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Vœu déposé par le groupe UMP relatif aux rénovations prévues au théâtre du Châtelet.


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u n° 134 est relatif aux rénovations prévues au théâtre du Châtelet. La parole est à M. LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, si la Maire de Paris et si le Premier adjoint respectaient le Règlement intérieur de notre Conseil, je ne serais pas obligé de redire aujourd'hui que la manière dont s'est déroulée la séance des questions d'actualité hier est inacceptable. Totalement inacceptable ! Sur le fond, je regrette que les questions que j'ai posées dans cette question d'actualité n'aient pas reçu de réponses. Il y a des problèmes que M. JULLIARD n'ignore pas. D'abord, il y a des programmes de travaux très lourds qui sont envisagés au théâtre du Châtelet et au Théâtre de la Ville, deux institutions très grandes, incomparables pour chacune d'entre elles mais symétriques à bien des égards. Ce qui est prévu, d'après ce que nous en savons, c'est que des travaux s'étendent, en réalité, de septembre 2016 à l'été 2018 pour le Théâtre de la Ville, ce qui fait deux saisons complètes, et de l'été 2017 à l'été 2019 pour le Théâtre du Châtelet, ce qui fait deux saisons et demie. M. JULLIARD, qui est venu devant le conseil d'administration du Théâtre de la Ville, a indiqué qu'il n'était pas exclu, ce que nous souhaitons tous d'ailleurs, que l'on trouve des solutions hors les murs qui permettraient d'assurer la continuité des activités ou de certaines activités, en tout cas du Théâtre de la Ville et de sa programmation. Pour le Théâtre du Châtelet, il va de soi que c'est beaucoup plus difficilement envisageable. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs la question avait été posée au conseil d'administration et que Bertrand DELANOË, en tant que Maire de Paris, avait lui-même posé la question de savoir si des travaux pouvaient être réalisés sans fermeture. On n'a pas réponse à ces questions. Je rappelle, je l'ai déjà dit hier, qu'il y en 143 membres du personnel du Théâtre du Châtelet, que, naturellement, leur statut et leur devenir sont posés. Je conclurai en disant... en espérant que notre v?u, qui ne fait que reprendre, je crois, des souhaits manifestés par l'ensemble et à l'unanimité par les administrateurs du Châtelet et du Théâtre de la Ville, soit pris en compte et que, d'abord, il y ait tout de même un effort d'explication sur la question de la gouvernance du conseil d'administration. Je rappelle que la Chambre régionale des comptes a, de ce point de vue, exprimé des recommandations?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Monsieur LEGARET ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je termine ! ? pour le Théâtre de la Ville. C'est valable aussi pour le théâtre du Châtelet : que l'on envisage donc des solutions de continuité de la programmation pendant les travaux. Je terminerai simplement en disant que non seulement la survie de ces deux théâtres est posée, mais que la question des commerces environnants pour le Théâtre de la Ville et pour le théâtre du Châtelet est également une question dont on doit se préoccuper. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à M. JULLIARD, pour vous répondre, et il y aura une explication de vote de Mme GALLOIS.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - D?abord, sur la fin de votre intervention, Monsieur LEGARET, non, la survie de ces deux théâtres n'est évidemment pas en jeu. Bien au contraire, puisque cela fait maintenant plusieurs années, lorsque je participais encore au conseil d'administration du Châtelet, comme du Théâtre de la Ville, que les directions des deux théâtres concernés et les membres des conseils d'administration sollicitaient de manière vigoureuse des travaux d'urgence, puisque, si nous ne les réalisons pas de manière urgente, nous aurons des problèmes pour poursuivre les représentations dans les deux principales salles des deux théâtres concernés. Il faut donc des travaux d'urgence. C'est la raison pour laquelle, malheureusement, les travaux auront lieu en partie de manière simultanée. Enfin, je l'ai dit hier, cela ne vous a pas plu mais je le redis aujourd'hui : je fais nettement plus confiance à notre Majorité pour maintenir un investissement budgétaire conséquent pour garantir la survie de ces deux théâtres qu'aux politiques culturelles que vos amis de Droite mettent en place dans l'ensemble des villes que vous avez gagnées lors des dernières élections municipales.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - C'est lamentable ! C?est lamentable !

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Cela ne vous plaît pas. Il n'en demeure pas moins que j?ai le droit de vous le dire !

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Cela suffit, on arrive à la fin. Monsieur LEGARET, on arrive à la fin. Tout le monde est fatigué, vous aussi. On conclut !

