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31 - 2012, DDEEES 32 - Contrat d'objectifs et de moyens entre la Ville de Paris et l'école supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris (ESPCI ParisTech).

31 - 2012, DDEEES 32 - Contrat d'objectifs et de moyens entre la Ville de Paris et l'école supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris (ESPCI ParisTech).

 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DDEEES 32. Il s'agit d'un contrat d'objectifs et de moyens entre la Ville de Paris et l'Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris.

La parole est à Mme Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous le savons, la recherche et l'innovation jouent en France un rôle essentiel, notamment en termes d'attractivité et de création d'emploi, et bien sûr la crise ne fait qu'accentuer la nécessité de développer ce domaine.

Avec près de 800.000 ingénieurs et scientifiques, notre pays occupe une place de premier plan dans le domaine de la recherche et de l'innovation.

Il est reconnu comme étant une des premières puissances technologiques mondiales. Si la France excelle dans de nombreux domaines, comme les mathématiques, la physique, le nucléaire, l'espace mais aussi l'agronomie ou l'archéologie, la part relative de la France dans l'industrie européenne est en décroissance depuis une dizaine d'années, faute à un déficit d'innovation. 

En effet, le Gouvernement n'a pas augmenté son investissement de recherche et de développement. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le rapport général du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche lui-même.

Cette situation est d'autant plus préoccupante que les pays émergents, à commencer par la Chine, ont quant à eux amplifié leurs efforts en ce domaine.

C'est donc avec encore plus de détermination que la Ville doit soutenir un des fleurons internationaux de la recherche et du développement que constitue l'Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris.

Cette régie de la Ville est une école d'excellence fondée en 1882, pour former des ingénieurs, physiciens, et chimistes. Elle est bien sûr marquée par les découvertes de ses sept prix Nobel : Pierre et Marie Curie pour la radioactivité ; Irène et Frédéric Joliot Curie pour la radioactivité artificielle ; plus récemment en 1991, Pierre-Gilles de Gennes pour ses travaux sur les cristaux liquides et polymères ; et enfin Georges Charpak en 1992 pour le développement des détecteurs de particules.

Je le disais, la France manque cruellement d'innovation dans le domaine de la recherche industrielle.

Ce n'est pas la faute des 400 ingénieurs et 500 chercheurs de l'ESPCI, qui avec 17 laboratoires de recherche de pointe déposent des brevets toutes les semaines et viennent en fin d'année 2011, en collaboration avec le CNRS et ADEMA, de découvrir un nouveau matériau révolutionnaire façonnable à chaud comme du verre, aussi léger et résistant que les matériaux composites.

J'ai dit 17 laboratoires, mais j'aurais pu dire 18, puisqu'un laboratoire de biologie chimique va être créé sous la direction de M. Andrew GRIFFITHS en 2012, dans une partie des locaux libérés par l'Institut Langevin. 

Une part des 200.000 euros de crédits d'investissements provenant des financements de 500.000 euros versés chaque année par la Ville de Paris pour les nouveaux développements lui sera attribuée. Un budget de fonctionnement de 100.000 euros est également prévu.

Le large éventail des domaines concernés montre que cette école est en phase avec l'interdisciplinarité nécessaire à la recherche moderne, de nombreux domaines auxquels sera formée chaque promotion de 72 élèves ingénieurs, bientôt 96 suite à la convention, dont 40 % de femmes après quatre années d'étude post classe préparatoire.

Depuis 1997, l'école recrute sur le même concours que l'école polytechnique, mais avec des coefficients différents. La formation, dispensée en quatre ans est essentiellement scientifique généraliste. Nous sommes donc heureux que par cette convention, elle diversifie les modalités de recrutement en accentuant la proportion d'élèves boursiers. Cela est conforme à l'esprit de cette école, qui a souhaité de manière symbolique posséder un espace ouvert au public, visant à rapprocher la science des citoyens, c'est l'espace Pierre Gilles de Gennes.

Les élues républicaines socialistes sont donc très heureuses de voter ce projet de délibération afin notamment d'accompagner l'école dans son effort de diversification du recrutement des professeurs, de diversification du recrutement des élèves, de l'augmentation des promotions d'ingénieur, de l'amélioration de la politique de bourses, de l'instauration de doubles diplômes, pour améliorer la condition des élèves dans la cité parisienne.

Et bien sûr, afin de permettre aux élèves, aux professeurs et aux chercheurs de bénéficier de locaux efficaces et répondant aux impératifs de la recherche et de l'enseignement moderne.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Monsieur Jacques BRAVO, vous avez la parole.

