2013 DF 57 - DU 216 - Avenant n° 8 à la convention pour l'exploitation du parc des expositions de la porte de Versailles (15e). 2013 DF 58 - DU 217 - Approbation de l'attributaire pressenti dans le cadre de la procédure de la mise en concurrence du contrat d'occupation du parc des expositions de la porte de Versailles (15e).
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Nous passons à la 1ère Commission et examinons les projets de délibération DF 57 - DU 216 et DF 58 - DU 217 qui ont trait au Parc des expositions de la porte de Versailles. La parole est à M. Yves CONTASSOT. Vous voulez parler sur le projet de délibération DF 58 ? Nous les avons regroupés. Avec votre accord semble-t-il ? A votre insu ! De votre plein gré ! Monsieur CONTASSOT, voulez-vous prendre la parole ? Il faut qu'il allume l'ordinateur ! Je donne la parole à M. CONTASSOT, après ce chauffage d'ordinateur !
M. Yves CONTASSOT. - Merci. Il s'agit pour ce deuxième projet de délibération, le projet DF 58, de proposer en réalité à Viparis de reprendre ce qu'il a déjà, c'est-à-dire la jouissance du Parc des expositions de la porte de Versailles dans des conditions sensiblement améliorées par rapport à l'existant.
Sensiblement améliorées tant en ce qui concerne la durée de la concession que du point de vue des possibilités d'intervention sur beaucoup de domaines.
Je dois dire, pour avoir été membre de la commission spéciale chargée d'étudier les dossiers, depuis le début j'avais des doutes sur la réalité de la mise en concurrence puisque dès les premières réunions, j'avais subodoré et dit d'ailleurs qu'il était à peu près certain que Viparis serait retenu in fine compte tenu simplement du droit d'entrée exigé pour avoir cette concession, droit d'entrée qui était un véritable cadeau de 250 millions fait à Viparis et que tout autre candidat aurait à payer.
Droit d'entrée d'autant curieux que Viparis n'a jamais mis en ?uvre l'intégralité du programme d'investissement qu'il était censé faire au sein du parc des expositions. On nous explique que c'était compliqué, qu'il y avait des problèmes de réglementation, etc., mais c'est au titre d'une nouvelle promesse d'investissements dont personne n'est capable de dire d'ailleurs s'ils seront réellement mis en ?uvre ou pas que Viparis a été sélectionné.
Et donc, curieuse méthode qui consiste à dire que ce qui n'a pas été fait dans le passé le serait dans l'avenir et que c'est à ce titre que l'on retient un candidat. Deuxième élément sur le projet lui-même, j'ai bien entendu plusieurs membres de la commission expliquer qu'il s'agissait de faire du façadisme, je cite Christian SAUTTER en disant qu'il n'y avait rien de sérieux dans les projets architecturaux et de reconstruction, ou d'autres estimant que par rapport aux projets urbains, par rapport aux besoins hôteliers, etc., je cite Jean-Bernard BROS, nous n'étions pas à la hauteur des besoins. Il n'empêche que la discipline au sein de certains groupes fait que ces gens qui sont très critiques finissent par voter pour, bien qu'en privé ils s'étonnent de la procédure. Ce projet, in fine, on le sent bien, n'a qu'un seul objectif, c'est de permettre la construction de la tour Triangle, tout le reste est un peu du vent d'autant plus que Viparis reconnaît très clairement qu'il ne tiendra pas ses engagements puisqu?on va soi-disant développer des activités, des salons, alors que Viparis, actuel gestionnaire, s?emploie à délocaliser à Villepinte une grande partie des salons et notamment tous les salons professionnels. Nous avons du mal à croire comment là encore ils feront dans le futur ce qu'ils ne font pas dans le présent et même le contraire de ce qu'ils font actuellement. Tout cela n'est pas très sérieux. On sent bien que dès le départ Viparis était le seul candidat potentiel, que cela va lui permettre de garder ce site, tout en accédant à la demande de la Ville de renier une partie du parc numéro 1 pour pouvoir construire Triangle, tout le reste c'est de l'habillage, disons-le clairement, cela ne nous semble pas de très bonne facture ni correspondre à ce que pourrait être une réelle mise en concurrence, et donc nous voterons résolument contre ce projet de délibération.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Monsieur CONTASSOT. La parole est à Mme Anne TACHENE.
