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102 - 2012, DU 4 - Cession d’un ensemble immobilier situé 43-45 rue Raynouard (16e). Vœu déposé par M. ALPHAND et Mme DREYFUSS relatif à la sauvegarde de la Maison de Balzac (16e).

102 - 2012, DU 4 - Cession d'un ensemble immobilier situé 43-45 rue Raynouard (16e). V?u déposé par M. ALPHAND et Mme DREYFUSS relatif à la sauvegarde de la Maison de Balzac (16e).

 

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant à la 8e Commission, le projet de délibération DU 4 : il s?agit de la cession d'un ensemble immobilier situé 43-45, rue Raynouard dans le 16e arrondissement.

Je donne la parole à Mme DREYFUSS.

Mme Laurence DREYFUSS. - Merci.

Madame le Maire, ce projet de délibération porte encore sur la cession d'un ensemble immobilier. Je dois encore regretter le fait que nous n'ayons toujours pas eu une communication sur le Conseil du patrimoine. Les mois passent et la communication se fait attendre.

Enfin, plus précisément sur le projet DU 4, c'est-à-dire la cession d'un ensemble immobilier situé 43-45, rue Raynouard, je souhaite déplorer un manque de constance dans la politique culturelle de la Ville de Paris.

En effet, si on relit ce projet de délibération, on voit que la Ville est devenue propriétaire en 2002, par voie de préemption, de cet ensemble immobilier en vue à l'époque de l'extension du musée Balzac, mitoyen de la parcelle.

C?était une très bonne idée et je dirai même une excellente, car ce lieu représente un élément important du capital culturel et historique de Paris. Faut-il rappeler que Balzac y écrivit nombre des plus belles pages de la ?Comédie humaine? ?

Bien malheureusement, vous vous apprêtez aujourd?hui à y écrire un chapitre beaucoup moins reluisant. Le projet de la Ville de Paris est désormais de revendre cette parcelle. On peut non seulement se surprendre de cet aller-retour un peu brouillon, mais on doit aussi critiquer l'objectif que vous recherchez désormais. Cette revente s?inscrit dans un but strictement spéculatif, en faveur d'intérêts immobiliers privés. Ce faisant, vous prenez le risque de dénaturer ce lieu de mémoire et de rompre le charme si particulier du village de Passy.

Voilà donc une décision bien étrange pour une municipalité qui se prétend défenseur des intérêts des Parisiens et du bien vivre dans la Capitale.

C?est la raison pour laquelle, avec mon collègue David ALPHAND, nous vous interpellons sur vos incohérences par le v?u que nous présentons ce soir. Nous demandons que la Ville de Paris abandonne son projet de cession attenante à la Maison Balzac et procède à des études complémentaires en vue d'aménager cet espace, dans le respect et la valorisation de l'esprit du village de Passy. Ce faisant, la Ville de Paris et son maire Bertrand DELANÖE seraient ainsi cohérents avec la décision qu'ils avaient eux-mêmes prise en 2002.

Merci.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Merci, Madame DREYFUSS.

Je donne maintenant la parole à Mme Céline BOULAYESPERONNIER pour une intervention sur ce même projet de délibération.

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER. - Merci, Madame le Maire.

Malgré l'engagement de la Ville de Paris pris par Jean TIBERI, confirmé par Bertrand DELANÖE en 2002, malgré les 4.000 signatures de la pétition que Claude GOASGUEN a lancé depuis les première rumeurs de rachat des parcelles du 43-45, rue Raynouard, malgré la désapprobation formelle du Conseil du 16e et du conseil de quartier, nous y voilà : vous allez décider de vous débarrasser de ces charmantes maisons attenantes à la Maison de Balzac pour une simple opération financière sans aucune concertation avec les élus du 16e arrondissement, pourtant très attachés à ce musée.

Elles sont, je vous le rappelle, le dernier témoignage de l'architecture du village de Passy. Comment osez-vous engager la vente pour 4.550.000 de ces parcelles qui avaient été achetées en 2002 par la Ville de Paris pour permettre l'extension tant méritée et tant espérée du musée de Balzac, situé sur la parcelle voisine, là où l'illustre écrivain avait choisi de s?établir ?

Celui qui connaît un tant soit peu l'?uvre de Balzac, et qui aura été tenté pour s?en imprégner d'aller visiter son musée, est frappé par la différence entre l'ampleur de son ?uvre et la notoriété de l'écrivain, et la taille du musée qui lui est consacré. Vous laissez échapper une rare occasion d'honorer Balzac ! Honoré Balzac ? Non.

