations, condamnations et exécutions d'autres jeunes résistants dont Willi Graf et Alexander Schmorell. Alors que nous commémorons cette année le 70e anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie et que nous célébrons la Journée nationale de la Résistance qui coïncide avec l'entrée au Panthéon de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay, grandes figures de la Résistance française, l'apposition de cette plaque commémorative en hommage aux cinq martyrs du lycée Buffon et aux fondateurs du mouvement de la Rose Blanche prend une résonance toute particulière. Néanmoins, nous nous saisissons de cette occasion pour déplorer l'absence des Communistes parmi les résistants aujourd?hui panthéonisés. A rebours d'ailleurs de la démarche adoptée par la Ville de Paris qui a associé toutes les composantes de la Résistance française dans son exposition "Femmes et Résistance". Dans le cadre du travail d'histoire et de mémoires entrepris par la Ville de Paris, nous nous devons d'honorer le rôle qu'ont joué ces jeunes résistantes et résistants dans la lutte contre l'idéologie nazie. Il est primordial de placer au c'ur de notre action la préservation de la mémoire de la Résistance, de perpétuer cet idéal de fraternité qui animait ces actrices et acteurs du combat contre l'entreprise de haine et de destruction qui s?abattaient sur l'Europe. Comme l'écrit Paul Eluard dans son poème en hommage à Lucien Legros : "Il n'avait pas un camarade mais des millions et des millions pour le venger et il le savait et le jour se leva pour oublier". Merci, Monsieur le Maire.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Catherine VIEU-CHARIER pour vous répondre ou vous accompagner.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - D?abord, je remercie mes deux collègues d'avoir parlé de ce projet qui nous tient à c'ur. Vous savez que la Maire de Paris a souhaité, en liaison avec l'actuel Bourgmestre de Munich, reprendre ce projet qui avait été initié par Bertrand DELANOË et Christian UDE. Le projet avait été différé en raison des contraintes liées aux échéances électorales des deux côtés du Rhin mais nous y voilà, nous allons donc apposer cette plaque. Je ne reviendrai pas sur l'histoire du lycée Buffon et de la Rose Blanche puisque Sergio a été extrêmement complet. Simplement vous dire qu'un grand travail a été effectué par Christine LEVIS-TOUZET et une Commission d'action de la Résistance autour de ce projet. Nous allons donc travailler à une inauguration assez exceptionnelle en organisant conjointement à Paris et à Munich une journée mémorielle qui sera destinée à la jeunesse de nos deux pays pour rendre ainsi l'hommage qui convient aux jeunes résistants de la Rose Blanche et Sophie Scholl de l'université de Munich et des jeunes du lycée Buffon. Quant au lieu qui a été choisi, évidemment que la plaque qui est un élément meuble suivra le déménagement du musée Jean Moulin. Cela ne pose aucun problème et il y a une cohérence totale, puisque la plaque sera déménagée au moment où nous intègrerons le nouveau musée. Je rappelle que ce musée sera plus grand, plus confortable et plus adapté au travail de mémoire que nous réclamons tous ici, quelles que soient nos convictions politiques et que ce déménagement aussi a été très vivement encouragé par la conservatrice Christine LEVIS-TOUZET elle-même qui se trouve extrêmement à l'étroit et qui déplore depuis de longues années d'être un peu reléguée au-dessus de la gare Montparnasse. Vraiment, ce déménagement va dans le sens d'une plus grande ouverture sur le musée Jean Moulin et Général Leclerc. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Sur un projet de délibération, cela n'existe pas, Monsieur le Maire. Non, c'est sur les v?ux. Il suffisait de s?inscrire, autrement. C?est dans le règlement. Vous pourrez le vérifier. Si vous le demandez comme maire d'arrondissement, je vous donne la parole.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je vois que vous essayez de censurer l'opposition, comme à votre habitude. Mais je vous comprends, Monsieur le Maire, parce que je voulais dénoncer le mépris avec lequel le 15e arrondissement est traité dans cette affaire, puisqu'en tant que maire du 15e arrondissement - je voudrais simplement le dire, que ce soit public au moins une fois - je n'ai jamais été saisi de la moindre proposition, ni suggestion de la Ville, de déménager ce musée, qui est un musée très important du 15e arrondissement, dans un autre arrondissement. J'entends des rumeurs, des explications, des déclarations comme celle que nous venons d'entendre, mais en tant que maire d'arrondissement, on ne m?a jamais saisi officiellement. Est-ce que la Ville veut le faire en catimini ? Pourquoi déménager ce musée ? Au moins que l'on me donne des raisons ! Je voudrais simplement préciser, pour ne pas être trop long et pour terminer, que ce musée est à cet emplacement - à l'initiative de Jacques CHIRAC d'ailleurs - parce que c'est à cet endroit précis que la reddition des troupes allemandes du Général Von Choltitz a été reçue en présence du Général Leclerc, du Général de Gaulle, du colonel Rol-Tanguy. Cela s'est passé à cet endroit-là, donc ce n'est pas un hasard si ce musée a été édifié à cet endroit à l'initiative de Jacques CHIRAC. Je suis scandalisé, ainsi que l'ensemble de la communauté des anciens combattants, au moins du 15e arrondissement, et je souhaite que ce musée puisse rester à cet endroit et que la plaque - que nous approuvons, bien sûr, nous allons voter le projet - soit apposée sur le musée, à l'endroit même de la reddition des troupes allemandes.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 315. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2015, DAC 315).

 

Mai 2015
Débat
Conseil municipal
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