Mme Anne TACHENE. - Merci, Monsieur le Maire. C'est vrai qu'alors que nos esprits se sont déjà portés sur le projet de la tour Triangle cet après-midi, nous nous penchons donc ce soir sur ce projet finalement connexe, totalement connexe, celui du contrat d'exploitation du Parc des expositions de la porte de Versailles. Une commission spéciale avait été constituée en septembre dernier et c'était, je le rappelle ici, à la demande du groupe U.D.I.
Il s'agissait à l'époque de consulter les élus sur l'avantage que le Parc des expositions trouverait dans une résiliation anticipée de son contrat d'exploitation.
Même si ces formes de collégialité ne changent pas toujours le point de vue des participants, elles sont pour ma part un gage de transparence mais aussi de responsabilité devant les Parisiens. Aussi, c'était avec enthousiasme que j'avais également pris part à ces travaux. Enthousiasme également par la dimension de ce projet puisque le secteur du tourisme, par ce vecteur des foires et des salons, avec ses 7 millions de visiteurs, génère pas moins de 6 milliards d'euros de retombées pour Paris, ce qui n'est donc pas négligeable en ces temps de crise. C'était donc avec une grande stupéfaction que j'avais appris la démission de la présidence de cette commission de Mme HIDALGO, démission quelques jours à peine avant la réunion finale, commission pour laquelle elle s'était particulièrement investie et pour laquelle nous n'avons pas eu d'explication. Cet élément, vous en conviendrez, n'apporte pas beaucoup de sérénité. Il a même semé le trouble et des interrogations et l'absence de ces réponses et ces absences également au conseil d'arrondissement la semaine dernière n'ont fait que conforter ces troubles et interrogations.
Aussi, avec toutes les réserves exprimées précédemment, sur ce projet de délibération, le groupe U.D.I. ne prendra pas part au vote.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Madame. La parole est à M. Claude DARGENT.
M. Claude DARGENT. - Merci. Monsieur le Maire, chers collègues, le projet de délibération qu'il nous est proposé d'approuver aujourd'hui permet de franchir une nouvelle étape dans le processus de modernisation du Parc des expositions engagé devant notre Conseil en juin 2011. Je ne reviendrai pas sur la méthode adoptée tout au long de ce processus. Mme TACHENE vient à l'instant de souligner qu'à la suite effectivement d'un v?u issu de son groupe, une commission ad hoc composée à la proportionnelle des sensibilités de cette assemblée avait examiné les propositions. Deux opérateurs économiques de premier plan, leaders de ce secteur d'activité, GL Events et Viparis, ont donc répondu dans les délais à l'appel d'offres. Les deux projets, il faut le reconnaître d'abord, répondaient aux objectifs qui ont été fixés suite à notre délibération. Il faut saluer les propositions qui nous ont été faites par les deux soumissionnaires - je dis bien les deux soumissionnaires. Elles traduisent, en effet, un effort réel d'amélioration de la situation existante même si évidemment, nous sommes dans notre rôle d'élus en n'étant jamais totalement satisfaits des efforts produits. Il fallait donc les départager. Trois critères d'appréciation ont été privilégiés : le programme d'investissements, le montant du droit d'entrée et de la redevance, et la qualité du projet en matière architecturale, environnementale et sous l'angle de l'insertion urbaine. Sur le premier critère, la commission a estimé que l'offre de Viparis était la meilleure parce qu'elle prévoit davantage d'investissements au stade initial comme ultérieurement. Le programme de travaux s'élève en effet à 755 millions d'euros. Ce niveau permettra que le parc soit conforté comme un espace dédié en premier lieu aux foires, salons et expositions. Il permettra aussi une diversification des usages par la création d'un centre de congrès modulable, donc on ne peut pas dire que les choses sont la reconduction à l'identique