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Concernant la gouvernance de l'association, nous assumons, et je le redis comme je l'ai dit hier, que les liens de confiance n'étaient plus suffisants pour que Jérôme CLÉMENT demeure président de l'association du plus grand théâtre parisien. Il a proposé sa démission au conseil d'administration. Je pense que c'est la décision qu'il fallait prendre. Contrairement à ce que vous avez dit hier, d'ailleurs, la Maire de Paris encore moins, mais pas moi-même non plus, nous n'avons jamais empêché l'association de tenir un conseil d'administration, pour une raison très simple : c'est que nous n'en avons, en aucun cas, le pouvoir. C'est le président du conseil d'administration qui décide de convoquer ou pas un conseil d'administration, mais c'est une des démonstrations, de fait, qu'il y avait bien un problème de confiance entre le conseil d'administration et la Ville de Paris. J'aurai l'occasion d'ailleurs d'en débattre avec vous lors du prochain conseil d'administration, puisque le président par intérim du conseil d'administration m?a invité et donc je pourrai répondre à la quasi-totalité des questions que vous avez posées, lors de cette séance du prochain conseil d'administration. Concernant les travaux, la démonstration de notre investissement pour amplifier encore la qualité et le développement du théâtre du Châtelet, c'est la démonstration que nous faisons avec l'investissement de 26,5 millions d'euros pour réaliser ces travaux. Je redis que, malgré le fait qu'il n'y aura probablement pas de programmation hors les murs, pour des raisons évidentes de jauge non disponible à Paris pour ce type de programmation, nous offrirons une solution et nous proposerons une solution, en lien avec l'équipe de direction du théâtre du Châtelet, à tous les personnels du Châtelet, sans aucune exception. Nous avons de longs mois encore pour nous préparer à cette échéance et nous le ferons en concertation avec l'association, son président et les membres du conseil d'administration, et également avec les personnels. C'est un avis défavorable à ce v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Mme Fadila MÉHAL pour une explication de vote courte.

Mme Fadila MÉHAL. - Oui, il y a beaucoup de choses qui ont été dites, alors je voudrais avoir à la fois des propos apaisant mais, en même temps, extrêmement clairs. On a beaucoup parlé du théâtre du Châtelet et du Théâtre de la Ville. Je crois que les conditions de fonctionnement, en tout cas en ce moment, ne sont pas les mêmes, dans la mesure où il me semble, pour siéger au Théâtre de la Ville, qu'il y a un comité de pilotage qui est en train de se mettre en place et qui s'emploie, en termes de gouvernance, à résoudre les problèmes qui sont posés, parfois avec beaucoup d'acuité. Néanmoins, pour le théâtre du Châtelet, je souscris pour l'essentiel au v?u qui a été présenté parce qu'il me semble qu'il y a des questionnements qui sont tout à fait légitimes et qu'ils sont loin d'être polémiques. En effet, tout le monde convient qu'il y a une urgence pour que les travaux soient faits mais, en même temps, est-ce qu'il était incontournable qu'ils soient concomitants ? C'est une vraie question qui est posée, comme est posé le coût réel des travaux qui a été établi. Pouvez-vous nous donner l'analyse poste par poste ? Enfin, pour la gouvernance, vous avez raison de dire qu'il est possible, en effet, lorsqu'il y a une perte de confiance avec le président, qu'il puisse en tirer les conséquences. Ce que nous souhaitons simplement, c'est, bien évidemment, que les raisons qui ont été invoquées, en tout cas par le président, puissent être connues afin de faire taire - je le dis de façon très nette - les bruits et les rumeurs qui ne peuvent que créer un climat de suspicion préjudiciable au rayonnement culturel du Châtelet et de la culture en général. Pour terminer, je veux souligner que le groupe UDI-MODEM mobilisera tous ses efforts pour favoriser une gestion apaisée de ces deux théâtres parce qu'ils sont essentiels à notre rayonnement culturel à Paris. Et j'ajoute, en tant que présidente de la Commission culture, au-delà du théâtre du Châtelet, qu'il serait possible peut-être de réfléchir de façon plus large à la politique musicale mise en ?uvre, que nous puissions, bien évidemment, non pas la mettre en ?uvre puisque ce n'est pas la prérogative de la commission, mais en tout cas participer, contribuer à sa réflexion, afin que cette culture musicale soit plurielle, accessible et surtout ouverte au monde. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 134, avec un avis défavorable de l'Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s?abstient ? Le v?u est rejeté.

 

Mars 2015
Débat
Conseil municipal
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