M. Jacques BRAVO, maire du 9e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, l'Ecole supérieure de physique et chimie industrielles de la Ville de Paris, qu'on appelle ESPCI Paris Tech est emblématique de l'excellence scientifique de notre métropole et des bienfaits que celle-ci peut en tirer.

C'est la première école d'ingénieurs françaises au fameux classement de Shanghai, l'ESPCI est à l'origine de découvertes majeures et contribue à la création de nombreux emplois.

Cette école, qui fonctionne en régie municipale, certains seront surpris, est surnommée dans le monde entier "l'école des prix Nobel", "l'école des Nobel". Effectivement, c'est en référence aux travaux prestigieux des Curie et Joliot Curie, Langevin, de Gennes et autres Charpak.

J'étais moi-même en fonction de directeur sous l'autorité du grandissime Ministre de la recherche que fut Hubert Curien, lors du doublet réussi par Pierre-Gilles de Gennes prix Nobel de physique en 1991, suivi l'année suivante par Georges Charpak, prix Nobel de physique pour 1992. 

Je peux témoigner de l'immense impact de ces distinctions dans l'ensemble de la communauté scientifique française et internationale.

Qui plus est, notre école, l'ESPCI Paris Tech est leader du dépôt de brevets parmi les grandes écoles françaises. Exceptionnel !

Dans un contexte de compétition croissante entre établissements au niveau mondial, le soutien de la Ville de Paris à cette école prestigieuse est un signal fort, signal que pour nous les élus parisiens, le renforcement de la compétitivité française est un objectif primordial, améliorer cette compétitivité ne signifie pas tenter d'aligner son coût du travail sur celui des pays moins développés, mais au contraire, se mettre au niveau des pays les plus avancés en encourageant l'innovation et la montée en gamme de nos produits.

C'est aussi un signal que pour nous, la priorité doit être aujourd'hui de former les jeunes générations, d'attirer des talents, d'investir dans le capital humain pour être en mesure demain de rivaliser avec des économies plus performantes.

C'est un signal enfin que pour nous, l'éducation et la formation de nos jeunes ne doivent en aucun cas être bradées pour des raisons budgétaires ou comptables.

La signature de ce contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens est une traduction concrète de nos ambitions. Elle permettra de formaliser des relations entre la Ville et l'école : alors que l'école s'engage sur des objectifs toujours plus ambitieux, la Ville l'assure de son soutien pour lui donner les moyens de ses ambitions.

Chers collègues résolument, votez, votons en faveur de ce projet de délibération.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

M. MISSIKA pour la réponse.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint, au nom de la 2e Commission. - Je voudrais d'abord remercier Marinette BACHE et Jacques BRAVO pour leurs propos élogieux à propos de l'ESPCI Paris Tech, cette école est parfois davantage connue à l'étranger qu'en France et peu de gens savent que c'est une école municipale. Son statut est d'un genre très particulier, et c'est peut-être ce statut qui lui a permis de développer des méthodes d'enseignement tout à fait originales, d'enseignement par la recherche, et qui conduit à une liberté des chercheurs exceptionnelle. Avec le résultat que nous connaissons : un niveau de publications, de dépôts de brevets, de créations de start-up et de prix Nobel exceptionnel pour la France.

Ce contrat d'objectifs et de moyens a ceci de particulier qu'il favorise justement l'autonomie de l'ESPCI, Celle-ci est devenue une régie municipale, s?est autonomisée par rapport à la Ville, et ce document définit en quelque sorte les droits et les devoirs réciproques de la Ville de Paris et de l'ESPCI en matière d'objectifs. Toute une série d'indicateurs permettent d'évaluer la performance de l'ESPCI et il y a bien sûr un certain nombre d'engagements qui marquent le soutien sans faille que la Ville porte à cet établissement qui est l'un des joyaux de nos écoles. Nous avons plusieurs écoles municipales de très haut niveau, mais celle-là est bien sûr l'une des toutes premières.

Nous avons au cours de la mandature mis en ?uvre des projets structurants, je pense à l'Institut Langevin, à l'Institut Pierre-Gilles de Gennes, et à ce nouveau laboratoire de biochimie. L?ESPCI améliore chaque année sa performance dans le classement de Shanghai et dans les autres classements internationaux, et aujourd'hui, ce contrat d'objectifs et de moyens donne à l'ESPCI le temps nécessaire, les quatre ans qui lui permettent de développer sa stratégie et de la mettre en ?uvre.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEEES 32.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2012, DDEEES 32).

 

Février 2012
Débat
Conseil municipal
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