de ce qui existait, par la création de commerces ainsi que par un programme hôtelier de 440 chambres. S'agissant du deuxième critère, qui concerne les recettes qu'en tirera la Ville, le même opérateur, Viparis, arrive en tête, tant pour ce qui concerne le niveau des droits d'entrée que le montant attendu de la redevance. Le troisième critère, enfin, porte sur la qualité architecturale, urbaine et environnementale du projet. Nous avons eu sur ce sujet un certain nombre de débats approfondis que je souhaite évoquer ici. Les offres des deux compétiteurs, bien que très différentes, se situent à un haut niveau dans ce domaine, à telle enseigne que la commission n'a pas réussi à les départager. Elle a donc placé sur ce critère Viparis et GL Events à égalité. Mais compte tenu de l'avance acquise par Viparis sur les deux premiers registres privilégiés, suivant en cela l'avis de la commission, il est donc proposé au Conseil de Paris de désigner cette société en tant qu'attributaire du nouveau contrat d'occupation. Je considère que le 15e, et Paris en général, gagneront beaucoup à ce choix. L?originalité et l'ambition architecturale de ce projet doivent être soulignées. Ce ne sont pas moins que trois grands architectes qui ont été sollicités en plus de VALODE et PISTRE, choisis pour coordonner l'ensemble du site. Tout de même, on ne peut pas considérer comme partie négligeable le fait que Dominique PERRAULT, Christian de PORTZAMPARC et Jean NOUVEL assurent la rénovation des pavillons. La valorisation du site va également contribuer à transformer le quartier de la porte de Versailles. L'objectif est de rendre plus faciles et plus agréables les circulations entre Paris, Vanves et Issy-les-Moulineaux. Le projet prévoit la création d'une vaste agora à l'entrée principale, plate-forme d'orientation et de distribution des cheminements. Cette question est essentielle. Je sais que loin du 15e, cela peut paraître secondaire, mais elle est essentielle pour l'insertion urbaine du parc, qui est aujourd'hui complètement coupé de son environnement. Enfin, autre question essentielle pour le 15e, je souhaite le rappeler ici, la question de la logistique du parc, qui constitue aujourd'hui trop souvent un cauchemar pour les riverains. De nombreux progrès sont attendus grâce à cette nouvelle concession et la Ville aidera le nouveau concessionnaire à trouver un second parking de rétention pour les poids lourds. Enfin, la qualité environnementale n'est pas en reste, bien au contraire. Jardins, toitures végétalisées sont prévues et évidemment, tout cela dans le cadre du respect du Plan Climat ainsi que le recours à des cheminées solaires ou au photovoltaïque. Nous nous rapprochons donc du but, chers collègues. En refusant le statu quo dans ce dossier, la Ville a montré qu'elle se préoccupe de renforcer son attractivité économique dans un secteur des foires et salons hautement concurrentiel. Mais elle entend également améliorer l'intégration du Parc des expositions, élément majeur du paysage du sud du 15e arrondissement. Alors, seule ombre au tableau?
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Monsieur DARGENT, il vous reste 20 secondes.
M. Claude DARGENT. - ? la décision des élus U.M.P. de ne pas participer au choix de cette dernière réunion de la commission pour des raisons peu compréhensibles malgré ce qui a été rappelé, mais peu importe ; l'essentiel est que Paris et le 15e avancent. Il avance éventuellement sans la municipalité du 15e mais il avance, et c'est la raison pour laquelle le groupe auquel j'appartiens soutient pleinement en cela l'Exécutif parisien. Nous préférons préparer le Paris et le 15e de demain. Je vous remercie.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Monsieur DARGENT. La parole est à M. Philippe GOUJON.
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - M. DARGENT n'est pas mon porte-parole, donc j?exprimerai moi-même la position de notre groupe sur ce sujet.