Par ailleurs, je note le paradoxe entre deux conceptions de la culture, la vôtre et celle du Gouvernement qui vient d'investir 20 millions sur le Palais de Tokyo, à quelques centaines de mètres, pour en faire un musée ambitieux qui donnera à la colline des arts tout l'essor qu'elle mérite et que nous appelons de nos v?ux depuis des années.

Comment pouvez-vous ainsi brader le patrimoine culturel et historique parisien au profit d'une entreprise souhaitant utiliser ces parcelles précieuses à des fins privées ? Quelles explications pouvez-vous donner au Conseil de Paris pour justifier votre choix ? Un choix d'autant plus curieux que le gain financier pour la Ville semble très relatif.

Bien entendu, nous ne pouvons pas voter ce projet de délibération, que dis-je, nous associer à ce hold-up !

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Merci, Madame la Maire.

A vous entendre, on croirait presque qu'il s?agit de vendre la Maison de Balzac, un patrimoine extraordinaire du XIXe siècle ou du XVIIIe siècle. Non, il s?agit de petites maisons qui ont été construites, je crois dans les années 40 et 50. J?ai ici les photos pour les collègues qui ne connaîtraient pas le site et qui aimeraient voir de quoi il s?agit. Je peux bien sûr les faire circuler.

La Ville, et par la voie notamment de l'adjointe en charge du patrimoine, Danièle POURTAUD, a annoncé il y a quelque temps que le projet, qui avait été imaginé de pouvoir réaliser une extension du musée Balzac, était abandonné parce que c'est un projet complexe et coûteux. C?est vrai que la Ville avait acquis ce terrain en 2002 avec cette idée-là.

Donc, nous l'avons exprimé, nous ne sommes plus dans l'idée de faire l'extension du musée Balzac. L?ensemble que nous vendons ici est un ensemble immobilier atypique : trois bâtiments de 918 mètres carrés en tout, une parcelle soumise à de très nombreuses servitudes et contraintes, notamment des cavités qui constituaient des habitations troglodytes du XIVe siècle.

Comme nous sommes face à un site, avec un état très dégradé du bâti, nous avons étudié toutes les possibilités, y compris la possibilité d'y faire du logement social, puisque vous savez que c'est un de nos objectif, y compris dans le 16e arrondissement, mais ce n'était pas adapté et le coût de la réhabilitation était prohibitif, puisqu?il faudrait environ 7 millions d'euros de travaux pour réhabiliter cela.

De même, nous avons regardé la possibilité d'y faire des équipements publics. Là encore, sur le plan fonctionnel et économique, ce n'était pas justifié.

Donc, nous avons, dans une procédure transparente, comme à l'habitude, et suivant les recommandations du Conseil du patrimoine, nous avons fait un appel à candidature. Il a été publié. Nous avons reçu, suite à cette consultation, 8 offres, nous en avons étudié 6, puis seules 2 propositions respectaient vraiment le cahier des charges. De plus, avec des réponses architecturales pertinentes, puisque nous avons été très exigeants sur la conservation du patrimoine.

Vous savez que, depuis 2001, nous sommes sans doute la municipalité qui a le plus protégé le patrimoine parisien, en inscrivant dans la première mandature 6.000 protections et dans la seconde mandature également un nombre très important de protections patrimoniales. Donc, nous avons eu à analyser in fine 2 offres et nous allons vendre au plus offrant. Ce qui est, de fait, respecter les intérêts de la Ville et non pas le privé, puisque le plus offrant est, je vous le rappelle, il faut ramener aussi des recettes à la Ville pour pouvoir faire du logement social - vous y serez sensible - et des équipements publics.

Donc nous avons retenu l'offre la plus intéressante, qui est un projet familial. L?offre est de 4,55 millions d'euros, elle est accompagnée d'un engagement de 7 millions d'euros de travaux, dont un million d'euros au titre de la confortation des sous-sols dont je vous ai parlé tout à l'heure.

Bien évidemment, la promesse de vente est assortie d'un certain nombre de mesures qui conduiraient l'acheteur à verser à la Ville un complément de prix au cas où il viendrait à céder le bien avant l'achèvement des travaux.

Les intérêts de la Ville sont donc tout à fait respectés, c'est une recette non négligeable, sur un terrain complexe et contraint dans lequel il n'y avait pas d'autres possibilités, en tous les cas d'utilisation, soit au titre du logement social, soit au titre d'équipements publics.

Voilà les éléments que je voulais apporter à notre Conseil.

Je vous remercie.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Merci, Madame HIDALGO.

Madame DREYFUSS, est-ce que vous acceptez que l'on mette aux voix le v?u n° 68 que vous avez présenté lors de votre intervention avec un avis défavorable de l'Exécutif ?

Mme Laurence DREYFUSS. - Oui.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 68.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le voeu est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 4.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2012, DU 4).

 

Mars 2012
Débat
Conseil municipal
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