Je crois d'ailleurs que nul ne conteste que le projet de modernisation du parc est tout à fait essentiel pour Paris. D'ailleurs, nous avons approuvé jusqu?à présent toutes les étapes du processus, contrairement à une partie de la majorité, à laquelle appartient M. DARGENT, même si je n'irai pas jusqu'à reprendre les arguments de M. CONTASSOT qui ne sont pas complètement infondés. Le risque était grand, en effet, que faute d'une évolution en profondeur, cet équipement majeur, non seulement pour Paris d'ailleurs, mais pour toute l'Ile-de-France, ne perde une partie de son attractivité alors même que nos grands concurrents européens se sont lancés depuis une dizaine d'années dans la mise aux normes de leurs équipements d'accueil de salons et de congrès.
L'adaptation du parc à la concurrence internationale nous paraît donc vitale pour le développement économique de Paris avec la création d'un véritable centre de congrès, la mise en place de synergies, espaces d'expositions, congrès de grande dimension, la modernisation des halls, la création d'un hôtel de grande capacité, le respect des normes environnementales les plus exigeantes avec la végétalisation du site et la création de commerces et d'espaces ludiques accessibles à tous.
Il ressort des travaux conduits par le groupe de travail créé en 2011, puis par la commission spéciale mise en place à l'automne dernier que Mme TACHENE a rappelés, que les principales orientations fixées ont bien été suivies et que les deux candidats ont intégré les contraintes imposées. Nous pouvons tous collectivement nous féliciter de ce travail, bien sûr, conduit par deux opérateurs importants et là je suis parfaitement d'accord avec l'orateur précédent. Mais au-delà des aspects économiques et architecturaux, la rénovation du parc se justifie aussi pour réduire les nuisances que subissent les riverains, qui imposent une profonde modification des modes de fonctionnement du site pour mieux intégrer le parc dans le quartier - ouverture sur la ville, création d'activités de proximité ludiques et commerciales jour et nuit afin de lutter contre l'effet trou noir à la tombée de la nuit -, optimiser les flux logistiques - flux et stationnements des camions, mieux utiliser le parking de l'héliport et créer une bretelle d'accès entre le parc et le périphérique-, mais aussi une meilleur sécurisation des grands salons, lutte contre la malpropreté des trottoirs, les ventes à la sauvette de billets d'entrée sur la base d'un amendement que j'ai fait adopter dans la L.O.P.P.S.I. 2, meilleurs retours pour les commerçants, enfin opportunité de renforcer l'offre de transports en commun et de réfléchir à la rénovation du Palais des sports, vieillissant. Les deux candidats ont compris la nécessité qu'il y avait de mieux insérer le parc dans son environnement urbain et d'améliorer sa relation avec les riverains.
Plus largement, le Sud du 15e est en pleine évolution, avec la conduite des travaux, quasi simultanée, à court terme, du Ministère de la Défense, des bureaux de la Corne Ouest, de la rénovation de l'Aquaboulevard, du site Pullman, de la construction de la tour Triangle dont on a parlé ce matin. D'autres projets, d'ailleurs, semblent être programmés, sans tous d'ailleurs avoir été portés à notre connaissance par la Ville, malheureusement. En tout cas, cette métamorphose d'un gigantesque secteur justifierait pleinement la mise en place d'un comité de site et, malgré nos demandes répétées depuis plusieurs années et les promesses non moins répétées de la Première adjointe, cette instance particulièrement utile, destinée à coordonner les travaux présents et à venir dans ce secteur, avec le souci de préserver au mieux les intérêts des riverains, n'a toujours pas été créée. Alors, un mot quand même, parce qu'il y a un problème dans ce dossier, c'est que la Première adjointe chargée de l'urbanisme s'est impliquée très fortement et personnellement pour animer la commission spéciale mise en place en 2012, d'ailleurs à juste titre et nous l'avons soutenue. Dès son installation, Mme HIDALGO a tenu à en prendre la présidence, en l'absence d'ailleurs des élus de l'Opposition et sans même qu'une telle élection n'ait été inscrite à l'ordre du jour de la première séance, mais enfin, peu importe ! Mais c'est la raison, justement, qui a motivé notre indignation quand nous avons appris, par une indiscrétion de presse sans doute, sa démission de cette commission, non seulement de la présidence, mais aussi de la commission spéciale, sans aucune explication autre que la lourdeur de sa charge ! On se demande donc pourquoi elle conserve ses autres fonctions de Première adjointe, à l'A.P.U.R., à la SemPariSeine, à Necker, etc. ? Je crois que c'est cela, Monsieur VUILLERMOZ !
Ou au risque de mélange avec sa position de candidate, mais alors on se demande pourquoi elle reste Première adjointe ?
L'Exécutif, interrogé par mes soins au dernier Conseil de Paris, a répondu que Mme HIDALGO répondrait en séance. Il n'en fut rien.
Ayant posé la même question ce matin, nous n'avons reçu aucune autre réponse que son silence obstiné.
Et le 31 mai, du coup, lors de la dernière réunion de la commission spéciale, la plus importante puisque destinée à choisir l'un des deux candidats chargés de porter le projet de modernisation du Parc, Monsieur GAUDILLÈRE, je vous ai interrogé, avec mon collègue Jean-François LAMOUR, sur les raisons de la démission soudaine de l'adjointe à l'urbanisme. Vous comprendrez bien que, devant l'absence d'une explication crédible, mes collègues et moi-même ayons décidé de nous retirer de cette commission pour ne pas cautionner d'éventuels dysfonctionnements, d'autant plus que les débats qui ont suivi ont été assez vifs?
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Monsieur GOUJON, il vous reste 10 secondes.
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je peux être, moi, ici, censuré par la Majorité en permanence, je ne vois pas pour quel Conseiller de Paris?
Je ne vois pas pour quel Conseiller de Paris vous faites tomber le couperet à la seconde près ?
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - J'ai annoncé à M. DARGENT...
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Donc, nous allons demander une suspension de séance de 20 minutes, si vous préférez ?
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Je suis désolé !
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Le maire de l'arrondissement, en plus, peut intervenir quand il veut en séance. C?est le Règlement intérieur. On peut tout arrêter si cela vous gêne tellement... Je n'en ai plus pour longtemps ! Si vous ne m'aviez pas interrompu, j'aurais déjà fini, vous voyez.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Monsieur GOUJON !
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Nous avons accepté de grouper, en plus, les deux projets. On peut me donner 15 secondes de plus, surtout qu'on me l'avait promis, en plus !
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Attendez, je ne vous ai pas interrompu, je vous ai signalé qu'il vous restait un temps limité. Maintenant vous voulez déborder, vous déborderez. Moi, cela ne me pose pas de problème particulier.
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Non, non, que les choses soient bien claires. Je voudrais faire une précision, c'est que?
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Que les choses soient claires, je ne vous demande pas de vous interrompre. Je vous signale un temps de parole qui est en train de déborder, c'est tout ce que j?ai fait.
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Monsieur le Maire?
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - J?ai été extrêmement poli avec vous. Soyez poli avec moi, s'il vous plaît !
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Monsieur le Maire, je voudrais juste répondre ceci : nous avons accepté de grouper nos deux interventions, puisqu?il il y avait deux projets de délibération et l'on m'a dit qu'en échange, je pourrais un peu déborder, d'autant que Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE ne prendra pas la parole, donc, si je dépasse de 15 secondes?
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Il n'y a aucun problème, vous avez le droit de déborder. Je vous redonne la parole et vous avez le droit de déborder.
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci beaucoup. Merci, d'autant plus que je n'en ai plus pour très longtemps, évidemment.
J?étais juste en train de dire que les débats qui ont suivi notre départ de cette commission ont été assez vifs, comme M. CONTASSOT l'a rappelé, ce qui renforce notre inquiétude sur l'avenir de ce projet et ajoute à notre trouble.
Enfin, si les critères économiques et financiers portant sur l'ampleur et la qualité du programme d'investissement et sur le montant des droits d'entrée et de la redevance ont permis de départager les candidats, certes, en revanche, le critère, pourtant essentiel à nos yeux, portant sur la qualité architecturale et environnementale du projet et sur son insertion dans le quartier, ne l'a pas permis. C?est même ce qu'a rappelé à l'instant M. DARGENT, ce qui est assez ennuyeux quand même.
Bref, pour toutes ces raisons, le refus du Maire de Paris de créer un comité de site, le retrait inopiné, à ce jour toujours inexpliqué, de Mme HIDALGO de la commission spéciale, la difficulté du choix architectural et environnemental entre les deux concurrents, nous amènerons, comme notre collègue Anne TACHENE du groupe U.D.I., à ne pas prendre part au vote.
Je vous prie de bien vouloir éviter ce genre de qualificatif ! Nous ne voterons pas contre puisque, malgré le mépris, finalement, avec lequel nous sommes traités, et encore à l'instant par Mme CAPELLE, nous privilégions l'intérêt général et souhaitons l'aboutissement du projet. Je vous remercie.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire. Pour répondre, la parole est à M. Bernard GAUDILLÈRE.
M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Je vais essayer de répondre de la manière la plus objective et la plus sereine possible. Je répondrai d'ailleurs uniquement sur le projet de délibération DF 58, puisque j'observe qu'aucun des orateurs n'a évoqué le projet DF 57. Alors, de quoi s'agit-il ? Vous savez qu'en 2010, nous avions commandé à KPMG un audit stratégique sur le Parc des expositions de la porte de Versailles qui signalait ce que, d'ailleurs, vient de reconnaître M. le Maire du 15e arrondissement, un risque de vieillissement, d'obsolescence, une nécessité de réaliser des investissements importants si l'on voulait que le Parc des expositions conserve sa place, je dirais même au niveau international puisque les parcs d'exposition sont soumis à une concurrence qui dépasse largement le cadre national. Alors, nous avons voulu lancer la résiliation de la concession et une procédure de consultation pour recueillir par appel à la concurrence un certain nombre de candidatures.
Je trouve, personnellement, que cette procédure de consultation a été exemplaire, puisque la Ville a publié naturellement des appels d'offres internationaux et qu'elle a créé une commission spéciale d'élus à l'initiative de l'Opposition.
Je trouve que cette commission a plutôt bien fonctionné. J'ai suivi ses débats dès le début. Elle s'est réunie cinq fois entre octobre 2012 et mai 2013. Même si les élus U.M.P. ont quitté la commission à la dernière réunion, en revanche, Mme TACHENE est restée à cette réunion et a assuré en quelque sorte, si je puis dire, le pluralisme politique de nos débats. Qui plus est, le directeur de cabinet du maire du 15e arrondissement assistait à la réunion et lui a sans doute rendu compte de nos travaux.
Donc, tout ceci s'est déroulé dans un climat de transparence absolue et je tiens à le souligner.
Il y eu deux candidats et je ne peux pas laisser dire ce qu'a dit l'un des orateurs précédents : que cette concurrence était une concurrence en trompe-l'?il. Pas du tout !
Les deux concurrents sont deux opérateurs très connus du monde des congrès et de l'événementiel, c'est-à-dire Viparis d'un côté et GL Events de l'autre. Je ne peux pas laisser dire non plus que l'un des deux était avantagé par rapport à l'autre, puisque l'orateur qui s'exprimait était d'ailleurs membre de la commission, donc il a sûrement étudié attentivement les documents techniques et financiers qui étaient soumis à la commission. Et ces documents prouvaient que le taux de rentabilité du projet était grosso modo le même pour GL Events et pour Viparis. C'est bien la preuve qu'il n'y avait pas d'inégalité. Le résultat de cette consultation, c'est un choix que nous vous présentons ce soir : c'est celui de Viparis. Pourquoi ? En deux mots, parce que je ne veux quand même pas abuser de votre temps à cette heure-là, d'abord, parce que ce projet répond à nos objectifs patrimoniaux. Je rappelle que 800 millions, enfin 755 millions, très exactement, d'investissement sont prévus dont 500 millions dans les dix premières années, que ces investissements vont permettre de créer un centre des congrès de 5.200 places. Pour vous donner une toute petite comparaison, la Porte Maillot, c'est 3.800, donc vous voyez qu'il y a là un progrès sensible. Un programme hôtelier qui a été amélioré, ce qui semble avoir échappé à l'un des orateurs précédents, puisque le programme hôtelier se trouve finalement porté à 440 chambres. J'ajoute, pour apaiser toute prévention sur ce point, que nous avons amélioré beaucoup la teneur des contrats, afin de préciser à la fois les engagements du futur titulaire et les sanctions en cas de non-respect de ses engagements, notamment en matière d'investissement. Je renvoie peut-être sur ce point au projetde délibération qui est assez clair.
Deuxième raison - et elle n'est pas négligeable - c'est l'atteinte par la Ville de ses objectifs financiers. D'ailleurs, cela se relie peut-être à ce que nous allons dire tout à l'heure sur le rapport de la Chambre régionale des Comptes. Je ne vous cache pas que les négociations ont été difficiles, très difficiles, et que nous avions en face de nous des partenaires, notamment celui qui, finalement, a été retenu, qui ont mis beaucoup de temps à accepter les exigences financières de la Ville. Ces exigences étaient simples, c'était d'abord une redevance fixe en progrès très sensible, la redevance fixe actuelle moyenne est de 13 millions d'euros, nous avons obtenu une redevance fixe minimale de 16,6 millions, c'est-à-dire une progression de 27 %, à quoi s'ajoutera naturellement, comme dans toutes les concessions, une redevance variable. De même, nous avons levé tout risque financier sur la résiliation de l'ancien contrat puisqu?il est exact - et, cela, l'orateur qui y a fait allusion avait raison de le souligner - que Viparis souhaitait, bien que gardant le contrat, c'est-à-dire étant le candidat retenu, souhaitait percevoir une somme d'une vingtaine de millions au titre de dédommagement, ce que nous avons refusé, là aussi, après des négociations assez longues. Voilà, mes chers collègues, ce que je pouvais dire sur ce contrat, une procédure exemplaire de transparence et de concurrence, des gains patrimoniaux importants pour la Ville, pour le Parc des Expositions et donc aussi pour la force économique de la capitale et puis un intérêt financier non négligeable, ce qui me paraît, dans les temps actuels, quelque chose qui mérite d'être souligné. Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Merci. Une explication de vote, Monsieur GOUJON ?
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je ne suis pas loin de partager, bien sûr, l'analyse de M. GAUDILLÈRE, d'ailleurs je l'ai dit à un certain nombre d'autres orateurs aussi, mais s?il y a une question qui est pour nous essentielle, à laquelle M. GAUDILLÈRE n'a pas répondu, qu'il n'a même pas daigné évoquer, c'est la démission de Mme HIDALGO de cette Commission qu'elle a tout fait pour présider, dans laquelle elle s'est beaucoup impliquée, mais elle n'a pas participé à la seule réunion où, justement, la décision était prise de désigner le concessionnaire qui a été retenu. Cela nous amènera évidemment à ne pas prendre part au vote.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - Si je résume, vous êtes favorables à ce projet de délibération, mais vous avez juste un problème avec Mme Anne HIDALGO, c'est bien cela ?
Je donne la parole à M. Bernard GAUDILLÈRE.
M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint. - Monsieur le Maire, je parle de Monsieur le Maire du 15e arrondissement, votre insistance à évoquer ce sujet va finir par faire croire à tous nos collègues que la personne qui a succédé à la présidence de cette Commission à Anne HIDALGO a bien mal conduit les débats et je trouve que c'est un peu méprisant !
M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je n'ai pas cette interprétation du tout.
M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, président. - C'est très gentil de la part de M. GOUJON, j?espère que Bernard GAUDILLÈRE apprécie. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DF 57 - DU 216. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2013, DF 57 - DU 216). Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DF 58 - DU 217. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2013, DF 58 - DU 217).